Presque la fin de l'aventure pour Laporte. (Reuters)
Inutile de décrire la déception qui se lisait sur le visage de Bernard Laporte à l'issue de la défaite des Bleus face à l'Angleterre samedi soir au Stade de France (9-14) en demi-finale de la Coupe du monde. Marqué, l'entraîneur des Bleus n'en a pas moins tenu à féliciter l'adversaire anglais, mais également ses joueurs qui, selon lui, n'auront pas demérité.
Au lendemain de la défaite de l'équipe de France de rugby contre l'Angleterre en demi-finale de la coupe du monde, les choix de l'entraîneur sont remis en question.
- Bernard Lapasset, président de la fédération française de rugby : "Je ne comprends pas la manière dont on a joué ce soir. Quand on joue contre les anglais, on ne joue pas comme des Anglais. On joue à la française et on fait des passes".
(Le Parisien, dimanche 14 octobre)
- Frédéric Michalak : "ça se joue à rien, une erreur, un manque de chance. Les Anglais ont su quoi faire pour nous faire c..., nous retarder les ballons pour que notre jeu ne se mette pas en place.
Le match de la semaine dernière nous a marqués moralement et physiquement. On n'est pas là le jour J. Les grands champions sont là le jour J. On n'a pas voulu vraiment être champions aujourd'hui. (Avant le match, l'ambiance dans l'équipe) ressemblait pas mal à (l'avant match de) l'Argentine. La remise des maillots par ceux qui ne jouent pas... il y avait quelques signes. Les joueurs appliquent les consignes, on leur dit de taper dans un ballon, ils tapent dans un ballon. Ca a fonctionné contre les Blacks parce qu'eux essayent toujours de faire un exploit. Les Anglais ne cherchent pas l'exploit, ils nous renvoient le ballon et attendent l'erreur.
Il fallait jouer autrement, oui, on aurait pu y arriver avec un peu plus d'ambitions, en travaillant plus les ballons portés. On a aussi manqué de fraîcheur collective et d'envie collective. (Sur l'essai du début de match), on n'est pas rentré dans le match, après on est devant au score mais on ne s'en sort pas."(...)"Je suis très déçu pour tous les gens qui nous ont suivis. Je pense qu'on n'a pas vraiment réussi à jouer avec nos armes. La tactique était la même que contre les All Blacks, jouer au pied. Ce match se joue sur une erreur.
C'est une grosse occasion manquée mais il faut relativiser. On a fait ce qu'on a pu."
(Déclaration, dimanche 14 octobre)
- Sébastien Chabal : "On n'a pas eu la bonne stratégie. je pense qu'on aurait peut-être dû jouer un peu plus, mais sur le coup, si je marque (à la 68e), on dit que c'était bien. Ca ne tient à rien. Il n'y a pas grand-chose à dire. On est déçus. Je n'ai même pas envie de parler du match. On va leur souhaiter d'aller au bout."
(Déclaration, dimanche 14 octobre)
- Laurent Perrin, journaliste au Parisien qui donne une note de 2/10 à Bernard Laporte : "Le sélectionneur n'a pas vu que les héros de Cardiff était à bout de souffle. En voyant Chabal errer sur le terrain on a une pensée pour Nallet dans les tribunes. On se demande à quoi sert le remplacement de Heymans par Dominici. Bien malin celui qui peut déchiffrer la stratégie élaborée pour vaincre des Anglais au jeu simpliste"
(Le Parisien, dimanche 14 octobre)
- Erwan Le Duc, journaliste au Monde.fr : "Difficile de ne pas regretter la frilosité tactique d'un XV de France qui n'a jamais déployé ses ailes. Difficile de ne pas pointer du doigt l'incapacité tricolore à répondre au défi tactique imposé. Difficile de ne pas voir dans ce jeu au pied contre nature et improductif une épine plantée dans les semelles des arrières français".
(Le Monde.fr, dimanche 14 octobre)
- Christian Jaurena, journaliste à L'Equipe : "Les regrets vont être éternels. Pas sur le mérite des Anglais d'avoir maté leurs adversaires, mais sur le plan de jeu, choisi, buté et obtus, par les hommes de Bernard Laporte". (L'Equipe, dimanche 14 octobre)0
- Michel Dalloni, journaliste à L'Equipe : "Face à l'Angleterre (...), dont elle cherche à s'inspirer, la France n'aura finalement pas pu rivaliser. Peut-être n'avait-elle pas besoin de puiser son inspiration ailleurs que dans ses propres racines. C'est finalement la grande leçon d'hier : les Anglais ont vaincu parce qu'ils n'ont jamais renoncé à être anglais". (L'Equipe, dimanche 14 octobre)
- Olivier Joly, journaliste au JDD : "Les Français n'ont jamais été aussi menacés que par eux-mêmes. C'était déjà le cas à Sydney il y a quatre ans. Mais à l'époque, leur stratégie était trop ambitieuse. Celle d'hier ne l'était pas assez. Ce n'est pas un progrès". (JDD, dimanche 14 octobre)
- Laurent Benezech, ancien international de rugby : Il y a deux raisons à la défaite, la forme physique et "la mauvaise exploitation de ce groupe par le staff. A la fois parce qu'on a décidé une stratégie de jeu en demi-finale, qui est contraire à tout ce qu'on a fait précédemment. Quelle que soit la qualité des joueurs, ils ne peuvent pas répondre en trois jours de préparation à une demande de l'entraineur. Toute la théorie de "on gagne à trente", "il n'y a pas d'équipe-type", "on change toujours l'équipe"... sauf cette semaine, a rendu la tâche encore plus difficile aux joueurs. (…) il y avait une très grande qualité dans ce groupe. Il a seulement été mal géré".
(L'equipe.fr, dimanche 14 octobre)
NOUVELOBS.COM | 14.10.2007