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La liberté d'installation des médecins

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 16/10/2007 à 8:29 :: Sante

 

 

 

 

 

 


 Sarkozy se dit attaché à la liberté d'installation des médecins

 

 

 
 
Le président Nicolas Sarkozy a assuré mardi à Bordeaux à l'intention des internes, en grève "totale et illimitée" depuis lundi, qu'il était "attaché, comme vous tous, à la liberté d'installation", qualifiée de "principe fondateur de notre médecine libérale".

"J'entends leurs inquiétudes mais je veux leur dire qu'ils peuvent, qu'ils doivent avoir confiance en l'avenir. Je suis attaché, comme vous tous, à la liberté d'installation", a déclaré M. Sarkozy lors d'un discours sur l'avenir de l'hôpital prononcé au CHU de Bordeaux.

"Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 fonde un droit à la négociation conventionnelle, c'est tout (...) Ouvrir des négociations, c'est quand même tout le contraire d'une démarche coercitive", a lancé le chef de l'Etat.

Nicolas Sarkozy a également promis aux "représentants des médecins en médecine, internes et étudiants en médecine" qu'ils seraient "associés aux négociations". "Je propose de formaliser cet engagement par amendement au PLFSS. La négociation conventionnelle ne deviendra exécutoire qu'après consultation de ces représentants", a-t-il précisé.

"Il n'y aura pas de déconventionnement, ni de conventionnement sélectif pour les personnes actuellement en internat. Je ne veux pas changer les règles du jeu en cours de route", a également assuré le chef de l'Etat.

"Nous ferons dans trois ou quatre ans, ensemble, un bilan d'efficacité de ses mesures", a-t-il poursuivi.

Les internes en grève réclament la suppression de quatre articles (30 à 33) du projet de budget de la Sécurité sociale
(Projet de loi de finanacement de la sécurité sociale PLFSS).

Ces articles demandent aux syndicats de médecins de négocier avec l'assurance maladie pour adapter "aux besoins de santé sur le territoire" les règles de conventionnement qui relient les praticiens à la sécurité sociale et permettent aux patients de bénéficier des tarifs remboursables.

Avant son discours, Nicolas Sarkozy a rencontré une délégation des médecins en grève du CHU de Bordeaux, avec lesquels il s'est entretenu pendant une vingtaine de minutes.

Quelque 500 internes, selon la police, ont manifesté mardi matin devant l'établissement visité par le chef de l'Etat pour protester contre d'éventuelles restrictions à leur liberté d'installation.

Par ailleurs, le président Nicolas Sarkozy a plaidé mardi, dans un discours prononcé au CHU de Bordeaux, pour un "hôpital moderne, performant, attractif", doté de l'autonomie de gestion et d'une "organisation territoriale mieux pensée".

"Nous avons besoin d'un hôpital fort, d'un service public dynamique, d'un secteur privé conforté. Nous avons besoin d'un hôpital moderne, performant, attractif, à l'écoute des malades, où le personnel soit heureux de travailler", a déclaré M. Sarkozy.

Pour y parvenir, le chef de l'Etat a souligné l'importance d'attribuer aux établissements hospitaliers l'autonomie de gestion.

"Je ne transigerai pas là-dessus (...) c'est un sujet incontournable", a-t-il insisté. "La tarification à l'activité à 100% pour le court séjour, nous la faisons en 2008. Cela va mettre un terme à ce système absurde qui voulait que les ressources d'un établissement dépendent de sa situation budgétaire constatée il y a vingt ans", a poursuivi M. Sarkozy.

"Je souhaite qu'elle (l'autonomie de gestion) accompagne le retour à l'équilibre des comptes (...) Je souhaite qu'à la fin de mon mandat il n'y ait plus d'établissements publics de santé qui aient un déficit d'exploitation", a également déclaré le président.

Selon M. Sarkozy, cette autonomie doit donner "les moyens de libérer le travail, parce que les 35 heures ont été mises en place au détriment du personnel hospitalier qui a payé le prix de la désorganisation".

"Je souhaite que l'on trouve très rapidement (...) une solution pérenne de gestion des heures supplémentaires dans les hôpitaux", a-t-il poursuivi, se prononçant pour "payer ce qui est possible" et la possibilité de "convertir (les jours de RTT) en cotisations pour financer les retraites complémentaires".

Comme il l'avait suggéré dans son discours sur l'avenir de la fonction publique le 18 septembre, Nicolas Sarkozy a proposé, dans certains cas à préciser, que les praticiens hospitaliers puissent "conclure un contrat de gré à gré avec leur établissement".

En matière de réorganisation territoriale, il s'est prononcé pour une "meilleure articulation entre les différents acteurs du soin" afin d'améliorer la permanence des soins. "Nous ne pouvons pas rester avec une carte hospitalière aussi incohérente", a plaidé le chef de l'Etat.

"Que personne ne se trompe, la modernisation de l'hôpital, je la conduirai (...) c'est l'immobilisme qui fera mourir l'hôpital, ce n'est pas le changement", a insisté Nicolas Sarkozy.

Lors de sa visite à Bordeaux, le président a installé la commission chargée de conduire, d'ici au printemps 2008, la concertation sur les missions de l'hôpital, présidée par l'ex-ministre Gérard Larcher. Ses travaux doivent déboucher sur "une série de mesures concrètes de modernisation de l'hôpital", selon M. Sarkozy.
 
Alors chiche!

 

 

INSTALLATION DES MEDECINS

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 15/10/2007 à 22:22 :: Sante

 

 

 

 

 

 


 Les internes entament une "grève totale et illimitée"

 

     

Déçus de leur rencontre, ce lundi, avec la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, les internes entament une "grève totale et illimitée" contre la limitation éventuelle de l'installation de médecins libéraux dans les zones où ils sont assez nombreux.
 
 

Les internes sont en grève depuis le 27 septembre (AP)

Les internes sont en grève depuis le 27 septembre (AP)


Les internes ont jugé "décevante" leur rencontre, lundi 15 octobre, avec la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, et ont donc entamé une "grève totale et illimitée" contre la limitation éventuelle de l'installation de médecins libéraux dans les zones où ils sont assez nombreux.

"La réunion de ce (lundi) matin a été extrêmement décevante. La ministre propose un cadre légal qui donne déjà les résultats des fameux Etats généraux" de la démographie médicale qui doivent avoir lieu dans quelques mois, a estimé Pierre Loulergue, président de l'ISNCCA (chefs de clinique assistants) au cours d'une conférence de presse des représentants des internes et étudiants en médecine.
 
 
Les soins de jour touchés par la grève
 
Des représentants de l'Isnih (internes), SNJMG (jeunes généralistes), Isnar-IMG (internes de médecine générale) et de l'Anemf (étudiants en médecine) ont également participé à cette conférence de presse tenue quelques heures après leur rencontre avec la ministre.
A l'issue de la réunion, Mme Bachelot avait fait état de "points d'accord" entre les deux parties, notamment l'organisation d'"Etats généraux de la démographie médicale" début 2008.

Lors de la conférence de presse, les internes, qui observent déjà une grève des gardes et astreintes -pratiquement sans conséquences jusqu'à présent sur les soins à l'hôpital- depuis le 27 septembre, ont confirmé leur appel à partir de ce lundi à "une grève totale illimitée", comprenant notamment les soins de jour.
 
 
Recommandation de la Cour des comptes
 
L'assurance maladie et la Cour des comptes ont souligné en septembre les limites de la liberté d'installation. La Cour avait appelé le gouvernement à "mettre en place des mécanismes de pénalisation financière" pour dissuader les médecins de s'installer dans les zones où ils sont trop nombreux, c'est à dire dans le sud, dans les villes, et les centre-villes.

Dans son projet de budget pour la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008, le gouvernement a invité médecins et caisses de "Sécu" à "définir les outils pour réguler l'installation de nouveaux professionnels de santé".

NOUVELOBS.COM | 15.10.2007 
       

 

 

GREVE DES INTERNES

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 15/10/2007 à 22:20 :: Sante

 

 

 

 

 

 


Bachelot n'envisage pas le retrait de l'article contesté

 

     



A l'issue d'une rencontre avec les syndicats d'internes, la ministre de la Santé affirme qu'"à ce stade" elle n'envisage pas la suppression de l'article 33 du projet de loi 2008 de financement de la Sécurité sociale, à l'origine de la grève.
 

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a déclaré lundi 15 octobre au matin qu'"à ce stade", elle "n'envisageait pas" de supprimer l'article 33 du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008. Cet article est à l'origine du mouvement de grève entamé par les internes depuis le 27 septembre.
Les syndicats d'internes exigent le retrait de l'article 33 du PLFSS 2008, qui prévoit de conditionner le conventionnement des médecins à leur région d'installation pour rééquilibrer leur répartition sur le territoire.
 
 
"Aucune raison d'avoir peur"
 
"A ce stade, je n'ai pas envisagé de supprimer cet article", a déclaré Roselyne Bachelot lundi matin, à l'issue d'une entrevue d'une heure et demie avec les syndicats d'internes, de chefs de clinique, et d'étudiants en médecine.
La ministre de la Santé a ajouté que l'article 33 "n'est qu'un cadre, et c'est le dialogue autour des états-généraux de la démographie médicale qui pourra remplir ce cadre. Il n'y a aucune raison d'avoir peur de cet article 33".
 
 
Etats généraux de la démographie médicale
 
Les états généraux de la démographie médicale doivent s'ouvrir à la fin de l'automne sous l'égide du ministère de la Santé. Les organisations d'internes y seront associées.
Roselyne Bachelot a par ailleurs assuré qu'il "n'est question ni de mesures coercitives, ni de déconventionnement. Les craintes qu'expriment (les internes) ne sont pas fondées".

Depuis le 27 septembre, les internes suivent fortement une grève des gardes et des astreintes. Certains d'entre eux sont engagés depuis le 1er octobre dans une grève "totale", incluant également les activités de jour. Le mouvement pourrait se durcir davantage à compter de ce lundi, les syndicats d'internes devraient tenir une conférence de presse commune à partir de 14h à l'hôpital Georges Pompidou à Paris. 
NOUVELOBS.COM | 15.10.2007 
      
       

 

 

Les généralistes sur la route du désert

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 12/10/2007 à 8:51 :: Sante

 

 

 

 

 

 


 Les généralistes sur la route du désert

 

 


Les médecins de campagnes sont de plus en plus rares, comme le constate Joëlle Rousseau à Confolens

Cataclysmique!» Au conseil de l'ordre des médecins de Charente, le style Bacquart, c'est direct. La Charente profonde un désert médical? «On n'est pas malheureux, ironise le président. C'est moins bien qu'hier mais mieux que demain.» La désertification des zones rurales devient de plus en plus préoccupante. Depuis le début de l'année 2007, un seul médecin généraliste s'est inscrit sur les tablettes du conseil de l'ordre pour exercer, à Baignes. Pendant la même période, neuf plaques ont disparu. Deux médecins sont décédés. Les autres sont partis à la retraite ou ont arrêté pour raisons de santé. A Ruelle, Michel Broncy s'inquiète. Un cabinet de groupe a perdu trois de ses quatre médecins. «Et deux autres devraient partir à la retraite dans les trois ans.»
Dans le département, il reste aujourd'hui 339 généralistes et 226 spécialistes libéraux. Les généralistes étaient 355 il y a dix ans. Derrière ces chiffres se dissimulent des disparités. Il existe en Charente des zones blanches qui pourraient correspondre - c'est sans doute un hasard - à celles de la couverture téléphone et Internet. Les secteurs de l'est du département, autour de Confolens, Montembœuf, Chalais, Aubeterre sont sinistrés, ainsi que dans le nord, du côté d'Aigre ou de Villefagnan. Pire. Dans le Confolentais, la moyenne d'âge des praticiens tourne autour de 56 ans. Du côté de Montmoreau, La Rochefoucauld, Montembœuf, elle flirte avec les 54 ou 55 ans.
«Les anciens sont fatigués, mais surtout désabusés, constate le docteur Bacquart. La pression de la Sécu, l'évolution des pratiques professionnelles qui leur fait s'entendent dire qu'ils font n'importe quoi, les malades qui en demandent plus..., ça passe mal chez les anciens. Et ils ne feront pas de rab.» Et quand les jeunes diplômés rechignent à venir s'installer à leur place, la question préoccupe.
En 2004, le docteur Jean-Louis Provost, secrétaire du conseil de l'ordre, était parti démarcher les étudiants de dernière année à Poitiers. «En face de lui, quarante-cinq étudiants, se souvient son président. Une promo quasi complète. Et un seul qui se destinait à la médecine générale libérale.» «C'est maintenant qu'il faut réagir, pendant que nous avons encore des avantages à proposer, estime le docteur Bacquart. Quand ce sera le vrai désert, ce sera trop tard.»


Les étudiants démarchés


C'était en substance la teneur des conversations entre l'Ordre, Michel Boutant, le président du conseil général et Jean-Claude Viollet, le député. En juin, le conseil général a arrêté le principe d'une bourse allouée aux étudiants en médecine qui, en contrepartie, s'installeraient dans les zones sensibles du département pour un certain nombre d'années. Aussitôt qu'il aura affiné sa proposition, en partenariat avec la caisse régionale d'assurance-maladie et le conseil régional (1), le conseil général va démarcher les étudiants des facultés de médecine de Bordeaux, Poitiers, Limoges, Paris et Lille. Ce sera dans le courant de l'année universitaire en cours.

«C'est jouable, espère Michel Bacquart. Le département est attractif. Un confrère parisien me vantait encore il y a peu la proximité de la mer, de la montagne, la qualité de vie. Géographiquement, on n'est pas mal placés, avec une préfecture centrale, des CHU à proximité.» C'est peut-être l'un des moyens d'éviter la pénurie. «Ce n'est même pas une question de mauvaise répartition sur le territoire, analyse Michel Bacquart. La répartition se fait en fonction des postes offerts à l'hôpital, et en fonction du boulot.»
Il ne faut sans doute pas espérer un retour au médecin de campagne isolé, quand la Sécurité sociale a décidé de revaloriser les honoraires des médecins en zone désertifiée uniquement pour les cabinets de groupe. Il y a pourtant urgence à trouver une solution: 2012 et 2013 verront une grosse vague de départs déferler. «Si on ne met pas dix ans à se mettre en place, on pourra avoir un tuilage avec de jeunes confrères», que les zones les moins bien pourvues risquent de s'arracher. «Parce que l'on ne pourra pas régler le problème en augmentant le numerus clausus. Il faut quinze ans, pour former un médecin.»


La Charente semble beaucoup croire à son «european connection» avec les pays de l'Est. C'est en Roumanie que Jimmy Maizière, le maire de Charras, a trouvé la perle rare: Rodika Rusu, vingt ans d'expérience, décidée à s'installer dans la maison médicale désertée depuis plusieurs mois, depuis le départ de son prédécesseur. Il était Polonais. Il a tiré le rideau parce qu'il ne travaillait pas assez, disait-il. «Il y a un potentiel, affirme pourtant le maire qui a passé une annonce sur Internet et qui est prêt à beaucoup. «On lui propose le local et le logement gratuitement pendant un an.» Et il avance quelques arguments: une maison familiale d'accueil pour personnes âgées et handicapées pour la mi-2008, deux lotissements en prévision, une population vieillissante, et un médecin non remplacé à Mareuil-sur-Belle, juste de l'autre côté de la frontière de la Dordogne.
Plusieurs médecins étrangers sont déjà installés en Charente. D'autres pourraient suivre. Le mari de la médecin de Charras pourrait lui aussi s'installer dans le département.


(1) La Région alloue des aides
aux étudiants de la région qui font leur stage professionnel en milieu rural,
elle subventionne aussi
les collectivités qui proposent
le regroupement des professions
de santé dans des maisons médicales

Jean-François BARRÉ La Charente libre Edition du 12 octobre 2007

 

 

Internes dans la rue (2)

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 12/10/2007 à 6:49 :: Sante

 

 

 

 

 

 


 «Quand même, on est une profession libérale !»

 

 

 

 

Les internes et les étudiants en médecine manifestaient hier à Paris contre les mesures réglementant l’installation des praticiens.
 
 
Objectif atteint pour les futures blouses blanches. Il y a eu une forte mobilisation, hier, à Paris : plus de 10 000 internes, étudiants en médecine, venus de toute la France, ont manifesté, bruyamment et tout en couleur entre Montparnasse et l’avenue de Ségur - où se trouve le ministère de la Santé -contre un article du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), adopté, dans la même journée en Conseil des ministres. Ledit article ouvre la possibilité de prendre des mesures contraignantes pour empêcher certains jeunes médecins de s’installer dans des zones déjà fortement médicalisées.
 
 En fin d’après-midi, une délégation a été reçue par le directeur de cabinet de la ministre de la Santé, ­Roselyne Bachelot. Sans avancée réelle, leur proposant seulement des «états généraux de la démographie médicale» en 2008.
 
Le mouvement, lancé il y a dix jours, risque de devenir une méchante épine dans le pied du gouvernement. Car il surfe, non sans habilité, sur les notions de «liberté» et de «solidarité». «Non à l’émigration médicale non choisie», disait ainsi une banderole. Ou encore : «Pour un système de soins solidaire, contre une médecine à deux vitesses.» Voire : «Jogging à l’américaine, santé à l’américaine, jamais !»
 
 
 
Paroles de ces futurs médecins en colère :
 
Youri, 28 ans, interne de médecine générale à Paris :  «C’est la possibilité de déconventionnement qui nous choque. Cette menace est dangereuse, car aussitôt on a reçu des courriers des assurances privées nous disant qu’elles étaient prêtes à faire avec nous des systèmes de réseaux privés. Moi, je ne veux pas cela. La liberté d’installation est un choix. J’irai volontiers m’installer dans une zone semi-rurale, mais dans la fac de Paris-Ouest, il y a juste trois postes de stages qui nous sont ouverts. Cette méconnaissance de cet exercice à la campagne ne nous pousse pas à y aller.»
 
Caroline, 26 ans, interne en médecine générale aux urgences à Corbeil-Essonnes :  «Ces mesures sont la voie ouverte à la privatisation. Le gouvernement nous dit : Allez, installez-vous dans des régions rurales. Et pendant ce temps, que fait le gouvernement ? Il ferme les petits hôpitaux, il ferme les autres services publics, et il nous dit : Débrouillez vous, occupez-vous de la permanence des soins ! Moi, la médecine générale, je l’ai choisie. Faire de la médecine de proximité, je suis partante, mais je ne veux pas travailler comme une forcenée, et je ne veux pas me retrouver seule.»
 
Mathieu, 27 ans, interne de spécialité à Grenoble :  «Ce qui me choque, avec le déconventionnement qui nous menace, c’est l’évolution vers un système où les patients ne seront remboursés que s’ils ont de bonnes complémentaires. Moi, je ne veux pas soigner que les riches.»
 
Julien, 28 ans, interne à Grenoble :  «On nous menace de mesures coercitives, mais on n’a jamais vraiment essayé les mesures incitatives. Cela fait trois ans que je suis interne, jamais dans mon cursus on ne m’a parlé de ces mesures pour nous aider à l’installation. On nous dit que ces mesures existent. Mais elles sont où ? Qu’on nous en parle ! Autrement, c’est se moquer du monde.»
 
Rémy, 22 ans, externe à Saint-Etienne :  «Ce que je trouve incroyable, c’est l’absence de discussion et de négociation. On nous impose des trucs, on change les règles du jeu comme ça, et nous, on doit suivre. Quand même, on est une profession libérale ! Je n’ai pas choisi d’être fonctionnaire. Et puis cela ne correspond à ce que nous avait dit Nicolas Sarkozy. J’avais voté pour lui. Mais là… On a tous compris qu’il y a un problème à venir, mais qu’on en discute ! Et que l’on ne nous impose pas des mesures qui, en plus, seront inefficaces.»
 
Alexis et Christine, 28 ans, internes de spécialité à Reims :  «Ils ne nous disent pas les choses clairement. On nous affirme : Il y a trop de médecins qui exercent à cet endroit-là. Mais je ne connais pas de médecins au chômage. Et puis, il y a une manière de faire des choses, et de les faire dans la concertation. Si cela continue, je ne sais pas ce que je vais faire… Si on me dit : Allez vous installez dans la Creuse , mais je serais complètement déconnecté, je n’ai pas de réseaux. Et il faudrait que j’aille m’installer là-bas? Je n’ai pas choisi ce métier comme on choisirait un sacerdoce.»
 
Caroline, 25 ans, interne de médecine générale à Rambouillet :  «C’est la première fois que je manifeste, cela ne m’amuse pas du tout. De me dire que j’ai fait onze ans d’études et que l’on va m’obliger à travailler dans certains endroits, non. On sert de boucs émissaires. Ce n’est pas à nous, et à nous seuls, de nous occuper des régions désertées. Pourquoi ferme-t-on les petits hôpitaux ?» 


Par éric Favereau
QUOTIDIEN LIBERATION: vendredi 12 octobre 2007

 

 

Internes dans la rue(1)

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 11/10/2007 à 21:00 :: Sante

 

 

 

 

 

 


 
Plusieurs milliers d'internes en médecine manifestent pour la liberté d'installation

 

 

 

Près de 10 000 internes en médecine ont manifesté dans les rues de Paris, le 11 octobre 2007. | AFP/PATRICK KOVARIK 
AFP/PATRICK KOVARIK
Près de 10 000 internes en médecine ont manifesté dans les rues de Paris, le 11 octobre 2007.
 
 
Plusieurs milliers d'internes en médecine manifestent pour la liberté d'installation
 
 
 
 Plusieurs milliers d'internes en médecine (10 000 selon les organisateurs, 7 500 selon la police) ont manifesté, jeudi 11 octobre après-midi, dans les rues de Paris pour défendre le principe de la liberté d'installation des médecins, remis en cause dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) adopté le même jour en conseil des ministres.

Depuis la mi-septembre, internes et étudiants en médecine s'opposent à l'article 32 du PLFSS qui, pour parer à la pénurie de médecins constatée dans certaines régions, prévoit de freiner l'installation des praticiens dans des zones déjà bien dotées : le nombre de médecins bénéficiant d'un conventionnement y serait désormais limité. Une idée reprise également dans un rapport sénatorial sur la démographie médicale rendu public mercredi 10 octobre, qui, parmi "quinze recommandations pour limiter la fracture territoriale en matière d'offre de soins", préconise de "permettre aux partenaires conventionnels de réguler les installations dans les zones médicalement surdotées". "Si la proposition de déconventionnement est mise en place, explique Elodie Clouqueur, interne en gynécologie à Lille, cela veut dire que quand je voudrai m'installer, si l'on juge qu'il y a trop de gynécologues à Lille, alors mes patientes ne seront pas remboursées par la Sécurité sociale. Ou alors, pour respecter cette sorte de quota, il faudra que j'attende qu'un autre gynécologue prenne sa retraite... Et là, libre à lui de vendre sa patientelle à prix d'or."
 
Les internes ne nient pas les chiffres repris par le rapport, qui constate que "des écarts de densité médicale importants existent déjà : en région Centre, par exemple, les effectifs de médecins généralistes sont inférieurs de 20 % à la moyenne nationale". Selon les travaux réalisés par les missions régionales de santé cités par le rapport, "2,3 millions de personnes vivent dans 634 zones identifiées comme 'en difficulté' ou 'fragiles'", principalement dans les régions Centre, Haute et Basse-Normandie et en Picardie.
 

"JAMAIS UN MÉDECIN DE CAMPAGNE N'EST VENU NOUS EXPLIQUER SON MÉTIER"

"Le problème existe, mais ces mesures ne sont pas les bonnes", explique Emmanuel Gallot, président de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale. "Il faut des mesures incitatives ! Il en existe déjà, mais il s'agit seulement de mesures financières. Or quelqu'un qui s'installe dans une zone où il y a peu de médecins aura forcément beaucoup de patients : la rémunération ne sera donc pas un problème ! Ce que nous demandons, c'est une véritable réorganisation de la médecine dans ces zones. Si nous voulons vraiment pallier le déficit qui ne va faire que s'accroître dans les années qui viennent, il faut changer nos façons de faire."

Les internes demandent ainsi des mesures qui facilitent l'exercice de leur métier dans ces régions sous-médicalisées : améliorer la coordination à distance entre les praticiens, accélérer le transfert des données (par exemple de généraliste à radiologue), créer des centres de soins où se regrouperaient plusieurs professionnels (généraliste, infirmière, cardiologue...). Des mesures également préconisées par le rapport sénatorial, qui insiste notamment sur le développement de la "télémédecine" et la création de "maisons de santé".
Les internes rappellent par ailleurs que le problème de la démographie médicale n'est pas nouveau, et qu'il a été renforcé par la réduction drastique des numerus clausus. Ils refusent de supporter les conséquences du manque d'anticipation des politiques et soulignent les failles au sein de leur formation. "Jamais un médecin de campagne n'est venu nous expliquer la façon dont il exerce son métier, déplore Cécile, interne en endocrinologie à Marseille. Je n'ai aucune idée de ce qu'il faut faire quand on n'a pas immédiatement la radio ou les résultats d'une prise de sang. Nous avons été formés à une médecine hyperspécialisée. Jamais pendant nos études nous n'avons fait de stage dans un cabinet éloigné de tout. Je n'ai pas été formée à ça, et je ne le serai toujours pas à la fin de ma formation."
Tous les syndicats d'internes et de jeunes médecins devraient rencontrer Roselyne Bachelot lundi matin pour préparer l'organisation d'Etats généraux de la santé. Reste à savoir si l'article contesté de la PLFSS sera remis en cause.

Aline Leclerc LEMONDE.FR | 11.10.07
 



 

 

Point de vue

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 26/09/2007 à 17:16 :: Sante

 

 

 

 

 

 


 La vérité sur les franchises médicales, par Roselyne Bachelot-Narquin


 


Se faire l'avocate des franchises, c'est d'abord répondre au mauvais procès qui leur est intenté. J'entends bien les objections énoncées pour réfuter le bien-fondé de leur instauration. Je mesure l'intérêt tactique, pour ne pas dire politicien, qu'il peut y avoir à entretenir la confusion et à occulter l'essentiel. Sachant cela, je n'ai pas l'intention de laisser quelques prestidigitateurs plus ou moins habiles manipuler l'opinion.
 
Notre responsabilité est de dire la vérité : lorsque la situation de l'assurance-maladie est dégradée, les nouveaux besoins en matière de santé supposent de nouveaux financements. La nouvelle politique de santé que je veux conduire a pour objectif, en effet, d'assurer pour tous une meilleure qualité des soins. Les franchises, loin de là, ne constituent pas le tout de cette politique, ni leur alpha ni leur oméga. Toutefois, puisque pour l'heure celles-ci font l'objet de tant de conjectures, il me revient de répondre à quelques interrogations légitimes, mais aussi de défaire quelques idées reçues. Je veux ainsi expliquer ce que sont les franchises, et surtout, pour battre en brèche les préjugés, ce qu'elles ne sont pas.

Les franchises sont-elles injustes ? Je ne le crois pas. Elles ne priveront pas de soins les plus vulnérables. Les plus démunis en seront exonérés, ainsi que les enfants et les femmes enceintes. La contribution sera plafonnée à 50 euros par an, afin de protéger les plus malades.

Les franchises portent-elles atteinte au pacte de solidarité de 1945 ? Non. Les franchises ont été construites pour nous offrir la possibilité de contribuer à l'effort de financement de nouveaux besoins. Tous ceux qui se trouvent aujourd'hui touchés, directement ou indirectement, par la maladie d'Alzheimer ou par le cancer en comprendront la nécessité.

Les franchises constituent-elles vraiment une charge pour les familles ? Là encore, et sans vouloir ignorer la difficulté pour certaines de débourser une somme approchant 4 euros par mois, la question mérite réflexion. Ainsi, les postes de dépense concernés par la franchise ont été scrupuleusement choisis : ce sont ceux dont la dynamique est la plus forte, sans que nécessairement la santé publique y trouve son compte. La contribution se concentre sur quelques postes de dépenses en forte croissance (0,5 euro sur chaque boîte de médicaments, sur chaque acte paramédical et 2 euros pour les transports sanitaires).

Les franchises portent-elles atteinte à l'exigence de prévention ? Non. Elles ont été conçues de sorte qu'elles n'entraînent pas une absence totale de remboursement pour les Français qui n'ont que rarement recours aux médecins. Et elles n'ont pas été décidées sans concertation : en excluant l'hypothèse d'un non-remboursement des premiers actes de soins annuels, nous avons répondu à une préoccupation essentielle des organisations syndicales. A cet égard, Nicolas Sarkozy et François Fillon n'ont pas voulu porter atteinte à l'exigence de prévention.

Les franchises ont-elles vocation, comme on l'entend trop souvent, à combler les déficits de l'assurance-maladie ? Je voudrais ici rappeler que la contribution reste modeste au regard des besoins de financement. Elle n'implique en rien un désengagement massif de l'assurance-maladie, dont le taux de prise en charge est d'ailleurs resté stable depuis vingt ans. Sinon il aurait fallu qu'elle soit à la hauteur du déficit. Nous avons voulu des franchises parce que nous refusons d'abolir par la dette l'écart entre dépenses et recettes.

Tant d'efforts dispensés pour dire ce que les franchises ne sont pas ne doivent pas nous détourner de l'essentiel : le seul devoir qui puisse guider notre action est l'exigence d'assurer une meilleure qualité des soins pour tous, doublée de la nécessité de financer pour demain la satisfaction de nouveaux besoins. Les franchises ne sont guère que des instruments utiles mis au service de cette fin, et forment un dispositif dont nous avons voulu que l'usage reste conforme au principe de solidarité. Ce serait une faute de renoncer à nous préparer collectivement à affronter l'avenir. Le vieillissement de la population, l'apparition de nouvelles pathologies exigent des investissements importants.

D'ores et déjà, la maladie d'Alzheimer touche l'entourage d'un Français sur quatre. La lutte contre le cancer et le développement des soins palliatifs impliquent des investissements importants. Notre choix est clair : nous refusons cette facilité complaisante qui consisterait à continuer à creuser la dette pour financer la santé. Nous souhaitons contrarier ce tropisme désolant qui aurait pour seul effet de faire payer aux générations futures le prix de notre inconséquence.

Evitons d'hypothéquer notre propre avenir en nous épargnant la peine d'anticiper, avec la lucidité requise, notre destinée commune ! Je voudrais pouvoir, dans les fonctions que j'exerce, tendre à mes concitoyens ce miroir de Caliban qui dit notre futur. Ceux-là même qui diabolisent les franchises ne voudraient pas prendre le risque couru si nous nous laissions surprendre trop tard. En ce sens, l'instauration de la franchise est une occasion d'exprimer dans un même mouvement notre attachement au principe de solidarité et notre sens de la responsabilité. Pour cela, les franchises seront assurables par les organismes complémentaires dans les limites posées par les contrats responsables. De même que la fraternité dans notre République suppose liberté et égalité, de même le maintien de notre système de solidarité suppose la contribution responsable et l'effort de chacun, sauf des plus vulnérables.

Si nous pouvons, en effet, par l'instauration de cette contribution partagée et responsable, limiter aussi la consommation des soins non essentiels, nous ne nous en porterons pas plus mal. D'autres pays, avant nous, ont d'ailleurs fait ce choix éclairé. A cet égard, la contribution forfaitaire allemande, qui représente près de 250 euros pour un salarié au SMIC et s'élève à 2 % des revenus annuels, est notoirement plus importante que celle qui sera demandée aux Français.

Les franchises ne sont pas ce que vous croyez. Elles ne constituent qu'un élément de la réforme que nous comptons mener pour assurer notre avenir, une contribution qui n'épuise pas l'ampleur des chantiers qui nous attendent... Voilà ce qu'elles sont. A cet égard, si nous pouvons, dans la foulée du plan Alzheimer qui sera défini par le président de la République, contribuer à financer les décisions qui s'imposent pour répondre avec efficacité à ce drame lancinant qui affecte tant de nos concitoyens, alors nous ne nous porterons que mieux.


Article paru dans l'édition du 27.09.07. Le monde.fr
 
 



 

La fronde des médecins des hôpitaux

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 26/09/2007 à 8:12 :: Sante

 

 

 

 

 

 


La fronde des médecins des hôpitaux

 

 

 

 

 

 

Une lettre-pétition signée par mille médecins hospitaliers a été adressée à Roselyne Bachelot. Objectif : alerter la ministre de la Santé sur les effets pervers de la réforme du financement des hôpitaux annoncée hier. Pour la Sécu et pour les malades.

 

R ELATIVEMENT muets pendant toute la campagne électorale, où la santé des Français a été plutôt absente des débats, les médecins hospitaliers remontent au créneau en pleine tourmente sur le financement de la Sécurité sociale. Une lettre-pétition, signée par mille d'entre eux, dont près de trois cents chefs de service exerçant dans toute la France, a été adressée il y a quelques jours à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé.

L'objet de leur fronde : le financement des hôpitaux, aujourd'hui de plus en plus similaire à celui des cliniques privées, commencerait, selon eux, à produire des effets pervers pour les finances publiques et pour les patients.

" Le financement en fonction de l'activité et non plus au forfait conduit à privilégier les malades et les activités rentables financièrement », s'inquiètent les signataires. Le professeur André Grimaldi, chef du service diabétologie à la Pitié-Salpêtrière, très actif dans ce combat, s'explique : « Prenons l'exemple du pacemaker, jusque-là, chaque cardiologue à l'hôpital avait le droit d'en poser dix ou vingt par an, pas plus, en fonction du budget alloué. Maintenant que l'hôpital est payé aux actes effectués, des médecins reçoivent des pressions de l'administration ou de leur supérieur pour en poser plus, alors que des patients pourraient s'en passer. C'est vite fait, ça rapporte à l'hôpital. On nous dit : Faites rentrer l'argent. » Mais le plus grave, ce sont les hospitalisations d'une nuit qui seraient désormais déconseillées par les gestionnaires des hôpitaux au profit des séjours de deux nuits, plus rentables.



« Je ne veux pas avoir d'objectifs de rentabilité »

L aure C., praticienne hospitalière en oncologie (cancérologie) à l'Hôtel-Dieu à Paris, a fait parvenir récemment un courriel à un confrère : « Je suis affolée de me voir félicitée d'avoir moins d'hospitalisations de vingt-quatre heures (une nuit) qui ne rapportent rien à l'hôpital, et donc de faire dépenser plus à la collectivité, contrainte et forcée. Je ne veux pas avoir d'objectifs de rentabilité, qui n'ont aucun sens en matière de soins. »

A ce jour, cette pétition des médecins n'a reçu aucune réponse du ministère. La ministre de la Santé, elle, reste confiante « C'est un bonheur d'être ministre du gouvernement... Je crois que l'état de grâce va durer », confiait-elle récemment. Si l'on ajoute à cette fronde hospitalière celle des internes en médecine générale, vent debout contre l'obligation future de s'installer dans les déserts médicaux, il y a fort à parier que M m e Bachelot soit contrainte de redescendre très vite sur terre.

Le parisien.fr Edition du 26 septembre 2007



 

 

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