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Madeleine Ngombet Chargée du blog "Je suis là aujourd'hui, je serai là demain. Rien ne me fera reculer"

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Revue de presse du 25 avril 2008

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 25/04/2007 à 8:45 :: Revue de presse

 

 

 

 

 
 

 


 

 
            
Revue de presse : l'interview télévisée de Nicolas Sarkozy

Voici les commentaires de la presse française:
 
 
 
 
LIBERATION
Laurent Joffrin
"Habit neuf. Le ton a changé. Mais le fond? Nicolas Sarkozy a en partie abandonné le style d'avocat gouailleur et péremptoire dont il était si content et qui lui a fait tant de mal depuis dix mois. En se détournant du clinquant initial, il a commencé, il y a quelques semaines, à retoucher son image;il tente maintenant de changer sa parole. Il a commis des erreurs; il le dit. Fort bien. Cette modestie nouvelle, il faut le souligner sans ambages, doit être portée à son crédit. Un président à la manière plus sobre, une certaine remise en ordre de l'équipe dirigeante, une lucidité inédite, tout cela ne peut pas faire de mal. La chose prouve aussi que les critiques qui lui étaient adressées n'étaient pas toutes partisanes ou infondées. Reste l'essentiel: la politique menée. (...) Mais la meilleure communication du monde ne pourra pas faire oublier, entre autres, que le pouvoir est trop concentré, que le bouclier fiscal et l'exonération des droits de succession sont injustes, que la fixation d'objectifs chiffrés en matière de reconduites à la frontière multiplie les risques d'accidents humainement insupportables en matière de politique d'immigration. Le plaidoyer soudain plus humble du Président change un peu le décor. La pièce, elle, reste rigoureusement la même."
 
 
 
LE FIGARO
Etienne Mougeotte
" (...) les téléspectateurs, hier soir, attendaient la confirmation, un après son élection, que +le candidat Sarko+ avait laissé la place au président Sarkozy, ce dont ils avaient pu douter dans les premiers mois du quinquennat. (...) La mue à vrai dire avait commencé depuis quelques semaines avec la nouvelle vie du président et de son épouse, décidés désormais à cadenasser leur pré carré. Les propos forts et responsables tenus par le président à l'égard de la Chine ne pouvaient que confirmer cette évolution plus conforme à l'idée qu'a une majorité de Français du magistère présidentiel. (...) Tout cela suffira-t-il à inverser les courbes de popularité du président ? les sondages réalisés aujourd'hui donneront une première indication, mais il y a fort à parier qu'il faudra beaucoup de temps pour que Nicolas Sarkozy réinvestisse le coeur des Français. Il est des moments où il faut admettre l'impopularité pour faire accepter les réformes. Le chef de l'Etat semble prêt à relever le défi en assumant sereinement cette position inconfortable."
 
 
 
L'HUMANITE
Maurice Ulrich
"C'était cadré avant, et c'est l'Élysée qui souhaitait cette nouvelle formule. L'émission d'hier soir devait ressembler à l'Heure de vérité, défunte émission politique qui eut ses heures de gloire. Par définition, en effet, quand c'est l'heure de vérité, il est exclu que l'on mente, on s'explique en profondeur. En d'autres termes, pas de sarkoshow, pas d'effets outrés. (...) Il fallait alors, "en direct de l'Élysée", que le chef de l'État tente de remonter la pente calamiteuse de sondages qui indiquent désormais que plus des deux tiers des Français, jusqu'à 72 %, sont mécontents de son action. De son action ou de son style ? Des deux sans doute, et le genre "nouveau riche mal élevé lâché dans un magasin de jouets pour milliardaires" y est sans doute pour quelque chose, jusqu'à travailler, dit-on, l'inconscient des Français quand ils se confient à leur psychanalyste. Il devrait donc faire sérieux. Indiquer qu'il avait entendu, écouté les malaises, ressenti les inquiétudes, surtout, qu'il les partageait, mais qu'il était en charge, lui, des affaires, que les sondages en aucun cas ne pouvaient affecter la conduite de sa politique et qu'il irait au bout des réformes car il faut les faire, quoi qu'il en coûte, quoiqu'il lui en coûte. (...)"
 
 
 
VOIX DU NORD
Jean-Michel Bretonnier
" (...) Les quatre-vingt-dix minutes d'hier soir étaient l'exact contraire de la conférence de presse du 8 janvier. En ce temps-là, Nicolas Sarkozy croyait encore à la rupture dans le style présidentiel. (...) Amène avec les journalistes, compréhensif avec les Français mécontents, il ne triomphe plus, n'ironise plus et préfère aux formules à l'emporte-pièce le discours de conviction et d'humilité qui lui avait si bien réussi pendant la campagne électorale. (...) Le président avait commencé de s'éloigner des Français dès sa soirée au Fouquet's et sa retraite sur un yacht. Il s'en est rapproché hier en évoquant la lourdeur et la dignité de la charge. Il les a même sans doute convaincus tant son talent télévisuel est intact. Il reste à savoir si les résultats suivront. On ne l'attend pas que sur le style, mais aussi sur sa capacité à inverser des tendances lourdes, défavorables actuellement à la situation sociale des Français. Les faits économiques internationaux sont hélas têtus. Il fut hier soir bien plus persuasif sur la politique extérieure que sur la politique économique. (...)"
 
 
 
L'UNION ET L'ARDENNAIS
Hervé Chabaud
"Le téléprésident a perdu en aisance cathodique ! Nicolas Sarkozy crispé dans un premier temps jusqu'à confondre gaz et fuel a été plus moyen qu'à son habitude à l'exception de ses propos de politique étrangère sur la Chine, l'Afghanistan et ceux sur les couacs du gouvernement. Un oral honnête mais pas brillant. (...) Cela ne lui a pas interdit d'être très déterminé à conduire les réformes indispensables à la transformation de la France et à l'amélioration du pouvoir d'achat des Français. (...) Le chef de l'Etat qui aime la culture du résultat s'est efforcé de tempérer les impatiences des Français. Surtout il a tenu à expliquer jusqu'à se répéter que les cinquante-cinq réformes engagées constituent un tout cohérent. Parce qu'elles sont dépendantes les unes des autres, elles doivent être conduites en même temps. Aujourd'hui n'est plus au quantitatif mais au qualitatif. Il n'est plus à la croissance indéfinie de la fonction publique mais au retour à son volume de 1992. Bref, les réformes restent le centre de gravité du quinquennat de Nicolas Sarkozy et sa feuille de route."
 
 
 
LA CHARENTE LIBRE
Jacques Guyon
" (...) Certains en espérant découvrir à l'écran quelques signes d'un apaisement de ton et d'une inflexion de style qui annonceraient qu'au bout d'un an Nicolas Sarkozy s'était enfin glissé dans l'habit de Président. (...) Même s'il est moins dominateur dans les sondages d'opinion, nul doute que Nicolas Sarkozy est toujours aussi sûr de lui. Sûr de sa politique, sûr de ses choix, sûr de tout ce qu'il fait et sûr du bien-fondé de sa "réforme". Oh, certes, il y a bien eu hier soir quelques moments où le Président a dû consentir à certains mea culpa, à quelques menus regrets, à d'infimes concessions. Mais s'il est allé à confesse, ce n'est certainement pas pour se battre la coulpe. (...) La réhabilitation du travail, la rupture, les réformes, la cohérence, le courage c'est lui! Droit dans ses bottes sur l'immigration choisie! Inflexible sur l'allongement des cotisations pour les retraites! Défenseur de la santé et donc très vigilant sur les OGM! Fidèle à ses convictions sur la Turquie, intransigeant mais réaliste sur la Chine! Il est partout et partout se dit sûr d'être dans le vrai. Et d'ailleurs comment pourrait-il en être autrement? Dès lors que le Président assène qu'il n'y a pas d'autre voie..."
 
 
 
LA PRESSE DE LA MANCHE
Jean Levallois
" (...) Nicolas Sarkozy est apparu déterminé, reconnaissant avoir commis des erreurs, mais gardant fermement le cap de son engagement présidentiel pour réformer, revaloriser le travail et même améliorer le pouvoir d'achat. Il sait les mécontentements actuels mais il s'est efforcé de mettre en cohérence l'ensemble des actions entreprises depuis un an. (...) Signalons, ce qui est significatif, la mutation qui s'opère quant à la forme. Nicolas Sarkozy ne renie pas ses projets, mais il calme le jeu. Nous ne sommes pas au temps de la présidence paillette. Au contraire, le chef de l'Etat s'est efforcé de faire partager la complexité des décisions qu'il lui faut prendre pour faire recoller la France dans le peloton de tête des Etats modernes, jamais assurés de rester pour toujours en première division. De manière très pudique, et très sobre, il a su tourner la page sur sa vie conjugale et les péripéties de sa vie privée. Le président a, semble-t-il, appris en une année d'exercice, la nécessité de la distance par rapport à lui-même, sans pour autant, affirme-t-il, s'être éloigné des préoccupations des Français."
 
 
 
LIBERATION CHAMPAGNE
Jorge d'Hulst
" (...) De sa longue interview, ressort surtout sa volonté d'instaurer la règle des trois tiers pour la répartition des bénéfices des entreprises. Un tiers pour l'investissement, un tiers pour les actionnaires et un tiers pour les salariés. Y compris pour ceux qui travaillent dans des sociétés de moins de 50 personnes, actuellement écartés de l'intéressement. Mais, concrètement, cette annonce risque d'avoir peu d'incidences pour la vie de ces salariés. Au lieu de rendre tout simplement obligatoire par la loi cet intéressement, Nicolas Sarkozy a tourné autour du pot. Il s'est contenté d'annoncer une mesure incitative. Les entreprises qui mettront en place cet intéressement paieront moins d'impôts. De ce fait, de cette interview, on retient davantage les mauvaises nouvelles qu'il a annoncées que les bonnes: le passage à 41 années de cotisations pour pouvoir prendre une retraite à taux plein. Et, surtout, que la prime pur l'emploi, mise en place par le gouvernement Jospin pour améliorer les bas salaires, sera rognée pour financer la généralisation du revenu de solidarité active. En d'autres termes, Nicolas Sarkozy va retirer à ceux qui n'ont pas beaucoup pour donner à ceux qui en ont encore moins. Ce n'est pas là franchement améliorer le pouvoir d'achat."
 
 
 
LE PROGRES
Francis Brochet
"Notre Président est un homme simple. Il dit ce qu'il veut faire, puis il essaie de le faire, envers et contre tout. Peu importe alors que la réalité résiste, qu'éclate une crise pétrolière ou monte une grogne populaire.Il l'avait écrit : "Dans un monde qui bouge à toute vitesse, l'immobilisme est la posture la plus risquée". C'est bouger ou mourir. Bousculer les oppositions ou gérer le temps qui passe, figure de la mort politique incarnée naguère par Jacques Chirac. Il assume ses choix, du prix du gaz à l'Afghanistan, sourire aux lèvres, en avocat excité par la difficulté du dossier. Il y a bien eu quelques hésitations, quelques couacs, mais "tout est rentré dans l'ordre", dit-il, usant des mêmes mots pour son ménage et son gouvernement. Notre Président est un joueur : il semblait perdre, il choisit de doubler la mise. "Je sais où je vais", dit-il. En clair, ça passe ou ça casse."
 
 
 
LA NOUVELLE REPUBLIQUE
Denis Daumin
(...) Exit le vernis, le velours et les dorures du mobilier national. Pas de bureau gaullien ici où s'accouderait avec autorité la toute puissance de l'Etat, nulle bibliothèque mitterrandienne lestant le propos présidentiel de l'humanisme le plus élevé. Trop vieux et daté. Des images et des références du siècle d'avant, tout cela. Hop, au grenier de l'Elysée. A leur place un pupitre de verre posé sur une large plate -forme de dalles lumineuses. Leur brillance de piste de danse, offusquant l'éclat modeste des lustres Napoléon-III, entendait apporter de la nouveauté et de la fraîcheur selon la communication du Palais. Beaucoup n'y auront vu qu'une touche très show télévisé et quelques indulgents l'empreinte de Carla. Cette nouvelle liturgie, époussetée, modernisée et simplifiée aura-t-elle porté le message présidentiel ? Eparpillé et répétitif, dupliqué sur tous les fronts et les registres ces derniers mois, les Français ne l'entendaient plus. Hier toutes les précautions avaient été prises, la soirée était traduite en continu dans le langage des sourds et muets."
 
 
 
LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Marcel Bouguereau
"Fallait-il vraiment infliger à la France 90 minutes de discours répétitifs parce que Nicolas Sarkozy dévisse dans les sondages et même dans le coeur des Français qui ont voté pour lui ? Que reste-t-il de cette heure et demie ? Un discours à peu près cohérent sur l'immigration, sur l'enseignement, sur sa tactique envers la Chine avant les Jeux Olympiques. Mais pour le reste la confiance est brisée et les mots présidentiels sonnent creux. Etait-il indispensable de réunir un plateau de cinq journalistes pour qu'à une exception près, celle d'Yves Calvi, on assiste à une interview où le Président pouvait parler impunément sans qu'on le reprenne sur ses affirmations les plus douteuses ? (...) N'était-il pas possible de lui demander pourquoi, lui qui affirmait avoir lancé " 55 réformes, parce que tout se tient ", pourquoi il avait cédé à tous les corporatismes, surtout ceux de l'électorat de droit, sur les niches fiscales, sur les taxis et les médecins ? N'était-il pas possible, face à cette bien soudaine modestie, de lui demander puisqu'il reconnaissait avait "fait des erreurs", de quelles erreurs il s'agissait ? (...) Finalement comment, en un an, cet homme a pu vider de leur substance les mots qu'il prononce en les transformant en un baratin de joueur de bonneteau ?"
 
 
 
LA TRIBUNE
Pascal Aubert
"Monsieur le président, dessine-moi une réforme... Juste une seule. Ou deux. Trois à la rigueur. Mais, s'il te plaît, pitié, pas cinquante-cinq. On a visiblement eu tort d'attendre de l'intervention télévisée du chef de l'État hier soir ce qu'elle ne pouvait pas nous apporter. On disait le président en fâcheuse posture et dans l'obligation de recadrer son action et celle de son gouvernement. Le Premier ministre s'était même laissé allé il y a quelques jours à appeler de ses voeux une " feuille de route " et un " cap " pour les réformes laissant entendre que son gouvernement était, lui aussi, comme beaucoup de Français dans le brouillard. S'il regarde sa boussole ce matin, il n'est pas certain que François Fillon distingue davantage qu'hier le nord du sud, l'ouest de l'est. Le président de la République a beaucoup expliqué hier soir. Trop peut-être. (...) Car le désir d'être complet, clair, pédagogique, de n'esquiver aucune question délicate ou embarrassante a laissé un sentiment de profusion proche de la confusion. (...)
 
 
 
LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Jean-Claude Kiefer
"Nicolas Sarkozy sait s'y prendre ! Excellent communicateur, à l'aise dans le jeu des questions-réponses, sachant retourner à son profit chaque argument trop incisif avec ce qu'il faut de "mea culpa" pour rester crédible, le président de la République captive facilement un auditoire. Sans grandes phrases ronflantes, sans exhortations péremptoires. On le savait et il l'a encore montré hier. En bon professionnel, devrait-on ajouter. (...) Comme s'il fallait montrer que le chef de l'État prend des décisions difficiles, que sa tâche est moralement éreintante. Le tout avec, n'en doutons pas, un brin de démagogie dans de l'art de jouer sur la corde de l'empathie. (...) Le message va-t-il passer ? De toute façon, le choix n'existe pas. Mais un autre désamour pourrait vite succéder au désenchantement actuel, et quel que soit le climat économique international responsable de beaucoup, pas de tout. Nicolas Sarkozy ne peut plus reculer. Il a promis des réformes, il doit en réaliser. Plus que ses prédécesseurs à l'Élysée, il sera jugé sur ses résultats. Placer la barre trop haut pour assurer son élection peut aussi être une faute, en politique."
 
 
 
LE DAUPHINE LIBERE
Didier Pobel
" (...) Nicolas Sarkozy, pour mieux envisager l'avenir, s'est soumis hier soir, souvent humblement et en reconnaissant d'emblée ses "erreurs", au rude exercice télévisuel du retour sur les douze premiers mois de ses fonctions au sommet de l'État. Et pendant qu'il parlait, se superposaient dans nos mémoires des images de campagne. Avril 2007. Au Grand-Quevilly. À Dijon. Ailleurs. Cette scène, par exemple. Le candidat de l'UMP, en visite dans un grand ensemble, entame une discussion à bâtons rompus avec des ouvriers du bâtiment à travers lesquels il salue "la France qui se lève tôt" et qui n'est pas toujours récompensée de ses efforts. "Il faut qu'il en reste dans la gamelle à la fin du mois", lâche-t-il, en promettant qu'il en sera ainsi s'il est élu. Sans doute n'imagine-t-il pas, alors, que ce thème peut résonner aussi longtemps... Tout cela, il l'a redit un an après. Avec des idées identiques mais plus du tout avec les mêmes mots. De quoi sans doute justifier cet aveu initial: "Bien sûr que j'ai changé". Reste à savoir si sa confession, aux accents à la fois graves, pédagogiques, contrits et attentionnés, a été entendue par la France qui s'est couchée tard. Pour l'écouter... "
 
 
 
L'ALSACE
Françis Laffon
"Soigner le mal par le mal ! Le chef de l'État a voulu signifier sa métamorphose - moins d'attirance pour les paillettes et les caméras - à travers une longue intervention... télévisée. Voici donc le nouveau... nouveau Sarkozy, lui qui a changé souvent de style. Nouveau ? Pas tant que ça. Désormais, le président se veut humble. (...) Le naturel revient cependant au galop. La première personne du singulier reste présente à dose caricaturale, "Je suis chef d'État" revient en leitmotiv sur un ton qui frise l'autoglorification. Intact aussi, le talent de " pédago ", utilisé hier à travers une leçon permanente, en particulier sur le terrain de l'économie. Ici encore, une inflexion légère : moins de flamboyance, un côté plus docte, évoquant parfois feu Raymond Barre, certitudes comprises. Mais le maître actuel, le maître du "je", serait plus crédible sans son erreur initiale : avoir injecté, en 2007, quinze milliards d'euros, dont un bon tiers plutôt en faveur des revenus élevés. Et au bout, pas de résultats tangibles. Ces milliards seraient précieux aujourd'hui pour lutter contre une crise effectivement mondiale. Le président s'emploie à démonter cette critique, admettant néanmoins des fautes de communication, en ce qui concerne cet épisode. (...)
 
 
 
PARIS NORMANDIE
Michel Lepinay
"Sans surprise, c'est le début qui a été le plus dur. Le début, c'est-à-dire les sujets économiques. Il s'y attendait, il s'y était préparé. La ligne de défense est aussi sans surprise. Il a été élu pour réhabiliter le travail, et il le fait. Mais il faut du temps. Si sa popularité s'effondre, c'est parce qu'il bouscule les conservatismes. Et si le "choc de confiance" ne se produit pas, c'est la faute au prix du baril, à la crise financière, au niveau trop élevé de l'euro, à l'envolée du prix des matières premières. Mais Nicolas Sarkozy fait aussi sur certains points amende honorable. (...) Et puis avec les thèmes de société, le président se détend. Moins sur la défensive, il prend les sujets les uns après les autres, sur le ton du bon sens qu'il affectionne, avec l'aplomb de celui que toutes les injustices indignent. Ça vaut pour le nombre de profs dans les lycées, pour les retraites, mais aussi pour l'immigration. A l'heure de la conclusion, il donne la touche finale : se pose serein, et pugnace, pour rassurer, mais sans autosatisfaction, pour ne pas braquer. Aura-t-il convaincu ? Pas sûr, mais il accepte "l'impatience des Français" inquiets pour leur quotidien. Son échéance à lui est dans quatre ans."
 
 
 
L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel
"Il s'est beaucoup défendu, il a très peu attaqué, il a reconnu des erreurs et les assume, il assure avoir "mis de l'ordre" aussi bien à l'Elysée que dans sa vie privée, il travaille main dans la main avec le Premier ministre, il garde toutes ses convictions et sa foi dans le bien fondé de ses réformes: le Nicolas Sarkozy qui est apparu hier soir a tenté de concilier l'image d'un homme d'action "portant" sa charge avec une stature plus présidentielle. A part ça, le discours est toujours le même, axé essentiellement sur les "réformes nécessaires" pour "réveiller la France", sur la réhabilitation du travail, sur l'objectif "déficit zéro" à l'horizon 2012. La baisse de sa popularité il l'attribue à sa volonté de "bousculer les immobilismes" en lançant, a-t-il affirmé, 55 réformes, ce qu'aucun président avant lui n'avait eu le "courage" de faire. Il l'attribue également à des erreurs et à l'insuffisance d'explications. Rien n'est simple, dit-il à plusieurs reprises, en reconnaissant que la vie des Français ne s'est "pas assez" améliorée. Il garde cependant le cap et veut être jugé à la fin du quinquennat. Au fond, il dit aux Français: patience."
 
 
 
MIDI LIBRE
Philippe Palat
"Le monde a changé, le Président de la République aussi. Bien sûr, pas question pour lui de modifier le cap, de ralentir le rythme ni le débit des réformes. Tout au plus reverra-t-il, fataliste, la communication de son action. Mais hier soir, interviewé en direct pendant 90 minutes, Nicolas Sarkozy a montré des failles inhabituelles. Toujours volontariste dans ses choix, toujours énergique dans son propos, l'homme a reconnu, à de multiples reprises, ses erreurs. Les couacs. Et l'étroitesse de sa marge de manoeuvre dans un contexte international défavorable. Suffisant pour convaincre un pays plongé dans l'inquiétude et l'impatience ? Pas vraiment. Là où on attendait une posture grave et rassurante, là où on escomptait pédagogie et clarté, maîtrise présidentielle et stratégie oxygénante, perspectives sonnantes et trébuchantes, on a vu un chef de l'Etat besogneux et laborieux, parfois brouillon dans ses explications. Empêtré dans les chiffres, entravé par les statistiques, confus voire ambigu dans son message politique, Nicolas Sarkozy a peiné pour rassurer les Français. Une nouvelle désillusion? Seule certitude: l'opération "retour de la confiance" a manqué de flamboyance. Et peut-être raté son objectif de re-mobilisation des esprits. Et des espérances.
 
 
 
L'YONNE REPUBLICAINE
Philippe Noireaux
"Cocorico ! Le roi des bonimenteurs est de retour ! On l'avait un peu vite enterré, sous une pile de mauvais sondages, de pouvoir d'achat en berne, de mécontentement grandissant, d'impatience exacerbée et de déception record ; bref toutes choses qui caractérisent le tempérament français. Et voilà qu'on le retrouve au meilleur de sa forme, as de la communication, président en campagne, discourant sans forcer pour emporter la conviction. Il faut dire que face à lui, autre caractéristique toute française, prévalait hier soir une bienveillante déférence médiatique. Mais qu'importe, Nicolas Sarkozy a été bon. Et même très bon. Tour à tour incantatoire, badin, solennel, reconnaissant des erreurs - ses erreurs -, ferme aussi, le président de la République n'a négligé aucun registre pour défendre, expliquer sa politique. Et tenter par là même de regagner la confiance perdue des Français. Pas de scoop, pas de coup, pas de montre ostentatoire, pas d'annonce fracassante : retenue, sobriété, détermination. Voilà donc le Sarkozy nouveau à l'aube de l'an II de son quinquennat. Pas de rupture en fait mais plutôt un retour aux fondamentaux. (...) Reste à savoir si ce champion de la forme, des belles paroles, est véritablement capable de donner du fond à ses propos. Mais pour cela, la France va devoir faire preuve d'un peu de patience."
 
 
 
L'EST REPUBLICAIN
Rémi Godeau
" (...) En virtuose cathodique, le chef de l'Etat a trouvé les mots pour s'installer en président d'autorité, grave et décidé, et pour clarifier son action. Il a même fait oeuvre pédagogique sur l'immigration ou la mondialisation. Pour une fois, le président de la République s'est gardé de multiplier les annonces spectaculaires. Tout au plus a-t-il sauvé des eaux le RSA de Martin Hirsh. L'agitateur d'idées se devait de temporiser pour fixer un cap. Déboussolée par une politique brouillonne, la majorité le réclamait. Et de fait, la première année de réformes a un peu gagné en cohérence. La clé reste donc la réhabilitation du travail. Mais les clarifications sur la politique familiale, la régularisation des sans-papier ou les manifestations des lycéens tenaient plus du "service après couacs" que de la mise en perspective. (...) Il y avait quand même hier, dans le formalisme de l'interview en direct de l'Elysée, comme un retour à la plus pure tradition de la Ve République. A une époque où les intentions pesaient plus que les actes. Comme résigné à son impopularité, Nicolas Sarkozy n'a pas pour autant abandonné son image de modernisateur : "Je sais où je vais et je suis persuadé qu'il n'y a pas d'autre stratégie". Toute la question est maintenant de savoir si les Français le sont aussi."
 
 
 
LA MONTAGNE
Daniel Ruiz
"Pas de scoops, pas de nouveaux chantiers ouverts, pas d'effets de manche, Nicolas Sarkozy a maîtrisé l'exercice médiatique et solennel auquel il se livrait pour la première fois de son quinquennat. Ce n'est pas une surprise, on lui connaît ce talent. À l'aise dans sa communication, il a renoué avec l'image du candidat qui travaillait et s'exprimait avec calme pendant la campagne, pour, par petites touches, se glisser dans le costume du président et tirer le rideau sur l'agitation et la surexposition des premiers mois. (...) La France s'était endormie, Nicolas Sarkozy confirme qu'il peut la réveiller avec la politique qu'il mène depuis un an. Il demande simplement du temps pour laisser passer les mauvais vents de la crise internationale. Le satisfecit sur la forme et sur le ton sera assez généralement partagé ce matin, le fond par contre ne bouleversera pas l'opinion et la courbe des sondages. Nicolas Sarkozy s'est livré à une remise en perspective, il a tenté des corrections sur le RSA, le chômage, ou le pouvoir d'achat. Mais parce qu'il est allé trop dans le détail de son catalogue, le président de la République aura bien du mal à provoquer le retour à la confiance. La remise en ordre qu'il a voulue de son puzzle de réformes aura bien du mal à passer pour un tableau bien fini. (...)
 
 
 
LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus
"Quelle différence entre le Sarkozy de janvier dernier et celui d'hier soir! Oui, quelle différence entre le Sarkozy qui, dans sa conférence de presse de début d'année, avait, du haut de ses certitudes, joué la provocation envers les journalistes, et le Sarkozy d'hier soir, revenu à l'humilité et confessant volontiers ses erreurs devant ses intervieweurs. On pourra toujours s'interroger sur la sincérité de ce revirement mais le constat s'impose. (...) Afin de retrouver cette confiance dont il a manifestement conscience de l'avoir gaspillée, Nicolas Sarkozy n'a pas été avare en autocritiques. Oui, le paquet fiscal a donné lieu à une erreur de communication totale. Oui, il y a eu une faute sur la carte familiale SNCF. Oui, il a été trop tolérant avec les couacs de ses jeunes ministres. Oui, ses conseillers ont trop parlé dans les médias. Pour le reste, Sarkozy est redevenu l'ardent (et plutôt convaincant) propagandiste des réformes. Au fond, on aurait pu réduire cette heure trois-quarts d'émission aux cinq dernières minutes avec cet aveu de Sarkozy: "Aujourd'hui les choses sont en ordre". Entendez par là que l'ordre règne à l'Élysée. Sans doute fallait-il commencer par cela pour qu'il ait une chance de régner aussi dans le pays ?"
 
 
 
LA LIBERTE DE L'EST
Gérard Noel
" (...) C'est sans doute pourquoi le chef de l'Etat a joué la carte de la modestie dans cet exercice d'auto-justification. Modestie au point d'employer à plusieurs reprises le mot "erreur", notamment en ce qui concerne la méthode employée. Sur le fond, il est resté ferme dans ses certitudes comme la réhabilitation du travail avec en appui la dénonciation très nette des 35 heures ("On a payé la réduction du temps de travail par une baisse des salaires" ; "Le problème de la France, c'est qu'on ne travaille pas assez !"). Mal à l'aise sur le pouvoir d'achat en berne à propos duquel il a évoqué le contexte international (pétrole, gaz), dénoncé les spéculateurs et s'est irrité du mauvais sort fait au paquet fiscal, il a tout de même avancé deux leviers pour remédier à une situation délicate : faire pression sur la négociation des prix et généraliser l'intéressement. (...) Et qu'on ne lui parle pas de brouille avec son Premier ministre, lequel était dans l'attente d'une feuille de route, il se contentera de l'assurance que son remplacement n'est pas programmé. Apparaître comme un président tel que les Français appréhendent la fonction était son ambition. Il appartient à ceux-ci de juger s'il a réussi l'examen de fin de premier cycle."
 
 
 
LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt
" (...) Humble comme un franciscain, soumis comme un pénitent, il a reconnu ses erreurs et admis sa part de responsabilité dans la déception ambiante. Ce n'est pas sur un tel socle que l'on reconstruit l'ébouriffante cote de popularité de l'an dernier. Mais cet exercice de modestie inusitée constituait une obligation pour renouer le fil avec le pays avant d'aller chercher en réserves quelques produits comme les textes sur l'intéressement et sur la maîtrise des prix dans les grandes surfaces. Reprenant de zéro le travail de reconquête de l'opinion, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas faire d'étincelles en une heure et demi de travail d'explication. A défaut de charmer ses compatriotes, l'objectif du chef de l'Etat était de restituer un cadre à son action et de donner à entendre à la majorité qu'en dépit des obstacles rencontrés les objectifs n'avaient pas changé. Séduire, c'était pour le temps des illusions électorales. En cherchant à prendre la mesure du costume présidentiel, Nicolas Sarkozy ne visait rien d'autre que chasser le doute et rassurer les troupes."
 
 
 
OUEST FRANCE
Michel Urvoy
" (...) Pour être convaincant, il lui fallait d'abord se montrer lui-même convaincu. Nicolas Sarkozy l'a été. Stimulé par les difficultés, il reste ferme dans ses convictions. Tout juste concède-t-il quelques "couacs". Il n'élude aucune question, prouve qu'il s'occupe de tout. Du capitalisme financier qui marche sur la tête au prix de la tranche de jambon. Des allocations familiales à Ingrid Betancourt. Au fond, hier soir, le président de la République n'est guère sorti de son style. Avec cette impression qu'en traitant par le menu cinquante sujets à la fois, il s'expose à nouveau sur tous les fronts - comme le ferait normalement un Premier ministre -, se prive de hauteur, d'une vraie mise en perspective de sa politique. (...) "L'opposition dira qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil élyséen. Les Français se demanderont, ce matin, s'ils y voient plus clair dans ce foisonnement de sujets et d'explications. Déroutés par une année un peu folle, ils voudront juger sur pièces. Au-delà des 90 minutes, il reste heureusement quatre ans à Nicolas Sarkozy."
 
 
L'EST-ECLAIR
Patrick Planchenault
" (...) Qu'importe la "rupture" consommée avec l'opinion, Nicolas Sarkozy - qui s'était " préparé aux déceptions, problèmes et difficultés " qu'il rencontre aujourd'hui - ne renoncera à rien. Ni à ses antiennes de campagne ( "travailler plus pour gagner plus") ni à son ambition réformatrice dans un pays miné par des décennies de conservatisme. Parce que lui, au contraire de certains de ses prédécesseurs "n'a pas été élu pour durer, mais pour agir". Qu'on se le dise ! (...) A bon entendeur... Bref, on l'a compris, quelles que soient les contraintes nationales et internationales ainsi que les difficultés économiques, politiques et financières qui en accroissent la nécessité en même temps qu'elles en compliquent l'exécution, la "réforme" est en marche. Elle ne s'arrêtera pas... Seule la méthode pour la conduire pourrait changer. À l'image de son pilote, Nicolas Sarkozy lui-même qui, hier soir, en s'adressant aux Français droit dans les yeux, à donné l'impression d'endosser enfin l'habit "présidentiel" et d'un équilibre personnel retrouvé. En "rupture" avec la posture "bling-bling" meurtrière des premiers mois ?"
            
 

 

Revue de presse du 16 Avril

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 16/04/2007 à 7:20 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les commentaires de la presse, à J-6, sur l'élection présidentielle. 



LA TRIBUNE

Pascal Aubert

"Hormis quelques candidats, peu de Français croient encore à la fable de la "présidentielle-rencontre-entre- un-individu-et-un-peuple". Cette conception messianique de la politique a fait son temps et, surtout, bon nombre de déçus. Les années passant, les électeurs de ce pays ont appris à faire la distinction entre la fonction présidentielle et ceux qui la briguent avant, éventuellement, de l'incarner. Pour la première, ils ont le plus profond respect ; face aux seconds, ils gardent une distance dictée, à droite comme à gauche, par un long historique de rendez-vous manqués et de promesses non tenues. Qu'à moins d'une semaine d'une élection présidentielle, plus d'un Français sur trois n'ait pas encore arrêté son choix est à la fois rassurant et préoccupant. Rassurant, parce qu'à ce stade de la campagne, les effets de séduction sont épuisés et ces Français qui feront la décision dimanche prochain prennent leur responsabilité au sérieux.(...)"



L'HUMANITE

Patrick Le Hyaric

"(...) Et ce groupe d' anciens membres de cabinets ministériels socialistes baptisé les Graques, qui appelle à la même alliance, a la singulière particularité d'être aujourd 'hui constitué de mandarins essentiels du capitalisme français puisqu'ils sont toutes et tous à la direction de grandes entreprises privées et de banques. Appeler comme ils le font, huit jours avant le premier tour, à une alliance avec Bayrou revient à casser la campagne de Mme Royal et à crédibiliser la droite de Bayrou, qui jubile. Toutes ces manoeuvres politiciennes ont lieu sur un fond d'anticommunisme, d'effacement organisé ou de dénigrement des initiatives et des idées de Marie-George Buffet. Dans le même temps, les mêmes médias font une publicité comme jamais au matamore Le Pen. On notera que cette gauche américaine fait revenir sur le devant de la scène ce que les militants socialistes n'ont pas voulu en écartant la candidature de M. Strauss-Kahn.(...)"



L'EST REPUBLICAIN

Pierre Taribo

"Avec Michel Rocard appelant à une alliance Ségolène Royal-François Bayrou, on a cru à l'initiative isolée d'un vieux radoteur, tout de même ex-Premier ministre et membre du comité présidentiel de la candidate socialiste. Puis, avec la deuxième couche posée sur ce thème par Bernard Kouchner, l'un des hommes les plus populaires du pays, on se dit qu'il y a sûrement un truc. Et si le duo jouait les éclaireurs pour tous ceux qui, au PS, pensent que c'est la fin des vieux systèmes vermoulus ? En tout cas, cette prise de parole moins iconoclaste qu'il n'y paraît, apporte de l'eau au moulin de François Bayrou qui trouve enfin à gauche, les ralliements qu'il espérait. Des ralliements dont on ne pourra pas dire : " Qui connaît M. Kouchner " ? A l'inverse, c'est un mauvais coup porté à Ségolène Royal, invitée à conclure un accord avec le centre avant le premier tour.(...)"



LA REPUBLIQUE DU CENTRE

Jacques Camus

"(...)L'initiative de Rocard et Kouchner montre, en tout cas, dans quelle situation d'incohérence se trouve le PS à la veille d'un scrutin majeur. Elle souligne aussi le peu de confiance que les intéressés accordent à leur "championne". Du coup, on se demande de quel PS Ségolène Royal est la candidate. Du PS "officiel" qui, comme elle, refuse de conclure un accord dans le dos des électeurs? Ou d'une gauche réformatrice dénonçant le "sectarisme"? En attendant la réponse, on voit bien que les socialistes ménagent davantage Bayrou que Sarkozy. Et voilà bien l'énorme ambiguïté dont profite le candidat centriste. Dans son ni gauche ni droite, on devine qu'il lorgne davantage à gauche, où il a plus à gagner, qu'à droite. Bien que son programme soit plus libéral qu'étatiste. Une question enfin: de Royal ou de Bayrou, qui est vraiment prêt à aider l'autre? À une semaine de vote, un peu de sincérité s'impose."




LA REPUBLIQUE DES PYRENEES

Jean-Michel Helvig

" Mais pour autant l'UMP et le PS ne sont pas forcément dans une situation facile, même si leur candidat l'emporte. Entre les deux tours, que ce soit Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, la questions des alliances va être cruciale. Ni elle, ni lui, ne dispose de " réserves " naturelles. Pour Nicolas Sarkozy l'entente avec le FN est impossible, ce qui n'empêche pas des signaux appuyés adressés aux électeurs. Quant à Ségolène Royal elle se trouve ligotée par un PS où l'alliance avec le centre réclamée par Michel Rocard et Bernard Kouchner conduirait à une scission, et la main tendue à la gauche de la gauche qui aurait toutes les chances d'être déchiquetée tout crue, avec les rescapés de la " gauche plurielle ", Buffet et Voynet, posant des conditions sans rapport avec leur influence électorale, et la cohorte des trotskystes divers et variés ne pensant qu'à renforcer leurs chapelles respectives et surtout pas se salir leurs blanches main dans la gestion du pays...Bref, d'une certaine façon, la vraie campagne présidentielle, commence dimanche soir à 20 heures."

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Revue de presse du 10 avril: La campagne officielle et le sondage sur les indécis

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 10/04/2007 à 10:33 :: Revue de presse

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 
LIBERATION
Renaud Dely
 
"Faut-il que la France soit passée à droite pour que des électeurs envisagent d'enchoisir une version (Bayrou), le 22 avril, dans l'espoir d'en repousser une autre (Sarkozy), le 6 mai. Le trouble engendré par François Bayrou à gauche illustre la crise d'identité qui la frappe. Longtemps l'homme de gauche a bombé le torse: il avait beau perdre les élections, il se savait du côté du vrai, du bon, du juste. Même minoritaires au fond des urnes, ses valeurs dominaient parce que le mouvement, le progrès, le sens de l'Histoire étaient autant de balises évidentes. Un retournement s'est effectué sous les coups de boutoir de la montée de l'individualisme. Faute de l'apprivoiser, la gauche s'est trouvée reléguée à défendre un statu quo aussitôt enfoncé. Pour continuer à faire bonne figure, elle a déplacé le combat du progrès sur des terrains annexes, telles les questions de moeurs aujourd'hui devenues consensuelles. Elle en a perdu de vue l'essentiel: le mal-être de catégories populaires en mal de repères. (...)"
 
 
 
 
LE REPUBLICAIN LORRAIN
Pierre Fréhel
 
" (...) Le pourcentage très élevé d'électeurs indécis montre, en effet, que rien n'est joué et que des déplacements massifs de voix restent possibles. Plus inquiétante pour le candidat de l'UMP est l'intensification des offensives contre sa personnalité, son nomadisme idéologique et ses dérapages. Ainsi, en affirmant, comme il l'a fait récemment, le caractère génétique de la pédophilie et du suicide des jeunes, Sarkozy s'est mis à dos les milieux catholiques qui récusent, au contraire, toute prédisposition génétique niant la liberté et la responsabilité de chaque individu. En même temps, ce jugement personnel est conforme à ses convictions d'homme de droite qui croit à une certaine prédestination et prône donc davantage la sanction que la prévention face à la délinquance. Et c'est précisément parce qu'il accepte le combat avec Le Pen sur ce terrain-là que le président du FN est contraint de faire de la surenchère. D'ici le 22 avril tous les coups seront permis. Au risque pour l'actuel favori des sondages de faire le jeu de Ségolène Royal, qui prêche la réconciliation et l'amour, et de voir la droite modérée lui préférer François Bayrou qui appelle à la modération et au rassemblement."
 
 
 
LA VOIX DU NORD
Eric Dussart
 
"Jean-Marie Le Pen lui-même estime que Nicolas Sarkozy exagère. Pas beaucoup, peut-être, mais tout de même. Le vieux président du Front national a trouvé "un peu absurdes" les propos du candidat UMP sur les gènes. Et, en homme qui s'y connaît, il a dénoncé " les vieilles thèses du XIXe siècle". C'était la semaine dernière, dans un entretien avec Michel Onfray, philosophe très à gauche et à la verve toute nietzschéenne. Cet homme-là aussi est resté comme stupéfait devant l'inclination sarkozienne "à penser qu'on naît pédophile". Et de même, un peu plus tard, quand M. Sarkozy assénait : "Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France, chaque année parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable." Ce n'est pas épouser la pensée de Jean-Marie Le Pen qu'abonder cette fois dans son sens. Et même renchérir ; aller plus loin, peut-être, que cet "un peu absurde" dont s'est fendu le candidat d'extrême droite au cours du week-end dernier. (...)"
 
 
 
 
Dominique Vales
 
" En devenant "officielle", la campagne présidentielle est entrée dans sa phase ultime, tout en laissant intacte l'incertitude sur son issue. (...) L'indécision traduit donc un embarras devant des candidats qui présentent tous des atouts et des handicaps et dont aucun, à ce stade, ne suscite un élan. Des candidats et non des programmes. On ne cesse de le déplorer, mais ce qui déterminera les indécis, d'ici au scrutin, c'est beaucoup moins le contenu de ce qu'ils vont entendre que la manière dont ce sera dit. (...) Si l'on complète les sondages avec les impressions subjectives retirées de la campagne, Nicolas Sarkozy fait figure de favori, avec Ségolène Royal en seconde position, menacée par François Bayrou, et Jean-Marie Le Pen en embuscade. Cette photo à l'entrée de la dernière la ligne droite va s'animer, se modifier, se préciser, ou devenir encore plus floue, à l'approche du 22 avril. Quant au second tour, mieux vaut ne pas y penser : à deux semaines du 21 avril 2002, les sondages donnaient Lionel Jospin vainqueur de la présidentielle dont il ne passa pas le premier tour."
  
 
 
 
 
LIBERATION CHAMPAGNE
Jorge d'Hulst
 
" (...) Car à moins de deux semaines du scrutin, rien n'est encore joué. (...) D'autant que cette présidentielle se distingue par un nombre record d'indécis. Près d'un Français sur deux (42%) peut encore changer d'avis d'ici le 22 avril. (...) Cette volatilité de l'électorat a donné un espace à un homme comme François Bayrou, lequel en se maintenant à un niveau très haut rend toujours très incertaine l'issue du premier tour. Car, encore plus que Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal n'a la certitude de pouvoir le franchir. Pourtant, la candidate socialiste effectue une bonne campagne, réactive. Mais une part importante de son électorat naturel reste toujours séduite par le ni gauche, ni droite de François Bayrou. Le fort taux d'indécis s'explique d'ailleurs aussi en grande partie par le score élevé du candidat UDF. Ce dernier puise largement ses voix à gauche alors qu'il est depuis des décennies un homme de droite. Dans les derniers jours, ces voix de gauche vont-elles finir par rentrer au bercail? C'est la grande interrogation. Car il existe au moins une certitude dans cette élection. Si Bayrou est au second tour, Ségolène Royal n'y sera pas. Ce sera l'une ou l'autre. Pas les deux à la fois."
 
 
 
Jacques Camus
 
" (...) Dans cette campagne, une "thématique" a chassé l'autre au gré des réactions de l'opinion et le débat de fond ne s'est pas installé. Du coup, on risque de voir les électeurs se décider sur des éléments conjoncturels de dernière heure. On en viendrait presque à se demander si Sarkozy et Royal ne seraient pas mieux inspirés de se taire pendant les treize jours qui nous séparent du premier tour. Sûr que Nicolas Sarkozy en a trop dit sur le caractère inné de la pédophilie pour ne pas susciter des réserves. Sûr que Ségolène Royal a eu tort d'improviser sur le "contrat première chance" que la gauche aurait démoli allègrement s'il avait été proposé dans les mêmes termes par la droite. Alors oui, il est grand temps pour les candidats de peser enfin leurs mots. Pour faire pencher la balance."
 
 
 
Chantal Didier
 
" (...) Avec constance, une large majorité de Français pronostiquent certes une victoire de Nicolas Sarkozy. Ils sont pourtant moins d'un tiers à la souhaiter "personnellement". Mais le candidat UMP peut aisément se consoler. Ses principaux rivaux ne suscitent pas plus d'enthousiasme et il arrive en tête quand il s'agit de dire qui serait le mieux à même de remplir la fonction présidentielle.  La relève des générations propulse sur le devant de la scène des personnalités moins connues dont il convient d'évaluer les qualités et les défauts. D'où des interrogations persistantes sur chacune d'entre elles. Que s'y ajoutent le délitement des attaches partisanes, l'éparpillement des centres d'intérêt, une campagne médiatique qui relève plus du spectacle que du raisonnement, et les électeurs ne savent plus à quel candidat se vouer. Il leur reste deux petites semaines pour se décider."
 
 
 
Francois Tartarin
 
" (...) François Bayrou et Jean-Marie Le Pen demeurent en lice. Et si tant de scénarios prospèrent encore, c'est aussi parce que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal n'ont réussi ni l'un ni l'autre à fédérer la totalité de leur camp autour de leur candidature. Le premier inquiète, la seconde ne rassure pas. Il existe une seule certitude, mais elle est elle-même aux yeux d'une partie de l'opinion source d'inquiétude : l'élu du 6 mai n'aura jamais auparavant exercé la fonction de président de la République. La somme de ces interrogations aide à comprendre pourquoi, selon un sondage publié par Le Parisien, plus de quatre Français sur dix sont toujours susceptibles de changer d'avis d'ici au 22 avril. Elle a de quoi, à moins de deux semaines du scrutin, décourager tous les pronostics."
 
 
 
LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Michel Helvig
 
" (...) une présidentielle c'est par nature la sélection de quelqu'un qui va exercer le pouvoir suprême et non le miroir des diverses "sensibilités" idéologiques ou catégorielles en vigueur dans la société. C'est ainsi que la France se donne le ridicule d'avoir une légion de candidats radicalement "antilibéraux", dont trois au trotskysme plus ou moins affiché. A qui fera-t-on croire que l'opinion française est travaillée par le besoin d'avoir un tel éventail de choix ? Mais le système des parrainages actuel autorise ce genre de situation, avec son corollaire de temps de parole, alors que dans les démocraties comparables à la nôtre ce sont les résultats des élections locales et nationales précédentes qui déterminent la mise en valeur des principales candidatures. Une façon de figer les positions acquises ? (...) Si l'on veut offrir la possibilité d'une représentation des courants minoritaires ou émergents il serait tout à fait juste et démocratique d'introduire une part de proportionnelle aux législatives. Mais que l'on cesse ce ridicule de laisser croire que des Besancenot, Bové ou Nehous ont la vocation - et même l'envie - d'exercer la fonction à laquelle postulent des Bayrou, Royal ou Sarkozy."
 
 
L'ECLAIR DES PYRENEES
Philippe Reinhard
 
" (...) Les électeurs liront avec attention les prochaines livraisons des instituts de sondages. Et ils se prononceront en fonction de ces modernes augures. Celles et ceux qui veulent battre Sarkozy choisiront le ou la candidate le mieux placé pour battre le candidat du parti majoritaire.  Quel que soit le résultat du 22 avril prochain, le paysage politique français ne sera plus le même. S'en sera fini du sempiternel affrontement entre gauche et droite. Après cette élection à laquelle aucun sortant ne participe, la France renouvellera, quel que soit le résultat, son personnel politique. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle. Notre pays a besoin de sang neuf. La prochaine élection présidentielle y contribuera. Peu importe en définitive qui l'emportera. Ce qui compte, en définitive, c'est que cette élection présidentielle donne à notre démocratie le coup de jeune dont elle a tant besoin."
 
 
 
LE COURRIER PICARD
Jean-François Montémont
 
"A quoi bon se déplacer le 22 avril prochain si les résultats sont déjà pliés comme l'affirme CSA, selon lequel près de six français sur dix pronostiquent la victoire sans bavure de Nicolas Sarkozy? (...) De là à souhaiter que les instituts de sondages se plantent dans les grandes largeurs comme ils l'ont admirablement prouvé en 2002 il y a un pas que nous ne franchirons surtout pas, d'autant que tout - même le pire - peut favoriser les extrêmes. Il suffit de relire les déclarations faites pendant les fêtes pascales, pour mesurer à quel point le borgne extrême trépigne, à l'idée d'une nouvelle surprise qui l'opposerait, lui l'homme du terroir, au candidat "venu de l'immigration", fine allusion aux racines hongroises de l'ex-ministre de l'Intérieur. Combien de Français partagent la crainte qu'un tel scénario puisse effectivement se produire ? Il suffit pour ça que l'on continue à publier des sondages débiles qui flattent la part la plus sombre des individus et que Sarkozy continue à affirmer péremptoire que la pédophilie est seulement affaire de génétique. Sûrement comme l'homosexualité ou la délinquance ! "
 

 

 

Revue de presse du 9 avril

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 09/04/2007 à 14:28 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les éditoriaux de la presse française commentent, lundi 9 avril, la campagne présidentielle.

 



LE MAINE LIBRE
Jacques Guichard

"Des candidat(e) s à la présidentielle le proposent: pour devenir citoyen français, il faudra causer la France (c'est un moindre) et passer un examen, sorte de CAP de l'assimilation culturelle. 1515 ? Marignan ! Pas sympa comme question : une pâtée infligée aux Suisses (par François Ier). C'est quand même eux qui gardent l'argent de nos riches maintenant ! Attila ? Mérové (le Franc roi au pouvoir de ce temps) a "destroy" le chef des Huns aux Champs Catalauniques (Troyes en 451). Pas bonne question, même les Français de souche ne le savent pas, ni que c'est son frère Buda qui a fondé la capitale de la Hongrie. Who is Sarko 1er, président de l'UMP, candidat au trône de la Ve République ? L'ancien ministre de la police ! Bonne réponse ! Il est d'origine hongroise ! Excellente question, la preuve d'une intégration réussie et que le ministre de l'Intérieur de l'époque qui les a laissés entrer était un visionnaire."



LE COURRIER PICARD
Didier Louis

"Alors que débute la campagne officielle, que le vieux chef extrémiste se tient tapi dans l'ombre, l'insécurité et l'identité nationale se sont installées au coeur de la présidentielle. Jusqu'au bout, ces thèmes de prédilection du lepénisme structureront le débat. Si Sarkozy et Royal font course en tête, la France des sondeurs (la France réelle ?) révèle une droitisation de l'opinion. La " divine surprise " des événements de la gare du Nord a achevé de convaincre le candidat UMP de muscler son discours. Ainsi délivre-t-il une vision manichéenne - la France des honnêtes gens qu'il incarnerait contre celle des fraudeurs que sa rivale représenterait -, loin des élans jauréssiens de son entrée en campagne. Posture électoraliste ou glissement naturel d'un artilleur plus porté vers les méthodes tonitruantes d'un Pasqua que vers la rouerie rad-soc d'un Chirac ? Les deux mais, au fond, Sarkozy n'a pas changé : dérapages calculés!(...)"



LA VOIX DU NORD
Jean-Michel Bretonnier

"(...) Vous qui aviez, durant la campagne, proclamé votre volonté de réhabiliter le travail, serez servi : il y aura du pain sur la planche pour le (la) nouveau (elle) président(e). Vous êtes au pied d'un Himalaya de problèmes. Seul(e). Permettez-moi d'en ajouter un. Il ne concerne pas tous les Français, mais plus de 6% d'entre eux. le Nord - Pas-de-Calais compte moins de médecins généralistes et spécialistes qu'ailleurs ; l'État consacre moins de moyens aux établissements hospitaliers de notre région qu'aux autres. Plus de malades, plus de mortalité, moins de médecins et moins d'argent. Nous n'appelons pas à la discrimination positive. Nous voulons simplement, dans des échéances raisonnables, que notre région compte autant de médecins que la moyenne nationale, que ses établissements hospitaliers soient aussi bien dotés, que les moyens soient augmentés en termes de prévention.(...)"



MIDI LIBRE
Michel Noblecourt

"(...) Seule candidate à avoir reçu tous les dirigeants syndicaux, Ségolène Royal est celle qui va le plus loin en voulant introduire un titre sur la démocratie sociale dans la VIe République qu'elle propose. François Bayrou envisage aussi d'inscrire un droit à la négociation dans la Constitution. Marie-George Buffet parle de "démocratisation" de la négociation. Nicolas Sarkozy s'engage à respecter la loi de 2007 mais pour entreprendre des réformes qui mettent déjà vent debout les syndicats, CGT en tête. Le candidat de l'UMP promet une loi sur un service minimum dans les transports, prônée aussi par Jean-Marie Le Pen. M. Sarkozy veut surtout imposer un vote à bulletin secret dans les entreprises au bout de huit jours de grève. Un véritable chiffon rouge aux yeux des syndicats.

Nouvelobs.com

 

 

 

Présidentielle : les soutiens, les extrêmes, les programmes

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 06/04/2007 à 8:02 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La plupart des éditorialistes commentent la campagne, vendredi 6 avril.

 
 
LE MONDE
 
"(...)Tout Nicolas Sarkozy - ou du moins son argumentaire - est là. Dans ces oppositions binaires : l'ordre, qu'il défend, contre le désordre, que les autres autoriseraient ; la loi, qu'il protège, contre la "fraude", que les autres toléreraient ; la violence juste des marins-pêcheurs, qu'il absout, contre la "violence gratuite" de la gare du Nord, qu'il combat ; la jacquerie bien française, qu'il admet, contre les émeutes des banlieues, qu'il condamne ; le "désespoir" des uns, qu'il comprend, contre celui des autres, qu'il occulte. Bref, un monde simpliste partagé entre les bons et les méchants, jusqu'à faire le tri entre bons et mauvais émeutiers. Malheureusement, ce monde de western est aux antipodes de la complexité de la société française. Propos de campagne, dira-t-on. Sans doute. Mais qui augurent mal de la capacité à redonner aux Français le goût du vivre ensemble. Si le slogan n'avait été choisi, de longue date, par sa concurrente socialiste, on inviterait volontiers le candidat de l'UMP à réfléchir à "l'ordre juste"."
 
 
LIBERATION
Renaud Dély
 
"(...) Marie-George Buffet et le PCF déjà satellisés, José Bové assume à son tour sa vocation de rabatteur de voix du PS. Sa trajectoire personnelle d'ancien compagnon de route de Mitterrand l'y incitait. Olivier Besancenot se risque peu à peu sur le même chemin. Il a raison. Le drame de l'extrême gauche, c'est de se rendre utile. A l'occasion d'une élection présidentielle, elle ne peut y parvenir que si elle influe sur l'issue du scrutin. Voilà pourquoi elle n'a d'autre moyen que d'annoncer qu'elle se rangera derrière Ségolène Royal au second tour. Besancenot est devenu un produit médiatique séduisant à mesure que la ritournelle de Laguiller s'épuisait dans une orthodoxie stérile. S'il veut prospérer au fond des urnes, le facteur de la LCR doit s'infliger une certaine dose de pragmatisme. Et expliquer qu'une voix en sa faveur au premier tour a vocation à devenir un bulletin pour la gauche au second. L'extrême gauche n'a pas à craindre de se convertir à l'électoralisme. Cette tare est une grande vertu lorsqu'elle sert de pédagogie du réel."
 
 
L'HUMANITE
Pierre Laurent
 
"Ainsi il paraît que la campagne est entrée dans le vif du sujet. La preuve? Les deux candidats prétendants à l'Elysée, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, n'hésiteraient plus à se lancer des noms d'oiseaux. "Fraudeurs", dit le méchant, "menteur" rétorque la gentille. Pendant ce temps, le débat télévisé, le vrai, avec les douze candidats, attend toujours et ne verra peut-être jamais le jour. Et la France consternée, continue d'assister à une parodie de démocratie quand elle aspire à une confrontation de fond qui permette de dégager des solutions aux grands problèmes de notre pays. C'est donc aux électeurs de s'emparer des termes du débat et d'examiner un à un les programmes en présence en les confrontant à leurs attentes.(...)"
 
 
LE TELEGRAMME
Hubert Coudurier
 
"(...)Stigmatisant les adeptes de la repentance et prenant le parti des rapatriés, tout comme celui des marins-pêcheurs absous de l'incendie du Parlement de Bretagne, comme si leur violence était plus légitime que celle des casseurs de banlieue, estimant dans un entretien à Philosophie Magazine qu'il n'est pas loin de " penser qu'on naît pédophile ", Sarko s'affiche résolument à droite comme on ne l'avait pas fait en France depuis 25 ans. De fait, ce qu'il gagne chez les sympathisants FN, il le perd dans l'électorat UDF. Ce faisant, il sort d'une soumission à l'égard d'une idéologie dominante que Jacques Chirac, avec son tempérament rad-soc, aura prolongée et annonce le temps de la confrontation au sein de la société française. En polarisant l'élection, Sarko, qui pense que la cristallisation des intentions de vote se fera durant le week-end de Pâques, est-il en passe de la gagner ?"
 
 
L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel
 
"Ségolène Royal non plus ne veut pas être la femme qui cache la forêt. Première candidate à pouvoir accéder à la présidence de la République, elle pourrait, en effet, passer pour l'exemple vivant d'une égalité des chances avec les hommes. Hier, lors d'un débat organisé par l'hebdomadaire Elle sur "ce que veulent les femmes", elle en a appelé à "l'audace" des Français. "Le temps des femmes est venu", a-t-elle proclamé, convaincue que leur cause fait progresser celle des hommes. Il est vrai que dans cette élection où la bataille des programmes, la tournée des meetings, l'escalade des sondages, la ronde des ralliements plus ou moins folkloriques, les petites phrases en tous genres, n'ont rien qui les distingue des élections précédentes, la seule nouveauté est sans conteste la possibilité d'une "elle". Mais il appartiendra aux Français de dire si le temps des femmes est venu."
 
SUD OUEST
Bruno Dive
 
"(...) Car les candidats de l'UMP et du PS restent à un niveau élevé, plus élevé que celui de Chirac et de Jospin à deux semaines de la précédente élection présidentielle. Le président du Front national se voit ailleurs fortement concurrencé sur ses propres thématiques. Chacun s'y est mis pour le dépouiller un peu : Sarkozy s'assume en vrai candidat de droite, qui met l'accent sur la sécurité et l'identité nationale. Bayrou tient volontiers un discours populiste, du petit contre les puissants, dont la suppression de l'ENA n'est que le dernier avatar. Royal elle-même assume les valeurs de l'autorité, de la patrie, et dispute à Le Pen les mannes de Jeanne d'Arc. Enfin, Le Pen a vieilli; il fait moins peur. Mais il stimule toujours les bons esprits qui aiment à se faire peur."
 
 
NICE-MATIN
Marc Chevanche
 
"(...)Ce phénomène de soutien a longtemps été sans grande surprise. Comme chez nous, la politique est " littéraire ", pour parler comme Alexis de Tocqueville, c'est du milieu intellectuel et artistique que venait le gros des groupies. La gauche, qui tient là ses quartiers, y trouvait avantage. Aujourd'hui, le champ, d'une part, s'est élargi - les soutiens ne sont plus seulement germano-pratins - et, d'autre part, les pudeurs intellectuelles à se déclarer " de droite " ne sont plus ce qu'elles étaient. Ayant ainsi gagné en quantité, nos candidats soutenus peuvent maintenant redouter que les soutiens qu'ils recueillent leur rapportent plus de mal que de bien. Car nos " people " exaspèrent autant qu'ils fascinent. Lorsqu'ils vous offrent la corde pour vous soutenir, on ne sait plus très bien si ce ne sera pas celle qui soutient le pendu."
 
 
LA VOIX DU NORD
Hervé Favre
 
"(...) Pour le président de la République, le choix de Nicolas Sarkozy a été imposé par sa famille politique. Pour son épouse, ce choix s'imposait. Nul doute que pour le candidat, le soutien de Bernadette Chirac s'avérera sans doute plus bénéfique que celui de Bernard Tapie ! Hier le parti des radicaux de gauche, furieux de ce passage à l'ennemi, a exclu le plus connu de ses militants, l'homme qui lui a apporté sa plus grande satisfaction électorale aux élections européennes de 1994. Mais on doute que Ségolène Royal soit très peinée de ce transfert ! Avoir été ministre de François Mitterrand ne donne pas un "label de gauche", ironisait hier la candidate communiste Marie-George Buffet. Le nom de Tapie est tellement associé aux "années fric" et à leurs excès que la candidate socialiste a sans doute vu avec soulagement son ancien collègue au gouvernement rallier le camp d'en face."
 
 
LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus
 
"Nicolas Sarkozy vient d'enregistrer presque coup sur coup les soutiens de Bernard Tapie et de Bernadette Chirac. Pour un peu, la quasi simultanéité de ces deux engagements serait presque gênante car ils n'ont évidemment pas le même poids... moral. Et l'on devine aisément vers qui ont pu aller les préférences du candidat de l'UMP. D'ailleurs, s'il s'est montré "sensible" au ralliement un peu encombrant de Bernard Tapie, il a réservé un véritable message de reconnaissance à l'épouse du chef de l'État. Sûr qu'il vaut mieux s'afficher dans un grand meeting public avec celle qui est encore une première Dame de France "aimée et respectée des Français" qu'avec un sulfureux ancien ministre de François Mitterrand.(...)"
 
 
LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE
Patrice Chabanet
 
"A chacun ses soutiens. Nicolas Sarkozy vient de recevoir celui de Bernard Tapie et de Bernadette Chirac. Ségolène Royal, celui de Yannick Noah. François Bayrou, celui d'Azouz Begag qui a donné sa démission du gouvernement. Ça ne mange pas de pain. Mais d'une élection à l'autre, on n'aura jamais pu prouver l'influence de ces cautions sur le choix de l'électeur. La sympathie manifestée par telle ou telle personnalité en faveur de tel ou tel candidat laisse ouverte la question de la légitimité du soutien: en quoi la voix d'un ancien ministre, de l'épouse du chef de l'Etat ou d'un champion peut-elle rendre crédible le discours d'un présidentiable?"
 
 
L'EST REPUBLICAIN
Pierre Taribo
 
"La démission d'Azouz Begag ne changera pas grand chose à la vie d'un gouvernement en fin de parcours. En revanche, elle atterrit comme une pierre dans le jardin électoral de Nicolas Sarkozy, qui a soigneusement évité les banlieues dans son son itinéraire campagne. A moins qu'il n'ait attendu le renfort de Bernard Tapie, pour retrouver le chemin des cités ? Il est sûr qu'en comparaison du soutien de Bernadette Chirac, la sortie de l'ex-ministre délégué à la Promotion et à l'Egalité des chances, c'est un peu David contre Goliath revu à la mode présidentielle. Sauf qu'en ce moment, rien n'est tout à fait anecdotique. Surtout lorsqu'on sait les raisons du choix d'Azouz Begag, en état de profond malaise devant le candidat de l'UMP. (...) D'ailleurs lorsqu'on se trouve devant un cas de conscience, c'est immédiatement qu'il faut avoir du courage et de la volonté : on part aussitôt, pas à trois semaines d'une élection. Or là, le réglement de compte paraît d'autant plus petit qu'il est à contretemps. Reste qu'il produit son effet. Car même de faible puissance, la torpille laissera des traces."
 
 
L'ECLAIR DES PYRENEES
Michel Bassi
 
"(...)Encore faut-il ne pas se tromper. Est-on sûr, par exemple, que le ralliement d'un Bernard Tapie, dont l'existence sulfureuse n'est pas un modèle pour notre belle jeunesse, serve Sarko ? Croit-on vraiment que l'appoint des éléphants du PS à Madame Royal ait été un élément positif dans la campagne de celle-ci ? Inversement, le non soutien de Gilles de Robien à François Bayrou a-t-il vraiment handicapé le candidat UDF ? Il est rare que le consensus autour de tel ou tel personnage public soit absolu dans l'opinion. Rien ne permet d'ailleurs de penser que l'accumulation des " soutiens " influence réellement les électeurs, au point de déterminer leur vote. Les Français, on le sent bien à leurs réactions aux évolutions de cette campagne, veulent juger par eux-mêmes, d'après l'idée qu'ils se font, seuls, de la qualité des hommes et des femmes qui briguent leurs suffrages, des propositions qu'ils portent.(...)"
 
 
 
L'UNION
Hervé Chabaud
 
"Qui avait oublié que Bernadette Chirac n'est pas seulement l'épouse du président de la République mais une élue depuis plus de vingt-cinq ans en Corrèze ? Elle n'est pas soumise à l'obligation de réserve. Son engagement auprès de Sarkozy est d'abord son choix de femme et de militante qui fait signe à un moment crucial de la campagne pour rassembler toute la famille néo-gaulliste.(...) Plus que le ralliement de Bernard Tapie, celui de Bernadette Chirac est un symbole. (...) Elle ne fera pas l'élection mais sa participation à ce meeting convaincra des indécis et, à gauche comme à droite, chacun cherche les visages, les mots et les postures pour faire venir vers lui de nouveaux votants."
 
 
LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST
Hervé Cannet
 
"(...) Alors la tension, c'est aussi une stratégie dont certains pourraient profiter. Du coup, la corde se tend, les noms d'oiseaux sont de sortie, les premières menaces sont prises au sérieux et quelques manifestations d'hostilité font grand bruit. Depuis la très élitiste rue Saint-Guillaume au très démocratique quartier de la Croix-Rousse de Lyon. Or, les Français, dont l'intérêt pour cette compétition ne se dément pas, aimeraient qu'un débat puisse être organisé. Un vrai débat solide, entre hommes et femmes d'idées avant ce premier tour. Pas seulement un nouveau Mitterrand-Giscard, ou un remake de Jospin-Chirac ! Une véritable confrontation honnête à la télé, de préférence. Voilà qui clarifierait les positions. Impossible, paraît-il. Qui a donc dit qu'impossible n'était pas français."
 
 
LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Olivier Picard
 
"(...)La messe est dite, citoyens : il n'y aura pas de débat entre les douze candidats avant le premier tour. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'une anomalie. Si cette bataille télévisuelle s'impose naturellement dans des pays où l'élection se décide en une seule journée, comme aux États-Unis, elle n'est un passage obligé, en France, que pour les deux finalistes. Après tout, ne vaut-il pas mieux se réjouir à l'idée d'échapper aux sermons des douze prétendants rassemblés à 20h50 sur un même plateau? Avouons-le, ce prime time tournerait vite à un mortel Questions pour un champion - et là, pas de Julien Le Pers! - dont les vrais héros seraient les spectateurs : gloire à celui qui ne sombrerait pas dans le sommeil au bout de trente minutes !(...)"
 
 
PARIS-NORMANDIE
Catherine Pégard
 
"(...)Pour contourner ces écueils, François Bayrou a proposé un débat sur internet entre les quatre candidats qui arrivent en tête des sondages. Ségolène Royal a fait savoir qu'elle y était favorable. Nicolas Sarkozy s'y est opposé notant qu'il n'était pas prêt à accepter aujourd'hui ce que Ségolène Royal refusait hier. Le candidat de l'UMP a réaffirmé que les Français choisiraient le 22 avril les deux finalistes de la compétition présidentielle et qu'alors pourraient avoir lieu les "débats nécessaires". Ségolène Royal, dit-on, s'y prépare déjà dans sa tête. Pour la première fois lundi dernier, elle a regardé Nicolas Sarkozy à la télévision, lors de sa conférence de presse. Il est rarissime que les adversaires prennent le temps de s'observer. Depuis, en tout cas Ségolène Royal a durci le ton."
 
 
LA MARSEILLAISE
Nadjib Touaibia
 
"(...)Au-delà, les observateurs sont unanimes : c'est la " génération précaire " qui s'apprête à peser dans la balance électorale. Sans doute déboulera-t-elle en trombe sur les urnes des quartiers populaires dans un élan civique. Un pas en avant dans la citoyenneté et un appel d'air pour une politique en rupture avec les pratiques d'exclusion et de discrimination. Le vote de ces jeunes-là, stigmatisés, étiquetés, réduits à des machines qui enfantent la violence, ne sera pas sans effet. Sans doute, prolongera-t-elle aussi l'onde de choc de la riposte au CPE, résolue à transformer l'essai pour enfin donner un coup d'arrêt au train de mesures régressives concoctées par la droite et pour les seuls intérêts bien compris du patronat. Non, la " génération précaire " n'a pas baissé les bras. Bulletins portant l'empreinte de la colère et de l'espoir, ces votes-là pourraient fort bien mettre Le Pen hors course et gêner Nicolas Sarkozy aux entournures."
 
 
LE PROGRES
Francis Brochet
 
"Le temps des femmes est venu", prédisait naguère Bernadette Chirac. Bien vu: elles sont quatre, pour douze candidats, soit un record. La face de la politique en est-elle changée ? Pas sûr. Certes, jamais on n'aura autant parlé de la famille, des violences conjugales, ou de la garde des enfants. Mais les échanges entre candidat(e)s demeurent très "virils", fleuris d'injures. Et puis il y a Jean-Marie Le Pen. Il est né avant l'instauration du vote des femmes, et paraît s'en trouver un peu perdu, dans ce remue-ménage des sexes... On lui demandait hier: que pensez-vous de la gratuité des préservatifs ? Il a répondu: "Pour ceux que ça travaille, je conseille le manu militari". Ca, c'est viril !"
 
 
LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Marcel Bouguereau
 
"(...) Chacun, à sa manière bien particulière, se met en avant comme le candidat " antisystème ", comme l'homme de la rupture. De la vraie rupture. Toujours catastrophiste, Le Pen prédit un " rejet tsunamique du système " alors que François Bayrou demande aux Français de tirer les leçons de 2002 : " En 2002, le vote de contestation s'est exprimé négativement, pour détruire ". C'est pourquoi il propose cette fois " un vote de contestation constructive ". Le vote Le Pen, explique-t-il, n'aura fait que renforcer " les autres ". Hier, interrogé par Libération, le béarnais avait expliqué qu'après 2002, il était allé voir Chirac pour lui rappeler que dans son électorat il y avait plus de gens de gauche que de droite et qu'il fallait en tenir compte, la seule réponse de Chirac avait été la création du " parti unique " !"
Nouvelobs.com
 

 

 

 

 

Revue de presse: L'affrontement entre Bayrou, Ségo et Sarko

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 05/04/2007 à 8:47 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les commentaires de la presse, jeudi 5 avril, sur l'affrontement entre Bayrou, Ségo et Sarko dans la campagne présidentielle.



LIBERATION
Laurent Joffrin

"Il est le candidat antisystème. Le Pen aussi, dira-t-on, qui progresse dans le silence des enquêtes d'opinion. Mais avec cette différence, qui procède de l'évidence: l'hypothèse Bayrou peut faire sourire, faire enrager ou faire exulter. Elle ne fait pas peur. Dans «centrisme révolutionnaire, il y a d'abord centrisme. C'est flou, mais ce n'est pas fou. C'est surtout destructeur de certitudes. Quand Bayrou dénonce la connivence entre certains groupes médiatiques et le pouvoir, sa voix couvre celle de la gauche. Quand il s'étonne de l'insistante référence au drapeau, il prend Royal à contre-pied et trouble, nous le savons bien à Libération, l'électorat progressiste. Et quand il parle des sanspapiers, il est plus proche des associations qui les défendent que du gouvernement qui les pourchasse. Alors n'enterrons pas Bayrou trop vite. Bien sûr, sa longue fréquentation des allées du pouvoir conservateur relativise sa soudaine virulence. Mais il porte ses habits neufs avec une redoutable assurance!"



L'HUMANITE
Michel Guilloux

"(...) À un peu plus d'un an d'intervalle, les mêmes mensonges ont été proférés. À l'automne 2005, deux jeunes morts dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois étaient déjà des voleurs poursuivis par la police. Juste après les incidents de la gare du Nord, l' ex-ministre de l'Intérieur a réitéré les mêmes accusations fallacieuses sur la personne ayant fait l'objet du contrôle qui a dérapé, étendant ensuite ses attaques contre les " fraudeurs ", censés être défendus par " la gauche ", lorsque lui défend ceux qui " ne fraudent pas, ne trichent pas ". Notre confrère le Canard enchaîné a rendu publique, hier, une note de la police indiquant que l'origine des incidents se trouve dans l'usage intempestif par le groupement de surveillance de la RATP de gaz lacrymogènes sur des voyageurs ensuite pris au piège. Mais, au fond, peu importe la vérité des faits. L'important pour le prétendant à l'Élysée est de continuer à creuser un sillon de la droite la plus dure qui puisse être, jusqu'aux rives de l' extrême droite.(...)"



NICE-MATIN
Marc Chevanche

"(...) Ce n'est en fait qu'en 1974 que Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand inaugurent le rite du débat de second tour. Un rite que la présence de Jean-Marie Le Pen en 2002 interrompt sans, d'ailleurs, qu'à l'époque, les mêmes qui réclament aujourd'hui le débat de premier tour se soient émus outre mesure qu'il n'ait même pas lieu au second. En vérité, les intérêts en présence sont aisément discernables. Les poids légers et moyens trouveront avantage à la confrontation tandis que les poids lourds n'ont rien à y gagner. Ségolène Royal qui avait, avant la campagne officielle, décliné l'offre d'un débat avec Nicolas Sarkozy dit le vouloir aujourd'hui. Comme il est improbable, c'est assez bien joué. En même temps, qui ne voit que les considérations tactiques priment sur les vertus du débat démocratique."



LE TELEGRAMME
Hubert Coudurier

"(...)Que reste-t-il de l'extrême gauche, 40 ans après mai 68, elle qui apparaît laminée dans ce scrutin présidentiel dès lors que Chirac n'est plus là pour la remettre en selle à travers un improbable référendum ? Et la gauche blairisée par Mme Royal dont les foucades détruisent consciencieusement un parti qui l'a tant méprisée. Ségolène qui serait sans doute, si elle était élue par rejet de son adversaire, une présidente de droite dans la lignée de son modèle, François Mitterrand. A moins que les Français ne décident de mettre fin à cette confusion mentale qui voit la gauche mener une politique de droite et inversement. Pour l'heure, la presse agite la menace d'un Le Pen au deuxième tour. Histoire d'écarter la menace de plus en plus précise d'une élection de Sarko l'Américain (ou du moins le libéral), le candidat d'une révolution conservatrice qui débarque sur le tard en France mais semble à beaucoup inéluctable."



LA VOIX DU NORD
Hervé Favre

"(...) Mais depuis que Nicolas Sarkozy, en montant la semaine dernière dans son TGV pour Lille, a accusé Ségolène Royal d'être "du côté de ceux qui ne paient pas leur billet dans le train", la tension est montée de plusieurs crans. Ségolène Royal sait trop ce que le laxisme présumé et la "naïveté" avouée par Lionel Jospin en matière de délinquance lui ont coûté le jour du premier tour, en 2002, pour laisser passer l'attaque sans répliquer. Mardi soir, invitée du "Grand Journal" de Canal+, elle s'est donc lâchée : "Cet homme qui est vraiment prêt à tout et à dire vraiment n'importe quoi dans le cadre de cette campagne présidentielle, je pense qu'il faut que ça cesse. Monsieur Sarkozy a menti et un menteur est-il apte à devenir président de la République ? La charge de la candidate socialiste fait penser, toutes proportions gardées, à l'affiche des supporteurs démocrates de John F. Kennedy, en 1960, montrant son adversaire républicain, Richard Nixon, la mine patibulaire, mal rasé, avec cette légende ; "Achèteriez-vous une voiture d'occasion à cet homme ?"(...)"



L'ECLAIR DES PYRENEES
Philippe Reinhard

"(...) Nicolas Sarkozy est allé trop loin en rangeant Madame Royal dans le camp des émeutiers de la gare du Nord. Au demeurant, cette attaque est si excessive qu'elle ne peut nuire qu'à celui qui la porte. (...)Ségolène Royale (...) traite Nicolas Sarkozy de " menteur " et pose la question : " Un menteur est-il apte à devenir président de la République ? " C'est à se demander ce que Madame Royal a vu et compris de ce qui s'est passé au cours du dernier quart de siècle, une période au cours de la quelle elle a pourtant côtoyé le sommet du pouvoir. Cette expérience devrait lui avoir appris que mentir n'interdisait pas d'accéder à la fonction suprême. Mitterrand et Chirac avaient au moins un point commun, ils ont été l'un et l'autre de formidables menteurs. Mitterrand a laissé publier pendant 14 ans des bulletins de santé fallacieux, et Chirac a largement mérité le surnom de " super menteur " dont les guignols l'avaient affublé en 2002."



LA MONTAGNE
Alexandre Morel

"(...) Nous en sommes à la séquence où chacun accuse l'autre de perdre ses nerfs, laissant à ses lieutenants le soin de préciser les accusations et d'ajuster plus directement le trait. La palme revient au socialiste Arnaud Montebourg pour avoir relevé, hier, que, se présentant " comme le candidat des honnêtes gens ", Nicolas Sarkozy comptait parmi ses soutiens Johnny Hallyday, " en fuite fiscale ", le publicitaire Jean-Michel Goudard, " réfugié en Suisse pour évasion fiscale ", Alain Juppé, " condamné en justice ", Guy Drut, " condamné puis amnistié " par Jacques Chirac, Patrick Balkany et Alain Carignon, " eux aussi condamnés " et investis comme candidats UMP aux législatives. Ce durcissement est en quelque sorte naturel dans ce type de compétition.(...)"



LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Marcel Bouguereau

"(...) Ségolène Royal a sèchement remis en place Nicolas Sarkozy lui reprochant d'être un " menteur " parce qu'il avait affirmé que dans l'affaire de la Gare du Nord, elle était du côté des voleurs et des fraudeurs. " Une fois ça va, il ne faut pas qu'il y revienne ", a-t-elle rétorqué comme si elle morigénait un enfant, lui renvoyant dans les gencives l'amnistie de Guy Drut. Un menteur est-il apte à devenir Président de la république, s'est-elle ensuite interrogée ? Plus les résultats apparaîtront serrés, plus ce genre de polémique risque d'enfler et les noms d'oiseaux de voler. Ce week-end, Ségolène Royal avait, à plusieurs reprises, semé le doute sur la capacité de Nicolas Sarkozy à " tenir ses nerfs ". " Si demain il était par malheur élu, cela voudrait-il dire qu'il se mettrait à insulter les autres chefs d'état qui ne pensent pas comme lui ? ", s'était-elle interrogée, pointant sa violence verbale bien connue, notamment à l'égard des journalistes.(...)"



LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt

"(...) Qu'ils se traitent de menteur ou de chochotte, les candidats sont plutôt gentils comparé à ce que l'on entendait avant-guerre où, d'un camp à l'autre, on se qualifiait de voleur, de traître ou de maquereau bénit. Ce qui est nouveau, même pour la Ve République, ce sont les contorsions auxquelles chacun est obligé de se livrer pour démontrer que l'autre a été le premier à user du venin et à sortir sa langue de vipère. Formaté par la télévision, le débat politique s'est à tel point aseptisé que la prime va automatiquement au plus artificiel. Et l'on nous a tellement habitués aux emballages standardisés que les chaisières du compassionnel s'offusquent dès que surgissent la flamme, la violence, l'humain. Autrement dit, tout ce qui fait la politique. Alors, mesdames et messieurs les candidats, s'il vous plaît, encore un effort pour être vraiment méchants !"



L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel

"(...) Les mots "hystérie", "ignoble" ne sont certes pas particulièrement doux. Mais ils font partie du répertoire classique des campagnes électorales. Les deux principaux candidats font figure d'enfants de choeur à côté de la diatribe que Le Pen lance dans Le Monde d'aujourd'hui. Car Le Pen, à son âge, peut tout se permettre. N'a-t-il pas confié que son modèle était Clemenceau "parce qu'il était patriote et que c'était un vieux con en plus" ? Et d'ajouter : "Il me sert d'alibi en quelque sorte." Tout ce qu'on peut espérer, si la campagne se durcit, c'est que les autres candidats laissent à Le Pen son alibi."



L'EST REPUBLICAIN
Pierre Taribo

"(...) Le candidat UMP considère sa rivale socialiste comme une concurrente sectaire et méchante, dont l'amateurisme est dangere