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Le second tour des législatives: Revue de presse

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 18/06/2007 à 20:53 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

Le second tour des législatives: Revue de presse

 

Presse

Les commentaires de la presse, lundi 18 juin, sur le 2è tour des législatives.



LE FIGARO
Nicolas Beytout

"Est-ce l'effet de la polémique hâtivement montée en épingle sur la TVA sociale, ou les appels répétés à la résistance contre l'hégémonie sarkozienne ? Est-ce la dénonciation des " cadeaux fiscaux ", la stigmatisation d'une " politique exclusivement conçue pour les riches " ou les noires prophéties sur le climat social et l'inévitable désordre civil ? L'opposition n'avait pas de projet, elle n'aura pas de majorité. Mais l'opposition a pilonné le seul programme qui existait, et elle s'en est trouvée renforcée. Ce qui s'est produit hier n'est certes pas un échec puisque Nicolas Sarkozy disposera d'une majorité claire, mais c'est assurément un avertissement. Tous les événements de la semaine passée démontrent en effet que la gauche n'a pas perdu sa capacité à réagir et à mobiliser. Et sa forte poussée de l'entre-deux-tours prouve amplement que si les Français sont acquis à l'idée de réforme, ils ne sont pas prêts à accepter ce qui n'a pas été longuement mûri.(...)"



LIBERATION
Laurent Joffrin

"L'appel a été entendu. Le "chèque en bleu" contre lequel Libération mettait en garde samedi n'a pas été honoré. Les électeurs ont signifié leur refus d'une chambre monocolore et d'un pouvoir total conféré à un seul homme. "Magic Sarkozy n'a pas tout à fait atteint ses objectifs. Avant même de commencer, l'état de grâce s'étiole quelque peu. Le Président a remporté une victoire incontestable. Mais la France entre en Sarkozie les yeux ouverts, avec un soupçon de méfiance. Bonne nouvelle pour le débat démocratique, en tout cas. L'équipe du président confirme son intention d'avancer vite. La France en sortira-t-elle changée? C'est évidemment l'intention du Président. On hésite parfois entre Bonaparte et Thatcher. Un consulat libéral? Un conservatisme de rupture? Les comparaisons sont vaines: le sarkozysme est un phénomène nouveau dans la vie politique française.(...)"



LA CROIX
Dominique Quinio

"L'image de la vague a fait peur. Si le taux d'abstention est resté stable entre les deux tours, le profil de ceux qui se sont dérangés pour voter a changé. Ce sont plutôt les électeurs de gauche qui se sont mobilisés ; ils n'ont pas empêché la franche victoire de la majorité de Nicolas Sarkozy, mais ils ont voulu rééquilibrer le paysage politique de la France. Ils ont souhaité que le nouveau président élu avec une confortable avance n'ait pas, au Parlement, une sorte de pouvoir absolu. Le résultat d'hier soir ne doit pas surprendre, pourtant : il ne traduit pas une versatilité de l'électorat ; il confirme le rapport de forces issu de la présidentielle. Un partage clair en faveur de la droite, certes, mais une opposition large et une bipolarisation accrue (...)."



LA TRIBUNE
François-Xavier Pietri

"Nicolas Sarkozy a donc obtenu son second vote de confiance, mais dans des proportions nettement plus mesurées que la déferlante qui était attendue. Prévenus du programme du candidat, les Français ont bien fait le choix de la réforme, mais en adressant au président son premier avertissement. Certes, l'impact de cette alerte est à atténuer : un Français sur quatre n'a pas daigné se rendre aux urnes et la démobilisation a probablement touché d'abord le camp de la droite, sûr de sa victoire, que celui de l'opposition. Il n'en demeure pas moins que le signal est clair et que la nouvelle équipe au pouvoir devra en tenir compte. On peut, bien sûr, voir un avantage à ce vote des Français : une chambre aussi bleue horizon que l'avait rêvée le président de la République n'était pas le gage absolu d'une majorité de confort.(...)"



L'HUMANITE
Pierre Laurent

"S'ils ont donné, comme on s'y attendait, une large majorité à l'UMP, les électeurs ont refusé le chèque en blanc que le parti de Nicolas Sarkozy leur demandait, escomptant ainsi avoir les mains totalement libres. Le niveau d' abstention reste très élevé, confirmant que pour des millions d'électeurs l' essentiel s'est joué lors de la présidentielle. Mais les urnes ont envoyé hier un message de rééquilibrage. L'UMP semblait espérer une vague bleue qui la mène vers les 400 sièges de députés et amplifie les marges de manoeuvre dont elle disposait déjà depuis cinq ans. La situation sera inverse. La gauche disposera au total de plus de sièges qu'elle n'en avait durant le quinquennat écoulé. Les électeurs ont, semble-t-il, voulu donner à la gauche les moyens de se battre, ce qui prouve bien qu'à leurs yeux les choix du gouvernement doivent rester à tout moment discutables. Après la polémique de l'entre-deux-tours sur la TVA, c'est une leçon dont le nouveau pouvoir devra manifestement tenir compte. Non, Monsieur Sarkozy, tout ne vous sera pas possible !(...)"



L'EST REPUBLICAIN
Pierre Taribo

"(...) Versatile, parce qu'il a donné lors de trois dimanches électoraux un triomphe à Nicolas Sarkozy, avant de lui infliger une première leçon aux législatives où beaucoup de députés de gauche - y compris dans des circonscriptions difficiles- , ont été élus. Pire pour la majorité, Alain Juppé est monté dans la charrette des battus. Ce qui implique sa sortie du gouvernement dont il était le numéro 2, et la disparition hautement symbolique d'une tête couronnée de la droite. Stratège parce que l'électorat s'il accepte de donner sa chance à Nicolas Sarkozy, ne voulait pas d'un Parlement paillasson. Autre leçon, le parti socialiste que l'on disait promis à la catastrophe, revient dans le jeu. Deux facteurs expliquent ce réveil inattendu. Le sursaut de fierté de la gauche qui n'acceptait pas de disparaître. Il y a eu aussi l'excès des résultats du premier tour qui ont crée un trop plein de confiance voire de suffisance à droite. Il y a eu enfin un sursaut lié à la révélation de la politique de Nicolas Sarkozy avec la TVA sociale, le SMIC et la franchise médicale."



OUEST-FRANCE
Jean-Yves Boulic

"Même les vagues s'étalent et... la gauche reprend de l'air. Le premier tour des législatives avait confirmé - et même amplifié - les tendances observées lors de la présidentielle : pour l'essentiel, une forte poussée de la droite - UMP et ses alliés centristes - et un PS en mauvaise posture. Le deuxième tour a marqué un net coup d'arrêt à ce que la plupart des instituts de sondage annonçaient comme un " tsunami " comparable à la déferlante rose qui avait submergé les conseils régionaux en 2004. Le 10 juin, la Bretagne avait été pratiquement la seule à résister à cette " vague bleue ". Cette fois, c'est dans toutes les régions que l'on a pu constater un rééquilibrage, parfois un renversement des tendances de la semaine précédente, même si, au total, la droite reste bel et bien majoritaire avec quelque 340 députés. Un échec symbolise, entre tous, ce qu'il faut bien appeler un revers pour le nouveau pouvoir : la défaite, à Bordeaux, de l'ancien Premier ministre, Alain Juppé, numéro 2 du gouvernement.(...)"



NICE-MATIN
Marc Chevanche

"D'abord, le gouvernement devra compter avec une animation parlementaire entretenue par une opposition décidée. Ce n'est pas la même chose de gouverner avec une opposition groggy ou avec une opposition revigorée. Ensuite, et dès lors que les affrontements politiques seront, comme il se doit, engagés dans l'enceinte parlementaire, l'argument de l'illégitimité d'une opposition réduite à recourir " à la rue ", sera plus difficile à invoquer. Enfin, sans doute le gouvernement et le Président devront-ils évaluer la part prise dans ce résultat du second tour par " l'erreur " commise sur la TVA sociale. Sans doute est-elle au principe du sursaut de la gauche. Et le premier signe que la majorité élue, indiscutable, est d'ores et déjà sous contrôle.(...)"


LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Marcel Bouguereau

"Chaque élection, c'est maintenant une règle, apporte son lot de surprises. La gauche sonnée qui s'était présenté au 1er tour des législatives sort du deuxième revigorée. Pour le Parti socialiste c'est une divine surprise. Plusieurs de ces caciques menacés sont réélus."

 

Nouvel obs.com

 

Revue de presse du 7 juin 2007Les réformes du gouvernement Fillon

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/06/2007 à 22:49 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

Les réformes du gouvernement Fillon: De quoi ravir les 53% des français qui ont voté Sarkozy, ainsi que les "ministres de l'ouverture"! 

 

 

Voici les éditoriaux consacrés par les quotidiens du jeudi 7 juin au réformes prévues par le gouvernement.

 

LE FIGARO
Nicolas Barré

"Bien sûr, tout eût été plus simple si nous avions supprimé les 35 heures plutôt que d'essayer d'en sortir par la porte de derrière ! Mais il faut croire qu'en matière de politique économique la France est le contraire d'un pays cartésien. C'est ainsi que, tout en continuant à dépenser beaucoup d'argent public pour travailler moins (le financement de la réduction du temps de travail coûte très cher), nous nous apprêtons à dépenser quelques milliards supplémentaires pour travailler plus. On dira que le second dispositif vise utilement à contourner le premier, mais reconnaissons que nous avons collectivement quelques progrès à faire dans l'utilisation rationnelle des deniers publics. Avec d'autres mesures sur l'immobilier, les droits de succession, le bouclier fiscal ou la défiscalisation du travail étudiant, le gouvernement espère créer un " choc fiscal " de nature à redonner confiance et à relancer la croissance. (...) Ce choc fiscal est donc un pari."


 


L'HUMANITE
Maurice Ulrich

"C'est donc bien sur le terrain concret des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy et son premier ministre - avec, pour ce dernier, tir de barrage éhonté sur la gauche - qu'il s'agit de mener une bataille d'idées d'une dimension nouvelle. La droite a gagné, mais la réalité c'est qu'il n'est pas une de ces mesures, pas une, qui ne favorise les plus riches, contre les plus modestes. (...) Mais il y a plus, car chacune de ces mesures va coûter à la nation. Il n'y a pas de mystère dans le système bien connu des vases communicants. Chaque rentrée fiscale en moins, c'est moins de services publics, moins d'éducation nationale, moins de postes dans les hôpitaux, et d'abord dans les zones les plus défavorisées dont certaines banlieues qui cumulent les difficultés. (...) Ce qu'a entrepris Nicolas Sarkozy, en n'hésitant pas à l'afficher comme tel, c'est une remise en cause radicale des valeurs qui ont fondé la France moderne."



LA MONTAGNE
Dominique Valès

"La mise en œuvre des promesses du candidat Sarkozy commence à sérieusement chiffrer. (...) Au point d'inquiéter la commission européenne et même le Fonds monétaire international qui demande au gouvernement de "clarifier sa politique" et de respecter ses engagements sur la réduction du déficit des comptes publics. Ces inquiétudes ont quelque fondement. Durant sa campagne Nicolas Sarkozy avait mis l'accent sur le poids " écrasant " de la dette (...) Mais, depuis son élection, il a affirmé à plusieurs reprises que la baisse des dépenses n'était plus prioritaire et qu'elle serait étalée dans le temps pour ne pas venir contrarier les réformes qu'il veut engager rapidement. Les mesures déjà annoncées n'auront pas pour seul effet de ralentir le rythme de la baisse des dépenses publiques. Sans ressources ou économies nouvelles, elles augmenteront. Or, jusqu'à présent rien n'a été annoncé au plan des recettes."



LA CHARENTE LIBRE
Jacques Guyon

"Le fait que la rémunération constitue aujourd'hui la première préoccupation des 52% des salariés français interrogés atteste sans aucun doute d'un vrai malaise. Un malaise dont on mesure d'autant plus la profondeur qu'à moins de juger que la situation de l'emploi se soit considérablement améliorée, ce n'est plus désormais le chômage qui inquiète en premier les salariés français. Ils sont donc 13% de plus qu'en 2003 à demander plus de sous. Nicolas Sarkozy aurait donc vu juste? Oui et non. Oui, si on considère que la durée du temps de travail -mise en place des 35 heures oblige...- arrive désormais en troisième position des préoccupations. Non, si on considère un autre indicateur particulièrement inquiétant: seuls 33% des sondés -_soit sept points en moins en deux ans- se disent "heureux dans leur travail". Comme le souligne l'enquête, tous les indicateurs liés à l'environnement professionnel se sont dégradés de cinq à dix points depuis seulement deux ans: conditions et ambiance de travail, accomplissement, fierté ou satisfaction professionnelle, qualité de vie au travail."



LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt

"Inquiets du coût du projet présidentiel de Nicolas Sarkozy, nos partenaires ont rappelé au tout nouveau ministre de l'Economie, Jean-Louis Borloo, notre engagement de ramener d'ici à 2010 les déficits publics sous la barre des 3% du PIB et notre dette sous le seuil des 60% du même produit intérieur brut. (...) Qui satisfaire en priorité ? Les électeurs de droite, dont les enquêtes d'opinion démontrent qu'ils placent la suppression déguisée des 35 heures en tête des problèmes à traiter ? Ou nos partenaires qui viennent de faire savoir que non seulement de nouveaux écarts par rapport à l'orthodoxie budgétaire ne constitueraient pas un signal approprié sur l'avenir de la construction européenne mais aussi qu'une politique de relance par la demande creuserait dans l'immédiat nos déficits alors qu'une gestion vertueuse serait de nature à nous faire bénéficier des fruits de l'actuelle période de croissance mondiale ? La réponse gouvernementale est entre les deux. Au risque d'une belle déchirure musculaire."

NOUVELOBS.COM

 

 

 

 

Le gouvernement Fillon

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 19/05/2007 à 23:22 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

Le gouvernement Fillon

 

Les commentaires de la presse, samedi 19 mai, sur la désignation des membres du gouvernement de François Fillon.
 

Alexis Brézet

"Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt." Et aujourd'hui, que regarde-t-il alors que paraît le gouvernement ? L'ouverture, encore et toujours l'ouverture. Mais la rupture qui se met en place sous l'ouverture, il ne la voit pas... (...) Force est de constater que l'équipe Fillon, qui ne manque pas d'allure, a été concoctée avec une grande habileté politique : aux poids lourds politiques (MAM, Juppé, Borloo) des ministères prestigieux, mais hors champ de la " rupture ", aux fidèles qui se sont distingués pendant la campagne, les réformes qui font le coeur du contrat passé avec les Français. Les peines minimales et la délinquance des mineurs ? Rachida Dati, porte-parole du candidat. Les 35 heures, les régimes spéciaux, le contrat de travail et le service minimum ? Xavier Bertrand, son alter ego. L'autonomie des universités et l'orientation sélective ? Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP. La fin de la carte scolaire et le retour à " l'école du respect " ? Xavier Darcos, homme de convictions associé de près à la rédaction du projet. La " rupture ", c'est eux. Leur mission : "aller vite".



LIBERATION

Renaud Dély

"(...) Le débauchage de quelques ego en déshérence n'en relève pas moins de la belle ouvrage. Sarkozy répète ainsi l'opération conduite par François Mitterrand en 1988. Il lui donne même un tour plus clinquant: le ralliement d'une star des sondages comme Bernard Kouchner a un autre cachet que le repêchage d'un Jean-Pierre Soisson... (...) A quoi bon des ministres dits "de gauche" si Nicolas Sarkozy est partout, tout le temps, s'occupe de tout. Et du reste. En cas de coup de fatigue, le chef de l'Etat peut compter sur une brochette de fidèles (Hortefeux, Dati, Bertrand) ou de poids lourds (Juppé, Borloo) placés, eux, aux postes clés. Laurent Fabius décréta un jour à l'adresse de François Hollande que, au PS, on ne parviendrait jamais à cacher un éléphant derrière une fraise des bois. Il ne sera pas plus facile de dissimuler longtemps les pachydermes UMP derrière une poignée de cerises."



LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE

Patrice Chabanet

"(...) On a parlé de bonapartisme chez Sarkozy. Sur le plan opérationnel c'est indéniable. L'action se fait par incursions rapides, pour prendre l'adversaire de court. La gauche l'apprend à ses dépens. Elle n'a pas eu le temps de mesurer l'ampleur de sa défaite à la présidentielle qu'elle voit un élément emblématique comme Bernard Kouchner partir avec armes et bagages chez le vainqueur de la présidentielle. Un brouillage d'image plutôt perturbant à moins d'un mois des législatives. Mais il n'y a pas que la gauche ou les amis de François Bayrou qui ont été pris de court. A droite aussi, certains s'interrogent sur l'opportunité d'attribuer des postes majeurs aux adversaires de la veille. Finalement, il y a peu de sarkozistes pur jus dans ce gouvernement."



L'EST REPUBLICAIN

Pierre Taribo

"(...) Bien sûr, avec le retour d'Alain Juppé ou le maintien à de hautes fonctions de Michèle Alliot- Marie, la page n'est pas complètement tournée. Mais rayon nouveautés, il faut reconnaître que l'arrivée de Bernard Kouchner -surtout-, Jean- Pierre Jouyet ou Martin Hirsch, au coeur du dispositif gouvernemental, a sacrément de " la gueule ". Car l'audace aussi est présente. Il en faut pour amener au gouvernement un ancien ministre de François Mitterrand et de Lionel Jospin, ou un proche de François Hollande. Il en faut aussi pour confier le ministère de la Justice à Rachida Dati. De l'audace et un peu d'ingratitude, il en faut pour réduire le clan des fidèles à sa plus simple expression. Car à l'exception de Brice Hortefeux qui hérite du lourd ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement, les grognards de la sarkozie, ne sont pas bien servis. Il est vrai qu'en politique, mieux vaut peut-être liquider ses proches, ils vous connaissent trop bien...

(...)



LE TELEGRAMME

Dominique Bromberger

"(...) Le président, ayant décidé que la défense des droits de l'Homme serait l'une des priorités de sa politique, le choix de Bernard Kouchner s'imposait assez naturellement. (...) Nicolas Sarkozy avait un moment envisagé de créer à l'Elysée une nouvelle administration sur le modèle du Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche. Le modèle a été abandonné parce qu'il était trop lourd mais pas le principe. Ce que l'on appelle la "cellule diplomatique " sera considérablement renforcée. C'est dire que le rôle d'initiative du Quai d'Orsay, déjà assez faible sous la Ve République hors période de cohabitation, en sera encore réduit au bénéfice de la présidence. C'est cela qui avait amené Hubert Védrine, d'abord consulté, à refuser la proposition de Nicolas Sarkozy."



LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE

Olivier Picard

"(...) Ce gouvernement au marketing parfait, qui ne manquera pas de séduire, est-il pour autant une " équipe de France " rassemblant tout l'éventail de ses talents ? Il est trop tôt pour le dire. Si l'anticonformisme qui a présidé à sa formation est sympathique, il n'est pas gratuit : il permet de dépouiller un peu plus Bayrou et de gêner la gauche sans pour autant redistribuer clairement les cartes. Ce quinze séduisant sera-t-il l'instrument d'un train de réformes préformatées conduit à marche forcée ou le laboratoire d'une nouvelle France ? Comme dirait notre Premier ministre anglophone : wait and see."



LA PRESSE DE LA MANCHE

Jean Levallois

"Le président de la République, mercredi?; le Premier ministre, jeudi et le gouvernement, depuis hier?: Nicolas Sarkozy et François Fillon mettent en place la nouvelle équipe qui s'est vu confier la charge de la France. Le gouvernement, en ce qui concerne les ministères de plein exercice, est bien formé de quinze personnes, réparties entre huit hommes et sept femmes. (...) D'autres secrétaires d'Etat seront nommés, après les élections, et, nul doute que, là encore, nous devrions retrouver une parité, pour l'heure, inachevée. (...) Le noyau dur du gouvernement peut se mettre au travail. Il y a de nombreuses réformes à proposer, et Nicolas Sarkozy a la ferme intention de les engager, en bloc, et sans attendre. Reste l'étape des élections législatives. Les Français, pour l'heure, à plus de 60 %, souhaitent que le président de la République dispose d'une majorité susceptible de lui permettre la mise en oeuvre de son programme. (...)



LA REPUBLIQUE DU CENTRE

Jacques Camus

"D'autres en avaient rêvé, Nicolas Sarkozy l'a fait! L'ouverture et la parité caractèrisent en effet le nouveau gouvernement de François Fillon (pour ne pas dire de Nicolas Sarkozy). Avant d'entrer dans les détails, une constatation s'impose: le chef de l'État a tenu parole. Ce qui n'a pas été sans lui poser un certain nombre de problèmes. Sur ce plan, la campagne électorale a réellement fait bouger les lignes. Sans François Bayrou et l'adhésion d'un grand nombre de Français à son discours de rejet d'un bipartisme étroit, sans les "approches" centristes de Ségolène Royal entre les deux tours de la présidentielle, jamais Nicolas Sarkozy n'aurait mis autant d'ardeur à réaliser "l'ouverture". (...)"
 

LA REPUBLIQUE DES PYRENEES

Jean-Marcel Bouguereau

"(...) Mais le plus meurtri, c'est François Bayrou qui voit ses idées appliquées par l'homme dont il se voulait le principal opposant. Alors quelles seront les limites de cette ouverture ? On le saura rapidement le jour où, pour ne prendre qu'un exemple, Nicolas Sarkozy décidera la franchise sur les remboursements de soins que Bernard Kouchner jugeait, il y a peu, "hypocrite" et "très mauvaise". Bien sûr qu'il y a, dans le choix de Kouchner une part d'aventure individuelle. Il rêve depuis longtemps de ce ministère. À 67 ans, c'était sa dernière chance. Mais son pari d'entrer dans le gouvernement de l'homme qui voudrait " liquider l'héritage de 68 " peut apparaître comme un manque de loyalisme à ses idées. Comme un manque de fidélité à une histoire dont il fut l'une des icônes."



LA CHARENTE LIBRE

Jacques Guyon

"(...) Quant à la Chiraquie, elle se voit récompensée par la nomination d'Alain Juppé, le "fils préféré", au ministère de l'Ecologie._Non seulement l'ancien Premier ministre se voit honoré en étant le seul à avoir rang de ministre d'Etat, mais cette distinction constitue un signe fort envoyé aux écologistes. (...) Même si on ne peut s'empêcher de remarquer que le très contesté ministère de l'immigration et de l'identité nationale s'est enrobé en devenant également celui de l'intégration et du co-développement... Mais le meilleur "coup" de Sarkozy aura précisément été de choisir de faire de Rachida Dati, non pas un alibi commode dans son gouvernement, mais le nouveau garde des sceaux. Et ça, c'est un vrai acte politique."



LE TELEGRAMME

Christine Clerc

"(...) Certes, Rachida Dati est une "Dame de fer". Comme conseillère du ministre de l'Intérieur puis porte-parole du candidat, elle a subi une formation politique accélérée. Mais elle n'a jamais été ministre, ni même élue. En la nommant à ce ministère "régalien", Sarkozy imite le Napoléon qu'il admire: celui qui nommait des généraux de moins de trente ans. Comment, pour parler des sept femmes du gouvernement, ne pas s'attarder sur le cas Dati? Il illustre, comme le cas Kouchner, l'habileté manoeuvrière du nouveau président qui coupe l'herbe sous le pied de l'opposition. La gauche, en effet, ne peut guère se vanter d'avoir promu les représentants des minorités. (...)"



L'UNION

Hervé Chabaud

"(...) Cette équipe est encore la première à compter autant de femmes ministres. C'est laparité par les actes et plus seulement par les mots. Bien sûr, ce gouvernement est incomplet parce qu'il doit d'abord initier les premières mesures avant les législatives et prendre à bras le corps les problèmes les plus urgents. Il y aura après ces élections des secrétariats d'État qui mailleront les champs d'action et rassureront les déçus ou les impatients. Cette construction en deux temps répond à la logique du quinquennat et à la nécessité d'élire la nouvelle Assemblée nationale dans le mois qui suit la présidentielle. Pour agir, Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont besoin d'une majorité et c'est tout l'enjeu de la bataille des législatives qui prendra fin le 17 juin au soir. Alors seule l'action comptera."



LE TELEGRAMME

Alain Joannès

"(...) Expert en audit d'entreprises, Eric Woerth joue le rôle de "tueur de coûts" dans l'appareil d'Etat. (...) Si ce ministre des comptes veut vraiment comprimer les déficits publics, il devra se mêler de l'assurance-maladie et des retraites, ce qui l'amènera à empiéter sur certaines prérogatives de Roselyne Bachelot et de Xavier Bertrand. Il devra surtout disposer de l'arme absolue que représente la fiscalité, ce qui privera Jean-Louis Borloo de moyens d'action pour stimuler l'économie et l'emploi. Complexe, cette mécanique gouvernementale suppose de fréquents arbitrages du Premier ministre. Or, compte tenu de l'interventionnisme dont Nicolas Sarkozy a fait preuve ces derniers temps, François Fillon risque d'avoir un problème d'autorité sur des ministres expérimentés dont les prérogatives se chevauchent. Enfin, ces prérogatives superposées dans des domaines sensibles peuvent nuire, dans l'opinion, à la lisibilité de l'action gouvernementale."



LE PROGRES

Francis Brochet

"Au banquet de Matignon, comme au festin des noces de la Bible, beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. Et cela fait tant de déçus: " Je ne saute pas de joie ", reconnaît avec sincérité Pierre Lellouche, qui rêve depuis si longtemps d'un maroquin. Comment ne pas être chagrin avec Jean-François Copé, qui s'y voyait encore, et devra se contenter de "réfléchir à la modernisation du travail parlementaire" ? Comment ne pas compatir avec Breton, Perben, Douste-Blazy, Clément, poids-lourds soudain délestés, et le petit Wauquiez, poids-léger si lourd d'ambitions. Mais le sort le plus cruel est sans doute celui de Maurice Leroy : appâté par un ministère de l'Agriculture, il a sauté du tracteur Bayrou - pour un plat de lentilles. Comme on le dit en latin d'église : "Sic transit gloria mundi", ce qu'on pourrait traduire par " Ainsi s'envolent les portefeuilles".

 

L'ALSACE

Francis Laffon

"(...) Dans un début de présidence placée sous le signe de la morale et de la compétence, on peut s'étonner de la prime accordée ainsi aux ralliements de dernière heure. La capacité de changer de camp n'offre nulle garantie quant à l'efficacité au pouvoir. Mais elle peut constituer un accélérateur de carrière, comme l'illustre le secrétariat d'État dont hérite Éric Besson, après être passé avec haine et bagage de Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy. Ce maroquin est une récompense politicienne en minuscule, plus que Politique en majuscule et en majesté. Globalement, néanmoins, la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale -avec, au plan des structures, la montée en ligne de l'écologie et le rapprochement entre l'économie et l'emploi- se déroule sans anicroche, dans un scénario d'un incontestable professionnalisme."



MIDI LIBRE

Philippe Palat

"(...) En trois jours habiles, Nicolas Sarkozy a imposé son style "quinqua sûr de lui" et prouvé son rythme d'infatigable marathonien. C'est montré (aux médias) et démontré (aux Français) : il est désormais porte-parole de ses propres idées et acteur principal de sa politique. Une politique qui passe par un gouvernement profilé pour franchir le cap des législatives ; une politique assumée avec l'arrivée de femmes à d'importants portefeuilles ; une politique d'ouverture maîtrisée avec la nomination d'hommes de gauche ou du centre à des postes sous tutelle élyséenne. Président d'action et clé de voûte d'une stratégie réformatrice, Nicolas Sarkozy sait que le compte à rebours s'égrène déjà. Alors, le Président court. Vite et partout. Loin et devant tout le monde. Quitte à donner le tournis, voire à asphyxier un gouvernement de combat relégué au rang d'exécutants. C'est l'adrénaline, mais aussi le piège du régime présidentiel."

LA MONTAGNE

Alexandre Morel

"(...) Il n'empêche, en donnant ces quelques images d'ouverture et de main tendue, Nicolas Sarkozy coupe l'herbe sous les pieds de l'opposition et prouve qu'il n'est pas l'homme d'un clan. Autre manière de marquer la rupture : l'hyper activité. Le président et le premier ministre ont voulu que leur première journée se déroule sous le double signe de l'efficacité, en tenant immédiatement un premier conseil, et de la préoccupation sociale avec une visite aux ouvriers d'Airbus et aux femmes en difficulté. Le XV du Président est en place pour gagner les législatives et donner, au nouveau jogger de l'Élysée, les moyens de lancer en fanfare un quinquennat dont il veut faire celui de la parole tenue."



LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST

Hervé Cannet

"(...) Chacun sait qu'en période électorale, une certaine retenue s'impose. Pas question de foncer dans le mur et de braquer l'opinion même si le soutien populaire ne se dément pas. Le gouvernement TGV va devoir se freiner un peu avant d'aborder les grandes lignes droites de l'après législatives et les priorités de la session parlementaire de juillet. D'ailleurs, une bonne partie des vingt membres de l'équipe mise en condition par Nicolas Sarkozy va se présenter devant les électeurs. Avec un impératif : gagner ! Le Premier ministre donnant l'exemple dans la Sarthe. Après le coup de l'affichage amer de Mme de Villepin, c'est une sorte de leçon de savoir-faire électoral : là où le hussard flamboyant n'avait jamais osé se rendre, le beau ténébreux de Sablé n'hésite pas une seconde."



LE DAUPHINE LIBERE

Didier Pobel

"L'instant est toujours solennel. Celui du portrait de groupe avec président. Le prestigieux perron de l'Élysée a beau en avoir usé des tonnes, ça ne l'empêche pas d'être ému à chaque fois. Ce que retient le vieil escalier, ce ne sont pas tellement les visages, ce sont surtout les semelles. (...) Pour mesurer la parité hier, il a compté les escarpins et les talons hauts. Sept paires au total. Une de plus qu'avant. (...) Quoi d'autre à signaler? Ah! oui, presque au centre, des bottes avec un habitué qui se tenait droit dedans. Et puis là, tout à gauche (encore que, dans son cas, ce mot n'a plus vraiment de sens), c'était qui celui qui ne paraissait pas très à l'aise dans ses petits souliers? Ah! Elles sont intarissables en détails, les vieilles marches lustrées du Palais. Elles se sont même demandé un instant si elles n'avaient pas, tout à trac, découvert des talonnettes. Mais rien de sûr, on dit tant de choses. Et puis il est si facile d'ironiser sur une nouvelle équipe à pied d'oeuvre."



NORD ECLAIR

Jules Clauwaert

"(...) Nul doute qu'au départ, Nicolas Sarkozy et François Fillon se sont mis d'accord sur les nécessités d'un bon fonctionnement des liaisons entre les deux rives de la Seine. (...) Quant aux relations au sein de ce pouvoir bicéphale, l'image de deux hommes décidés à faire ensemble chaque semaine deux "joggings" d'une heure, dont les médias ont divulgué la "première", suffira-t-elle toujours à éviter malentendus ou foucades ? "Débauchés" selon les uns, "ralliés" selon les autres, les nouveaux ministres seront-ils ou elles en mesure de justifier "l'ouverture" à laquelle Nicolas Sarkozy déclare dédier sa présidence ? C'est une question. Une autre étant de savoir si l'opposition se donnera les moyens, quant à elle, de jouer son rôle de contre-pouvoir, nécessaire dans toute démocratie."



OUEST FRANCE

François Régis Hutin

"(...) La France, les autres pays européens ne peuvent plus faire face, seuls, aux évolutions gigantesques du monde. Ce n'est pas uniquement en terme économique que doivent se faire les rapprochements. C'est en terme de culture. C'est en partageant l'histoire commune. C'est en gardant, ensemble, la mémoire et l'espérance que nous pourrons bâtir d'autant plus solidement l'avenir, notre avenir, celui de notre Union européenne. La nomination de Jean-Pierre Jouyet, ancien chef de cabinet de Jacques Delors, peut nous laisser espérer que l'Europe sera au centre des préoccupations du nouveau gouvernement, dont la composition marque un changement de génération. C'est une bonne chose que Jean-Pierre Jouyet soit à Bruxelles, la moitié de son temps, à la condition qu'il y défende surtout la construction de l'Europe."

 

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Revue de presse du 12 mai

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 12/05/2007 à 11:20 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici les éditoriaux consacrés par les quotidiens du samedi 12 mai au Parti socialiste.

LIBERATION
Fabrice Rousselot

"(...) Au-delà des supposés problèmes de vie privée, sur lesquels on choisira de ne pas s'attarder ici, l'ouvrage nous rappelle les heurts et les incidents à répétition durant la campagne présidentielle entre ces deux figures emblématiques. De stratégie commune, il n'y eut pas, ou presque ; plutôt une suite de faux pas dans la forme et d'inadéquations tactiques sur le fond, le tout avec un arrière-goût de rivalité politique qui ne s'est jamais réellement dissipé. Un jour, c'est François qui contredit Ségolène, un autre, c'est Ségolène qui remet François à sa place. Si l'on y ajoute les traînements de pied et les crocs-en-jambe soigneusement exécutés par des éléphants continuellement aux aguets, on en arrive presque à ne plus s'étonner de l'issue du scrutin. Au final, l'évidence est que cette cacophonie doit prendre fin, et que de scène de ménage politique, à deux ou à plusieurs, le PS n'a point besoin."


LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt

"(...) Pour une simple question de survie, la refondation devra se faire à marche forcée sous peine de connaître une dérive groupusculaire, une atomisation en chapelles concurrentes, un crépuscule sectaire condamnant les socialistes à regarder passer les trains pendant dix ans. Conscients de ce que leur avenir se situe désormais sur leur droite - arithmétique électorale oblige - ils peuvent aller d'autant plus vite en besogne que l'expérience gouvernementale des années Jospin leur permet de passer directement aux travaux pratiques en sautant la case théorie. Aussi la question est-elle moins celle du fonds, résolue d'elle-même, que du leadership. Qui, de Dominique Strauss-Kahn ou de Ségolène Royal, dispose de la légitimité pour conduire une future gauche rénovée à la victoire? Les législatives y répondront en réglant, de par leur résultat, le sort de François Hollande."


LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

"(...) Il est évident que François Hollande ne survivra pas au prochain congrès. Sa recherche obsessionnelle du compromis et sa répugnance à trancher, ont différé la crise que connaît aujourd'hui le PS en l'amplifiant. (...) En confirmant qu'elle ne se présentera pas à la députation dans les Deux-Sèvres tout en revendiquant le rôle de leader de l'opposition, Ségolène Royal se pose clairement en candidate à la direction du parti. Elle s'estime légitimée par son score à la présidentielle. D'où, en guise de réponse, l'exhortation de Dominique Strauss-Kahn à "s'ancrer dans le réel" en prenant la mesure de la sévère défaite du 6 mai. Décidément, une nouvelle primaire est en train de se mettre en place au PS. Quelle leçon les militants vont-ils tirer des résultats de la première?"


L'ALSACE
Patrick Fluckiger

"(...) Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn sont tous deux pour un PS libéral sur le plan économique. Sur le fond, rien ne les oppose. Sur la stratégie et les ambitions personnelles, il n'en va pas de même. DSK réclame un changement de cap idéologique. Ségolène Royal refuse toujours de prononcer le mot " défaite " et demande au contraire aux militants de continuer sur la lancée de sa campagne électorale. Les deux voies mènent vers le centre, mais par des chemins opposés : la route touristique pour l'une, le parcours de l'autocritique, plus direct mais plus raide et cahoteux, pour l'autre. Il n'est pas difficile d'imaginer lequel des deux tracés préféreront les militants !
Au lieu de pacifier les débats internes, les législatives pourraient forcer les socialistes à faire des choix immédiats. Ségolène Royal, par exemple, n'a pas exclu des désistements réciproques avec le Mouvement démocrate de François Bayrou. De quoi susciter, à coup sûr, des débats animés."


LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Marcel Bouguereau

"(...) En tous cas, si l'on croit un sondage du Figaro, elle reste plébiscitée pour conduire la campagne des législatives (40%), bien loin devant DSK (28%), François Hollande (11%). A l'heure où Blair faisait ses adieux à la France, le retard pris par le PS français est devenu criant, les socialistes, endormis par des succès électoraux, n'ayant pas mis à profit le dernier quinquennat pour effectuer cette rénovation. En tous cas, cette fois c'est l'heure : Pour Julien Dray "la matrice qui a fait le Parti socialiste, c'est-à-dire le congrès d'Epinay, le rassemblement traditionnel de la gauche, a montré ses limites", alors que pour DSK " Les Français veulent une gauche efficace, une gauche crédible, une gauche concrète ", ils veulent " une gauche qui règle les problèmes, pas qui ressasse les solutions d'hier ". Ce ne serait pas trop tôt.


LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST
Hervé Cannet

"À quoi rêve Ségolène Royal ? À quoi rêve Dominique Strauss-Kahn. Apparemment, à la même chose. Diriger le parti socialiste. Mais comment [pour Ségolène Royal] jouer en solo tout en contrôlant l'orchestre ? La seule tribune qui vaille, pensaient les spécialistes du microcosme, c'est évidemment l'Assemblée nationale. C'est au Palais Bourbon que le capitaine de l'opposition dirige la manouvre ; c'est de là qu'il peut déployer sa stratégie, ses troupes et asseoir son autorité. Eh bien non ! Tout faux ! Une fois encore, la dame a pris tout son monde à contre-pied. Tant pis pour les Deux-Sèvres et le siège de député de Melle : ce n'est pas du palais Bourbon que se dirige le PS. Pour Ségolène Royal, le centre du monde, désormais, c'est Poitiers, c'est sa région. C'est là qu'elle arrêtera les éléphants. C'est de là qu'elle va préparer son rebond. Sa prise de pouvoir. Qui l'aime, la suive. Battue, peut-être mais toujours battante."


MIDI LIBRE
Roger Antech

"Par un raccourci saisissant, le socialisme aurait ainsi deux visages au moins en Europe. L'un blairiste, remodelé, décomplexé, plus libéral que social. L'autre blaireau, immuable, torturé, ni vraiment social, ni tout à fait libéral. (...) Quel contraste, en effet, entre le chemin parcouru par le Premier ministre britannique, sa rénovation réussie du vieux Labour, et le surplace, la fossilisation que Jospin, puis Hollande ont imposée au PS dans la recherche d'un introuvable consensus, d'une improbable synthèse. Cela vaut à l'intérieur de l'appareil où, finalement, les rivalités entre Fabius, DSK et Jospin n'ont cessé de se perpétuer. Cela vaut, encore, pour l'ouverture politique, dans ce strabisme divergent, où entre gauche-gauche et centre-droit il faudra bien choisir un jour. De Ségolène Royal qui a tenté de bouger les lignes à Dominique Strauss-Kahn qui promet rituellement de les déplacer, tous se verraient ainsi dans la peau d'un Tony Blair français, même en son déclin. S'ils n'en partagent pas toutes les idées, s'ils n'en rejettent plus tout à fait l'étiquette, de Blair auront-ils seulement l'étoffe ?"

LA MONTAGNE
Dominique Valès

"(...) Triomphante au soir de sa défaite au point de marcher sur Solférino, elle s'attribue maintenant un rôle plus modeste dans la campagne des législatives. Et en renonçant à se représenter au Palais Bourbon elle se prive de la possibilité de jouer au Parlement le rôle de chef de l'opposition. Si l'on ne sait trop qui fera quoi au PS, on ne sait pas non plus comment se noueront ses alliances électorales. Les Verts refusent l'accord " humiliant " qui leur est proposé, le parti communiste ne veut pas de pourparlers. Mais compte tenu des scores de leurs candidates respectives le 22 avril, ils n'auront pas d'autres choix que d'accepter les conditions du PS pour faire élire des députés. Reste le cas des centristes. Dans le flou actuel de leurs intentions il y a fort à parier que les socialistes seront tentés d'adopter à leur égard la formule du cardinal de Retz " On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment".

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Revue de presse du lundi 7 mai

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/05/2007 à 8:45 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Joffrin
 
"L'émotion, la tristesse devant cette défaite. La déception est grande après tant de ferveur, tant de passion, tant d'espoir dans le renouveau. La France a fait un choix net. Sur la forme, rien à dire. La campagne fut digne, passionnée, civique au plus haut point. Nicolas Sarkozy est un président légitime, désigné sans entourloupe ni hésitation. L'autre France cherchera une compensation dans les urnes des législatives. En attendant, le coeur serré, elle contemple la défaite en se prenant à espérer, malgré tout. Légitimement, la droite exulte (...) Ce revers doit réveiller les forces d'imagination et de modernisation, celles qui allient audace et réalisme. Libération,pour sa part, commence ce travail dès aujourd'hui. Les valeurs de compétition l'emportent. Mais les valeurs de solidarité et de justice demeurent. Sur ce socle, on peut construire. Le temps des cerises reviendra. Dans l'immédiat, c'est le temps des noyaux. Courage."
 

 

 

 

 

 

L'édito de Libération du 3 mai

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 03/05/2007 à 11:21 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

Légitime
 

 

 
Nicolas Sarkozy n'a pas perdu. Mais Ségolène Royal a gagné.
Pourquoi un jugement aussi lapidaire ? Parce que dans ce débat fait de passion froide et de retenue agressive, la candidate socialiste l'a emporté sur un point essentiel : la légitimité.
 
Nantie de 26 % des voix au premier tour ­ presque autant que Mitterrand en 1981 ­ et de sondages innombrables qui la placent juste derrière Nicolas Sarkozy ­ c'est-à-dire, tout de même, avec la moitié de la France pour soutien ­, elle a démontré ce dont l'opinion a un moment douté : elle est parfaitement capable d'être présidente de la République.
Au moins autant, en tout cas, que Sarkozy, qu'elle a malmené pendant plus de deux heures, lui dont on disait qu'il n'en ferait qu'une bouchée.
Pugnace, précise, dure à la repartie en dépit de quelques maladresses et d'un sens abusif de l'exemple simple, elle a souvent bousculé le favori de la compétition.
 
Sarkozy fut-il mauvais ? Certes non, au contraire. Mais avec toute sa volonté, sa préparation et l'avantage que donnent les 31 % réunis au premier tour, le leader impérial de la droite n'a pas dominé sa rivale.
 
 Que doit-elle encore prouver ?
 
Du coup, le débat de fond a repris ses droits. Les deux protagonistes en ont donné une version limpide. Un libéralisme à la française pour l'un, un socialisme à l'européenne pour l'autre. Une adaptation de la France à la mondialisation d'un côté, enrobée dans un volontarisme trompeur, un refus de la normalisation de l'autre, enveloppé dans un réalisme de bon aloi. En principe, le choix devrait être simple pour un peuple qui n'aime pas courber la tête devant la force des marchés. Mais n'oublions pas qu'en politique les circonstances gouvernent.
 
Nicolas Sarkozy n'a pas vraiment perdu. Il peut donc espérer conserver son avantage. C'était son seul souhait dans cette épreuve. A l'entrée de la dernière ligne droite, il garde la corde. Un seul problème pour lui : Ségolène Royal a commencé hier soir à refaire son retard.
Par Laurent JOFFRIN

 

 

 

 

Revue de presse du 25 avril 2008

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 25/04/2007 à 8:45 :: Revue de presse

 

 

 

 

 
 

 


 

 
            
Revue de presse : l'interview télévisée de Nicolas Sarkozy

Voici les commentaires de la presse française:
 
 
 
 
LIBERATION
Laurent Joffrin
"Habit neuf. Le ton a changé. Mais le fond? Nicolas Sarkozy a en partie abandonné le style d'avocat gouailleur et péremptoire dont il était si content et qui lui a fait tant de mal depuis dix mois. En se détournant du clinquant initial, il a commencé, il y a quelques semaines, à retoucher son image;il tente maintenant de changer sa parole. Il a commis des erreurs; il le dit. Fort bien. Cette modestie nouvelle, il faut le souligner sans ambages, doit être portée à son crédit. Un président à la manière plus sobre, une certaine remise en ordre de l'équipe dirigeante, une lucidité inédite, tout cela ne peut pas faire de mal. La chose prouve aussi que les critiques qui lui étaient adressées n'étaient pas toutes partisanes ou infondées. Reste l'essentiel: la politique menée. (...) Mais la meilleure communication du monde ne pourra pas faire oublier, entre autres, que le pouvoir est trop concentré, que le bouclier fiscal et l'exonération des droits de succession sont injustes, que la fixation d'objectifs chiffrés en matière de reconduites à la frontière multiplie les risques d'accidents humainement insupportables en matière de politique d'immigration. Le plaidoyer soudain plus humble du Président change un peu le décor. La pièce, elle, reste rigoureusement la même."
 
 
 
LE FIGARO
Etienne Mougeotte
" (...) les téléspectateurs, hier soir, attendaient la confirmation, un après son élection, que +le candidat Sarko+ avait laissé la place au président Sarkozy, ce dont ils avaient pu douter dans les premiers mois du quinquennat. (...) La mue à vrai dire avait commencé depuis quelques semaines avec la nouvelle vie du président et de son épouse, décidés désormais à cadenasser leur pré carré. Les propos forts et responsables tenus par le président à l'égard de la Chine ne pouvaient que confirmer cette évolution plus conforme à l'idée qu'a une majorité de Français du magistère présidentiel. (...) Tout cela suffira-t-il à inverser les courbes de popularité du président ? les sondages réalisés aujourd'hui donneront une première indication, mais il y a fort à parier qu'il faudra beaucoup de temps pour que Nicolas Sarkozy réinvestisse le coeur des Français. Il est des moments où il faut admettre l'impopularité pour faire accepter les réformes. Le chef de l'Etat semble prêt à relever le défi en assumant sereinement cette position inconfortable."
 
 
 
L'HUMANITE
Maurice Ulrich
"C'était cadré avant, et c'est l'Élysée qui souhaitait cette nouvelle formule. L'émission d'hier soir devait ressembler à l'Heure de vérité, défunte émission politique qui eut ses heures de gloire. Par définition, en effet, quand c'est l'heure de vérité, il est exclu que l'on mente, on s'explique en profondeur. En d'autres termes, pas de sarkoshow, pas d'effets outrés. (...) Il fallait alors, "en direct de l'Élysée", que le chef de l'État tente de remonter la pente calamiteuse de sondages qui indiquent désormais que plus des deux tiers des Français, jusqu'à 72 %, sont mécontents de son action. De son action ou de son style ? Des deux sans doute, et le genre "nouveau riche mal élevé lâché dans un magasin de jouets pour milliardaires" y est sans doute pour quelque chose, jusqu'à travailler, dit-on, l'inconscient des Français quand ils se confient à leur psychanalyste. Il devrait donc faire sérieux. Indiquer qu'il avait entendu, écouté les malaises, ressenti les inquiétudes, surtout, qu'il les partageait, mais qu'il était en charge, lui, des affaires, que les sondages en aucun cas ne pouvaient affecter la conduite de sa politique et qu'il irait au bout des réformes car il faut les faire, quoi qu'il en coûte, quoiqu'il lui en coûte. (...)"
 
 
 
VOIX DU NORD
Jean-Michel Bretonnier
" (...) Les quatre-vingt-dix minutes d'hier soir étaient l'exact contraire de la conférence de presse du 8 janvier. En ce temps-là, Nicolas Sarkozy croyait encore à la rupture dans le style présidentiel. (...) Amène avec les journalistes, compréhensif avec les Français mécontents, il ne triomphe plus, n'ironise plus et préfère aux formules à l'emporte-pièce le discours de conviction et d'humilité qui lui avait si bien réussi pendant la campagne électorale. (...) Le président avait commencé de s'éloigner des Français dès sa soirée au Fouquet's et sa retraite sur un yacht. Il s'en est rapproché hier en évoquant la lourdeur et la dignité de la charge. Il les a même sans doute convaincus tant son talent télévisuel est intact. Il reste à savoir si les résultats suivront. On ne l'attend pas que sur le style, mais aussi sur sa capacité à inverser des tendances lourdes, défavorables actuellement à la situation sociale des Français. Les faits économiques internationaux sont hélas têtus. Il fut hier soir bien plus persuasif sur la politique extérieure que sur la politique économique. (...)"
 
 
 
L'UNION ET L'ARDENNAIS
Hervé Chabaud
"Le téléprésident a perdu en aisance cathodique ! Nicolas Sarkozy crispé dans un premier temps jusqu'à confondre gaz et fuel a été plus moyen qu'à son habitude à l'exception de ses propos de politique étrangère sur la Chine, l'Afghanistan et ceux sur les couacs du gouvernement. Un oral honnête mais pas brillant. (...) Cela ne lui a pas interdit d'être très déterminé à conduire les réformes indispensables à la transformation de la France et à l'amélioration du pouvoir d'achat des Français. (...) Le chef de l'Etat qui aime la culture du résultat s'est efforcé de tempérer les impatiences des Français. Surtout il a tenu à expliquer jusqu'à se répéter que les cinquante-cinq réformes engagées constituent un tout cohérent. Parce qu'elles sont dépendantes les unes des autres, elles doivent être conduites en même temps. Aujourd'hui n'est plus au quantitatif mais au qualitatif. Il n'est plus à la croissance indéfinie de la fonction publique mais au retour à son volume de 1992. Bref, les réformes restent le centre de gravité du quinquennat de Nicolas Sarkozy et sa feuille de route."
 
 
 
LA CHARENTE LIBRE
Jacques Guyon
" (...) Certains en espérant découvrir à l'écran quelques signes d'un apaisement de ton et d'une inflexion de style qui annonceraient qu'au bout d'un an Nicolas Sarkozy s'était enfin glissé dans l'habit de Président. (...) Même s'il est moins dominateur dans les sondages d'opinion, nul doute que Nicolas Sarkozy est toujours aussi sûr de lui. Sûr de sa politique, sûr de ses choix, sûr de tout ce qu'il fait et sûr du bien-fondé de sa "réforme". Oh, certes, il y a bien eu hier soir quelques moments où le Président a dû consentir à certains mea culpa, à quelques menus regrets, à d'infimes concessions. Mais s'il est allé à confesse, ce n'est certainement pas pour se battre la coulpe. (...) La réhabilitation du travail, la rupture, les réformes, la cohérence, le courage c'est lui! Droit dans ses bottes sur l'immigration choisie! Inflexible sur l'allongement des cotisations pour les retraites! Défenseur de la santé et donc très vigilant sur les OGM! Fidèle à ses convictions sur la Turquie, intransigeant mais réaliste sur la Chine! Il est partout et partout se dit sûr d'être dans le vrai. Et d'ailleurs comment pourrait-il en être autrement? Dès lors que le Président assène qu'il n'y a pas d'autre voie..."
 
 
 
LA PRESSE DE LA MANCHE
Jean Levallois
" (...) Nicolas Sarkozy est apparu déterminé, reconnaissant avoir commis des erreurs, mais gardant fermement le cap de son engagement présidentiel pour réformer, revaloriser le travail et même améliorer le pouvoir d'achat. Il sait les mécontentements actuels mais il s'est efforcé de mettre en cohérence l'ensemble des actions entreprises depuis un an. (...) Signalons, ce qui est significatif, la mutation qui s'opère quant à la forme. Nicolas Sarkozy ne renie pas ses projets, mais il calme le jeu. Nous ne sommes pas au temps de la présidence paillette. Au contraire, le chef de l'Etat s'est efforcé de faire partager la complexité des décisions qu'il lui faut prendre pour faire recoller la France dans le peloton de tête des Etats modernes, jamais assurés de rester pour toujours en première division. De manière très pudique, et très sobre, il a su tourner la page sur sa vie conjugale et les péripéties de sa vie privée. Le président a, semble-t-il, appris en une année d'exercice, la nécessité de la distance par rapport à lui-même, sans pour autant, affirme-t-il, s'être éloigné des préoccupations des Français."
 
 
 
LIBERATION CHAMPAGNE
Jorge d'Hulst
" (...) De sa longue interview, ressort surtout sa volonté d'instaurer la règle des trois tiers pour la répartition des bénéfices des entreprises. Un tiers pour l'investissement, un tiers pour les actionnaires et un tiers pour les salariés. Y compris pour ceux qui travaillent dans des sociétés de moins de 50 personnes, actuellement écartés de l'intéressement. Mais, concrètement, cette annonce risque d'avoir peu d'incidences pour la vie de ces salariés. Au lieu de rendre tout simplement obligatoire par la loi cet intéressement, Nicolas Sarkozy a tourné autour du pot. Il s'est contenté d'annoncer une mesure incitative. Les entreprises qui mettront en place cet intéressement paieront moins d'impôts. De ce fait, de cette interview, on retient davantage les mauvaises nouvelles qu'il a annoncées que les bonnes: le passage à 41 années de cotisations pour pouvoir prendre une retraite à taux plein. Et, surtout, que la prime pur l'emploi, mise en place par le gouvernement Jospin pour améliorer les bas salaires, sera rognée pour financer la généralisation du revenu de solidarité active. En d'autres termes, Nicolas Sarkozy va retirer à ceux qui n'ont pas beaucoup pour donner à ceux qui en ont encore moins. Ce n'est pas là franchement améliorer le pouvoir d'achat."
 
 
 
LE PROGRES
Francis Brochet
"Notre Président est un homme simple. Il dit ce qu'il veut faire, puis il essaie de le faire, envers et contre tout. Peu importe alors que la réalité résiste, qu'éclate une crise pétrolière ou monte une grogne populaire.Il l'avait écrit : "Dans un monde qui bouge à toute vitesse, l'immobilisme est la posture la plus risquée". C'est bouger ou mourir. Bousculer les oppositions ou gérer le temps qui passe, figure de la mort politique incarnée naguère par Jacques Chirac. Il assume ses choix, du prix du gaz à l'Afghanistan, sourire aux lèvres, en avocat excité par la difficulté du dossier. Il y a bien eu quelques hésitations, quelques couacs, mais "tout est rentré dans l'ordre", dit-il, usant des mêmes mots pour son ménage et son gouvernement. Notre Président est un joueur : il semblait perdre, il choisit de doubler la mise. "Je sais où je vais", dit-il. En clair, ça passe ou ça casse."
 
 
 
LA NOUVELLE REPUBLIQUE
Denis Daumin
(...) Exit le vernis, le velours et les dorures du mobilier national. Pas de bureau gaullien ici où s'accouderait avec autorité la toute puissance de l'Etat, nulle bibliothèque mitterrandienne lestant le propos présidentiel de l'humanisme le plus élevé. Trop vieux et daté. Des images et des références du siècle d'avant, tout cela. Hop, au grenier de l'Elysée. A leur place un pupitre de verre posé sur une large plate -forme de dalles lumineuses. Leur brillance de piste de danse, offusquant l'éclat modeste des lustres Napoléon-III, entendait apporter de la nouveauté et de la fraîcheur selon la communication du Palais. Beaucoup n'y auront vu qu'une touche très show télévisé et quelques indulgents l'empreinte de Carla. Cette nouvelle liturgie, époussetée, modernisée et simplifiée aura-t-elle porté le message présidentiel ? Eparpillé et répétitif, dupliqué sur tous les fronts et les registres ces derniers mois, les Français ne l'entendaient plus. Hier toutes les précautions avaient été prises, la soirée était traduite en continu dans le langage des sourds et muets."
 
 
 
LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Marcel Bouguereau
"Fallait-il vraiment infliger à la France 90 minutes de discours répétitifs parce que Nicolas Sarkozy dévisse dans les sondages et même dans le coeur des Français qui ont voté pour lui ? Que reste-t-il de cette heure et demie ? Un discours à peu près cohérent sur l'immigration, sur l'enseignement, sur sa tactique envers la Chine avant les Jeux Olympiques. Mais pour le reste la confiance est brisée et les mots présidentiels sonnent creux. Etait-il indispensable de réunir un plateau de cinq journalistes pour qu'à une exception près, celle d'Yves Calvi, on assiste à une interview où le Président pouvait parler impunément sans qu'on le reprenne sur ses affirmations les plus douteuses ? (...) N'était-il pas possible de lui demander pourquoi, lui qui affirmait avoir lancé " 55 réformes, parce que tout se tient ", pourquoi il avait cédé à tous les corporatismes, surtout ceux de l'électorat de droit, sur les niches fiscales, sur les taxis et les médecins ? N'était-il pas possible, face à cette bien soudaine modestie, de lui demander puisqu'il reconnaissait avait "fait des erreurs", de quelles erreurs il s'agissait ? (...) Finalement comment, en un an, cet homme a pu vider de leur substance les mots qu'il prononce en les transformant en un baratin de joueur de bonneteau ?"
 
 
 
LA TRIBUNE
Pascal Aubert
"Monsieur le président, dessine-moi une réforme... Juste une seule. Ou deux. Trois à la rigueur. Mais, s'il te plaît, pitié, pas cinquante-cinq. On a visiblement eu tort d'attendre de l'intervention télévisée du chef de l'État hier soir ce qu'elle ne pouvait pas nous apporter. On disait le président en fâcheuse posture et dans l'obligation de recadrer son action et celle de son gouvernement. Le Premier ministre s'était même laissé allé il y a quelques jours à appeler de ses voeux une " feuille de route " et un " cap " pour les réformes laissant entendre que son gouvernement était, lui aussi, comme beaucoup de Français dans le brouillard. S'il regarde sa boussole ce matin, il n'est pas certain que François Fillon distingue davantage qu'hier le nord du sud, l'ouest de l'est. Le président de la République a beaucoup expliqué hier soir. Trop peut-être. (...) Car le désir d'être complet, clair, pédagogique, de n'esquiver aucune question délicate ou embarrassante a laissé un sentiment de profusion proche de la confusion. (...)
 
 
 
LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Jean-Claude Kiefer
"Nicolas Sarkozy sait s'y prendre ! Excellent communicateur, à l'aise dans le jeu des questions-réponses, sachant retourner à son profit chaque argument trop incisif avec ce qu'il faut de "mea culpa" pour rester crédible, le président de la République captive facilement un auditoire. Sans grandes phrases ronflantes, sans exhortations péremptoires. On le savait et il l'a encore montré hier. En bon professionnel, devrait-on ajouter. (...) Comme s'il fallait montrer que le chef de l'État prend des décisions difficiles, que sa tâche est moralement éreintante. Le tout avec, n'en doutons pas, un brin de démagogie dans de l'art de jouer sur la corde de l'empathie. (...) Le message va-t-il passer ? De toute façon, le choix n'existe pas. Mais un autre désamour pourrait vite succéder au désenchantement actuel, et quel que soit le climat économique international responsable de beaucoup, pas de tout. Nicolas Sarkozy ne peut plus reculer. Il a promis des réformes, il doit en réaliser. Plus que ses prédécesseurs à l'Élysée, il sera jugé sur ses résultats. Placer la barre trop haut pour assurer son élection peut aussi être une faute, en politique."
 
 
 
LE DAUPHINE LIBERE
Didier Pobel
" (...) Nicolas Sarkozy, pour mieux envisager l'avenir, s'est soumis hier soir, souvent humblement et en reconnaissant d'emblée ses "erreurs", au rude exercice télévisuel du retour sur les douze premiers mois de ses fonctions au sommet de l'État. Et pendant qu'il parlait, se superposaient dans nos mémoires des images de campagne. Avril 2007. Au Grand-Quevilly. À Dijon. Ailleurs. Cette scène, par exemple. Le candidat de l'UMP, en visite dans un grand ensemble, entame une discussion à bâtons rompus avec des ouvriers du bâtiment à travers lesquels il salue "la France qui se lève tôt" et qui n'est pas toujours récompensée de ses efforts. "Il faut qu'il en reste dans la gamelle à la fin du mois", lâche-t-il, en promettant qu'il en sera ainsi s'il est élu. Sans doute n'imagine-t-il pas, alors, que ce thème peut résonner aussi longtemps... Tout cela, il l'a redit un an après. Avec des idées identiques mais plus du tout avec les mêmes mots. De quoi sans doute justifier cet aveu initial: "Bien sûr que j'ai changé". Reste à savoir si sa confession, aux accents à la fois graves, pédagogiques, contrits et attentionnés, a été entendue par la France qui s'est couchée tard. Pour l'écouter... "
 
 
 
L'ALSACE
Françis Laffon
"Soigner le mal par le mal ! Le chef de l'État a voulu signifier sa métamorphose - moins d'attirance pour les paillettes et les caméras - à travers une longue intervention... télévisée. Voici donc le nouveau... nouveau Sarkozy, lui qui a changé souvent de style. Nouveau ? Pas tant que ça. Désormais, le président se veut humble. (...) Le naturel revient cependant au galop. La première personne du singulier reste présente à dose caricaturale, "Je suis chef d'État" revient en leitmotiv sur un ton qui frise l'autoglorification. Intact aussi, le talent de " pédago ", utilisé hier à travers une leçon permanente, en particulier sur le terrain de l'économie. Ici encore, une inflexion légère : moins de flamboyance, un côté plus docte, évoquant parfois feu Raymond Barre, certitudes comprises. Mais le maître actuel, le maître du "je", serait plus crédible sans son erreur initiale : avoir injecté, en 2007, quinze milliards d'euros, dont un bon tiers plutôt en faveur des revenus élevés. Et au bout, pas de résultats tangibles. Ces milliards seraient précieux aujourd'hui pour lutter contre une crise effectivement mondiale. Le président s'emploie à démonter cette critique, admettant néanmoins des fautes de communication, en ce qui concerne cet épisode. (...)
 
 
 
PARIS NORMANDIE
Michel Lepinay
"Sans surprise, c'est le début qui a été le plus dur. Le début, c'est-à-dire les sujets économiques. Il s'y attendait, il s'y était préparé. La ligne de défense est aussi sans surprise. Il a été élu pour réhabiliter le travail, et il le fait. Mais il faut du temps. Si sa popularité s'effondre, c'est parce qu'il bouscule les conservatismes. Et si le "choc de confiance" ne se produit pas, c'est la faute au prix du baril, à la crise financière, au niveau trop élevé de l'euro, à l'envolée du prix des matières premières. Mais Nicolas Sarkozy fait aussi sur certains points amende honorable. (...) Et puis avec les thèmes de société, le président se détend. Moins sur la défensive, il prend les sujets les uns après les autres, sur le ton du bon sens qu'il affectionne, avec l'aplomb de celui que toutes les injustices indignent. Ça vaut pour le nombre de profs dans les lycées, pour les retraites, mais aussi pour l'immigration. A l'heure de la conclusion, il donne la touche finale : se pose serein, et pugnace, pour rassurer, mais sans autosatisfaction, pour ne pas braquer. Aura-t-il convaincu ? Pas sûr, mais il accepte "l'impatience des Français" inquiets pour leur quotidien. Son échéance à lui est dans quatre ans."
 
 
 
L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel
"Il s'est beaucoup défendu, il a très peu attaqué, il a reconnu des erreurs et les assume, il assure avoir "mis de l'ordre" aussi bien à l'Elysée que dans sa vie privée, il travaille main dans la main avec le Premier ministre, il garde toutes ses convictions et sa foi dans le bien fondé de ses réformes: le Nicolas Sarkozy qui est apparu hier soir a tenté de concilier l'image d'un homme d'action "portant" sa charge avec une stature plus présidentielle. A part ça, le discours est toujours le même, axé essentiellement sur les "réformes nécessaires" pour "réveiller la France", sur la réhabilitation du travail, sur l'objectif "déficit zéro" à l'horizon 2012. La baisse de sa popularité il l'attribue à sa volonté de "bousculer les immobilismes" en lançant, a-t-il affirmé, 55 réformes, ce qu'aucun président avant lui n'avait eu le "courage" de faire. Il l'attribue également à des erreurs et à l'insuffisance d'explications. Rien n'est simple, dit-il à plusieurs reprises, en reconnaissant que la vie des Français ne s'est "pas assez" améliorée. Il garde cependant le cap et veut être jugé à la fin du quinquennat. Au fond, il dit aux Français: patience."
 
 
 
MIDI LIBRE
Philippe Palat
"Le monde a changé, le Président de la République aussi. Bien sûr, pas question pour lui de modifier le cap, de ralentir le rythme ni le débit des réformes. Tout au plus reverra-t-il, fataliste, la communication de son action. Mais hier soir, interviewé en direct pendant 90 minutes, Nicolas Sarkozy a montré des failles inhabituelles. Toujours volontariste dans ses choix, toujours énergique dans son propos, l'homme a reconnu, à de multiples reprises, ses erreurs. Les couacs. Et l'étroitesse de sa marge de manoeuvre dans un contexte international défavorable. Suffisant pour convaincre un pays plongé dans l'inquiétude et l'impatience ? Pas vraiment. Là où on attendait une posture grave et rassurante, là où on escomptait pédagogie et clarté, maîtrise présidentielle et stratégie oxygénante, perspectives sonnantes et trébuchantes, on a vu un chef de l'Etat besogneux et laborieux, parfois brouillon dans ses explications. Empêtré dans les chiffres, entravé par les statistiques, confus voire ambigu dans son message politique, Nicolas Sarkozy a peiné pour rassurer les Français. Une nouvelle désillusion? Seule certitude: l'opération "retour de la confiance" a manqué de flamboyance. Et peut-être raté son objectif de re-mobilisation des esprits. Et des espérances.
 
 
 
L'YONNE REPUBLICAINE
Philippe Noireaux
"Cocorico ! Le roi des bonimenteurs est de retour ! On l'avait un peu vite enterré, sous une pile de mauvais sondages, de pouvoir d'achat en berne, de mécontentement grandissant, d'impatience exacerbée et de déception record ; bref toutes choses qui caractérisent le tempérament français. Et voilà qu'on le retrouve au meilleur de sa forme, as de la communication, président en campagne, discourant sans forcer pour emporter la conviction. Il faut dire que face à lui, autre caractéristique toute française, prévalait hier soir une bienveillante déférence médiatique. Mais qu'importe, Nicolas Sarkozy a été bon. Et même très bon. Tour à tour incantatoire, badin, solennel, reconnaissant des erreurs - ses erreurs -, ferme aussi, le président de la République n'a négligé aucun registre pour défendre, expliquer sa politique. Et tenter par là même de regagner la confiance perdue des Français. Pas de scoop, pas de coup, pas de montre ostentatoire, pas d'annonce fracassante : retenue, sobriété, détermination. Voilà donc le Sarkozy nouveau à l'aube de l'an II de son quinquennat. Pas de rupture en fait mais plutôt un retour aux fondamentaux. (...) Reste à savoir si ce champion de la forme, des belles paroles, est véritablement capable de donner du fond à ses propos. Mais pour cela, la France va devoir faire preuve d'un peu de patience."
 
 
 
L'EST REPUBLICAIN
Rémi Godeau
" (...) En virtuose cathodique, le chef de l'Etat a trouvé les mots pour s'installer en président d'autorité, grave et décidé, et pour clarifier son action. Il a même fait oeuvre pédagogique sur l'immigration ou la mondialisation. Pour une fois, le président de la République s'est gardé de multiplier les annonces spectaculaires. Tout au plus a-t-il sauvé des eaux le RSA de Martin Hirsh. L'agitateur d'idées se devait de temporiser pour fixer un cap. Déboussolée par une politique brouillonne, la majorité le réclamait. Et de fait, la première année de réformes a un peu gagné en cohérence. La clé reste donc la réhabilitation du travail. Mais les clarifications sur la politique familiale, la régularisation des sans-papier ou les manifestations des lycéens tenaient plus du "service après couacs" que de la mise en perspective. (...) Il y avait quand même hier, dans le formalisme de l'interview en direct de l'Elysée, comme un retour à la plus pure tradition de la Ve République. A une époque où les intentions pesaient plus que les actes. Comme résigné à son impopularité, Nicolas Sarkozy n'a pas pour autant abandonné son image de modernisateur : "Je sais où je vais et je suis persuadé qu'il n'y a pas d'autre stratégie". Toute la question est maintenant de savoir si les Français le sont aussi."
 
 
 
LA MONTAGNE
Daniel Ruiz
"Pas de scoops, pas de nouveaux chantiers ouverts, pas d'effets de manche, Nicolas Sarkozy a maîtrisé l'exercice médiatique et solennel auquel il se livrait pour la première fois de son quinquennat. Ce n'est pas une surprise, on lui connaît ce talent. À l'aise dans sa communication, il a renoué avec l'image du candidat qui travaillait et s'exprimait avec calme pendant la campagne, pour, par petites touches, se glisser dans le costume du président et tirer le rideau sur l'agitation et la surexposition des premiers mois. (...) La France s'était endormie, Nicolas Sarkozy confirme qu'il peut la réveiller avec la politique qu'il mène depuis un an. Il demande simplement du temps pour laisser passer les mauvais vents de la crise internationale. Le satisfecit sur la forme et sur le ton sera assez généralement partagé ce matin, le fond par contre ne bouleversera pas l'opinion et la courbe des sondages. Nicolas Sarkozy s'est livré à une remise en perspective, il a tenté des corrections sur le RSA, le chômage, ou le pouvoir d'achat. Mais parce qu'il est allé trop dans le détail de son catalogue, le président de la République aura bien du mal à provoquer le retour à la confiance. La remise en ordre qu'il a voulue de son puzzle de réformes aura bien du mal à passer pour un tableau bien fini. (...)
 
 
 
LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus
"Quelle différence entre le Sarkozy de janvier dernier et celui d'hier soir! Oui, quelle différence entre le Sarkozy qui, dans sa conférence de presse de début d'année, avait, du haut de ses certitudes, joué la provocation envers les journalistes, et le Sarkozy d'hier soir, revenu à l'humilité et confessant volontiers ses erreurs devant ses intervieweurs. On pourra toujours s'interroger sur la sincérité de ce revirement mais le constat s'impose. (...) Afin de retrouver cette confiance dont il a manifestement conscience de l'avoir gaspillée, Nicolas Sarkozy n'a pas été avare en autocritiques. Oui, le paquet fiscal a donné lieu à une erreur de communication totale. Oui, il y a eu une faute sur la carte familiale SNCF. Oui, il a été trop tolérant avec les couacs de ses jeunes ministres. Oui, ses conseillers ont trop parlé dans les médias. Pour le reste, Sarkozy est redevenu l'ardent (et plutôt convaincant) propagandiste des réformes. Au fond, on aurait pu réduire cette heure trois-quarts d'émission aux cinq dernières minutes avec cet aveu de Sarkozy: "Aujourd'hui les choses sont en ordre". Entendez par là que l'ordre règne à l'Élysée. Sans doute fallait-il commencer par cela pour qu'il ait une chance de régner aussi dans le pays ?"
 
 
 
LA LIBERTE DE L'EST
Gérard Noel
" (...) C'est sans doute pourquoi le chef de l'Etat a joué la carte de la modestie dans cet exercice d'auto-justification. Modestie au point d'employer à plusieurs reprises le mot "erreur", notamment en ce qui concerne la méthode employée. Sur le fond, il est resté ferme dans ses certitudes comme la réhabilitation du travail avec en appui la dénonciation très nette des 35 heures ("On a payé la réduction du temps de travail par une baisse des salaires" ; "Le problème de la France, c'est qu'on ne travaille pas assez !"). Mal à l'aise sur le pouvoir d'achat en berne à propos duquel il a évoqué le contexte international (pétrole, gaz), dénoncé les spéculateurs et s'est irrité du mauvais sort fait au paquet fiscal, il a tout de même avancé deux leviers pour remédier à une situation délicate : faire pression sur la négociation des prix et généraliser l'intéressement. (...) Et qu'on ne lui parle pas de brouille avec son Premier ministre, lequel était dans l'attente d'une feuille de route, il se contentera de l'assurance que son remplacement n'est pas programmé. Apparaître comme un président tel que les Français appréhendent la fonction était son ambition. Il appartient à ceux-ci de juger s'il a réussi l'examen de fin de premier cycle."
 
 
 
LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt
" (...) Humble comme un franciscain, soumis comme un pénitent, il a reconnu ses erreurs et admis sa part de responsabilité dans la déception ambiante. Ce n'est pas sur un tel socle que l'on reconstruit l'ébouriffante cote de popularité de l'an dernier. Mais cet exercice de modestie inusitée constituait une obligation pour renouer le fil avec le pays avant d'aller chercher en réserves quelques produits comme les textes sur l'intéressement et sur la maîtrise des prix dans les grandes surfaces. Reprenant de zéro le travail de reconquête de l'opinion, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas faire d'étincelles en une heure et demi de travail d'explication. A défaut de charmer ses compatriotes, l'objectif du chef de l'Etat était de restituer un cadre à son action et de donner à entendre à la majorité qu'en dépit des obstacles rencontrés les objectifs n'avaient pas changé. Séduire, c'était pour le temps des illusions électorales. En cherchant à prendre la mesure du costume présidentiel, Nicolas Sarkozy ne visait rien d'autre que chasser le doute et rassurer les troupes."
 
 
 
OUEST FRANCE
Michel Urvoy
" (...) Pour être convaincant, il lui fallait d'abord se montrer lui-même convaincu. Nicolas Sarkozy l'a été. Stimulé par les difficultés, il reste ferme dans ses convictions. Tout juste concède-t-il quelques "couacs". Il n'élude aucune question, prouve qu'il s'occupe de tout. Du capitalisme financier qui marche sur la tête au prix de la tranche de jambon. Des allocations familiales à Ingrid Betancourt. Au fond, hier soir, le président de la République n'est guère sorti de son style. Avec cette impression qu'en traitant par le menu cinquante sujets à la fois, il s'expose à nouveau sur tous les fronts - comme le ferait normalement un Premier ministre -, se prive de hauteur, d'une vraie mise en perspective de sa politique. (...) "L'opposition dira qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil élyséen. Les Français se demanderont, ce matin, s'ils y voient plus clair dans ce foisonnement de sujets et d'explications. Déroutés par une année un peu folle, ils voudront juger sur pièces. Au-delà des 90 minutes, il reste heureusement quatre ans à Nicolas Sarkozy."
 
 
L'EST-ECLAIR
Patrick Planchenault
" (...) Qu'importe la "rupture" consommée avec l'opinion, Nicolas Sarkozy - qui s'était " préparé aux déceptions, problèmes et difficultés " qu'il rencontre aujourd'hui - ne renoncera à rien. Ni à ses antiennes de campagne ( "travailler plus pour gagner plus") ni à son ambition réformatrice dans un pays miné par des décennies de conservatisme. Parce que lui, au contraire de certains de ses prédécesseurs "n'a pas été élu pour durer, mais pour agir". Qu'on se le dise ! (...) A bon entendeur... Bref, on l'a compris, quelles que soient les contraintes nationales et internationales ainsi que les difficultés économiques, politiques et financières qui en accroissent la nécessité en même temps qu'elles en compliquent l'exécution, la "réforme" est en marche. Elle ne s'arrêtera pas... Seule la méthode pour la conduire pourrait changer. À l'image de son pilote, Nicolas Sarkozy lui-même qui, hier soir, en s'adressant aux Français droit dans les yeux, à donné l'impression d'endosser enfin l'habit "présidentiel" et d'un équilibre personnel retrouvé. En "rupture" avec la posture "bling-bling" meurtrière des premiers mois ?"
            
 

 

Revue de presse du 16 Avril

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 16/04/2007 à 7:20 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les commentaires de la presse, à J-6, sur l'élection présidentielle. 



LA TRIBUNE

Pascal Aubert

"Hormis quelques candidats, peu de Français croient encore à la fable de la "présidentielle-rencontre-entre- un-individu-et-un-peuple". Cette conception messianique de la politique a fait son temps et, surtout, bon nombre de déçus. Les années passant, les électeurs de ce pays ont appris à faire la distinction entre la fonction présidentielle et ceux qui la briguent avant, éventuellement, de l'incarner. Pour la première, ils ont le plus profond respect ; face aux seconds, ils gardent une distance dictée, à droite comme à gauche, par un long historique de rendez-vous manqués et de promesses non tenues. Qu'à moins d'une semaine d'une élection présidentielle, plus d'un Français sur trois n'ait pas encore arrêté son choix est à la fois rassurant et préoccupant. Rassurant, parce qu'à ce stade de la campagne, les effets de séduction sont épuisés et ces Français qui feront la décision dimanche prochain prennent leur responsabilité au sérieux.(...)"



L'HUMANITE

Patrick Le Hyaric

"(...) Et ce groupe d' anciens membres de cabinets ministériels socialistes baptisé les Graques, qui appelle à la même alliance, a la singulière particularité d'être aujourd 'hui constitué de mandarins essentiels du capitalisme français puisqu'ils sont toutes et tous à la direction de grandes entreprises privées et de banques. Appeler comme ils le font, huit jours avant le premier tour, à une alliance avec Bayrou revient à casser la campagne de Mme Royal et à crédibiliser la droite de Bayrou, qui jubile. Toutes ces manoeuvres politiciennes ont lieu sur un fond d'anticommunisme, d'effacement organisé ou de dénigrement des initiatives et des idées de Marie-George Buffet. Dans le même temps, les mêmes médias font une publicité comme jamais au matamore Le Pen. On notera que cette gauche américaine fait revenir sur le devant de la scène ce que les militants socialistes n'ont pas voulu en écartant la candidature de M. Strauss-Kahn.(...)"



L'EST REPUBLICAIN

Pierre Taribo

"Avec Michel Rocard appelant à une alliance Ségolène Royal-François Bayrou, on a cru à l'initiative isolée d'un vieux radoteur, tout de même ex-Premier ministre et membre du comité présidentiel de la candidate socialiste. Puis, avec la deuxième couche posée sur ce thème par Bernard Kouchner, l'un des hommes les plus populaires du pays, on se dit qu'il y a sûrement un truc. Et si le duo jouait les éclaireurs pour tous ceux qui, au PS, pensent que c'est la fin des vieux systèmes vermoulus ? En tout cas, cette prise de parole moins iconoclaste qu'il n'y paraît, apporte de l'eau au moulin de François Bayrou qui trouve enfin à gauche, les ralliements qu'il espérait. Des ralliements dont on ne pourra pas dire : " Qui connaît M. Kouchner " ? A l'inverse, c'est un mauvais coup porté à Ségolène Royal, invitée à conclure un accord avec le centre avant le premier tour.(...)"



LA REPUBLIQUE DU CENTRE

Jacques Camus

"(...)L'initiative de Rocard et Kouchner montre, en tout cas, dans quelle situation d'incohérence se trouve le PS à la veille d'un scrutin majeur. Elle souligne aussi le peu de confiance que les intéressés accordent à leur "championne". Du coup, on se demande de quel PS Ségolène Royal est la candidate. Du PS "officiel" qui, comme elle, refuse de conclure un accord dans le dos des électeurs? Ou d'une gauche réformatrice dénonçant le "sectarisme"? En attendant la réponse, on voit bien que les socialistes ménagent davantage Bayrou que Sarkozy. Et voilà bien l'énorme ambiguïté dont profite le candidat centriste. Dans son ni gauche ni droite, on devine qu'il lorgne davantage à gauche, où il a plus à gagner, qu'à droite. Bien que son programme soit plus libéral qu'étatiste. Une question enfin: de Royal ou de Bayrou, qui est vraiment prêt à aider l'autre? À une semaine de vote, un peu de sincérité s'impose."




LA REPUBLIQUE DES PYRENEES

Jean-Michel Helvig

" Mais pour autant l'UMP et le PS ne sont pas forcément dans une situation facile, même si leur candidat l'emporte. Entre les deux tours, que ce soit Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, la questions des alliances va être cruciale. Ni elle, ni lui, ne dispose de " réserves " naturelles. Pour Nicolas Sarkozy l'entente avec le FN est impossible, ce qui n'empêche pas des signaux appuyés adressés aux électeurs. Quant à Ségolène Royal elle se trouve ligotée par un PS où l'alliance avec le centre réclamée par Michel Rocard et Bernard Kouchner conduirait à une scission, et la main tendue à la gauche de la gauche qui aurait toutes les chances d'être déchiquetée tout crue, avec les rescapés de la " gauche plurielle ", Buffet et Voynet, posant des conditions sans rapport avec leur influence électorale, et la cohorte des trotskystes divers et variés ne pensant qu'à renforcer leurs chapelles respectives et surtout pas se salir leurs blanches main dans la gestion du pays...Bref, d'une certaine façon, la vraie campagne présidentielle, commence dimanche soir à 20 heures."

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