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Revue de presse du 17 Août 2007 sur France Inter

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 17/08/2007 à 9:46 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 


Craintes sur la croissance

 

 

Bonjour !

Ca semble aujourd’hui évident, le précipice est là…

… Reste à savoir si l’on contemple le vide au prix d’une belle frayeur, ou si la chute –pour de bon- a commencé.

Cette question (que suscite l’état des marchés financiers après la Bérézina des établissements américains de prêt aux accédants à la propriété), divise vos journaux, tant nationaux que régionaux.

Les uns (à l’instar de "La Dépêche du Midi") évoquent un « Vent de panique » et se demandent s’il faut « avoir peur » de la Bourse, craindre pour « la croissance, l’emploi et le crédit ».

Les autres nous voient dans la tourmente, telle « La Tribune » ; … le titre qui barre la « Une » du quotidien économique nous dit que « Les marchés financiers s’enfoncent dans la crise ».

… Pour « Les Echos » : « La tornade boursière s’abat sur toutes les places mondiales ». Et quand ce n’est pas une « tornade », c’est une « spirale baissière »…

… Bref, accrochez vos ceintures (fasten seat belt) : ça va secouer !!!

Mais au fait ?...

… « Y’a-t-il un pilote dans la finance mondiale » ?... C’est ce que se demande « Libération » à propos de la gestion de la crise par les banques centrales.

En page intérieur du journal, on lit : « Le cash n’arrête par la peur du kra(k) »… (Pour rester dans la métaphore aéronautique et en se fichant des anglicismes, sans doute mes confrères de « Libé » auraient-ils pu titrer plutôt sur la peur du « crash »).

Pour ceux qui auraient raté le début, Renaud Lecadre nous rappelle l’affaire (pour faire court, je vous lis quelques extraits de son article) : «  A l’origine, des établissements financiers américains ont consenti (à des ménages modestes) des crédits immobiliers de plus en plus risqués (…) Le feu s’est propagé par « titrisation » (c’est-à-dire) « par une vaste foire aux créances où les crédits immobiliers passent de main en main au point que personne ne sait qui doit de l’argent à qui (…) Depuis une semaine, les Banques centrales européenne et américaine ont injecté près de 300 milliards d’euros (par création monétaire puisqu’elles ont pouvoir de battre monnaie) afin de tempérer la tempête financière ». Pour commenter ça, Renaud Lecadre reprend une déclaration de l'économiste allemand Ulrich Kater à l'Agence France Presse. Pour Ulrich Kater : "La Banque centrale européenne envoie un signal négatif en injectant des liquidités en masse pour soutenir les marchés (...) Elle donne l'impression de voler au secours des fautifs, de ceux qui ont pris des risques excessifs". Là dessus, l'éditorialiste et directeur de "Libération" Laurent Joffrin renchérit : "La sophistication folle des marchés financiers alliée à l'énormité des masses d'argent en circulation a créé un monstre de Frankenstein que ces démiurges sont totalement incapables de maîtriser... à moins bien sûr d'une soudaine conversion des maîtres de la finance aux vertus de la régulation". Joffrin s'interroge : "La liberté économique a-t-elle une limite ?" A ses yeux, "la crise boursière est aussi une crise philosophique".

En Une de "L'Humanité", on ne fait pas dans la nuance en titrant : "Jeudi 16 août 2007 : le krach" (et pourquoi pas "le jeudi noir" ?).

Le krach ?... Quel krach ?...

..."Ce n'est pas un krach", nous assure, dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France" (et en grosses lettres), Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi. Elle reconnaît qu'il y a eu "de gros excès", du côté des Etats-Unis, sur les prêts hypothécaires accordés aux ménages aux revenus aléatoires... Mais, dit-elle, "il faut raison garder". Elle ajoute : "Nous asisstons aujourd'hui à un ajustement (...) L'économie française se porte plutôt bien, et je ne pense pas qu'elle sera affectée". Quant aux petits épargnants, qui commencent à s'inquiéter, Christine Lagarde joue là encore l'apaisement en reprenant à son compte cette maxime des boursiers : "Tant qu'on n'a pas vendu, on n'a pas perdu"...

..."Il faut qu'il y ait de la transparence, il faut qu'il y ait de la régulation", déclare de son côté Nicolas Sarkozy, qui interpelle à ce propos les dirigeants des pays les plus riches du globe... Tous vos quotidiens s'en font l'écho.

La "zen attitude" des autorités françaises, chef de l'Etat en tête, inspire cette réaction à Jacques Guyon dans "La Charente Libre" : "Imaginez l'effet que pourrait avoir sur les passagers d'un avion pris dans des turbulences titanesques l'apparition en cabine du pilote venant annoncer tout à la fois que rien ne justifie l'affolement des hôtesses, mais qu'il est par ailleurs résolu à exiger qu'à l'avenir on solidifie la structure des appareils à travers le monde... (...) On nous chanterait 'Tout va très bien, Madame la Marquise' qu'on en serait davantage rassuré".

Pour fignoler le tableau économico-politique de cet été 2007, l'éditorialiste du "Midi Libre" Michel Richard pointe nos indicateurs "déjà pas brillants" ("commerce extérieur à la ramasse, production industrielle en baisse, croissance dérisoire"). Il en conclut ceci : "Nicolas Sarkozy n'ignore pas qu'on ne mettra pas longtemps avant de l'en tenir pour responsable. Comme retour de vacances, il y a mieux !"

Cette tourmente des marchés financiers venue des Etats-Unis, ce pays "ami", sonnera-t-elle la fin de l'état de grâce pour le Président de la République française ? Ce matin, "France Soir" nous propose de voir ce que les quotidiens étrangers pensent des "100 jours de Sarkozy" à l'Elysée. L'article s'achève sur le point de vue du correspondant à Paris de "The Independent" (journal britannique de centre-gauche)... John Lichfield s'interroge sur l'efficacité d'un Président hyperactif, avec cette question en forme de commentaire : "A-t-il fait beaucoup plus que soulever un tas de poussière en créant un grand nuage de fumée ? (...) On dirait qu'il gouverne en tenant un miroir".

Sur ce chapitre, je vous invite à lire deux très intéressantes contributions dans "Le Figaro" et dans "Libération"...

...Dans "Le Figaro", d'abord, le gaulliste Pierre Mazeaud nous rappelle qu'il y a 40 ans tout juste, le 17 août 1967, le général de Gaulle signait l'ordonnance sur "la participation des salariés aux fruits de l'expansion des entreprises", inspiré (qu'il était) par sa méfiance envers la "loi d'airain" du capitalisme. Pour Pierre Mazeaud, "utopie pionnière", "inspiration chrétienne" ou "méthode de démocratie participative avant l'heure" (...) "le fait est qu'aujourd'hui, la participation reste une idée d'actualité".

A découvrir aussi, en pages Rebonds de "Libération", l'avis de la psychiatre Stéphanie Palazzi sous le titre : "Glissement progressif du langage". Revisitant la rhétorique de Nicolas Sarkozy, elle écrit : "Nous attendons du politique qu'il fasse en sorte que les victimes connaissent réparation ; pas qu'il s'identifie à leur cause au point de s'en approprier la logique, voire l'émotion".

Lundi, Nicolas Sarkozy réunira plusieurs de ses ministres afin d'étudier avec eux les recettes qui pourraient "empêcher la récidive en matière d'agressions sexuelles". C'est une conséquence de l'affaire de Roubaix, où un pédo-criminel multirécidiviste vient d'être arrêté après l'enlèvement et le viol d'un garçonnet de 5 ans. Ce suspect était sorti de prison le 2 juillet dernier. Il y avait purgé une peine pour des faits similaires.

"A quoi sert la prison ?", se demande Bernard Revel dans "L'Indépendant du Midi". "On manque de moyens pour gérer ces délinquants". Lui répondent en choeur, dans "Le Parisien" et dans "L'Humanité", les présidents de l'Union syndicale des magistrats et du Syndicat de la magistrature. Pour le numéro 1 de l'USM Bruno Thouzellier : "Sur le sujet de la récidive des délinquants sexuels, le monde politique et gouvernemental est défaillant".

"France Soir" vous dit : "Souriez, vous allez être filmé !"...

...Après l'agression qui a coûté la vie, dans le métro parisien, à un journaliste italien en vacances, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie plaide pour un renforcement du maillage de vidéosurveillance en France.

"Sécurité : ce que veulent les Français"... Ce titre fait la couverture de l'hebdomadaire "Valeurs Actuelles" (dans les kiosques aujourd'hui). En pages intérieures, vous pouvez lire le sondage réalisé les 1er et 2 août dernier par l'Institut CSA auprès de 1001 personnes en âge de voter... Résultat : 7 Français sur 10 (73% de la population) plébisciteraient la vidéosurveillance des lieux publics.

Mettre des caméras partout : voilà de quoi séduire certains chefs d'Etat tentés de réduire l'effectif policier sans sacrifier pour autant la surveillance permanente des populations.

Dans "Sud-Ouest", Patrick Berthomeau consacre son éditorial à la condamnation cette semaine de 2 journalistes marocains. Il se demande si cela traduit "un raidissement du pouvoir chérifien et un recul dans le processus de libéralisation enclenché par Mohamed VI".

"Le Figaro" consacre à cette histoire un long article d'Arielle Thedrel, avec ce titre : "Le Maroc à nouveau tenté par la censure".

La censure, la menace, l'assassinat de membres de sa famille, la fuite, l'exil, l'asile politique : ...L'Ivoirien Souleymane Koulibaly a subi tout cela. Vous le connaissez bien, vous, les auditeurs de France Inter. Vous l'entendez cet été tous les après-midi, du lundi au vendredi, de 17 heures à 18 heures. Il apparaît à l'antenne sous le nom de Soro Solo ; il anime l'émission "L'Afrique enchantée" en compagnie de Guillaume Thibault. Quand il était enfant, dans son village africain, le voyant l'oreille collée au poste à transistor, sa grand-mère avait fini par le surnommer "Radio"... Vous lirez tout ça dans "Le Monde 2", supplément hebdomadaire du quotidien du soir.

Un mot encore, à propos d'un phénomène d'édition, "le phénomène de l'été, et même de l'année", nous disent "Les Echos", vendu, déjà, à plus de 350.000 exemplaires avec une trentaine de réimpressions. Si vous ne l'avez pas déjà lu, précipitez-vous chez votre libraire et achetez "L'élégance du hérisson", de Muriel Barbery. C'est une pure merveille. Ses personnages écoutent France Inter, c'est tout dire, sans doute parce que c'est une radio qui ne manque pas de piquant.

Une revue de presse signée Alain le Gouguec

France Inter vendredi 17 août 2007

 

 

 

Revue de presse du 1 Août sur les franchises médicales

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 01/08/2007 à 9:08 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 


La franchise médicale

 


 

Les commentaires de la presse, mercredi 1er août, sur la franchise médicale annoncée par Nicolas Sarkozy.

 

LE TELEGRAMME

Alain Joannès

"(...) Pour éviter une rebuffade du Conseil constitutionnel, garant de l'égalité des citoyens dans l'accès aux soins, Nicolas Sarkozy oblige une fois de plus son gouvernement à imaginer une " usine à gaz " pour décliner les exonérations de franchises dans les différents programmes de gestion de l'assurance-maladie. Au sein d'une même famille, différents assujettis peuvent en effet cotiser à des caisses différentes, comme salariés ou travailleurs indépendants. D'une manière plus générale, cette mise à contribution des cotisants brouille la politique de relance engagée depuis juin. D'abord, des allègements fiscaux pour améliorer le pouvoir d'achat. Puis des " mises à contribution ", qui contredisent les allègements puisqu'elles s'apparentent à des prélèvements. En réalité, c'est plus subtil : les allègements profitent essentiellement à quelques catégories favorisées, tandis que les " mises à contribution " touchent les catégories moyennes, plus nombreuses."



SUD OUEST

Franck De Bond

"La bataille du chômage est en train d'être gagnée, celle d'Alzheimer ne fait que commencer. L'une bénéficie du retournement démographique, l'autre est la contrepartie de l'allongement de la vie. La baisse du chômage et la progression de la maladie d'Alzheimer ont en définitive la même cause: le vieillissement de la population française. Il est à craindre que la diminution du coût de l'un sera tôt ou tard compensée par l'augmentation de la charge financière liée à l'autre. (...) La gestion du grand âge est un enjeu majeur pour des pays dont la population s'emploie, d'ailleurs avec un certain succès, à vivre plus vieux en vieillissant le plus tard possible. Ce joyeux et parfois épuisant combat se heurte néanmoins à la progression constante de l'espérance de vie qui a une face cachée moins attrayante."


LA MONTAGNE

Daniel Ruiz

"(...) Les recherches sont en cours sur un autre, plus pur, mais rien qui permette de penser que le résultat est proche, même en " mettant le paquet ", comme le promet Nicolas Sarkozy. Le " paquet ", c'est la mise en place d'une franchise sur les dépenses de santé plafonnée à 50 par an qui, malgré les précautions annoncées, générera forcément de l'inégalité et nous obligera à mettre la main à la poche. Il y a une telle charge d'humain et d'affectif dans cette situation que ce sera sans trop rechigner. Tout en pensant quand même que si le chantier présidentiel est une cause nationale, l'État doit s'en donner les moyens et ne pas prendre le risque de l'incantatoire. Plus personne ne se souvient ni du plan Kouchner, en 2001, et ni du plan Douste-Blazy, en 2004. Et ce n'est pas un trou de mémoire. C'est qu'ils n'ont servi à rien ou presque."



LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST

Hervé Cannet

"Il faut probablement remonter à 1981 et à l'été mitterrandien qui vit la vague rose faire adopter les grandes réformes socialistes pour trouver une telle activité. En trois mois, Nicolas Sarkozy a lâché les chevaux et maintenu la pression sur ses amis et ses adversaires. Qui a pu les arrêter ? Légitimé par le vote, conforté par les sondages, soutenu par d'anciens ténors du camp d'en face, le chef de l'État n'a pratiquement connu aucun obstacle réel dans sa course. Ce ne sont pas les maigres troupes syndicales qui ont courageusement répondu à un appel quasi symbolique qui changeront la donne. L'été n'est pas la meilleure saison pour les bras de fer. Mais l'automne sera-t-il plus favorable ? En attendant, après le conseil des ministres, ce sera une grande interruption du son et de l'image sarkoziens. Pendant trois semaines, on le verra moins, on l'entendra moins, on le sollicitera moins : l'espace médiatique, tout entier tourné vers l'astre élyséen devra se trouver d'autres soleils. Ce sera l'été !"



L'ALSACE

Patrick Fluckiger

"Service minimum, franchise médicale, suppressions de postes dans la fonction publique. Après avoir déblayé le terrain avec des mesures populaires comme la lutte contre la délinquance, ou loin des regards de la population, comme le paquet fiscal, le terrassier Sarkozy attaque les couches dures de son chantier pour réformer la France. Il le fait avec habileté : il déploie certes plusieurs marteaux piqueurs à la fois, mais il les manie à un moment où de nombreux riverains sont en vacances.(...)Cela dit, des travaux de cette envergure durent des années, alors que les vacances ne sont qu'une brève parenthèse. Quand les gens reviendront bronzés, l'essentiel restera à faire. Après les terrassements, il faudra creuser les fondations, couler le béton des réformes. Cela n'ira pas sans nuisances, supposées ou réelles, que les syndicats et la gauche ne manqueront pas d'exploiter. Le maître d'oeuvre Sarkozy le sait bien, et c'est pour cela qu'il dirige lui-même la manoeuvre."



LE MIDI LIBRE

Michel Noblecourt


"(...) Le french doctor voyage beaucoup mais il n'est jamais en première ligne. Cela a été particulièrement le cas pour la libération des infirmières bulgares gérée par le couple Sarkozy. Dans ce cadre, il n'est pas étonnant que son audition, hier, par la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, sur l'affaire libyenne n'ait pas tourné à son avantage. M.Kouchner a eu du mal à convaincre qu'il avait été informé et associé tout au long du feuilleton. Ses anciens amis socialistes l'ont soumis à un feu roulant de questions. Et François Hollande lui a porté l'estocade en jugeant qu'un acteur +qui n'a joué aucun rôle+, ça s'appelle ''un spectateur''. M. Kouchner, qui a façonné sa réputation dans l'humanitaire en Docteur Miracles, qui a administré le Kosovo et théorisé le droit d'ingérence, n'est sûrement pas surpris. En acceptant d'être le ministre des affaires étrangères de M. Sarkozy, il savait que ce ne serait pas à lui d'être le Dr Miracles."


NICE-MATIN

Jean-Louis Gombeaud

"Présenter, ainsi que l'a fait hier le président de la République, l'instauration d'une franchise médicale comme un moyen de financer la dépendance et non pas comme une source d'économie au bénéfice de l'assurance maladie n'est certes pas faux, mais surtout fort habile de sa part. Car une franchise constitue un déremboursement de fait. Si la mesure avait été annoncée ainsi, elle aurait été sans doute mal acceptée par l'opinion. Après le forfait d'un euro, le forfait hospitalier, la contribution pour soins lourds... la future franchise, en effet, augmente la prise en charge par le patient. Il est vrai que la Sécurité Sociale, qui a déjà du mal à faire face au gonflement ininterrompu des dépenses, doit se préparer à de nouveaux coûts comme celui de la dépendance. D'ici à 2025, le nombre de personnes dépendantes augmentera de 40 % et le coût de leur prise en charge - aujourd'hui d'une quinzaine de milliards - de l'ordre de 50 %.(...)"


LE REPUBLICAIN LORRAIN

Pierre Fréhel

"(...°On compte un peu plus d'un million de plus de 85 ans aujourd'hui en France. Dans dix ans, ils seront deux millions. Le nombre des centenaires double tous les cinq ans. Notre pays, comme ses voisins européens, est condamné à trouver des solutions pour gérer le grand âge et son avatar: la perte d'autonomie. En ouvrant le chantier de la dépendance, dont l'ampleur risque de surprendre, le président de la République ne pourra se voir reprocher d'ignorer qu'au-delà de la question non vraiment résolue des retraites, le vieillissement de la société française n'a, à ce jour, fait l'objet d'aucune mesure préventive ou préparatoire à la hauteur des problèmes qu'il va inévitablement générer dans les vingt ans à venir."

Nouvelobs.com

 

 

 

L'Africatour de Sarkozy: Revue de presse (2)

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 27/07/2007 à 8:37 :: Revue de presse

 

 

 

 

 


La visite de Sarkozy au Sénégal

 

 

Voici les commentaires de la presse française, vendredi 27 juillet, sur la visite de Nicolas Sarkozy au Sénégal.

LE MONDE
éditorial

" (...) La liste des accords et protocoles d'intention signés mercredi 25 juillet en Libye par l'Elysée n'en est que plus impressionnante, depuis la livraison d'un réacteur nucléaire pour le dessalement de l'eau de mer jusqu'à des accords de coopération en matière de défense et d'industrie de défense. Areva, le numéro un français de l'industrie nucléaire, a besoin d'uranium. Cela tombe bien : la Libye en a, en plus du pétrole. D'autre part, le colonel Kadhafi peut être un interlocuteur central dans les conflits qui ensanglantent l'Afrique de l'Est, au Darfour notamment. Il peut être aussi bien un fauteur de troubles, comme la France en a fait plusieurs fois l'expérience au Tchad, qu'un intermédiaire en faveur de la paix. Et il pourra être un allié pour l'Union méditerranéenne chère à M. Sarkozy. Tous ces arguments plaident en faveur de relations étroites avec la Libye, si celle-ci accorde enfin un minimum de respect aux règles de bonne conduite internationales. La hâte manifestée par le président de la République laisse cependant un goût amer. M. Sarkozy voulait introduire de la morale dans la politique étrangère. Le cas libyen constitue au minimum un contre-exemple." 



LE FIGARO
Stéphane Marchand

La plus extrême prudence s'impose. La Libye reste une dictature, dénuée de tout contre-pouvoir et dominée par un homme pour le moins imprévisible. Même si des contrats considérables sont en jeu, même si l'uranium, dont regorge la Libye, est une matière première rare dont la France a besoin, force est de reconnaître que le dessalement de l'eau de mer fonctionne très bien sans énergie nucléaire. Il existe d'autres solutions. Une centrale thermique de cogénération suffit. Plus généralement, la pénétration du nucléaire civil au sud de la Méditerranée, en Algérie, au Maroc et bientôt en Egypte et en Libye n'est pas sans justification mais est auss, dans une région à l'instabilité chronique, porteuse d'inquiétudes."



LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST
Hervé Cannet

"Le colonel Kadhafi a officiellement renoncé au terrorisme. Le colonel Kadhafi a officiellement abandonné tout programme d'armes de destruction massive. Le colonel Kadhafi, dont le pays figure toujours sur la " liste noire " du Pentagone américain, a reçu Tony Blair et pourrait bientôt accueillir sous sa tente, Condoleezza Rice, la secrétaire d'État de George W. Bush. Le colonel Kadhafi est donc, depuis 2003, un dirigeant africain normalisé. Fréquentable. Courtisable. Digne d'intérêts, économiques notamment. Nicolas Sarkzoy [...] parie sur le bouillant colonel qui pourrait être aussi utile pour la paix dans la région qu'il lui avait été nuisible dans le passé. C'est un pari qui n'est pas sans risque. Le colonel Kadhafi est certes assagi, vieillissant, et manifestement désireux d'intégrer le cercle des dictateurs fréquentables. D'ailleurs, au nom de la real-politik, y en a-t-il de non fréquentables ?"



L'UNION ET L'ARDENNAIS
Hervé Chabaud

" (...) Au-delà du légitime souci des droits de l'homme, toujours malmenés sur ce continent, Nicolas Sarkozy mesure la régression de l'influence de la France en Afrique tandis que les Etats-Unis, la Chine, en attendant l'Inde, renforcent leurs positions et gagnent de précieux marchés. Preuve que les vieilles recettes de l'ère Foccart ripolinées tant bien que mal au fil des décennies sont devenues inopérantes et ne peuvent plus être le socle d'une politique de coopération crédible au XXIe siècle. La volonté politique du chef de l'Etat fera grincer des dents parce que bien des régimes de l'Afrique subsaharienne ont pris l'habitude d'encaisser sans rendre des comptes, de détourner des aides sans être dénoncés comme irresponsables alors que leurs populations sont enlisées dans la misère et subissent les épidémies. Le président français ne prend personne en traître. Les dirigeants africains et en particulier ceux à la réputation des plus sulfureuses sont avertis. S'il est naturel d'aider les pays à se transformer et à augmenter leur niveau de vie, il est normal que les progrès soient mesurés et les politiques mises en oeuvres corrigées pour être efficaces."


L'ALSACE
André Schlecht

" (...) Nicolas Sarkozy a toujours dit qu'il n'était pas adepte de la repentance dans les relations entre États. Avec simplicité et précision. Il a cité la colonisation, la traite des Noirs, le traitement d'hommes, de femmes et d'enfants en viles marchandises, l'esclavage... Et il a qualifié ces actions, commises au nom de la France quoique dans un contexte historique plus vaste, de "fautes, crimes, crime contre les Africains, contre l'Homme, contre l'humanité". En ajoutant que ces faits tragiques étaient ineffaçables de l'Histoire, le président a non moins clairement signifié qu'un devoir de mémoire s'imposait aux Français à leur sujet. (...) Nicolas Sarkozy a aussi pris soin de ne pas relancer la polémique sur les " aspects positifs de la colonisation ", qui a fort indisposé certains interlocuteurs de la France. Mais, avec justesse, il n'a pas épargné à ses hôtes d'entendre que tous les malheurs actuels de l'Afrique ne provenaient pas de l'héritage colonial ou de l'influence occidentale. Le président français entame seulement son mandat. Hier, il a posé les principes qui doivent guider son action en Afrique noire. Reçu à l'oral, il doit maintenant réussir les épreuves pratiques."

Nouvelobs.com

 

L'Africatour de Sarkozy: Revue de presse (1)

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 26/07/2007 à 8:42 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 


Nicolas Sarkozy en Libye

 


 

Les commentaires de la presse, jeudi 26 juillet, à propos de la visite de Nicolas Sarkozy en Libye.



LE REPUBLICAIN LORRAIN

Philippe Waucampt

"(...) La visite de Nicolas Sarkozy (...) constitue le prix diplomatique à payer afin de renouer le fil avec un pays dont l'intérêt stratégique est loin d'être négligeable. Assise sur une véritable éponge à hydrocarbures, la Jamahyria constitue, avec l'Algérie, une alternative d'importance stratégique depuis que les Européens cherchent à réduire leur dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. La levée de l'hypothèque humanitaire permet aujourd'hui des retrouvailles de nature à aider Paris à rattraper son retard sur les Américains, quitte à y mettre une grosse pincée de nucléaire civil. Et nos entreprises à garnir leur carnet de commandes pourvu, bien sûr, qu'elles n'oublient pas de verser leur obole au Fonds international de Benghazi."



NORD ECLAIR
Jules Clauwaert

"(...) À mesure de la levée des sanctions internationales, la Libye a donné des signes de bonne volonté en renonçant à se doter d'armes de destruction massive, et en signant le traité de non prolifération nucléaire. Après le rapatriement des infirmières bulgares, on peut penser que la rencontre avec le Président français se déroule dans un climat favorable. Il s'agit surtout, dit-on, de développer les relations commerciales entre les deux pays. Celui qui reçoit a d'énormes besoins, en infrastructures et en équipements, et dispose d'un matelas de pétrodollars pour payer ses fournitures. L'autre est en mesure de satisfaire ces besoins. (...) Restent en effet, d'autres images, plus ou moins diffusées, que les esprits forts disent +compassionnelles+, de nos +first ladies+ dans des hôpitaux ou parmi des populations kurdes en détresse, ou visitant les familles d'enfants libyens atteints par le sida. Toute la misère et les malheurs du monde... pourquoi pas ?"



LA PROVENCE

Gilles Dauxerre

"C'est une poignée de main en or. Maintenant que la question des infirmières bulgares est réglée, Nicolas Sarkozy et le colonel Kadhafi vont pouvoir parler affaires. Dès hier soir, la Libye et la France ont annoncé la signature d'un accord de partenariat militaro-industriel ainsi qu'un mémorandum d'entente dans le domaine de l'énergie nucléaire civil. C'est peu dire que Nicolas Sarkozy n'a pas perdu de temps pour transposer son succès diplomatique et humanitaire sur le terrain économique. Tout d'un coup, le colonel Kadhafi serait redevenu fréquentable. (...) Il y a encore quelques heures, le dictateur de Tripoli faisait chanter l'Europe pour obtenir des contreparties financières et politiques à la libération des soignants bulgares, faussement accusés d'avoir inoculé le sida à des enfants libyens."



LA CHARENTE LIBRE

Dominique Garraud

"(...) Dans la séquence libyenne de Nicolas Sarkozy, l'économique suit de très près l'humanitaire. Il ne serait ainsi guère surprenant de voir le nouveau président enfiler le costume de VRP planétaire des grandes entreprises françaises qu'affectionnait son prédécesseur, et tenter à son tour de caser des avions Rafale, voire des centrales nucléaires au colonel Kadhafi. Avec des réserves pétrolières et gazières, les plus importantes d'Afrique, et la privatisation en cours du secteur énergétique, la Libye attire désormais beaucoup de partenaires. La levée de l'embargo de l'Onu en 2004 à la suite de la promesse de Kadhafi de renoncer à l'arme nucléaire a annoncé le retour des Américains, principaux partenaires de la Libye dans le domaine énergétique avant 1986."



DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE

Olivier Picard

"(...) Rendre à la France toute sa vocation à rayonner sur le bassin méditerranéen, c'est une ambition légitime et urgente. Depuis au moins deux millénaires, l'Histoire a écrit une fraternité de destins et de civilisations entre les peuples qui partagent une mer pratiquement fermée. A l'échelle du temps, toutes les différences, voire les antagonismes, qui séparent les cultures et les religions des pays riverains peuvent être dépassées tant ces dernières recèlent une immense capacité de dialogue et de compréhension. C'est une vision géopolitique optimiste, oui, mais elle a l'avantage d'être portée par une espérance plutôt rare dans le monde troublé qui s'ouvre devant nous, et surtout, évidemment, par des intérêts économiques convergents."



L'ALSACE

André Schlecht

"(...) On aura beau jouer l'Ode à la Joie à toutes les cérémonies, les grands principes serviront surtout à enrober une politique des réalités. Réalités d'une Europe confrontée aux pressions énergétiques sans subtilité de la Russie de Poutine, et qui veut diversifier ses sources. Réalités d'une UE qui propose une alliance à l'autre rive de la Méditerranée, car il y va de son influence dans une région courtisée par les sirènes américaines du libre-échange, et aussi de la maîtrise de l'immigration. Réalités de la France qui connaît l'aura de Kadhafi dans des pays africains qui sont aussi nos sources d'uranium. La grandeur se mesurera en termes de croissance et le panache se verra aux torchères des raffineries."



L'INDEPENDANT DU MIDI

Bernard Revel

"Le silence a un prix dont seul, sans doute, le chef d'Etat libyen connaît exactement le montant. En somme, c'est en se faisant payer qu'il s'achète une bonne conduite. Car c'est lui le grand vainqueur de cette interminable tragédie qui, du malheur des familles libyennes au calvaire infligé à des étrangers accusés à tort, a brisé bien des vies. Le maître absolu de Tripoli a joué avec toute cette souffrance pour en tirer le meilleur bénéfice. Dans son genre, c'est un pragmatique lui aussi. Fallait-il, une fois le +problème+ des infirmières réglé, se précipiter dans son palais de Bab Azizia pour nouer avec lui des relations +normales+ comme si, d'un seul coup, le régime avait changé? Nicolas Sarkozy a pris un risque en décernant prématurément un brevet d'honorabilité au guide libyen. Tôt ou tard, les droits de l'Homme oubliés finissent pas éclabousser les plus habiles calculs du pragmatisme."

Nouvelobs.com

 

 

Revue de presse du 12 juillet 2007

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 12/07/2007 à 7:31 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 


Les commentaires des éditoriaux de la presse française, jeudi 12 juillet, sur Nicolas Sarkozy et l'ouverture.

 



LIBERATION
Renaud Dély

"Les mâchoires de l'ouverture sarkozyenne se referment sur la gauche. Jour après jour, le chef de l'Etat pousse le PS à se caricaturer en parti usé, vieilli, fatigué. Et renfermé. A réagir sans nuance, d'un même mouvement et de la même façon, à des trajectoires diverses, la direction du PS affiche un visage sectaire et craintif, peu rassurant quant à sa capacité à se retrouver vite en phase avec les préoccupations des Français. La trahison réelle, d'un Eric Besson passé, en plein affrontement électoral, d'un camp à l'autre, n'a pas grand chose à voir avec les choix, contestables, de Jack Lang ou d'Hubert Védrine d'intégrer des commissions de réflexion transpartisanes. (...) Mais quand, au refrain de l'ouverture seriné par l'Elysée, l'écho socialiste ne renvoie que les termes de "suspension" ou d'"exclusion", on peut "s'inquiéter sur la durée du séjour dans l'opposition qui attend la gauche. A voir la façon dont les Français la plébiscitent, les socialistes feraient mieux de s'inspirer de la méthode Sarkozy. (...)"


L'ECLAIR DES PYRENEES
Philippe Reinhard

"(...) Les causeries du chef de l'Etat délivrées à l'occasion de la fête nationale relevaient d'une stratégie médiatique où l'Elysée gérait la rareté de la parole présidentielle. Nicolas Sarkozy a décidé de rompre avec cette pratique théorisée naguère par Jacques Pilhan, conseiller de François Mitterrand avant d'être celui de Jacques Chirac. Le nouveau locataire de l'Elysée s'inspire des habitudes américaines. La Maison-Blanche s'adresse directement et régulièrement à l'opinion. Le président lui-même s'exprime au moins une fois par semaine et son porte-parole rencontre la presse quotidiennement. En adoptant les mêmes méthodes, Nicolas Sarkozy et son équipe rompent avec la solennité pompeuse qui entourait la parole présidentielle. C'en est désormais fini de la distance régalienne mise entre les citoyens et celui qu'ils ont élu. Dans ce domaine aussi, le nouveau président de la République choisit de marquer son quinquennat du sceau de la modernité. Nul ne s'en plaindra."


LE COURRIER PICARD
Didier Louis

"(...) Dans la savane en folie, les éléphants hallucinent, les éléphanteaux se désespèrent. Le général Hollande n'a de cesse d'exclure, de suspendre, quand il n'est pas obligé de faire un tri sélectif entre ce qui est acceptable - DSK à la tête d'une prestigieuse institution internationale - et ce qui est intolérable. La nature humaine étant ce qu'elle est - ah ! ce pouvoir qui hypnotise - et l'horizon politique incertain - 2012, c'est loin -, les frontières soudain se brouillent. Se relancer, se rénover, c'est tenir une ligne d'opposant responsable, mais à condition qu'elle n'entraîne pas la confusion des idées. Se rénover, c'est refuser le sectarisme, mais à condition que le dialogue républicain qu'il est normal d'accepter en retour ne sombre pas dans des aventures personnelles. C'est sortir de la diabolisation de l'adversaire (on a vu où ça menait), encore faut-il avoir un projet à proposer. Le PS en est là. Réduit à ces constats saumâtres. Et à quelques sifflets discrètement admiratifs envers un talent aussi diabolique."


LA MONTAGNE
Daniel Ruiz

"(...) La sortie de Jack Lang est une cinglante remise en cause des rouages qu'il quitte pour ne pas en être prisonnier. Mais paradoxalement lui et ceux qui tirent sur le pilote en claquant la porte, laissent un François Hollande libéré des plus menaçants et en position de s'entourer d'une équipe renouvelée sinon rénovante. Tout occupés à leurs combats, les vieux éléphants et les jeunes lions font mine de se désintéresser de ce que pensent les militants et les électeurs qui ont répondu présents le 17 juin. Sans doute craignent-ils une consultation qui ramènerait Ségolène Royal au premier plan et qui la ferait apparaître comme la seule pouvant redorer le blason du PS. Ils ont fait tellement d'efforts pour ne pas en arriver là! "


LA DEPECHE DU MIDI
Jean-Christophe Giesbert

"(...) Là ou Sarko passe, les usages trépassent. Impressionnée par " l'hyper président ", ainsi que nous l'avions surnommé, l'opinion en redemande. Pour l'instant. Deux Français sur trois approuvent les méthodes singulières de l'État Sarko. Reste maintenant à traduire cette posture très personnelle dans le marbre constitutionnel. C'est à cette tâche que veut s'atteler Sarkozy. Ce soir, dans son discours d'Épinal, ville choisie en référence à l'allocution qu'y prononça de Gaulle en 1946 pour y exposer sa vision d'une République moderne adoptée à son temps " - excusez du peu - , Sarkozy va inviter la nation à valider ce régime présidentiel " made in USA " qu'il vénère tant. Un vœu pieu ? Puissent la gauche et la droite, depuis le Parlement, où siègent les représentants du peuple, lui rappeler qu'on ne peut modeler un régime à sa seule guise sans mettre en danger les fondements-mêmes de la Démocratie... "


LA PROVENCE
Gilles Dauxerre

"(...) Le Parti socialiste est pris au piège, forcé de répondre à cette offensive et de réagir à ces défections, alors que l'urgence commande qu'il s'interroge sur sa doctrine, sur sa gouvernance, et sur sa stratégie. François Hollande continue de tenir cette maison qui s'effondre et se vide; Bertrand Delanoë attend son heure; Ségolène Royal s'est éclipsée, espérant revenir pour relever les ruines. Mais avec qui? Toute une génération de dirigeants socialistes est en train de s'effacer, sans que la suivante ait pu encore s'imposer. Certains de ces dirigeants, comme Dominique Strauss-Kahn ou Jack Lang, aurait pu participer à la reconstruction de leur parti, d'autres, comme Laurent Fabius qui a pris du champ, se doutent que leur temps est passé. D'une certaine manière, par ses débauchages, Nicolas Sarkozy aide le PS à vider le grenier et le force à renouveler ses cadres, à faire émerger de nouveaux talents, à reformater ses idées. Reste à savoir qui sera capable de fédérer ce PS du futur."


LE PROGRES
Francis Brochet

"La France s'est longtemps vantée d'avoir la droite la plus bête du monde. C'était trop de modestie : la France a aussi la gauche la plus bête du monde. Elle a les communistes, plantés au pied du Mur. Les trotskystes, hachés menu en groupuscules. Les Verts, ventilés tendance éolienne. Et les socialistes : dix ans d'échec, et toujours péremptoires. Ils viennent de nous infliger une interminable querelle conjugale en guise de campagne présidentielle. Ils nous offrent maintenant le spectacle de l'enlèvement des Sabines par les tribus sarkozystes, la comédie des bobos saisis par le débauchage, la farce du jour le plus Lang. Chaque jour, Nicolas Sarkozy leur fait une leçon de politique, et ils chouinent : c'est pas du jeu. " S'il veut nous casser, il nous trouvera ", plastronne Ayrault... Un socialiste avait dit : " Sarkozy est le plus facile à battre, il fout la pétoche " - il s'appelait Jack Lang."


LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST
Hervé Cannet

"Le verrouillage du Parti socialiste pour endiguer la 'fuite des cerveaux' n'empêchera rien du tout. Ce n'est pas seulement 'd'aventures individuelles' dont il s'agit. C'est de l'état de santé de tout le PS. Cette crispation n'est, hélas pour la première formation d'opposition en France, que le reflet de son incapacité d'aujourd'hui à s'imaginer demain. Le choc du 8 mai a largement lézardé la façade de la maison rose. Écartelée par ses rivalités internes. Immobilisée comme le lapin dans les phares de l'ouverture. D'autres utilisent l'image d'un piranha au milieu de poissons rouges : François Bayrou avait rêvé tout haut de cette gouvernance où s'associeraient acteurs d'horizons différents. Nicolas Sarkozy l'a fait. C'est probablement plus facile au sommet de la République que sur le terrain."

PARIS NORMANDIE
Michel Lepinay

"Décidément, Sarkozy doit s'occuper de tout ! Regardez l'affaire des éléphants du PS. Qui a dû se charger de leur trouver une occupation ? C'est encore lui. (...) L'un comme l'autre (ndlr: Lang et DSK) se rendront probablement très utiles dans leur nouveau rôle. Et l'un comme l'autre pourront rebondir ensuite dans l'opposition à Sarkozy s'ils le souhaitent, même s'il n'est jamais aisé de combattre celui dont on est l'obligé. En attendant, le premier résultat est là : Fabius ayant lui aussi pris ses distances, la place est nette à la tête d'un PS qui n'a plus vraiment d'excuses pour ne pas se rénover. Place aux jeunes en quelque sorte, et à... Ségolène Royal qui pourrait bénéficier indirectement de cet esprit d'ouverture de Sarkozy. Ses deux principaux rivaux ayant quitté la passerelle, la candidate retrouve toutes ses chances de prendre la barre du PS des mains de son ex-compagnon. Et de préparer sa revanche contre Sarkozy."


LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

"(...) Bien sûr que, depuis longtemps, on connaît Jack Lang et son attirance pour les honneurs, le strass et les paillettes. On avait bien senti chez lui, depuis quelque temps, une curieuse indulgence pour Sarkozy. Mais au fond, participer, en raison de compétences réelles, à une commission de réforme des institutions, ne constituait pas une trahison. Rien à voir en tout cas avec une entrée en fanfare au gouvernement. On voit bien que le PS est comme tétanisé devant cette "fuite des cerveaux" qui le plonge dans la panique. Il suffit de constater combien François Hollande a eu du mal à se réjouir de la possible désignation de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI. Le premier secrétaire du PS doute-t-il à ce point qu'il craigne, après avoir échappé à l'OPA de Ségolène, à une captation de son parti par Sarkozy ?"


L'EST REPUBLICAIN
Pierre Taribo

"Miné par ses rivalités de boutique, chamboulé par les travaux du " tout à l'ego " depuis que Nicolas Sarkozy joue les charmeurs de socialistes, le PS vient de recevoir une nouvelle claque avec la démission de Jack Lang. Une baffe magistrale qui secoue un parti où tout part en quenouille. (...) S'il a choisi de rompre les amarres, c'est autant pour saisir un hochet tendu par le pouvoir que pour revenir dans la lumière. Le voilà donc qui change ses codes, ses certitudes et des convictions qui n'étaient peut-être qu'en fer blanc. Accueillant la nouvelle sur l'air du " bon débarras ", ses adversaires - à peine surpris par la démarche - dénoncent cette comédie de boulevard, où le ridicule ne tue pas. Lui, insensible aux moqueries qu'il interprète comme autant de signe de dépits, répond qu'en guise d'orthodoxie socialiste, son passé plaide pour lui. (...)


LE TELEGRAMME
Hubert Coudurier

"(...) On comprend l'agacement des socialistes qui l'accusent d'instrumentalisation mais dans le même temps leur réaction peut sembler excessive. L'acceptation par Jack Lang de figurer dans une commission sur la réforme des institutions mérite-t-elle cette bronca ? Certes on peut s'étonner, hormis pour Bernard Kouchner, que bon nombre d'entre eux aient cédé aux sirènes de l'ouverture... pour si peu. Le grand communicateur donnant le sentiment à l'opposition d'avoir été piégée, elle entend poser des garde-fous. Le fait que Jack Lang claque la porte est-il en soi un événement ou un révélateur ? Faut-il que le PS fort de ses 200 députés se sente fragilisé par cette politique en trompe l'œil pour refuser qu'un de ses membres éminents participe à un comité Théodule ? Le discours prévu par Nicolas Sarkozy ce soir à Epinal sur la modernisation de la démocratie française bouscule les lignes et va obliger les socialistes à accélérer leur refondation."


LA CHARENTE LIBRE
Dominique Garraud

"(...) Après les retraits successifs de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn de la direction socialiste, le départ de Jack Lang confirme un effacement de l'influence directe des "éléphants" historiques sur le Parti qui, associé à la prise de distance de Ségolène Royal, devrait être mis à profit pour enclencher une relève générationnelle. Par une ouverture visant aussi une déstabilisation du PS en vue des prochaines élections municipales, Nicolas Sarkozy administre un électrochoc qui peut paradoxalement se révéler utile aux socialistes. A condition que François Hollande et ses amis cessent d'être obnubilés par les manouvres de l'Elysée et qu'ils saisissent l'opportunité de l'actuelle crise identitaire socialiste pour initier sans tarder une révolution interne qui n'a que trop tardé."

NICE-MATIN
Marc Chevanche

"Le Parti socialiste est comme ce canard à qui on a coupé la tête : il continue de marcher, mais ce serait trop dire qu'il sait où il va. La démission de Jack Lang du secrétariat national vient confirmer, s'il en était besoin, le grand trouble que provoque, au sein du PS, la politique d'ouverture pratiquée avec fougue par Nicolas Sarkozy.(...) En fait, dans ces affaires constitutionnelles, l'œcuménisme s'impose autant par vertu que par nécessité. Ne faut-il pas, en effet, une majorité des trois cinquièmes pour faire passer, dans les deux Chambres réunies, une réforme constitutionnelle ? C'est d'ailleurs peut-être là que l'entregent de Nicolas Sarkozy risque de trouver ses limites. En subjuguant les personnalités socialistes, il humilie et crispe un Parti socialiste dont, à tout le moins, la neutralité bienveillante est nécessaire à l'adoption de réformes constitutionnelles. Ainsi, les bénéfices de l'ouverture s'exposent-ils à être contradictoires : elle affaiblit l'opposition, mais elle la prive de son concours."


LA PRESSE DE LA MANCHE
Jean Levallois

"(...) Peut-être serait-il bon d'éviter de confondre enfin la diversité des sensibilités politiques, tout à fait normale en démocratie, et un choc des cultures qui relèverait de la guerre civile. On l'a vu du côté de l'UMP, faire de la place à l'adversaire politique n'est pas non plus passé dans les moeurs. Cela demande un effort. Or, s'il est naturel d'avoir des avis différents sur beaucoup de questions, il peut être bénéfique d'associer les divergences, de les confronter, non point de chercher à se convertir mutuellement, ce qui serait peu crédible, mais respecter l'opposition dans un dialogue qui ne doit être ni condescendant, ni perçu comme une humiliation.(...)"


L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel

"Battue, Ségolène Royal fit retomber l'enthousiasme de son héraut qui ne lui ménagea pas ses critiques. Mais vers quelle cause diriger désormais l'énergie qui l'anime ? La résistance à Sarkozy n'a pas résisté longtemps à la tentation. L'ennemi fut paré soudain de quelques qualités. Sa réforme des Universités ? "Je l'approuve", dit Jack Lang. Son traité simplifié ? "Un geste positif" qui "réussit à sortir l'Europe de l'ornière." Pourtant, lorsque la rumeur d'une mission culturelle proposée par l'Elysée se propage, Jack Lang "oppose un démenti formel à ce bobard sans fondement." Effectivement, c'est d'une réforme des institutions qu'il s'agit. Ira-t-il ? N'ira-t-il pas ? Son coup d'éclat contre la maison PS où il ne se sent "pas heureux", est un commencement de réponse. Appelé par Nicolas Sarkozy qui n'est pas rancunier, Jack Lang s'apprête à franchir le pas. Risqué, pour quelqu'un qui marche à l'enthousiasme."


LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt

"Sport de saison chaude, l'ouverture sarkozienne ne correspond pas aux dates de la chasse traditionnelle. C'est en soi assez normal car, après avoir commencé par le petit gibier, le chef de l'Etat s'attaque à des trophées apparentant aujourd'hui sa pratique au safari africain. Après la défection d'un Eric Besson, que les socialistes pouvaient encore mettre sur le compte de la crise de nerfs, l'ouverture élyséenne a tapé de plus en plus fort, pour viser avec des techniques diverses - mission, rapport, commission - des dépouilles chaque jour plus fastueuses.S'il a commencé avec des Martin Hirsch et des Jean-Pierre Jouyet, Nicolas Sarkozy continue avec des prises du calibre d'Hubert Védrine, Jack Lang ou Dominique Strauss-Kahn, ravi des réactions tour à tour embarrassées ou courroucées offrant à l'opinion l'image d'un Parti socialiste atteint par le syndrome de Gilles de la Tourette, cette affection neurologique se traduisant par l'emploi d'insultes et de mots obscènes dont, à droite, seul Patrick Devedjian semblait devoir être effleuré.(...)"


LE MIDI LIBRE
François Martin

"(...)La méthode est musclée. Genre bulldozer. Sous le choc, la maison socialiste se lézarde et ses occupants ne savent plus à quel architecte se vouer. Division, querelles, règlements de compte... Tout y passe. La bataille fait rage. Et les prises de guerre sont légion. Entre les traîtres invités au gouvernement, les futurs excommuniés en attente de poste, comme l'inénarrable Jack Lang, et les déserteurs à venir, qui restera au Parti pour mener le chantier de la rénovation ? (...)Mais en débauchant ses personnalités, en faisant son marché chez les camarades, en jetant ses sortilèges, le sorcier Sarkozy prend un risque : harceler le PS jusqu'à ce qu'il se bétonne, se recroqueville telle une citadelle assiégée au lieu de s'ouvrir et de rompre avec ses vieux démons. Seule Ségolène Royal, retirée sur l'Aventin, doit sourire en se frottant les mains. Sarkozy fait le ménage. C'est bien. Elle n'aura plus qu'à passer le dernier coup de balai. Ou de 'Kärcher'"


NORD ECLAIR
Jules Clauwaert

C'est ce que signifie la démission de Jack Lang. Avec éclat, comme tout ce qu'il fait. Sollicité par le Président de participer aux travaux d'une commission chargée de la réforme des institutions, l'ancien ministre, qui fut professeur de droit avant d'être popularisé comme inventeur de la Fête de la musique, n'avait pas donné sa réponse que déjà, il était voué aux gémonies. Pas étonnant qu'il ait pris les devants, en se retirant des instances dirigeantes du PS, où "il ne se reconnaît plus dans les méthodes de direction du Premier secrétaire". Voilà qui est clair, mais n'épuise certainement pas le débat. Un débat latent depuis des années, et qui avait fait de Dominique Strauss-Kahn un suspect, parce qu'il se disait ouvertement social-démocrate, à l'instar de toute la gauche européenne, qui avait échappé à la glaciation soviétique. Une gauche résolument réformiste, et qui a su s'adapter aux réalités, jusqu'à notre époque de mondialisation.(...)


LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Olivier Picard

"(...)L'attitude hostile du Parti socialiste à la participation de celui qui fut une des chevilles ouvrières de la campagne de Ségolène Royal est d'autant plus désolante qu'elle entre en contradiction avec la refondation du PS sur des bases plus modernes. Ce n'est plus de la lourdeur éléphantesque mais de l'archaïsme paléontologique. Il est aggravé par une certaine forme de chantage. Quand François Hollande semble marchander les votes des parlementaires socialistes - qui seront indispensables pour atteindre la majorité des trois cinquièmes nécessaire à l'adoption de toute réforme de la Constitution - il ne risque pas de soulever l'enthousiasme de l'opinion. Que le chef de l'Etat se soit montré pour le moins cavalier en choisissant une personnalité parmi les socialistes plutôt que de laisser le parti la désigner, c'est une chose. Que les socialistes s'en offusquent comme s'il s'agissait d'un rapt politique, c'en est une autre. Nos institutions, elles, méritent mieux que ce psychodrame ridicule.


L'UNION
Sébastien Lacroix

"(...) Pourtant, à bien y regarder, l'ouverture va finir par trouver ses limites. S'il s'agit d'atomiser le PS, alors c'est un peu rendre service à François Hollande. Lequel, une fois débarrassé des éléphants, pourra plus aisément jeter les bases du PS nouveau. Avec l'aide d'éléphanteaux fringants et ambitieux. S'il s'agit de rassembler tous les Français, il court désormais le risque de voir se détacher un bout de l'aile droite du corps électoral et d'agacer l'aile gauche. Et, s'il s'agit de mieux faire passer ses réformes, il peut, en revanche, essuyer une fronde des élus de droite qui n'auront pas oublié les combats des élus de gauche. Jack Lang est une belle prise. La satellisation de DSK au FMI sera un beau coup. Mais l'heure de remballer les gaules approche."


LA LIBERTE DE L'EST
Gérard Noël

"Et si Sarkozy était finalement le grand rénovateur de la gauche ! Le paradoxe n'est qu'apparent car en poussant les éléphants du PS à accepter des postes ou des missions qui les éloignent du combat politique pur, il vient de faire place nette au profit de la nouvelle génération socialiste qui cherchait comment prendre les commandes du parti. (...)Si véritablement rénovation il doit y avoir, il faudra compter aussi avec l'armée des quadras pour la mener à terme : les Montebourg, Valls, Peillon ou Hamon sont suffisamment armés pour ne pas laisser échapper une si belle occasion d'en finir avec l'héritage Jospin. Qu'ils se méfient tout de même. A droite, à la fin des années 80, pareil espoir était porté par d'autres quadras pour rénover une famille de pensée en proie à la division. Ils s'appelaient Philippe Séguin, Michel Noir, Michelle Barzach, Alain Madelin, et autres François Léotard. La Chiraquie les a marginalisés avant qu'ils aient pu imposer leur révolution générationnelle. L'exemple mérite d'être médité à gauche."

 

 

 

Revue de presse du 11 juillet 2007

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 11/07/2007 à 14:16 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 


Nicolas Sarkozy et l'ouverture

 

 

 
Les commentaires de la presse française, mercredi 11 juillet, sur Nicolas Sarkozy et l'ouverture à gauche.


LE FIGARO
Alexis Brézet

"(...) Sous le choc, les socialistes se divisent, se querellent et s'épient. Contraints d'établir une byzantine hiérarchie entre les traîtres, les demi-traîtres et les exilés volontaires, ils croient vivre un cauchemar : après avoir siphonné le Front national, après avoir avalé l'UDF, Nicolas Sarkozy est en train de les atomiser. Et il va continuer ! Non pas tant pour le plaisir - bien réel - d'exercer ses talents de dynamiteur, mais parce qu'il sait d'expérience que, depuis trente ans, toutes les entreprises réformatrices se sont brisées sur le même enchaînement fatal : l'opposition allume la mèche, les médias attisent le feu, l'opinion s'embrase. Avec l'ouverture, il attaque préventivement sur les trois fronts : l'opposition, qu'il affaiblit avant les municipales, les médias, qu'il désarçonne, l'opinion, qu'il prend à témoin de sa volonté d'union. Sortilège des sortilèges : deux mois après l'élection de Nicolas Sarkozy, qui se souvient qu'il fut diabolisé ? (...)"


LIBERATION
Laurent Joffrin

"(...) Le PS est resté figé à l'arrivée au pouvoir de Lionel Jospin et d'une dream team aujourd'hui couturée de toutes parts. Parce qu'ils se sont trop souvent contentés d'instrumentaliser certaines catégories de jeunes sans
leur octroyer de vrais pouvoirs, les socialistes ont dix ans de retard. Au congrès de Dijon, en 2003, François Hollande faisait de Malek Boutih le symbole de l'ouverture du PS à son époque. Laminé par l'appareil socialiste et balayé aux législatives, l'ancien leader de SOS Racisme n'a jamais été utilisé, et Fadela Amara entre au gouvernement Fillon. Triste bilan! Toutefois, en séduisant quelques vieux pachydermes roses en quête d'ultimeshonneurs, peutêtre Nicolas Sarkozy rend il aussi service à la gauche. Car la relève existe: Libération l'a rencontrée! Les jeunes talents socialistes piaffaient d'entrer dans la carrière dès que leurs aînés n'y seraient plus: le joueur de flûte de l'Elysée leur fait de la place. Nombre de ces trentenaires étant déjà lestés de comportements d'apparatchiks, reste à espérer qu'ils refrènent leurs réflexes d'éléphanteaux pour vraiment rénover, de fond en comble, la ménagerie socialiste."

LA PROVENCE
Gilles Dauxerre

"(...) Il est peu probable que Nicolas Sarkozy n'ait pas pensé aux conséquences de cet exil doré sur la scène politique nationale! Mais si la candidature de DSK n'est, en définitive, pas trop épineuse, l'ancien ministre ne doit pas s'attendre à un tapis de roses s'il est élu par le conseil d'administration du FMI pour en prendre la direction. Il aura en effet du pain sur la planche pour adapter cette organisation internationale à la mondialisation financière. Créé en 1945 afin de faciliter et stabiliser les opérations monétaires tout en aidant les pays en difficulté, le FMI a perdu de son influence et de sa crédibilité, notamment auprès des pays en développement. Il sera intéressant de voir comment un ancien ministre socialiste s'accommode de la rigoureuse orthodoxie libérale de l'institution ou s'il est capable d'en rénover les principes et la ligne. Dominique Strauss-Kahn aurait là l'occasion de mettre en oeuvre ses idées réformatrices."


L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel

"Nicolas Sarkozy a le don de renifler l'air du temps. Il a vu dans la percée de François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle une piste à creuser. L'ouverture plaît aux Français. Les sondages en font foi. (...) Quelque chose est en train de changer et il sera intéressant d'en voir l'évolution. Pour le moment, l'exemple vient d'en haut. Il ne fait guère d'émules. On n'a pas encore vu un maire ou un député de droite tendre la main à un président de conseil général de gauche pour l'associer à ses projets et ce dernier accepter la proposition. La tendance, à ce niveau-là, est toujours à la polémique, aux accusations et à la mauvaise foi. La véritable ouverture ne peut se réduire au bon plaisir d'un seul homme, fût-il président de la République. Elle doit être partagée et se répandre dans le pays. Mais pour cela, il faudrait changer la mentalité des élus. Ce serait une révolution. Et il est à craindre qu'Harry Potter lui même, avec toute sa magie, n'y arriverait pas."


LA CHARENTE LIBRE
Dominique Garraud

"(...) Le choix de Dominique Strauss-Kahn ne peut pas être directement assimilé à la politique de débauchage des personnalités socialistes entreprise par Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Il est loin d'être acquis que le chef de l'Etat puisse en tirer un bénéfice direct, notamment auprès de nombre de responsables de l'UMP plus qu'irrités par sa constance dans l'ouverture à gauche. Le principal enseignement de la candidature de DSK au FMI réside dans la décision de ce dernier de prendre du large vis-à-vis de la politique intérieure française et singulièrement du PS et de sa direction. En décidant de rejoindre le FMI qui lui est désormais promis, Dominique Strauss-Kahn renonce à être un des acteurs centraux de la refondation du PS mais aussi certainement candidat à la candidature lors de la prochaine présidentielle de 2012. Ce choix-là en dit beaucoup plus long sur les désarrois des socialistes que les succès revendiqués par Nicolas Sarkozy."


LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST
Hervé Cannet

"(...) Nicolas Sarkozy, qui sait où trouver ses maîtres en stratégie, agit vis-à-vis de la gauche, comme François Mitterrand l'avait fait avec le parti communiste : mieux l'associer pour mieux l'étouffer. Ainsi des cas Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang. Pour le premier, tout va bien. Il se trouvera bien un laudateur pour en faire " le meilleur économiste de France " : mais au PS, après en avoir rosi d'aise, on redoute un énième piège. C'est ce qui provoque la crispation sur l'ancien ministre de Culture. Pour lui, tout va mal. Interdit d'appartenir à une commission gouvernementale sous peine d'exclusion. Mais ces oukases ne serviront pas à grand-chose. Si ce n'est à empoisonner un peu plus l'ambiance. Dans la formation de François Hollande et Ségolène Royal, chacun sait que la crise est bien plus profonde que le fait de céder à la tentation des sirènes sarkoziennes."


L'ALSACE
Patrick Fluckiger

"(...) Bravo l'artiste ! Selon un sondage Ifop, 67% des Français approuvent le chef de l'Etat, dont 36% à gauche. Le président de la République s'est forgé une image consensuelle qui est à mille lieues de celle de croquemitaine dont l'affublaient ses opposants. Pour le PS, la leçon est terrible. Le voici sans programme crédible, avec des dirigeants qui s'épient les uns les autres et qui se replient comme ils peuvent, qui dans leur bastion (Fabius), qui chez l'ennemi d'hier (Kouchner, Bockel). DSK a fini par faire officiellement acte de candidature au FMI. Il serait trop heureux de pouvoir quitter ces eaux malsaines... Le prochain poisson sur la liste du pêcheur Sarkozy s'appelle Jack Lang. Se laissera-t-il ferrer ? De toute façon, le concours de pêche continuera, car Nicolas Sarkozy veut prouver qu'on ne gagne pas en politique en se contentant de démolir l'adversaire, comme s'est acharné à le faire le Parti socialiste. La stratégie n'empêche pas la vengeance."  
Nouvelobs.com 

 

 

 

Revue de presse du samedi 7 juillet

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/07/2007 à 11:24 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 


Revue de presse du samedi 7 juillet

 

 

Les commentaires de la presse française, samedi 7 juillet, sur les perquisitions dans les bureaux de l'ancien Premier ministre et sur les offres du président à des personnalités du Parti socialiste.

 

LA CHARENTE LIBRE
Dominique Garraud

"Le Président rassembleur au-delà des clivages politiques traditionnels que veut incarner Nicolas Sarkozy se retrouvera bientôt presque seul contre tous, avec l'unique rempart d'une garde rapprochée élargie au contingent des ralliés socialistes? Il est évidemment très prématuré de pronostiquer un isolement aussi radical, mais il faut tout de même remarquer que plus le chef de l'Etat avance ses pions dans une stratégie d'ouverture menée tambour battant, plus il déplaît à gauche et à droite dans son propre camp parlementaire. (...) Au-delà de l'affichage du rassemblement, l'objectif avoué par Nicolas Sarkozy à sa propre majorité est de déstabiliser l'opposition socialiste dans la perspective des prochaines élections municipales. Et vu le bazar que provoque sa campagne de débauchage dans un Parti socialiste déjà miné par les querelles intestines, le chef de l'Etat devrait être enclin à maintenir la cadence. (...)"



LE FIGARO
Nicolas Barré

"Le CNE est mort. Il a été tué par la cour d'appel de Paris qui, dans une édifiante leçon d'économie rendue " au nom du peuple français ", a jugé " pour le moins para¬doxal d'encourager les embauches en facilitant les licenciements". (...) Enfin, le bilan du contrat nouvelles embauches est plutôt positif. La dernière enquête menée par les experts du ministère de l'Emploi montre qu'une embauche sur dix en CNE n'aurait pas eu lieu si ce type de contrat n'avait pas existé et que deux sur dix ont été anticipées. Ce sont donc bien des dizaines de milliers d'emplois qui ont ainsi été créés dans ce pays depuis deux ans. Nul doute que les salariés concernés se feraient un plaisir d'expliquer à nos praticiens du droit social que leur feuille de paie n'est pas si " paradoxale " que cela... Le vrai sujet, désormais, n'est plus l'avenir de ce contrat. Il est de mettre fin à l'insécurité juridique qui frappe le droit du licenciement. C'est tout l'enjeu de la négociation sur la réforme du marché du travail et du contrat unique. Il est temps que le mot flexibilité fasse jurisprudence."



L'EST REPUBLICAIN
Pierre Taribo

"Qui se souciait encore de Dominique de Villepin ? Il a fallu que les juges l'extirpent des oubliettes de l'Histoire pour que le pays se souvienne de ce Premier ministre arrivé à Matignon à la fin d'un quinquennat raté. (...) Et comme si une tuile à la fois ne suffisait pas, voici que la cour d'Appel de Paris juge que le contrat nouvelle embauche - mesure emblématique qu'il a laissée en héritage - est contraire au droit international, car elle précarise le travail. On peut toujours dire qu'avec l'affaire Clearstream et le CPE - un vrai fiasco celui là- Dominique de Villepin a été son propre bourreau. Mais que penser de cette mémoire informatique bizarrement retrouvée en juillet ? Des confessions d'un as des services secrets, devenu sur le tard plus bavard qu'une pie ? De l'empressement des juges à réactiver ce dossier. (...) Voilà qui nous ramène à la petite politique que méprise Dominique de Villepin. Mais est-il lui même étranger à toutes les bassesses de ce milieu, où l'on peut très vite passer du sublime au nauséabond."



L'ALSACE
Patrick Fluckiger

"(...) Si les démêlés de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream ont de quoi réjouir Nicolas Sarkozy (...) le désaveu du même Villepin à propos du CNE est très gênant pour le nouveau président de la République. Nicolas Sarkozy a promis un contrat de travail unique dont les contours ne sont pas très éloignés de ceux du CNE-CPE. Cette défaite judiciaire rendra plus difficile tout texte qui faciliterait les licenciements. La libéralisation du marché du travail est prise entre deux feux : la rue a eu la peau du CPE, la justice est en passe d'avoir celle du CNE. Ironie du calendrier, le coup est porté juste avant le 2e anniversaire de son entrée en vigueur, faisant dire à la CGT que sa "période d'essai" est close. Celle du chômage et des emplois précaires, en revanche, continue, et avec elle la recherche d'un inaccessible contrat de travail qui satisferait tout le monde."



LA VOIX DU NORD
Hervé Favre

"(...) Le ministère du Travail a comptabilisé quelque neuf cent mille "intentions d'embauche" en CNE depuis sa création, mais il est bien difficile de faire la part entre l'effet d'aubaine pour des recrutements qui auraient eu lieu de toutes façons, CNE ou pas, et l'effet réellement déclencheur du nouveau contrat. Aujourd'hui, le CNE arrive bientôt au bout de sa période d'essai de deux ans, et il n'est pas sûr que Nicolas Sarkozy et François Fillon utilisent encore très longtemps les services de ce "contrat nouvelle embûche" hérité de Dominique de Villepin ! Ils misent, eux, sur un " contrat unique " qui viendrait remplacer la jungle des contrats existants et mettrait fin à l'emploi à trois vitesses : CDD pour les uns, CDI pour les autres, et CNE pour quelques-uns. Bernard Thibault, pour la CGT, avait dit au congrès de Lille vouloir "faire la peau" du CNE. Les juges sont en train de le faire pour lui!"

 

 

 

LES ECHOS

 
reviennent vendredi sur les nombreuses modifications apportées jeudi au “paquet fiscal“ de Nicolas Sarkozy. La commission des Finances de l'Assemblée nationale, présidée par Didier Migaud (PS), a adopté 58 amendements retouchant certains engagements du chef de l'Etat. Concernant le bouclier fiscal, l'amendement adopté en a exclu la CSG et la CRDS. La commission a aussi étendu la déduction des intérêts immobiliers aux emprunts pour grands travaux. Autre extension: “la conversion de l'impôt sur la fortune en investissement dans les PME“ s'appliquera aussi “aux établissements de recherche et aux chantiers d'insertion“. La commission n'a pas modifié les mesures relatives aux heures supplémentaires, excepté le renforcement "du bénéfice des exonérations patronales égales à 0,50 ou 1,50 euro selon que les entreprises emploient plus ou moins de 20 salariés“. L'Assemblée examinera le “paquet fiscal“ à partit du 10 juillet.

 

 

LIBERATION


 

“Villepin rattrapé par Clearstream“, titre Libération. Les juges ont perquisitionné pendant 6 heures et demi l'appartement de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, jeudi, après avoir découvert des notes du général Philippe Rondot le plaçant au cœur de l'enquête. D'après les informations retrouvées sur le disque dur du général, Dominique de Villepin “aurait donné instruction à Jean-Louis Gergorin, en avril 2004, de prendre contact avec le juge Renaud van Ruymbeke“. Si cela s'avère vrai, l'ancien chef de gouvernement pourrait être poursuivi pour “complicité de dénonciation calomnieuse“. Mercredi, Philippe Rondot a été entendu, et s'est fait fouillé son disque dur. “Ce militaire s’était vu confier par Dominique de Villepin des missions particulières, et notamment l’affaire des listings de Clearstream, attribuant faussement des comptes bancaires offshore à une série de personnalités, dont Nicolas Sarkozy“, rappelle le quotidien. Selon ses notes inédites, l’ancien ministre serait à l'origine des informations transmises à un juge d’instruction, sous forme d’un envoi anonyme.



MIDI LIBRE
Roger Antech

"(...) Redevenu simple citoyen mais justiciable pas tout à fait lambda, Jacques Chirac peut choisir sa justice à la carte. Repousser, ainsi, les questions des magistrats sur les affaires embarrassantes qui, si souvent, ont secoué sa présidence. Ses anciens Premiers ministres n'ont pas la même latitude. Et si les juges mettent autant d'application à perquisitionner partout où Villepin a laissé une trace, c'est aussi parce que, dans un ténébreux récit de manipulations et de corbeau, ils n'auront jamais accès à la version de l'ancien locataire de l'Elysée. Nicolas Sarkozy, partie civile dans le dossier Clearstream, avait promis que le "salopard" à l'origine de l'affaire finirait "sur un crochet de boucher". Il peut maintenant contempler ce qu'il en coûte à d'autres de trop s'exposer à la tête de l'Etat. Et se demander si pour des sujets certes moins tortueux, pour la simple conduite du gouvernement, François Fillon, son Premier ministre, ne serait finalement pas le très utile fusible du Président qu'il est."



LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean Guisnel

"(...) Pour les juges, c'est très simple : la principale disposition du CNE est illégale, car elle entre en contradiction avec le droit international, à savoir une convention de l'Organisation internationale du travail. Les magistrats sont impitoyables pour les politiques ayant voté le texte, quand ils écrivent qu'il constitue une " régression ", laquelle " va à l'encontre des principes fondamentaux du droit du travail dégagés par la jurisprudence et reconnus par la loi". Ne refusant pas de manier l'ironie, le jugement ajoute qu'il est "pour le moins paradoxal d'encourager les embauches en facilitant les licenciements". Dominique de Villepin n'a pas commenté le jugement, trop occupé à assister à une nouvelle perquisition dans le cadre de l'affaire Clearstream. Il y a des jours où rien ne va plus !"



LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST
François Tartarin

" (...) Au-delà de la mise en berne des ambitions de l'ancien Premier ministre, l'arrêt de la cour d'appel de Paris fragilise un CNE qui a fait naître devant les tribunaux 800 litiges en deux ans. Il peut sonner comme un avertissement au gouvernement Fillon, à la veille de l'ouverture de la discussion entre partenaires sociaux sur " l'évolution du marché du travail ", alors même que le Premier ministre rappelle qu'il n'entend pas tergiverser. Présentant cette semaine le programme de son gouvernement, il a ainsi estimé que " l'obligation d'agir " prévaudrait sur " la nécessité de la concertation et de la négociation ", si aucune solution n'était en vue à la fin de l'année. L'expérience, pourtant, ne plaide pas pour des prises de décision à la hussarde, selon la méthode Villepin aujourd'hui désavouée.(...)"

 

 

NICE MATIN
Alain Duhamel

"C'est un piège délicieux que Nicolas Sarkozy tend au Parti socialiste : jour après jour, le président de la République poursuit et accentue sa politique d'ouverture et, jour après jour, le PS se débat de plus en plus maladroitement dans ce filet aussi séduisant qu'implacable. (...) La politique de la tentation se poursuit avec les missions, les rapports, les commissions ouverts aux dirigeants socialistes. Hubert Védrine, ministre marquant de Lionel Jospin, planche sur la mondialisation. Jacques Attali, Claude Allègre et bien d'autres sont approchés et sollicités. Jack Lang est pressenti pour collaborer à la réforme des institutions, ce qui lui vaut une algarade de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée, à laquelle il réplique avec fureur. C'est la discorde chez l'adversaire, le trouble dans le camp d'en face, d'autant plus que Nicolas Sarkozy n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. Seul inconvénient de cette manoeuvre d'encerclement, le mécontentement d'une fraction de l'UMP : le PS devrait offrir aux frustrés de les accueillir." 


Nouvel Obs.com


 

 

 

 

Revue de presse du 23/06/2007

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 23/06/2007 à 14:44 :: Revue de presse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Revue de presse sur les rivalités au PS

LIBERATION
Renaud Dély

"(...) Subitement, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, et tout ce que la savane socialiste compte d'éléphants blessés trouvent bien des qualités à François Hollande. Assez pour le conforter dans son fauteuil chancelant au moins un an de plus, le temps d'écarter l'usurpatrice gazelle. Comme si la principale menace qui pèse sur l'avenir de la gauche était Ségolène Royal. (...) On comprend que le PS rechigne à se donner à Ségolène Royal dont les audaces se transforment, la défaite consommée, en gaffes, bévues et boulettes. Etrangère à son propre parti, elle le dénigre tout en espérant le conquérir. Délicate manoeuvre."

 

LE FIGARO
Stéphane Marchand

"(...) Ségolène Royal, 'probable' candidate socialiste à la présidentielle de 2012, vient d'avouer posément avoir truffé son programme présidentiel 2007 d'engagements avec lesquels elle était au fond en total désaccord. (...) L'argument selon lequel Ségolène Royal avait été contrainte à ces mensonges tactiques par la discipline partisane est évidemment irrecevable de la part d'une femme qui briguait, et brigue encore, la présidence de la République. Si elle est incapable de s'affranchir des archaïsmes du programme socialiste pendant une campagne électorale, on prend peur à l'idée de ce qu'aurait été, si elle s'était installée à l'Elysée, son action à la tête de l'Etat, avec les innombrables pressions intérieures et extérieures. On finit par croire qu'à ses yeux l'affirmation et son contraire sont équivalents. Le 6 mai dernier, les Français ne s'y sont pas trompés."

 

NICE-MATIN
Alain Duhamel

"La semaine a commencé de façon fracassante par l'annonce de la séparation du couple Royal-Hollande, à l'initiative de la première. Elle s'achève par l'annonce de la rupture politique entre l'ex-candidate à l'élection présidentielle et l'encore Premier secrétaire du PS, toujours à l'initiative de Ségolène Royal. Depuis deux ans, il était de plus en plus difficile de discerner une cohérence entre les choix de la socialiste la plus populaire et ceux de son talentueux et trop habile compagnon. Cette fois-ci, la clarification a eu lieu à la hache, car Ségolène Royal ne fait pas les choses en douceur. François Hollande veut demeurer à la tête du PS jusqu'au prochain congrès, dans un an, et lancer d'ici là un vaste processus de rénovation. Ségolène Royal affiche sa détermination d'être à nouveau la candidate du PS en 2012 et sa volonté de prendre la direction du parti aussi vite qu'elle le pourra. (...) En clair, elle veut incarner la rénovation du PS en dehors de l'appareil, cependant que François Hollande veut piloter cette rénovation à la tête de l'appareil. Les compagnons sont devenus des rivaux et même des adversaires : une fin plus romanesque que romantique."

 

LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Marcel Bouguereau

"Après 'Tout sauf Sarkozy', le mot d'ordre des socialistes ne va-t-il pas être 'Tout sauf Ségolène' ? (...) Ségolène (...) voudrait évidemment battre le fer pendant qu'il est chaud et avant que son état de grâce ne se dissipe. Non sans raison, elle voudrait une 'cohérence du calendrier', le candidat devant être désigné avant que le projet ne soit fait. (...) Cette réforme est au centre de tout. Le PS se trouve face à une multitude de crises, crise d'identité, crise de projet, crise d'alliances et crise d'organisation. Faudra-t-il attendre 2008 pour que les problèmes mis en évidence par l'échec présidentiel de Ségolène Royal soient débattus ? Et comment, dans cet inventaire, Ségolène Royal acceptera-t-elle de prendre sa part de cet échec, alors qu'hier soir, on ne savait toujours pas si elle participerait de ce Conseil national de bilan post-électoral ?"

 

LE PROGRES
Francis Brochet

"Mais que faire des socialistes ? Ils se réunissent aujourd'hui rue de Solférino, en Conseil national. Sans intérêt : l'objectif est de sourire ensemble, pour mieux s'estourbir en catimini. Et si on les enfermait ? Grilles scellées, ravitaillement assuré, piscine chauffée, et partout des caméras pour filmer querelles et amourettes entre François, Dominique, Laurent, Ségolène, Arnaud, Martine, Lionel et les autres. Chaque semaine, les électeurs voteraient afin d'exclure un participant. Le Conseil national étant pléthorique, l'émission pourrait durer jusqu'en 2012. Et le dernier restant gagnerait le privilège de perdre la présidentielle contre le candidat de droite. L'émission s'appellerait Secret Désir, en hommage à la série débutant ce soir sur TF1. Ou PS Academy, Solférino Story, Boboh Lanta, le Parti de la Tentation, Soc Story. Mais pour quelle audience ?"

 

MIDI LIBRE
Roger Antech

"(...) Avec Ségolène Royal, le PS ne sera plus jamais comme avant. Jospin a annoncé son divorce avec les Français un soir de défaite, Ségolène a annoncé sa rupture avec François une nuit de demi-victoire. On attendait la vague bleue, ce fut ainsi le carnet rose. Smic à 1 500 euros, généralisation des 35 heures l'ex-candidate du PS, l'ex, tout court, du Premier secrétaire a cassé ensuite le programme socialiste comme on brise la vaisselle. Même si dans la déroute il y a plus déroutant. Des socialistes, elle veut désormais tout. La garde du Parti, l'investiture pour 2012. Sarkozy et Royal, ces deux-là, deux ego, finissent par se ressembler. Iconoclastes en chef et même en majesté."

 

LA PROVENCE
Gilles Dauxerre

"(...) L'ancienne candidate à l'élection présidentielle à l'intention, elle, de faire fructifier dès maintenant son capital de voix et sa popularité. Rompant avec le projet du PS (...) Ségolène Royal s'affranchit de plus en plus de son parti. Jouant sur l'attente et le désarroi des militants de base, elle joue 'perso' en demandant la tenue d'un congrès dès l'automne qui désignerait immédiatement le candidat socialiste pour 2012. C'est-à-dire elle. D'une certaine manière, Ségolène Royal veut faire au PS ce que Nicolas Sarkozy a réussi avec l'UMP: un leader, un parti, un projet et non l'inverse. La stratégie de François Hollande et celle de Ségolène Royal sont tellement différentes, qu'elles ne paraissent guère conciliables. Jusqu'où ira cette déchirure qui menace maintenant l'unité du Parti socialiste?"

 

LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE
Patrice Chabanet

"(...) Strauss-kahniens, fabiusiens, jospiniens et 'hollandais' sont bien décidés à mettre fin à l'expérience ségoléniste, dans la joie et l'allégresse du sursaut des élections législatives. Il faut dire que l'ancienne candidate à la présidentielle y met du sien pour nourrir l'animosité de ses adversaires. (...) En fin de compte, la provocation est sans doute plus élaborée qu'il n'y paraît. Ségolène Royal sait pertinemment qu'elle ne peut plus compter sur les dirigeants du parti pour la présidentielle de 2012. Ils ont donné. Elle a fait le pari de la démocratie d'opinion et du contact direct avec les militants. Mais cette fois-ci les dirigeants du PS sont déterminés à lui imposer un calendrier. En clair, un tempo pas vraiment acceptable pour qui voudrait brûler les étapes."

 

LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

"(...) Fidèle à sa stratégie 'présidentialiste', l'ancienne candidate à l'Élysée veut capitaliser sur la dynamique qui l'a portée dans son combat contre Sarkozy. (...) Cette démarche éminemment personnelle n'est pas sans risques. Après être apparue comme une 'battante' capable de résister aux conspirations machistes et aux lourdeurs partisanes, Ségolène Royal pourrait bien détériorer rapidement son image en refusant la moindre discipline collective. (...) Peut-être Ségolène Royal joue-t-elle la politique du pire et attend-elle l'implosion d'un parti qu'elle juge incapable de sortir de ses archaïsmes et de réviser sa stratégie d'alliances. Il n'empêche que son aventure personnelle laisse perplexe. Pourquoi Ségolène Royal refuserait-elle d'incarner le virage social-démocrate à l'intérieur de sa famille politique? Pourquoi n'accepterait-elle pas le débat interne et la confrontation des idées? Pourquoi se considèrerait-elle comme une "candidate permanente" au-dessus du parti ? C'est tout le mystère Royal. Femme libre devenue incontrôlable."

Source : Nouvelobs.com

 

 

 

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