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Madeleine Ngombet Chargée du blog

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Le nouvel engouement 2007 pour l'électorat d'Outre-mer.

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/04/2007 à 19:55 :: Interviews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trois questions à Christiane Taubira

 

Interview
Interview

 

Christiane Taubira est déléguée à l'expression républicaine de Ségolène Royal et députée de Guyane. Elle commente le nouvel engouement 2007 pour l'électorat d'Outre-mer.

 

 

 

1 - Orange : Comment analysez-vous l'affluence des candidats aux Antilles en cette fin de campagne ?


J'ai l'impression, compte tenu du calendrier, qu'il y a probablement un calcul de la part des candidats qui se rendent là-bas. Ils se disent que les quelques milliers de voix de l'Outre-Mer risquent de faire la différence. En 2002, certains y allaient par simple politesse. Aujourd'hui, cet électorat est de plus en plus courtisé. Les populations d'Outre-Mer sont très politisées mais elles se méfient aussi. Les gens se souviennent qu'en 2002, en métropole, les commentaires politiques avaient commencé alors que les bureaux de vote n'étaient pas encore fermés chez eux. Ils souhaitent réellement que l'on tienne un peu plus compte d'eux.



2 - Orange : Votre commentaire sur le récent déplacement de François Bayrou aux Antilles ?


La "bulle" François Bayrou en métropole n'a pas marché Outer-mer. Les habitants locaux ont des repères politiques bien précis, ils connaissent le positionnement politique des uns et des autres. De ce point de vue, ils se comportent de façon plus rationnelle : ils sont moins soumis à la pression des sondages et des commentaires quotidiens. Lorsque François Bayrou était là-bas, on avait annoncé un meeting avec des milliers de personnes. Il paraît qu'il n'y en a même pas eu une centaine. En Martinique, en Guyane et en Guadeloupe, son séjour n'a provoqué ni adhésion spectaculaire ni bouleversement dans la perception des choses.



3 - Orange : Votre réaction à la visite de Nicolas Sarkozy en Outre-mer ?


Nicolas Sarkozy a démontré aux Antilles qu'il est un véritable caméléon. Il calibre toujours ses discours selon son auditoire. On a vu la différence entre son discours où il cite Blum et Jaurès et le grand écart qu'il fait en parlant de son ministère de l'identité nationale. Le principal reproche que l'on peut faire à ce candidat, c'est qu'il est inconstant et instable. Le parti socialiste, lui, est au contraire dans la constance et dans le fond. L'important, c'est de respecter les électeurs. Dominique Strauss-Kahn va se rendre en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane en fin de semaine prochaine.

Propos recueillis par Chloé Juhel.

 

 

 

 

Si c'est Sarko ou Le Pen, je me prépare à la bagarre

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/04/2007 à 9:56 :: Interviews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Invitée spéciale de «Libération», la rappeuse Diam's a affûté ses mots pour évoquer la présidentielle et «sa France à elle».
 
 
 
La tournée que vous venez d'achever s'intitule «Ma France à moi», un thème très raccord avec le débat de la campagne présidentielle sur l'identité nationale. Votre France à vous, elle a un ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration comme Sarkozy, ou elle ressort le drapeau tricolore comme Royal ?
 

Sur le ministère, c'est clair : cela sort de la bouche de quelqu'un que je n'aime pas. Le drapeau, j'en ai parlé avec mon grand-père chti', qui est très citoyen français, plus à droite qu'à gauche. Le coup des petits drapeaux, ça l'a bien fait rigoler. Il a trouvé ça très de droite. En général, avec mon grand-père, la politique, c'est un sujet à éviter. Là, on était d'accord. Ça nous a fait rire. Je trouve ça surtout super inutile. Il faut avoir voyagé pour se rendre compte qu'on est chanceux d'être français. J'ai une approche neuve de la politique et de la France. Le déclencheur, ça a été le 21 avril 2002. Avant, j'étais surtout anti-Front national. Après, j'ai commencé à m'intéresser à la gauche et à la droite.

 

Comment est né le titre Ma France à moi ?
 
Comment c'est parti, déjà ? De la télévision et du regard des gens. Par exemple, je porte toujours une capuche, et, après la crise des banlieues, tout d'un coup le regard des gens a changé. Ensuite, le déclic dans ma tête, c'est quand j'ai appris que la série la plus regardée par les Français, c'était Julie Lescaut. Moi, je ne connais pas une personne qui regarde Julie Lescaut. C'est super con, je n'ai rien contre elle si ce n'est qu'elle est l'héroïne parfaite. Elle arrête des voleurs et après elle va faire son hachis parmentier. Et puis il y a eu le succès du film les Choristes... Tout cela avait un côté très nostalgique, on ne voulait pas et on ne veut toujours pas voir la réalité.
 
 
Cette France profonde, que vous mettez en vis-à-vis, elle n'est pas un peu caricaturale ? 
 
On peut effectivement m'accuser de caricature, mais pas, comme on l'a dit, de propos «scandaleux» ! Je voulais jouer cliché contre cliché. Ça ne gêne pas du tout les médias de produire tous les jours des clichés sur les jeunes de banlieue et sur les jeunes en général. Du coup, ça me plaisait de dire : «C'est ça, notre cliché sur vous : la France, la baguette et le saucisson. Regardez-vous, vous aussi.» Alors qu'a priori je n'ai rien contre cette France-là. Mes grands-parents maternels sont français, lillois de surcroît. Ils sont mignons, ils parlent en ancien français. Le pain, c'est 1 000 balles. Ils sont à la retraite, mais ils prennent notre avenir en compte dans leur vote. Moi aussi, je pense global. J'ai peur par exemple qu'ils suppriment la Sécurité sociale. Ça me fait flipper que le modèle américain soit mis en avant par Sarkozy. Aux Etats-Unis, quand un blessé se présente aux urgences et qu'il n'a pas d'argent, on ne le soigne pas.
 
 
Elle est due à quoi, cette atmosphère autour de la capuche ?
 
Pour moi, ce sont les médias qui créent cette peur, qui ont fait entrer dans la tête des gens qu'un mec avec une capuche, c'est un mec méchant. C'est comme l'histoire de la gare du Nord, ils en ont fait des tonnes, et en plus ils te disent que ça influe sur les sondages. Il faut en parler, mais de là à faire les gros titres... «La campagne présidentielle change de cours à cause de la gare du Nord» ; c'est un peu beaucoup, non ? En fait, pour nous parisiens, il y a un brassage culturel dans la capitale et en banlieue qui est vraiment énorme, mais aussi social, politique... En province, c'est complètement différent, ils n'ont pas de gare du Nord. Alors ils voient sur les écrans une immense gare avec des gens qui se bagarrent, ça leur fait peur, ils n'ont pas envie que ça arrive chez eux. Je comprends que ça puisse fausser leur jugement.
 
 
Vous avez le sentiment que la solution est communautaire ? 
 
C'est à Paris que j'ai découvert les communautés. J'ai commencé le rap dans le XIIIe arrondissement, le quartier chinois. Je croyais qu'il n'y avait qu'à New York qu'existaient des quartiers comme ça, où toutes les enseignes sont en chinois. Nous, dans ma banlieue pavillonnaire de l'Essonne, on était très «enfants du monde», «tous ensemble». C'est bête, mais je rêve d'une France tolérante. C'est voyager qui m'a fait ouvrir les yeux.
 
 
Avant le 21 avril 2002, vous votiez déjà ? 
 
Oui, mais je ne me rappelle plus si c'était pour les législatives ou pour le maire de ma ville. Pour la présidentielle de 2002, j'étais super heureuse d'aller voter au premier tour, j'étais contente de moi. Et puis, le soir du résultat, quand on a eu Le Pen au second tour, j'ai eu le sentiment de m'être fait avoir. J'étais avec ma mère, que j'ai consolée toute la soirée. Elle était par terre, effondrée. Moi, j'étais outrée, encore jeune, très violente. C'était encore ma période «insultes» : «Qu'est-ce qu'on fait ? On va le tuer.» Je pensais avoir voté utile. Alors je ne comprenais pas comment, si tous les gens comme moi avaient voté, on avait pu en arriver là. Il y a quand même plus de gens comme moi que d'électeurs du Front national, non ? Du coup, au second tour, je suis allée voter Chirac. Plein de jeunes ont compris à ce moment-là l'importance du vote. Ils se sont retrouvés comme des cons.
 
 
Dans chacun de vos concerts, vous appelez à aller voter en disant «le pouvoir, c'est le bulletin de vote». Alors, à votre avis, le 22 avril prochain, la participation sera forte dans les banlieues ? 
 
 
Mais d'une force ! Ça me fait vraiment plaisir. Ce sera au moins pour contrer, un vote anti... Ces derniers temps, les médias rendent Le Pen vachement humain. On le voit à la cool, il est gentil, c'est le petit papy avec sa petite famille. Mais arrêtez, c'est juste un monstre. Arrêtez de le montrer comme si ça pouvait être notre grand-père à tous. Lui et Marine font stagner le pays dans un truc pourri.
 
 
De Nicolas Sarkozy, vous dites, comme au Zénith, qu'il est dangereux. Pourquoi et comment en êtes-vous arrivée à cette conclusion ? 
 
Ça a commencé avec l'histoire des logements sociaux. Quand j'ai appris qu'il faisait partie des maires qui préféraient payer des amendes plutôt que de construire 20 % de logements sociaux dans leur ville. La première fois que ça été révélé, d'ailleurs, ça n'a pas fait grand bruit. Tout le monde s'est dit : «Ah c'est un con» puis on est passé à autre chose.
 
Ensuite, il est devenu ministre de l'Intérieur, il a commencé à acheter de nouvelles armes pour la police, à donner plus d'argent, à vouloir en faire des shérifs. Et j'ai trouvé ça grave qu'il dise à ses policiers : «Ce n'est pas votre rôle de jouer au foot avec les jeunes des quartiers [à Toulouse en 2003, ndlr]. » 
 
Enfin, la redevance télé. Le truc con qu'on a essayé de magouiller toute notre vie, et maintenant on n'a plus le choix. Franchement, payer pour la télé, c'est comme si je payais un impôt pour aller à Euro Disney... Toutes ces petites choses font que Sarkozy, je l'ai détesté avec le temps. Il faut dire la vérité, on ne l'aimait déjà pas beaucoup avant ses sorties sur le Kärcher et les racailles. Il ne prenait que des mesures contre le petit peuple. Il n'est pas avec nous, il ne sera pas là pour nous aider.
 
 
Et pourquoi, dans le titre la Boulette,  «il y a comme un goût de démago dans la bouche de Sarko» ? 
 
C'est après qu'il a dit : «On ne priera plus dans des caves en France.» A l'époque, j'avais un ami malien dont le père de 70 ans n'a plus pour seul souci dans la vie que d'aller prier. Il ne demande rien à personne, il veut juste aller prier dans de bonnes conditions. Le fait que Nicolas Sarkozy en ait parlé, il a déclaré à son fils qu'il irait voter pour lui. Ça m'avait marquée, parce que je m'étais dit : «Il commence vraiment à gratter à tous les râteliers celui-là.» 
 
 
Dans un premier temps, vous souteniez Ségolène Royal ; maintenant vous ne la soutenez plus. Pourquoi ce revirement ? 
 
Ségolène Royal, je ne la connais que depuis ce plateau télé au Grand Journal de Canal +. Je suis dans ma loge, il y a le retour télé, et elle se met à parler des jeunes. Elle dit : «Ce n'est pas en tapant sur la jeunesse de France qu'on va faire avancer les choses. Ils sont l'avenir de ce pays.» Je me dis : «Dis donc, elle parle bien, elle.» C'était la première fois que j'entendais un politique parler des jeunes. C'est tellement pas une priorité pour eux. Et puis voilà, elle raconte qu'à Poitiers, pour un euro, les jeunes peuvent venir à la capitale le week-end. C'était un peu Alice au pays des merveilles. Et moi, j'arrive sur le plateau et je lui dis : «Franchement, si vous vous présentez, je voterai pour vous.» 
 
Mais je dis ça en toute innocence. Qu'est-ce que je n'avais pas dit ! Ma mère m'a appelée deux minutes après : «Mais ça va pas, ou quoi ? On ne dit pas pour qui on vote. Il y a des jeunes qui t'écoutent, tu vas les influencer.» 
 
En tout cas, j'ai vu l'influence... Du coup, on a écrit que j'allais monter une circonscription dans l'Essonne, que j'étais avec le PS. Donc j'ai saisi. Même serrer la main aux politiques, je ne le fais plus. Sauf Jack Lang, il est tout le temps dans le coin. C'est un personnage récurrent des concerts...
 
Maintenant, c'est clair pour moi : je dis d'aller voter, mais je ne donne pas de consigne de vote. Je lirai tous les programmes. J'ai mon point de vue mais je ne dirai pas pour qui je vais voter. Fustiger Le Pen et Sarkozy ne veut pas dire que je vais voter Ségolène Royal à tout prix. Il y a Bayrou, Laguiller, Besancenot... Ils sont douze. Je suis dans un mode contre, ça ne va pas être facile ; et je ne pense pas qu'à moi, parce que quel que soit le président, moi, ça ira : je m'en suis sortie, j'ai de l'avenir, encore un album à faire. Seulement, si c'est l'autre, Sarko ou Le Pen, je me prépare à la bagarre.
 
 
Vous hésitez encore aujourd'hui ? 
 
Ah oui, comme beaucoup de Français.
 
 
Etre seulement contre, c'est la génération «nan-nan» que vous chantez ? 
 
Génération nan-nan, c'est : on veut travailler, on nous dit non. On veut aller en boîte, on nous dit non. On ne va pas dire qu'on est français, parce qu'ils vont nous dire non. Alors, du coup, on dit non tout le temps. C'est pourtant à nos âges qu'on décide si on aime ou non ce pays, si on veut partir ou pas. Quand on est avec des potes, on parle plus de nos origines, mais pas de ce pays dans lequel on vit, qui nous a vus grandir. C'est dommage, parce que c'est ça qui nous pousse à ne pas vouloir avancer, à ne pas vouloir faire bouger les choses, à tout le temps parler de Chypre, où je suis née. Alors que je sais pertinemment que je ne peux pas habiter là-bas, je m'y sens très bien, mais c'est ici que j'ai grandi. Inciter les gens à voter, c'est aussi découvrir ce pays, comment les gens se situent. Est-ce qu'on l'aime ? Est-ce que ça nous plaît ?

 

 

 

DIMANCHE+ Spécial élections 2007: Invitée Ségolène Royal

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 01/04/2007 à 21:07 :: Interviews

 

 

 

 

 

 

Laurence FERRARI

Et l'invité de ce DIMANCHE+ Spécial élections 2007, c'est Ségolène ROYAL, candidate du parti socialiste, bonjour Madame ROYAL.

Ségolène ROYAL

Bonjour.

Laurence FERRARI

On vient de voir un reportage sur les jeunes qui quittent la France pour partir à l'étranger, qu'est-ce que vous pourriez leur dire pour les convaincre ou de revenir ou de rester ?

Ségolène ROYAL

C'est vrai que les jeunes n'ont pas en France la place qu'ils pourraient avoir, compte tenu de la qualité souvent de leur formation, de leur qualification. Et moi, je veux avec les jeunes une nouvelle donne, un nouveau pacte, en disant aux entreprises de leur faire confiance. C'est vrai qu'en France, le taux de chômage des jeunes est plus élevé que dans les autres pays européens, ce qui n'est pas normal, car les entreprises leur demandent à la fois d'avoir de l'expérience professionnelle, et souvent on refuse de leur tendre la main pour leur donner cette chance.

Laurence FERRARI

C'est pour ça que vous avez proposé le « Contrat Première Chance » ?

Ségolène ROYAL

Oui, c'est pour ça que je propose le « Contrat Première Chance » pour les jeunes qui ne sont pas qualifiés, puisque dans les toutes petites entreprises, les artisans et les commerçants, ceux-ci me disent qu'ils ont 500.000 offres d'emploi non satisfaites, et de l'autre je vois 190.000 jeunes sortir du système scolaire sans qualification. Donc, je veux alléger le coût du travail pour ces très petites entreprises pendant 1 an, prendre en charge par l'intermédiaire des régions les salaires...

Laurence FERRARI

Complètement ?

Ségolène ROYAL

Complètement, pendant un an, parce que je crois que…

Laurence FERRARI

Tous les salaires ?

Ségolène ROYAL

Qu'il faut aujourd'hui des dispositifs simples, mettre fin aux gaspillages, à un certain nombre d'aides économiques qui vont à des entreprises qui n'en ont pas besoin, et vraiment cibler sur la baisse du coût du travail. Et puis pour les jeunes qualifiés, les jeunes diplômés, je mettrai en place les « Emplois Tremplins », qui vont permettre là aussi à des entreprises innovantes de faire confiance à des jeunes très qualifiés qui pourront ainsi les aider à développer leur marché. Et en même temps, je crois que c'est bien aussi que les jeunes aient de la mobilité à l'échelle européenne, il y a le programme ERASMUS, celui que Jacques DELORS avait proposé de tripler, ce programme ERASMUS qui permet à des jeunes de tous niveaux… je veux aussi que des jeunes en apprentissage aient la chance d'aller dans d'autres pays européens, pour qu'il y ait aussi de la  mobilité au niveau européen. Mais en même temps, je crois qu'il faut que l'Europe se protège davantage contre les délocalisations qui détruisent l'emploi.

Laurence FERRARI

Alors justement, une précision à propos de ce « Contrat Première Chance », vous souhaitez qu'au bout d'un an, ces jeunes soient embauchés ferme par une entreprise…

Ségolène ROYAL

Oui.

Laurence FERRARI

Mais s'ils donnent satisfaction, c'est quand même…

Ségolène ROYAL

Oui, bien sûr, c'est du donnant-donnant, je crois que si les aides…

Laurence FERRARI

S'ils ne donnent pas satisfaction, on les licencie ?

Ségolène ROYAL

S'ils ne donnent pas satisfaction, c'est qu'il faut leur donner une formation complémentaire, une formation professionnelle complémentaire…

Laurence FERRARI

Payée par la région aussi ?

Ségolène ROYAL

Les orienter différemment. De toute façon aujourd'hui, vous savez le chômage coûte très cher, la désespérance des jeunes aussi, des jeunes qui sont livrés à eux-mêmes, c'est souvent ce qui explique la montée des violences, la montée des insécurités, la montée des délinquances. Et moi, je crois que pour remettre un pays en ordre et dans l'ordre juste, il faut vraiment mener la bataille de la lutte contre le chômage des jeunes. C'est ma bataille prioritaire, et je vais engager les entreprises qui ont des comportements éthiques aussi à l'égard de leurs salariés, et notamment celles qui embauchent, celles qui ont compris que le dialogue social était un élément très fort de l'efficacité économique. Et celles qui savent que si on laisse plus longtemps durer le chômage des jeunes, un jour ou l'autre ça va aussi se retourner contre le pays tout entier, donc c'est ma bataille, ma bataille principale.

Laurence FERRARI

Et ça, ça rentrerait en vigueur en juin 2007 si vous étiez élue ?

Ségolène ROYAL

Oui.

Laurence FERRARI

Cette mesure, le « Contrat Première Chance » ?

Ségolène ROYAL

Bien sûr, il faut que les choses aillent très vite. Des discussions ont déjà lieu aujourd'hui avec les partenaires sociaux. Je crois qu'il y a plein d'entreprises dynamiques qui ont compris qu'il fallait rénover en profondeur ce dialogue social dans l'entreprise, et puis faire vraiment réussir cette bataille contre ce fléau du chômage des jeunes qui ronge un pays, qui mine un pays, qui le tire vers le bas.

Laurence FERRARI

Justement, il y avait 400 jeunes qui étaient réunis hier à Paris, ils venaient de toute la France, ils demandent notamment que les stages soient rémunérés et comptabilisés dans l'ancienneté professionnelle. Vous y êtes favorable ?

Ségolène ROYAL

Bien sûr, je crois qu'il faut mettre fin à des… comment dirai-je, des pratiques d'exploitation des jeunes. Lorsque les jeunes donnent satisfaction, lorsqu'ils font un vrai travail, ils doivent être rémunérés. Lorsqu'ils sont en formation, lorsqu'ils apprennent leur métier, à ce moment-là ils doivent être accompagnés et mis par exemple sous tutorat. On voit aussi souvent des anciens salariés qui reviennent dans l'entreprise accompagner les jeunes, pour les aider, pour les accompagner. Et je crois aussi que c'est cette société de solidarité entre les générations, qui permettra le mieux aux jeunes de s'insérer dans le monde du travail et de comprendre le sens de l'effort, donc d'avoir les rémunérations correspondantes. Mais il y  a aussi beaucoup de jeunes très diplômés qui s'en vont, notamment de jeunes chercheurs, parce qu'ils sont en France très, très mal payés, et ça c'est un vrai scandale.

Laurence FERRARI

C'est ce qu'on a vu dans le reportage.

Ségolène ROYAL

Oui. Je veux remettre à niveau la rémunération des jeunes chercheurs, je ne veux plus qu'ils soient obligés de partir aux Etats-Unis où ils sont 4 fois plus payés, comme je l'ai vu dans un laboratoire. Et j'étais vraiment scandalisée de voir que nos meilleurs chercheurs, alors que nous avons investi des fonds publics très importants pour les mettre à niveau, pour leur donner cette formation, s'en vont, et ça je crois qu'il faut trouver des solutions et j'en trouverai.

Laurence FERRARI

Dernière proposition de ces jeunes, ils demandent une interdiction de la publicité pendant les programmes jeunesse à la télévision, vous êtes d'accord ?

Ségolène ROYAL

Moi je ne suis pas globalement pour des sociétés d'interdits, je pense que l'amélioration de la qualité des programmes pour les jeunes devrait devoir se faire en dialogue à l'intérieur des chaînes, là aussi avec des codes éthiques, une réflexion intelligente sur ce que la société de la culture doit apporter aux jeunes générations. Et sans tomber dans l'interdit, je pense qu'il y a des régulations naturelles qui devraient se faire entre personnes intelligentes.

Laurence FERRARI

Vous avez répondu assez violemment hier à Nicolas SARKOZY, en l'accusant de taper sous la ceinture, parce que lui vous accusait d'être complaisante après les violences de la gare du Nord. Pourquoi ce changement de ton ?

Ségolène ROYAL

Parce que je pense que l'insulte n'a pas sa place dans une campagne présidentielle, que par respect pour les électeurs, il faut savoir tenir ses nerfs. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça voudrait dire que si demain Monsieur SARKOZY était par malheur élu, il se mettrait à insulter les autres chefs d'Etat et de gouvernement qui ne pensent pas comme lui ? Il a quand même osé dire qu'il était le candidat des honnêtes gens, cela veut dire que tous les électeurs qui ne vont pas le choisir sont malhonnêtes ? Je crois que la violence de ses propos augurent mal de… comment dirai-je, de l'identité personnelle de Nicolas SARKOZY, et c'est à se demander s'il ne tombe pas dans cette violence verbale, tout simplement pour faire oublier le mauvais bilan qu'il a au ministère de l'Intérieur, avec la vieille formule : la meilleure défense c'est l'attaque. Mais je crois que la politique, c'est une forme de morale publique qui consiste aussi à rendre des comptes, donc aujourd'hui il doit rendre des comptes sur ce que disent les Français. Et que disent les Français ? 80 % d'entre eux estiment qu'il y a une montée des violences et des insécurités. Donc la question est : qu'a fait le ministre de l'Intérieur pendant 5 ans ? Et ça n'est pas polémique que de poser cette question, c'est la nature même de l'engagement politique qui consiste à rendre des comptes sur l'action que l'on a conduite au nom des Français.

Laurence FERRARI

Madame ROYAL, j'aimerais qu'on parle de la situation en Iran, cela fait 9 jours que 15 soldats britanniques sont prisonniers en Iran, est-ce que vous estimez qu'ils sont otages de ce pays, est-ce que vous réclamez leur libération immédiate ?

Ségolène ROYAL

Bien sûr, je demande leur libération immédiate, je suis tout à fait solidaire du gouvernement britannique et des Britanniques sur cette question-là.

Laurence FERRARI

Vous avez été choquée par ces images de jeunes soldats, dont une jeune femme voilée ?

Ségolène ROYAL

Choquée oui, choquée, je crois que cette violence n'a aucune raison d'être et qu'il faut être très ferme à l'égard du régime iranien. Vous connaissez mes positions à ce sujet.

Laurence FERRARI

Sur le nucléaire civil iranien ?

Ségolène ROYAL

Sur le nucléaire civil.

Laurence FERRARI

Vous ne voulez pas que l'on prenne de risque ?

Ségolène ROYAL

Toutes ces affaires prouvent que j'ai raison, et je crois qu'il n'y a aucune faiblesse à avoir à l'égard de cet Etat aujourd'hui.

Laurence FERRARI

L'Union européenne fait bloc avec les Britanniques contre l'Iran, vous êtes… c'est une bonne chose ?

Ségolène ROYAL

Oui, bien sûr, je crois que nous devons tous être solidaires aujourd'hui de ce drame, de cette épreuve que vit le peuple britannique.

Laurence FERRARI

La France n'a pas pris de sanction contre l'Iran, la Grande Bretagne, elle, a gelé ses accords bilatéraux. Est-ce que vous pensez qu'il faut prendre des sanctions et de quelle nature ?

Ségolène ROYAL

Je crois qu'il faut une décision sur cette question-là au niveau européen dans le sens, en effet, des sanctions.

Laurence FERRARI

Sanctions économiques, diplomatiques ?

Ségolène ROYAL

Je crois qu'il faut commencer par les sanctions économiques, ensuite les sanctions diplomatiques, et en tout cas faire preuve d'une très, très grande fermeté à l'égard de ce qui vient de se passer, pour obtenir la libération  immédiate de ces otages.

Laurence FERRARI

Est-ce que vous suivriez Tony BLAIR, lui qui demande l'isolement de l'Iran ?

Ségolène ROYAL

Oui, je pense qu'il faut être très solidaire aujourd'hui de ce que demandent les Britanniques.

Laurence FERRARI

Un mot de l'environnement. Nicolas HULOT, vous l'avez rencontré cette semaine, il manifeste cet après-midi à Paris. Est-ce qu'il vous réclame toujours plus à propos de son pacte écologique, est-ce que vous mettez encore l'environnement au cœur de cette campagne Madame ROYAL ?

Ségolène ROYAL

Bien sûr que je mets l'environnement au cœur de cette campagne. Vous savez, c'est pour moi une conviction profonde qui étais ministre de l'Environnement, qui aussi chaque fois où j'ai eu des responsabilités dans ce domaine, et encore aujourd'hui au niveau de la collectivité que je gère, je fais de l'excellence environnementale. Je sais que c'est un combat aussi difficile, qu'il faut affronter les lobbies. Et en tout cas, si… dès que je serai élue, il y aura le moratoire sur les OGM en plein champ, il y aura la mise en place d'une fiscalité écologique, qui va entraîner les entreprises à se lancer dans toutes les éco-industries et dans les énergies renouvelables pour créer beaucoup d'emplois. Il y a des emplois potentiels, du potentiel aussi dans le domaine de la recherche. Et enfin, j'interdirai les substances chimiques les plus nocives, qui sont aujourd'hui encore utilisées et qui portent atteinte à la santé publique. Et puis les aides à l'agriculture durable, à l'agriculture biologique seront beaucoup augmentées pour que l'agriculture, protectrice de l'environnement et protectrice de la qualité de l'eau, puisse aussi se développer.

Laurence FERRARI

Il nous reste peu de temps. Vous avez publié ce livre « Maintenant », entretien avec Marie-Françoise COLOMBANI, est-ce que vous envisagez de faire un ticket à la CLINTON avec François HOLLANDE ?

Ségolène ROYAL

Ecoutez, vous savez l'élection présidentielle n'est pas non plus un gadget ou… c'est une élection entre une personnalité et le peuple français, et je l'ai toujours dit, par respect pour les électeurs, la question gouvernementale sera posée après l'élection.

Laurence FERRARI

Si vous gagnez, à qui dédierez-vous votre victoire ? Il nous reste 20 secondes.

Ségolène ROYAL

Au peuple français, parce que je veux une France présidente. Et la France présidente, telle que je l'imagine avec les Français, c'est une France qui retrouve confiance en elle-même, la fierté d'elle-même, l'envie de se retirer à nouveau vers le haut, c'est une France où les Français réapprennent à vivre ensemble…

Laurence FERRARI

Merci beaucoup.

Ségolène ROYAL

A se faire confiance et à se respecter.

Laurence FERRARI

Merci beaucoup Ségolène ROYAL d'être venue dans DIMANCHE

LA QUESTION D’INFO – LE 22/03/2007

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 23/03/2007 à 18:04 :: Interviews


 

 

 

 

 

Invitée : Ségolène ROYAL, candidate socialiste à l’élection présidentielle
 
 
Olivier de LAGARDE
 
Et on retourne à Marseille, est-ce que vous êtes là Ségolène ROYAL ?
 
Ségolène ROYAL
 
Oui bonjour.
 
Olivier de LAGARDE
 
Bonjour, candidate socialiste à la présidentielle. Bon dans quatre minutes, vous allez répondre à « La question d’info ». D’abord un petit mot sur ce sondage CSA publié ce matin par LE PARISIEN, le premier qui depuis bien longtemps vous donne à égalité au deuxième tour avec Nicolas SARKOZY. J’imagine que ça vous met du baume du cœur ?
 
Ségolène ROYAL
 
C’est peut-être surtout la traduction de la prise de conscience petit à petit au fur et à mesure des efforts d’explication et de présentation de mon projet pour la France que les Français commencent à comprendre, la cohérence de ce pacte présidentiel et comment il a la possibilité de changer en profondeur ce qui ne va pas aujourd’hui en France.
 
Olivier de LAGARDE
 
Alors pour être tout à fait honnête il y a un autre sondage IPSOS pour LE POINT aujourd’hui alors là vous donne perdante à 46 contre 54 à Nicolas SARKOZY, seuls les sondeurs y comprendront quelque chose. Vous avez fait chanter la Marseillaise hier à Marseille, ce n’est pas trop ce qu’on a l’habitude d’entendre dans un meeting de gauche d’habitude ?
 
Ségolène ROYAL
 
Oui mais il est quand même temps de remettre les choses au clair, notamment sur l’identité nationale. Et puis à Marseille cela me semblait là aussi cohérent et intéressant de ré expliquer ce qu’était la Marseillaise, il y a parfois des malentendus sur ce chant républicain. Vous savez il y a beaucoup de jeunes en particulier qui disent « mais le sang impur abreuve nos sillons » c’est une chanson violente que l’on ne veut pas sentir, donc j’ai rappelé cette histoire du chant républicain qui est au contraire est le chant de la lutte contre toutes les formes de tyrannie, qui était la lutte de la résistance des républicains contre toutes les forces de l’ancien régime.
 
Olivier de LAGARDE
 
Vous préférez la Marseillaise à l’international.
 
Ségolène ROYAL
 
Ah oui bien sûr par rapport à notre histoire ! Mais pour les socialistes vous savez être français c’est aussi être tourné vers le monde, il y a toujours une dimension internationaliste aussi.
 


 
Olivier de LAGARDE
 
Ségolène ROYAL, on se retrouve dans deux petites minutes. (…) Et question rituelle posée aujourd’hui à Ségolène ROYAL, en direct et en duplex depuis Marseille : Ségolène ROYAL, donnez-moi trois bonnes raisons de voter pour vous.
 
Ségolène ROYAL
 
D’abord parce que je suis la seule à pouvoir incarner le changement face aux candidats de la droite qui est le candidat sortant et qui finalement propose de prolonger ce qui a été fait en France depuis 5 ans avec le résultat que l’on connaît, même si aujourd’hui il prétend avoir de nouvelles idées. Comment pourrait-il incarner la rupture après avoir gouverné pendant 5 ans. Ce que je veux aussi en France ce sont de nouvelles règles du jeu. Il faut poser un regard neuf sur les problèmes qui se posent aujourd’hui aux Français pour que la France se relève. Et en particulier mes priorités sont celles-ci : d’abord il faut réconcilier les Français avec l’entreprise, soutenir les PME qui innovent, qui créent des emplois, qui investissent et qui exportent en luttant contre toutes les formes de gaspillage de dépenses aujourd’hui de l’argent public qui sont données de façon non différenciées entre des entreprises qui n’en ont pas besoin et celles qui en ont besoin. Il faut aussi faire une société du donnant donnant, c’est-à-dire qu’à chaque nouveau droit désormais doit correspondre un devoir parce que je ne veux pas d’une société de l’assistanat. Et enfin je crois que la France a besoin d’un ordre juste, c’est-à-dire des règles qui sont applicables par tous et qui sont les mêmes pour tous et en particulier, celles qui vont permettre dans cet ordre juste de mettre fin à toutes les formes de précarité. Moi je crois que c’est la valeur travail, c’est la cohésion nationale, c’est la façon dont chacun sera au clair sur les efforts qu’il doit fournir parce que l’Etat et les pouvoirs publics garantiront à chacun des services publics qui fonctionnent bien, de l’égalité réelle des chances, de la sécurité dans le travail, c’est-à-dire tout le contraire du programme de la droite qui fait de la précarité la référence, je crois moi tout le contraire, c’est en sécurisant les gens qu’on pourra leur demander d’être motivés dans leur travail et donc ensuite les entreprises pourront supporter les difficultés et les coups durs qu’elles peuvent connaître face à la mondialisation. Autrement dit je veux que la France reprenne  confiance en elle-même et puisse saisir toutes ses chances.
 
Olivier de LAGARDE
 
Merci alors Ségolène ROYAL pour cette quintessence de votre programme. On a l’impression tout de même qu’il a un petit peu de mal à passer auprès des cadres du parti socialiste. Vous avez vu qu’il y a un nouveau manifeste signé par plusieurs anciens collaborateurs de François MITTERRAND, Laurent FABIUS, Lionel JOSPIN ou Michel ROCARD qui appellent  à une alliance avec François BAYROU.
 
Ségolène ROYAL
 
Pourquoi pas, c’est leur droit mais ce que j’observe c’est que ses anciens fonctionnaires sont pour la plupart tous passés dans le monde des affaires. Et moi je crois que la France doit aussi permettre une nouvelle génération de se lever parce qu’il faut qu’une nouvelle génération puisse voir le monde aujourd’hui tel qu’il est, la France a changé, le monde a changé, la compétition internationale est là, alors la politique doit changer et personne n’est propriétaire de l’appareil de l’Etat. Donc c’est vrai que ceux qui ont occupé ou tenu l’appareil de l’Etat pendant des années et des années ne sont pas forcément ceux qui sont les mieux placés pour demain, voir comment il faut changer en profondeur la façon de faire les choses. Aujourd’hui la France souffre vous savez d’un endettement très grave, d’un déficit des comptes publics et donc il faut que l’ensemble de l’imagination des anciens fonctionnaires sans doute, avec leurs compétences mais aussi des nouvelles générations puissent apporter des réponses neuves à une France qui se veut tourner vers l’avenir.
 
Olivier de LAGARDE
 
Mais ça ne vous pose pas un problème quand même ce désamour de l’intelligentsia de gauche ?
 
Ségolène ROYAL
 
Oh  je crois qu’on ne peut pas résumer la prise de parole, d’ailleurs les (inaudible ???) comme ils s’appellent ont très mal fini vous savez dans l’histoire. Mais je crois que de toute façon ils posent un débat qui est intéressant, c’est leur liberté de parole. Mais moi je ne vois pas du tout les choses de cette façon là, je crois qu’on ne refait pas, on ne construit pas la France du futur avec les vieilles recettes. Et je ne vois pas dans ce qu’ils disent ce qu’il y a comme nouvelles règles du jeu. Moi je crois qu’il faut aujourd’hui penser les choses autrement. Je pense que la France ne doit pas avoir peur de la mondialisation et en même temps l’Europe doit savoir se protéger pour lutter contre les délocalisations qui détruisent l’emploi en France. Et j’observe que ces hauts fonctionnaires n’ont jamais fait de propositions allant dans ce sens, ils sont extrêmement libéraux. Et moi je pense qu’il faut dépasser l’opposition entre le libéralisme échevelé et destructeur et en même temps une vision trop passéiste des choses, c’est un nouveau modèle économique qu’il faut construire, celui que je propose après avoir écouté les Français. Celui aussi que portent les jeunes dirigeants d’entreprise qui veulent aussi une autre culture en France dans l’entreprise, que l’on sorte de l’affrontement pour aller vers une culture du compromis de la négociation sociale, de la modernité des relations entre salariés et dirigeants d’entreprise. Et je crois que cette réforme là elle est nécessaire, elle est possible c’est ce que j’appelle la VIème République qui veut à la fois une politique plus active, plus rapide, plus efficace, un état moins lourd, une nouvelle vague de décentralisation et en même temps un dialogue social extrêmement moderne qui permettra aux salariés de partager les intérêts de l’entreprise lorsque celle-ci rencontre des difficultés.
 
Olivier de LAGARDE
 
Un dernier petit mot sur les retraites. Ce matin dans Le Journal des Finances vous affirmez que vous voulez assurer le financement des retraites grâce à un fonds de pension collectif. Vous ne parlez pas de la loi FILLON, est-ce que vous voulez abroger la loi FILLON ?
 
Ségolène ROYAL
 
Je remettrais à plat la loi FILLON sur les retraites.

 
Olivier de LAGARDE
 
Mais remise à plat ça veut dire abrogation ou pas ?
 
Ségolène ROYAL
 
Ca veut dire que oui une partie. Non pas abrogation telle qu’elle parce que je crois que la façon moderne de gouverner ça n’est pas forcément faire table rase du passé uniquement pour se faire plaisir. Il faut gouverner de façon intelligente, c’est-à-dire d’abord faire confiance au dialogue social et je l’ai dit dés mon élection les partenaires sociaux seront réunis, il leur appartiendra de remettre à plat le dossier des retraites. J’ai déjà reçu les organisations patronales et les organisations syndicales. Je crois que les représentants des organisations syndicales sont aujourd’hui dans des dynamiques de construction et de vision d’avenir sur la France, qu’elles sont prêtes à discuter avec les entreprises pour voir qu’elle est la meilleure façon à la fois de respecter les salariés et en même temps de mobiliser la compétitivité des entreprises, donc c’est très nouveau en France. Je crois qu’on va se rapprocher du modèle du nord de l’Europe qui permet d’avoir à la fois…

 
Olivier de LAGARDE
 
Mais…
 
Ségolène ROYAL
 
Les pays où il y a le moindre grève, à la fois les bas salaires les plus élevés et en même temps…

 
Olivier de LAGARDE
 
Je dois…
 
Ségolène ROYAL
 
Et en même temps, attendez, et en même temps les entreprises les plus compétitives. Oui c’est cette réconciliation que je veux créer en France et je crois qu’aujourd’hui c’est possible si l’on arrive à nouer des liens de confiance à la place des stratégies de méfiance.

 
Olivier de LAGARDE
 
Merci Ségolène ROYAL, candidate socialiste à la présidentielle. Vous étiez en duplex et en direct depuis Marseille.

FIN}

 


 

Propositions de Ségolène Royal sur l'éducation

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 22/03/2007 à 8:18 :: Interviews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Interview - Les échos

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 15/03/2007 à 13:06 :: Interviews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Face à la montée de François Bayrou dans les sondages, deux lignes s'affrontent au PS. Certains vous conseillent d'être plus à gauche, d'autres vous demandent d'assumer le virage social-démocrate. Quelle est votre position ?

La ligne, c'est moi qui la trace. Je suis moi-même, je regarde la réalité de la France telle qu'elle est, je propose des solutions efficaces en expérimentant ce qui mérite de l'être, sans être prisonnière d'aucun dogme. Mais c'est une révolution difficile à accomplir : il faut que les Français acceptent de projeter sur une femme l'exercice du pouvoir.



Si vous êtes élue, ferez-vous le changement en cent jours ou en cinq ans ?

La profondeur de la crise appelle une révolution. Dès l'automne, il y aura un référendum sur les institutions pour instiller une dose de proportionnelle, renforcer les pouvoirs du Parlement, favoriser la démocratie participative, à travers les jurys citoyens, et développer une action politique qui rende compte au jour le jour et qui soit capable de s'affranchir des lobbies. Et immédiatement, je prendrai des mesures pour débloquer l'économie.



Toucherez-vous à l'équilibre des pouvoirs locaux ?

Je ne pense pas qu'on puisse supprimer un échelon, cela mettrait plus de perturbation que d'ordre. En revanche, il faut répartir de façon claire les responsabilités entre les différentes collectivités. C'est ainsi que l'on pourra éviter les doublons. Pour faire cette réforme, il faudra supprimer le pouvoir de veto du Sénat sur les questions institutionnelles.



Quelle sera votre première action économique ?

L'emploi des jeunes. Ce qui ronge le plus la société française, c'est la difficulté qu'éprouvent les jeunes qualifiés à s'insérer sur le marché du travail. Je veux m'inspirer de ce qu'a fait Tony Blair lors de son premier mandat. Il a appelé les entreprises à se mobiliser fortement et il a réussi en très peu de temps à obtenir des résultats



Les emplois-jeunes, cela rappelle ce qu'avait fait Lionel Jospin en 1997...

Les emplois-jeunes n'étaient pas destinés au secteur privé, sauf les associations. Les emplois-tremplins ont aussi vocation à aider à la reprise d'emplois dans les entreprises. Ce qui se passe en régions me rend optimiste : on peut dépasser l'objectif des 500.000 emplois-tremplins en cinq ans si on parvient à sortir de l'économie de la méfiance. Par ailleurs, les universités doivent s'investir dans le placement de leurs étudiants. En contrepartie, elles obtiendront l'autonomie sur leurs budgets.



Après vos consultations avec les partenaires sociaux, les sentez-vous prêts à sortir de ce que vous appelez l'économie de la méfiance ?

J'ai trouvé les syndicats beaucoup plus déterminés que le Medef. Ils ont envie d'entrer dans une nouvelle ère des relations sociales. Le Medef est plus crispé. Je l'ai trouvé en retrait par rapport aux attentes des PME. Le président du Centre des jeunes dirigeants a été beaucoup plus allant. A condition que la logique soit celle du " gagnant-gagnant ", les syndicats sont prêts au compromis social. C'est prometteur.



Quelle réforme de la représentativité souhaitez-vous ?

La représentativité doit être fondée sur l'élection. Les syndicats ne sont pas d'accord entre eux sur l'élection à retenir. Il faudra en discuter. De toute façon, je veux créer les conditions d'un syndicalisme de masse. L'essentiel est que plus aucun salarié n'ait peur d'adhérer à un syndicat.



Vous avez pourtant renoncé à l'adhésion obligatoire des salariés aux syndicats...

C'était une bonne idée, mais trop révolutionnaire pour l'instant.



Qu'est-ce qui relèvera de la négociation entre patronat et syndicats et de la décision politique ?

Sur tous les sujets, la négociation doit avoir le premier mot. Les solutions négociées sont toujours plus intelligentes et plus durables. Ainsi, la conférence sur les revenus et la croissance sera convoquée immédiatement. L'Etat garantira la qualité des négociations et fixera le cap, qui est d'augmenter le pouvoir d'achat. Ensuite, je fais confiance au dialogue social. Le Parlement sera là pour généraliser les accords sociaux et leur trouver des financements. L'une de mes priorités, c'est de réconcilier le pays avec ses entreprises. Comment le peut-il quand le CAC 40 affiche les plus gros bénéfices de son histoire et que les rémunérations des dirigeants sont insolentes, alors que les entreprises sous-traitantes n'ont jamais été autant en difficulté ?



Qu'est-ce qui vous choque particulièrement : les 100 milliards d'euros de bénéfices des grands groupes ?

Ce qui me choque, c'est qu'il y ait autant d'argent, d'un côté, et autant de dégâts sociaux, de l'autre. La logique de financiarisation est destructrice sur le plan économique. Il faut rendre plus transparente la répartition des profits, pour qu'ils soient réinvestis au service de l'emploi. Même les économistes les plus libéraux le disent !



Qui doit décider de cette répartition du profit : les actionnaires comme aujourd'hui ou l'Etat ?

La puissance publique doit aussi s'impliquer.



Etes-vous favorable à une hausse de la fiscalité sur le capital ?

Il ne s'agit pas de l'augmenter par esprit de système, mais d'avantager les entreprises de main-d'oeuvre.



Globalement, travaille-t-on suffisamment en France ?

Le pays doit travailler plus, bien sûr, mais en donnant du travail à ceux qui n'en ont pas aujourd'hui, les jeunes et les seniors. Les entreprises qui veulent faire des heures supplémentaires le peuvent déjà largement.



Comment envisagez-vous la généralisation des 35 heures, notamment pour les très petites entreprises ?

Les partenaires sociaux négocieront.



Vous évoquez souvent l'idée d'aides modulables ou conditionnelles aux entreprises. Pouvez-vous préciser ?

Je souhaite moduler les aides aux entreprises en fonction de leur politique en matière d'emploi, de leur engagement dans l'innovation, mais aussi de leur exposition à la compétition internationale.



Vous avez eu des mots très durs pour les banques...

Elles ne prennent plus de risques pour financer les entreprises, laissant aux collectivités locales le soin de le faire. Ce n'est plus acceptable. Elles doivent aider les PME à se développer.

Comment concevez-vous la modulation de l'impôt sur les sociétés ?

Je suis favorable à une baisse de l'impôt pour les entreprises qui exportent. Car le combat économique est de conquérir des marchés extérieurs.

Quelle serait l'ampleur de la baisse ?

Je n'ai pas, à ce stade, à entrer dans le détail. Ce sera au gouvernement et au Parlement de le faire.

Une entreprise n'exportant pas subirait à la fois la perte de ses allégements de charges et la hausse du SMIC à 1.500 euros... N'est-ce pas un peu lourd ?

Il y a des entreprises qui ont besoin d'aides, d'autres pas. Je veux aider les entreprises qui en ont vraiment besoin, et mettre fin aux effets d'aubaine. Partout, c'est la politique du donnant-donnant qui doit prévaloir.

L'Allemagne a restauré sa compétitivité en abaissant le coût du travail. La France n'a-t-elle pas besoin de cela plutôt que d'une hausse du SMIC et des bas salaires ?



Le pouvoir d'achat du salaire minimum est, en France, l'un des plus bas d'Europe. Et on peut être compétitif avec des salaires corrects pour les salariés.

Selon Eurostat, exprimé en parité de pouvoir d'achat, il est parmi les plus élevés...

Mais cette comparaison est effectuée sur la base d'indices des prix qui ne reflètent pas le pouvoir d'achat réel des bas salaires. C'est pour cela que je veux réinjecter du pouvoir d'achat. Ce n'est pas avec des emplois précaires, mal payés, à temps partiel qu'on aura des salariés motivés, efficaces.

Pour vous, la solution est-elle dans la TVA sociale ?

On connaît les inconvénients de la TVA sociale, qui n'est pas équitable socialement. D'une façon générale, je souhaite stabiliser les règles. Je suis favorable à ce qu'un cadre fiscal et social soit défini avant la fin de cette année, pour les années à venir. Les acteurs économiques ont besoin de visibilité.

Vous voulez maintenir le taux de prélèvements obligatoires ?

Oui. Je ne suis pas de ceux qui prétendent à la fois baisser les prélèvements et la dette. C'est impossible. Il faut être sérieux, sinon on décrédibilise le discours politique.



Sur ce point, vous êtes d'accord avec François Bayrou...

Il n'a pas de programme, François Bayrou, et il s'en vante !



Allez-vous revenir sur la réforme de l'impôt sur le revenu ?

Le nouveau barème a scandaleusement creusé les inégalités. Il devra être redébattu dans le cadre de la loi de Finances 2008. Ce qui s'est passé sur les tranches les plus hautes n'est pas juste.



Pourquoi n'êtes-vous pas plus précise sur ce sujet ? Il est légitime que les Français connaissent vos intentions fiscales avant l'élection.

Je veux que cette question soit reliée au reste. Mon seul dogme en la matière est la justice et l'acceptation de l'impôt. Cela suppose que les Français comprennent ce qu'on fait de leur argent. Je suis favorable à un budget de l'Etat participatif, afin que les Français soient associés à la manière dont est utilisé l'argent de leurs impôts. Moi, je le fais dans ma région. Au niveau national, c'est plus compliqué, mais il faut y réfléchir.



Vous n'avez pas retenu l'idée de Dominique Strauss-Kahn d'un impôt sur les Français de l'étranger ?

Je ne pense pas qu'il faille taxer tous les Français de l'étranger pour empêcher quelques expatriations fiscales. Et je relève un paradoxe : la droite a voté le bouclier fiscal et certains de ses amis s'en vont quand même.



Vous ne toucherez pas à l'ISF ?

Non.

 

 

Vous avez ouvert votre discours de Villepinte en dénonçant le poids de la dette, avant d'annoncer 100 propositions souvent très coûteuses. Où sont les économies ?

Sur la réforme de l'Etat, il y a des marges de manoeuvre. Nous devons avoir un Etat qui fonctionne bien et qui diminue son train de vie, même si c'est en partie symbolique. Je suis favorable par exemple à la diminution du nombre de ministères. Et puis surtout, il y a la décentralisation. Quand j'ai rencontré José Luis Zapatero en Espagne ou Romano Prodi en Italie, ils m'ont dit tous les deux que c'est par la décentralisation qu'ils ont réduit les dépenses de la collectivité.



Mais en France, la décentralisation s'est toujours traduite par un doublement des postes et des dépenses.

C'est cela justement qu'il faut éviter à l'avenir.



Y aurait-il obligation pour l'Etat de diminuer d'autant le nombre de ses agents ?

Oui. Jusqu'à présent, l'Etat a refusé de se délester et de perdre son pouvoir central. Moi je dis qu'il faut réajuster le nombre des agents publics en fonction des transferts de compétences.



Globalement, quand on raisonne Etat et collectivités ensemble, faut-il baisser les effectifs publics ?

Il faut un redéploiement assez drastique. Dire qu'on ne remplacera pas un fonctionnaire sur deux, comme le fait Nicolas Sarkozy, c'est inacceptable, car c'est détruire les services publics.

Et puis, c'est faire preuve d'un certain mépris pour les fonctionnaires que de leur dire qu'un sur deux ne sert à rien. La réforme nécessaire de l'Etat, la droite ne peut pas la faire parce qu'elle n'aime pas le service public. Moi, je la ferai, parce que je suis attachée au service public.



L'Etat doit-il revenir à 100 % d'EDF ?

Je suis favorable à une maîtrise réelle de l'Etat sur EDF. Et pourtant, je ne suis pas une dogmatique de la nationalisation. Les enjeux sont tels - constitution d'un pôle européen de l'énergie, développement des énergies renouvelables, avenir du nucléaire - qu'il est essentiel que l'Etat maîtrise ce secteur stratégique.



Vous critiquez beaucoup Nicolas Sarkozy, moins François Bayrou...

C'est faux. Son " on ne dépense rien " me paraît très dangereux. Seule une nation qui investit dans les capacités d'avenir - université, recherche, innovation - peut affronter la mondialisation et préparer son avenir.

 

 

 

Interview de Ségolène dans les Inrockuptibles

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 13/03/2007 à 20:13 :: Interviews

 

 

 

 

 

 

Ségolène Royal revient sur les origines de la politique culturelle actuelle :«En 1981, tout était à faire. Les politiques mises en place par la gauche ont permis l'éclosion d'une vie culturelle foisonnante. Depuis 25 ans de grands bouleversements ont profondément transformé le paysage culturel. De nouvelles formes d'expression artistique ont émergé, des espaces inédits de rencontre entre le public et les créateurs se sont ouverts. Je pense en particulier à l'irruption d'internet dans la vie de chacun, notamment les jeunes.»

 

«Des menaces et des dangers nouveaux se font jour. La richesse de notre vie culturelle ouvre des perspectives extraordinaires mais est aussi porteuse de dérives inquiétantes pour les artistes comme pour les citoyens : les sous-financements, les risques de concentration, les menaces de paupérisation des artistes, l'assèchement des représentations collectives et des identités, la mise en cause de la diversité, la perte de sens, les disparités d'accès à la culture sur l'ensemble du territoire. Les grandes concentrations mettent en péril la diversité de la création. »

« Je veux remettre de la pensée et de la volonté dans la politique culturelle de notre pays. C'est la mission historique de la gauche en matière de culture. La gauche ne peut pas se penser sans la culture, ne doit jamais cesser de parler culture, de penser la culture, de vouloir la culture. »

Sur la révolution numérique, elle déplore que « les pouvoirs publics en matière culturelle et audiovisuelle ont traité la révolution numérique avec une triste désinvolture, donnant ainsi l'impression à nos concitoyens d'avoir toujours un train de retard. Je veux que dans ce domaine la France soit à l'avant-garde. »

« Je suis heureuse de l'éclosion sur internet de nouveaux modes d'expression qui doivent tout à la vitalité créatrice de nos concitoyens et en particulier de notre jeunesse. Mais je ne confonds pas ce qui est l'expression d'une envie de culture et la démarche patiente, élaborée, exigeante, de l'artiste. L'un et l'autre sont indispensables. Il y a deux cents ans la France a inventé le droit d'auteur. Il n'est de grande nation que celle qui sait honorer ses artistes et leur donne les moyens d'exercer cette responsabilité singulière de témoin, de veilleur, de défricheur et surtout d'inventeur, qui sait les aider à suivre cette intuition qui les anime. Je veux qu'un large débat soit lancé dans tout le pays sur l'économie de la culture à l'ère numérique, pour refonder le pacte social entre la nation et ses artistes. »

Ségolène Royal affirme sa volonté d'« empêcher quelques grands groupes qui tirent leur puissance d'autres secteurs, notamment le BTP, les télécoms ou l'industrie militaire, de s'emparer progressivement de tous les médias, ce n'est pas lutter contre l'entreprise mais c'est veiller au pluralisme de l'information et à la diversité culturelle. Il faudra ainsi qu'une nouvelle législation travaille sur la définition et les critères des seuils de concentration, et ce sans doute à l'échelon européen. »

« La distinction entre culture populaire et culture élitaire, qui générait des inégalités, n'est pas pertinente pour analyser la réalité des pratiques culturelles de nos concitoyens. Dans la même journée, nous pouvons voir une série télévisée, écouter un air d'opéra, aimer les romans de Gao Xingjian et écouter Abdelmalik ou le slam de Grand Corps Malade. Ce décloisonnement est une réalité. Mais la possibilité accrue d'accès aux œuvres ne doit pas faire oublier que la démocratisation de l'accès à la culture reste un défi majeur, ce qui n'est pas garanti encore sur l'ensemble des territoires et des milieux sociaux. »

« La télévision devrait jouer un rôle essentiel, en étant l'espace privilégié du contact quotidien des Français avec la culture. Je dis bien « devrait », car elle renvoie souvent une image très éloignée de la réalité de notre pays. Dans nos communes, dans nos région, la vie culturelle et artistique est foisonnante. Partout se vérifie cette volonté d'agir et de créer, à laquelle la télévision n'offre pas ou peu de relais. Pourquoi n'y a-t-il pas de grande émission sur les arts plastiques ? Le cinéma ? La littérature ? L'histoire et le patrimoine ? La photographie ou le design ? Parce que la défense de