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Message de Ségolène

Madeleine Ngombet Chargée du blog « Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle. » Ségolène Royal

JEAN PIERRE DENIEUIL Coordonnateur DE DESIRS D'AVENIR 16

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Royal face aux lecteurs du Parisien : "Avec Sarkozy, la France est abandonnée"

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/05/2008 à 21:46 :: Interviews

 

 

    Interview de Ségolène Royal dans le Parisien: « Une crise grave est tout à fait possible »  

 


   En visite dans les locaux du Parisien, Ségolène Royal, candidate malheureuse à la dernière présidentielle, rencontre un panel de six   lecteurs du parisien, dresse le bilan de la première année Sarkozy, ses ambitions au sein du PS, sa vie privée.confie ses craintes sur la situation politique en France et explique sa stratégie au sein du PS, sa détermination à continuer à jouer un rôle de premier plan à gauche...

Et tout en multipliant les flèches contre Nicolas Sarkozy, elle se positionne clairement en vue de 2012.

 

 

MEHDI MARTEL. Un an après l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, quel est, selon vous, son plus grand échec... et sa plus grande réussite ?

 

Ségolène Royal.

Son plus grand échec, c'est la déception des Français. Lorsqu'on a la chance d'être chef de la cinquième puissance du monde, on n'a pas le droit de rater une année. La France a été séduite et elle est aujourd'hui abandonnée. C'est très grave. Le pouvoir en place semble dépassé. Il a fait croire qu'il maîtrisait les choses, que toutes les réformes étaient prêtes. Or, dans un monde qui va très vite, marqué par la mondialisation, un dirigeant ne peut pas être dépassé par les événements.

 

 

SERGE GADEA. Sarkozy a-t-il trouvé ses limites ?

 

Oui. Il n'est pas à la hauteur d'une période historique compliquée. Il s'est occupé davantage de lui-même que de la France. Il disait qu'il serait le président de la morale, du courage, du pouvoir d'achat, des droits de l'homme. C'est tout le contraire : on a de l'immoralité, du non-respect, de l'improvisation. Maintenant il faut qu'il se ressaisisse car il faut remettre la France sur la bonne voie : une autre politique est possible.

 

 

CAROLINE CHANFREAU. Mais y a-t-il quand même quelques succès ?

 

L'émergence au sein du gouvernement de femmes issues de la diversité est une chose positive... Encore que, en bonne logique républicaine, il faut juger sur les résultats.

 

 

JEANINE HAMELIN. Pourquoi, selon vous, avez-vous perdu la présidentielle il y a un an ?

 

C'est une bonne question, j'ai écrit un livre pour expliquer cela (rires) ! Je n'ai pas réussi à convaincre de nombreuses personnes parce que, en face, Nicolas Sarkozy a fait des promesses : celle de revaloriser de 25 % le minimum vieillesse, les petites retraites et l'allocation adulte handicapé. Il avait aussi annoncé qu'il demanderait aux patrons d'augmenter les bas salaires. Dans une élection, ça joue. Moi, je n'ai promis sérieusement que ce que je savais pouvoir tenir. Mon adversaire a aussi bénéficié pendant les années précédant l'élection de relais médiatiques extrêmement puissants et de moyens financiers considérables, en cumulant le ministère de l'Intérieur et l'UMP. Enfin, il m'a manqué le soutien de certains dirigeants socialistes, qui n'ont pas accepté ma désignation massive par les militants du parti.

 

 

MEHDI MARTEL. Avez-vous des propositions concrètes pour réduire le chômage des jeunes et faciliter l'accès dans la vie active ?

 

Il y a une déconnexion entre certaines filières de formation économique et la réalité du marché du travail. Et aussi un énorme gâchis à l'issue des deux premières années d'université, où 40 % des jeunes abandonnent sans qualification et sans diplôme. Il faut une réforme profonde de l'université et en particulier dé-spécialiser les premières années de formation. Et puis il y a des secteurs sous tension dans le bâtiment, la restauration, les services à domicile. Or, ces métiers ne sont pas suffisamment valorisés. C'est ce que j'ai fait dans ma région en donnant un chèque à tous les jeunes qui entrent dans ces trois filières pour les aider à financer leur permis de conduire, dont ils ont besoin pour aller travailler. Par ailleurs, je suis favorable au développement de l'apprentissage, y compris dans l'enseignement supérieur. C'est-à-dire la formation alternée entre la théorie et la pratique. Cela existe déjà et il faut le développer.

« Je suis poursuivie par les photographes tout le temps »

 

 

JEANINE HAMELIN. Comment accroître le pouvoir d'achat alors que tout augmente ?

 

C'est l'expression de l'angoisse principale : la vie chère, l'accès au logement devenu difficile, l'augmentation de l'essence... Au lieu de donner 15 milliards chaque année dans le paquet fiscal, on aurait pu baisser la TVA sur la consommation. Ou doubler la prime pour l'emploi pour 8 millions de salariés. Il faut imposer aux collectivités locales de respecter le quota des 20 % de logements sociaux. Il faut réorienter la masse de l'épargne vers le secteur de la construction. Quant aux prix, il faut contrôler les marges de la grande distribution. Je suis favorable à l'autorisation des actions de groupe de consommateurs. C'est très efficace pour instaurer un rapport de force sur les prix entre les consommateurs et les grandes entreprises.

 

 

CAROLINE CHANFREAU. Le gouvernement veut réformer l'Etat et réduire le nombre de fonctionnaires. N'a-t-il pas raison sur le fond ?

 

Oui, il faut réformer l'Etat. Mais aujourd'hui, ce qui ne va pas, c'est que l'Etat est réformé par des gouvernants qui dénigrent le service public. On assiste à des destructions massives de services publics. Fermetures de plateaux de chirurgie, de tribunaux, de postes, de filières de formation professionnelle. Tout cela laisse une sorte de désespérance dans des territoires déjà fragilisés, ce qui déstabilise aussi les entreprises. En même temps, il y a trop d'échelons administratifs, depuis la commune jusqu'à l'Etat et l'Europe. Il faut clarifier les compétences et mettre fin aux doublons avec des responsabilités claires aux collectivités territoriales tout en leur donnant les ressources nécessaires. C'est comme ça qu'on allégera la bureaucratie et les dépenses de l'Etat.

 

 

SERGE GADEA. Pourquoi le PS, lorsqu'il était aux affaires, n'a-t-il pas annulé la réforme Balladur sur les retraites. Et s'il revenait au pouvoir, annulerait-il les réformes Fillon ?

 

C'est vrai que la gauche n'a pas réglé en totalité la question des retraites, même si elle a créé le Fonds de réserve des retraites. J'observe que le gouvernement actuel veut piocher dans ce fonds, ce qui n'est pas acceptable. Je ne ferai qu'une observation : le groupe Total a fait 10 milliards d'euros de bénéfices. Aujourd'hui, le besoin de financement des retraites est de 8 milliards. Est-il normal qu'une entreprise gagne autant d'argent, qui appartient en fait à la collectivité, quand les Français paient l'essence à des prix aussi élevés ?

 

 

JEANINE HAMELIN. Voulez-vous succéder à Hollande à la tête du PS ? Pensez-vous être la candidate de votre parti en 2012 ?

 

Je ne suis pas candidate à un poste mais j'ai pris la décision d'assumer mes responsabilités de leader politique. J'entends parfois dire que je suis un accident de l'histoire, une météorite qui serait passée et qui doit disparaître, ce qu'on n'a jamais dit à aucun homme. Ce qui aurait été cohérent après cette campagne, c'est de se rassembler autour de moi pour mettre la dynamique de la campagne au service de la gauche, de reconstruire un nouveau corpus idéologique et de voir si cela réussissait ou non. Mais cela aurait été trop simple. Je constate que ça ne se passe pas pour moi comme cela s'est passé pour d'autres, François Mitterrand, Lionel Jospin... Ce que je veux, c'est un PS qui change, qui soit en phase avec les défis de la France. Il faut que le PS compte plus d'adhérents. On avait promis il y a deux ans un PS à 700 000 adhérents. Il est très important que le PS devienne un parti très attractif.

 

 

MEHDI MARTEL. Donc vous allez prendre la tête du PS ?

 

Je veux faire les choses dans l'ordre. Lorsque je vous dirai si oui ou non je suis prête à assumer cette position de leadership, je le ferai en expliquant pourquoi, avec quelle vision et quel projet. Ce sera fait de toute façon assez rapidement puisque les textes pour le congrès du PS doivent être déposés en juin.

 

 

JEANINE HAMELIN. Nicolas Sarkozy a refait sa vie. Et vous, où en êtes-vous sur le plan personnel ?

 

(Rires.) Je vous remercie de vous préoccuper de moi. Mais comme vous le dites, c'est ma vie personnelle. On est déjà tellement exposé quand on est responsable politique... Il faut rendre des comptes sur tout. Je suis poursuivie par les photographes tout le temps, y compris avec mes enfants. J'ai même été pourchassée avec des appareils photo jusque dans une église. C'est la contrepartie de la notoriété, mais je pense qu'il faut protéger farouchement sa vie privée. Il faut me laisser tranquille.

« Obama représente l'Amérique du futur »

 

 

CAROLINE CHANFREAU. Dans le climat actuel, croyez-vous possible une crise politique aussi grave que Mai 68 ?

 

Bien sûr. Je pense qu'une crise grave est tout à fait possible. Il y a une exaspération très profonde. Quand il y a une déception aussi cruelle entre des espérances, des promesses politiques et le résultat, c'est inadmissible. Il y a une montée des précarités, un creusement insupportable des inégalités, une angoisse des parents sur la réussite de leurs enfants. On assiste à la montée d'une colère très profonde, et ça c'est dangereux. Ceux qui nous gouvernent feraient bien de se ressaisir rapidement.

 

 

MARIE-LYSE VILANOVA. Au PS, il y a une multitude de candidats potentiels pour le poste de premier secrétaire. Pourquoi tant de rivalités ?

 

Les rivalités sont normales en politique mais il ne faut pas qu'elles soient exacerbées. Je ferai très bientôt une offre politique et je souhaite que le leadership découle naturellement du vote des militants.

 

 

SERGE GADEA. Dans son gouvernement, l'Espagnol José Luis Zapatero a nommé neuf femmes et seulement huit hommes. La France serait-elle plus macho ?

 

Oui, la France est encore très macho. Regardez l'Assemblée nationale, à quoi cela ressemble : encore très peu de femmes. Elles sont moins de 5 % au sein des conseils d'administration des entreprises. Les inégalités salariales sont encore de 30 %.

 

 

JEANINE HAMELIN. Etre noire en France, ce n'est pas facile. Quelles mesures proposez-vous pour faire cesser les discriminations ?

 

Pendant la campagne, j'ai défendu l'idée de la France métissée. Cela m'a fait perdre des voix, je le savais. Car cela a été exploité par mes adversaires qui l'ont opposée à l'identité française, mais il faut absolument tenir bon là-dessus. Il faut apprendre à vivre ensemble.

 

 

MARIE-LYSE VILANOVA. Jean-Pierre Raffarin a demandé votre démission à la suite de votre condamnation dans l'affaire de vos assistantes parlementaires...

 

C'est un contentieux qui dure depuis dix ans. J'ai été pourchassée judiciairement. La décision n'est pas définitive et, compte tenu de l'exploitation politique qui en est faite, je vais me pourvoir en cassation. On veut faire croire que c'est moi qui ai refusé de payer des salaires, alors qu'en réalité il s'agissait d'argent public. Et contrairement à ce qui a été dit dans la presse, il ne s'agissait pas de plusieurs mois mais de vingt jours. Il y a sûrement là une petite vengeance de la part de M. Raffarin car, quand je suis arrivée à la tête de la région Poitou-Charentes, j'ai diminué considérablement le train de vie. J'ai arrêté les grosses voitures ; j'ai vendu la Maison du Poitou-Charentes à Paris qui servait à organiser des cocktails ; j'ai réduit de 2 millions d'euros les frais de représentation et de communication de la région... J'ai aussi découvert que M. Raffarin faisait payer par la région un appartement privé rue de Vaugirard à Paris. Donc la région lui demande des comptes.

 

 

CAROLINE CHANFREAU. Avez-vous été choquée que Nicolas Sarkozy ait pu voter dans le VIIIe après s'être inscrit hors délai ?

 

Les Français ont été choqués. De nombreuses personnes n'ont pas pu voter parce qu'elles étaient hors délai. Il y a deux poids, deux mesures. C'est une fraude très grave, un faux en écriture publique.

 

 

BRUNO PONCHON. Dans le match entre démocrates aux USA, vous vous êtes prononcée en faveur de Barack Obama. Pourquoi ?

 

Parce qu'il représente l'Amérique du futur. Il incarne l'Amérique métissée, un ensemble de valeurs, il a toujours été contre l'intervention en Irak. Hillary Clinton est une femme extrêmement courageuse, elle en voit des vertes et des pas mûres. Mais elle est à mon sens plus opportuniste sur les questions de société et moins claire sur l'Irak. Ce qui est inquiétant, c'est la façon dont ils s'épuisent l'un l'autre dans ce duel. L'idéal serait qu'ils forment un ticket gagnant tous les deux contre le candidat républicain.

 

 

CAROLINE CHANFREAU. Que pensez-vous de votre caricature par l'humoriste Nicolas Canteloup sur Europe 1 ?

 

C'est profondément misogyne, il me traite en Bécassine. Cela faisait tellement écho à toute l'entreprise de dénigrement sur mes supposées bourdes et mon incompétence que cela m'a porté préjudice. Mais ça fait partie du combat politique. Il aurait fallu trouver un humoriste pour dire du bien de moi. Aujourd'hui, je préfère en rire !

 

 

Les impressions des Lecteurs du Parisen

 

 


envoyé par RichardTrois
 

Source : Le Parisien Edition du Mercredi 07/05/2008     
 

Interview de Ségolène Royal à «Libération»,

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 22/10/2007 à 9:03 :: Interviews

 

 

 

 

 

 


 Ségolène Royal:«Je ne suis pas en hibernation»

 

 

 

 
Dans une interview à «Libération», l’ex-candidate se dit déterminéeà mener la bataille de la rénovation du PS et à prendre la tête de l’opposition.
 
 

Très silencieuse ces dernières semaines, Ségolène Royal confirme à Libération que sa détermination reste intacte pour mener la rénovation du PS. Depuis Rome où elle a rencontré Walter Veltroni, le nouveau leader du Parti démocrate italien, elle ajoute qu’elle jouera son rôle de première opposante à la politique de Nicolas Sarkozy.

Où en êtes-vous de votre réflexion? Serez-vous candidate au premier secrétariat?

Je n’ai pas pris ma décision. Cela viendra le moment venu. A partir du moment où je ne quitte pas la politique, on ne peut pas faire de la politique sans parti. J’observe ce qui se passe, mais je ne veux pas me placer dans des logiques de conflits internes.

Cette indécision n’a-t-elle pas désorienté vos proches?

C’est vrai que c’est un peu déstabilisant pour mon entourage, qui se demande pourquoi je ne repars pas sabre au clair. Certains se sont inquiétés, ont demandé des consignes. Je leur explique que la politique est faite d’étapes. Et qu’il ne faut pas que je me laisse happer par le système. Le jour où je leur dirai: «On y va», nous irons vraiment.

Combien de temps durera votre réflexion?

Rassurez-vous, je ne suis pas en hibernation. Je travaille avec d’autres, j’accepte les invitations à l’international et je me bats pour ma région. C’est essentiel. Et je mettrai ce travail au service du collectif.

Comment allez-vous désormais participer à la vie du parti?

J’ai rassemblé 17 millions de voix, après avoir été désignée par 60% des adhérents du parti. J’ai des responsabilités à l’égard de tous et toutes. Je ne peux donc pas me laisser attirer dans je ne sais quel piège de tactique interne. Rassembler, expliquer, fédérer, voilà le seul rôle que je me donne. Et mettre au service de la gauche et des Français le potentiel de l’élection présidentielle.

La rentrée politique a été marquée par une profusion de livres très sévères à votre égard. Vous ont-ils affecté?

Oui. Ça laisse toujours des traces, on est toujours touché. D’ailleurs, c’est bien l’objectif. Mais c’est passé. L’important est que les gens se disent et me disent que je me suis bien battue.

Irez-vous au conseil national de samedi?

Je serai probablement en Argentine pour l’élection de Cristina Kirchner, puis au Chili. Sinon, j’y serais allée.

Vous venez de rencontrer Walter Veltroni. L’exemple de la primaire italienne est-il envisageable en France?

Tous les dirigeants italiens ont accepté l’émergence parmi eux d’un leader, avec trois millions et demi d’électeurs qui ont payé un euro pour participer. Au PS, les militants à 20 euros ont été parfois contestés. Mais la réflexion doit se poursuivre. Je sais que ce n’est pas facile, car nous héritons d’un système sécurisant pour les courants, avec ce que cela signifie de contrôle des fédérations et de positions verrouillées. Mais au PS, nous avons tous compris, certes à des degrés divers, que ce système devait changer. L’exemple italien doit nous faire réfléchir.

Comment faire évoluer le PS?

Il faut rendre la parole aux militants. Mais aussi faire voter des gens qui ne sont pas adhérents du parti, comme en Italie. La préoccupation de l’organisation ne doit pas être l’organisation elle-même.

Cela ne semble pas être la tendance actuelle au sein du PS…

Il existe toujours dans le parti cette ligne élitiste sur la crainte d’une transformation en «parti de supporters». Mais qu’est-ce que ça veut dire? Cette conception condescendante me choque. Pourquoi considérer les gens comme des écervelés, qui choisissent à la tête du client? Peut-être qu’ils adhèrent aussi à des idées…

La fusion à l’italienne entre socialistes et centristes vous inspire-t-elle?

Ce qui se passe en Italie montre bien que des recompositions sont nécessaires. L’alliance, contre la droite, entre un parti issu du parti communiste et un parti du centre, d’inspiration chrétienne, est très intéressante. Il y aura forcément, en France aussi, des recompositions entre centre et PS. Et ce ne sera pas en laissant de côté les militants venus de l’extrême gauche ou du PC.

Avez-vous poursuivi vos contacts avec François Bayrou?

Non. Je ne suis pas encore dans cette phase. Je la poursuivrai quand j’aurai achevé la précédente, celle de la réflexion et de la reconstruction. Mais nous sommes à un tournant. L’électorat a évolué, avec de nouvelles générations qui n’ont pas connu l’histoire du PS et du PC, et qui ont d’autres comportements électoraux. Et parmi les centristes, il y a des démocrates qui peuvent se reconnaître dans un projet politique qui ne sacrifierait pas pour autant l’identité de la gauche. On m’a critiquée pour ma démarche d’entre les deux tours, mais soyons réalistes: dans de nombreuses villes, aux municipales, cette convergence devra s’opérer.

Est-il réaliste d’envisager un tel rapprochement en France?

On doit se poser la question d’un rassemblement du camp de la gauche et de tous ceux qui ont une conception exigeante de la démocratie, destiné à passer la barre des 30% au premier tour d’une élection nationale et qui aurait vocation à être leader au niveau de la gauche européenne – laquelle, reconnaissons-le, tangue un peu. Depuis Tony Blair, même si certains aspects de son leadership étaient discutables, la gauche n’a plus de leader capable d’entraîner les mouvements progressistes en Europe.

Quelle est votre position sur le mini-traité?

A partir du moment où le peuple a refusé le précédent, il serait logique de le consulter à nouveau. Mais je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l’Europe en marche. J’aurais préféré un texte avec moins de dérogations. Mais mieux vaut un compromis que rien. L’intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante. C’est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte le plus vite possible pour passer à l’étape suivante : la préparation du traité social. La question de la procédure d’adoption, référendaire ou parlementaire, n’est plus une question de principe. Nous n’avons pas de temps à perdre à nous diviser.

Pourquoi vous êtes-vous montrée si discrète, ces derniers temps, sur la politique gouvernementale?

Ce n’est pas exact. Mais je n’ai pas l’intention de commenter le moindre fait et geste du Président. Il faudrait pour cela passer toute la journée devant la télévision, ou presque ! A ce propos, le CSA, qui refuse de comptabiliser le temps de parole de Nicolas Sarkozy, manifeste une piètre conception de la démocratie. Mais rassurez-vous, l’opposition est bien là.

Comment définissez-vous aujourd’hui votre rôle d’opposante?

Je dois utiliser ma voix avec circonspection, quand je la sens utile au débat démocratique. Mais cela ne sert à rien de mener une opposition frontale, à tout propos.

Quel regard portez-vous sur la pratique sarkozyste du pouvoir?

Ce qui me frappe, c’est le contraste entre le discours, le changement de style et, au fond, un grand archaïsme dans la façon de procéder. Le pouvoir actuel est très proche des puissances d’argent, du Medef. On ne parle ni d’éducation, ni d’innovation, ni de PME, ni de modernisation économique. Sur les mesures fiscales, on a un pays endetté qui se prive de marges de manœuvres au profit des plus privilégiés, suivant en cela les réflexes les plus éculés de la droite traditionaliste et rentière.

Que dit selon vous le mouvement social de la semaine dernière?

Nicolas Sarkozy, pendant la campagne, avait expliqué que tout était prêt… Or, on est dans l’improvisation totale. On aurait pu penser qu’on allait échapper à l’affrontement social, à la grève des transports. Mais à l’arrivée, on a un pouvoir qui ressemble piteusement à tout ce qu’il y a de plus archaïque. Les oppositions sociales se cristallisent, même si elles sont partiellement occultées par une opération d’ouverture médiatiquement réussie. Mais conduire un pays moderne à la grève est la marque d’un pays mal gouverné.

Quel regard portez-vous sur le divorce de Cécilia et Nicolas Sarkozy?

Les grands événements de ces derniers jours, c’est malheureusement la journée de la misère et les mouvements d’inquiétude justifiée sur le front social.

Recueilli à Rome par éric Jozsef et David Revault d’Allonnes
QUOTIDIEN LIBERATION : lundi 22 octobre 2007

Autres articles

 

 

INTERVIEW DE Ségolène ROYAL à paraitre DANS VSD

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 25/09/2007 à 18:52 :: Interviews

 

 

 

 

 

 

 

 


  " J’ai une responsabilité politique et je verrai le moment venu la meilleure façon de l’assumer "

 

 

 

SÉGOLÈNE ROYAL RÉPOND À SES DÉTRACTEURS ...
Ségolène Royal prévient ses détracteurs socialistes que son itinéraire politique "n'est pas terminé" et qu'elle verra "le moment venu la meilleure façon" d'exercer sa responsabilité politique
Reuters.fr
 
 
Dans son livre, L’Impasse, Lionel Jospin se livre à une charge féroce contre vous. Ces attaques ne sont-elles pas un hommage involontaire à la place que vous occupez au sein du PS ?
 
(Rires.) Je préfère les hommages positifs, c’est plus agréable. Plus sérieusement, je crois surtout que ces propos renvoient à la campagne où un certain nombre de leaders socialistes, et non des moindres, n’ont pas été au rendez-vous. J’ai pensé que, puisque j’étais désignée par 60 % des militants, tout le monde se rangerait derrière moi pour que la gauche l’emporte. Je voyais bien que des réticences existaient, mais je n’avais pas imaginé que la violence du ressentiment pouvait atteindre une telle intensité. Certains leaders m’ont même dit en pleine bataille présidentielle – sans doute pour, une fois de plus, me renforcer – que je n’arriverais pas au second tour. S’ils avaient fait fi de leur ego et constitué un bloc autour de moi, alors peut-être aurions-nous eu la dynamique suffisante pour gagner. Il faudrait en tirer les leçons.
 
 
Estimez-vous que Lionel Jospin est fondé à faire ces critiques alors qu’il n’est pas parvenu au second tour ?
 
Je ne ferai aucune remarque désobligeante sur lui. J’ai le sens de la hiérarchie, des fonctions, je n’ai jamais dit de mal du Premier ministre. C’est ma morale politique. Je m’y tiens, je parle des idées, pas des personnes. En revanche, s’il exprime les choses de façon aussi cruelle, c’est que d’autres les ont pensées aussi. Ils n’acceptent pas la mutation de la France, celle du PS, les idées neuves que j’ai développées pendant la campagne, en particulier sur la question de l’ordre juste, de l’adaptation de la valeur travail. Lorsque j’ai dénoncé l’assistanat, on m’a rétorqué que cette critique ne correspondait pas à la tradition de la gauche… Quand j’ai parlé de la nation, du drapeau tricolore, il s’agissait presque de gros mots pour certains socialistes. Ils ont attaqué les jurys citoyens, alors que Gordon Brown est en train de les mettre en place.
 
 
Avez-vous l’impression que l’on cherche à vous détruire ?
 
C’est clair, certains ont commencé la bataille du congrès. Il faut être drôlement solide pour encaisser ces chocs : ceux de la campagne, de l’après-campagne et la tristesse des millions d’électeurs qui voulaient que la gauche gagne. Je la porte en moi, je m’en sens comptable aujourd’hui encore. Mais je n’ai pas le droit de m’écrouler, ne serait-ce que pour défendre la dignité des femmes.
Vous dites que cela confine au racisme…
Il s’agit effectivement des mêmes ressorts : le mépris et la volonté d’abaisser. Mais il faut voir dans la dénonciation de certains éléphants le refus d’une nouvelle génération et de la différence. On m’a même reproché une relation particulière au peuple. Ce qui est un comble dans une démocratie ! Jamais les militants et les premiers fédéraux du PS ne m’ont fait cette remarque. Au contraire.
 
 
Ces derniers jours, quand on l’interroge sur vous, Bertrand Delanoë botte en touche. Quels rapports entretenez-vous avec lui ?
 
Normaux.
 
 
Certains pensent que, s’il est réélu [à la Mairie de Paris, NDLR], il pourrait briguer le poste de premier secrétaire du PS. Ne serait-il pas alors votre concurrent le plus sérieux ?
 
Je lui souhaite d’être réélu, je ne suis en compétition avec personne. Ce qui m’intéresse, ce sont les propositions concrètes pour réformer la France avec efficacité et justice.
 
 
Mais souhaitez-vous devenir premier secrétaire ?
 
On verra. J’ai été candidate de tous les socialistes et je ne peux pas me permettre d’entrer dans cette bataille de chiffonniers, de courants et d’exclusions. J’ai une responsabilité politique et je verrai le moment venu la meilleure façon de l’assumer.
 
 
Dans l’entre-deux-tours, vous avez pris langue avec François Bayrou, qui s’attelle à la construction du MoDem. Êtes-vous en contact avec lui ?
 
Pas encore. Je suis pour l’ouverture, je crois qu’il peut y avoir des rapprochements sur un certain nombre de valeurs, mais sans alignement ni instrumentalisation. Je me reconnais par ailleurs également dans le mouvement altermondialiste. C’est-à-dire que l’on peut bâtir une alliance large de Bové à Bayrou, ce que j’ai tenté entre les deux tours.
 
 
Que pensez-vous des déclarations de Bernard Kouchner sur l’Iran ?
 
J’ai été la première à dénoncer le risque d’accès de l’Iran au nucléaire civil. Souvenez-vous alors des réactions critiques de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, les faits me donnent raison et réhabilitent ma compétence. C’est également vrai dans d’autres domaines de la politique étrangère et de la politique économique et sociale.
Vous avez essuyé beaucoup de coups durant ces derniers mois de campagne.
 
Comment avez-vous tenu le choc ?
 
Je remarque que, lorsque l’on se tourne vers les autres, on n’a pas le temps de penser à soi. On est tellement redevable des attentes, des espérances, que l’on se nourrit de l’affection des gens. Il faut aussi être bien entouré, ce qui est mon cas, avoir des amis proches, un cercle solide fait de personnes présentes depuis des années ou de nouveaux venus qui se montrent très combatifs.
 
 
L’action politique mérite-t-elle le prix que vous en payez ?
 
Je me pose parfois cette question. Jusqu’à présent, j’y ai toujours répondu positivement. C’est ce qu’on appelle la passion politique et la passion de la France. Si l’on n’est pas abattu par une épreuve, on en sort renforcé. Une polémique comme celle-là redonne de l’énergie, elle mobilise tous ceux qui me soutiennent. Mais il est vrai que la méchanceté ou la hargne laissent toujours des traces.
 
 
Mais, en ce qui vous concerne personnellement ?
 
Je ne veux pas parler de moi.
 
 
Que vous ont apporté ces récentes épreuves ?
 
J’ai acquis de la stabilité, de la confiance, de la capacité à faire la part entre l’essentiel et l’accessoire. J’ai aussi appris à négocier les coups et à les encaisser.
 
 
Qu’avez-vous découvert en vous que vous ne soupçonniez pas ?
 
Ma capacité de résistance. J’ai ressenti une force intérieure parce que, à un moment, j’ai eu le sentiment très aigu de porter l’histoire des autres : celle de la première femme qui va peut-être accéder à la présidence de la République. De toute façon, je ne peux ni reculer, ni flancher, ni m’agenouiller, ni avoir d’états d’âme. Il en va aussi de la rénovation du socialisme, qui doit rester une force structurante dans la politique française. La première chose à laquelle j’ai pensé lorsque j’ai été attaquée, c’est aux millions de gens qui attendent que leur vie s’améliore. Puis, à ce que les socialistes restent unis. Je me suis dit que, lorsqu’ils entendent que je n’ai pas les « qualités humaines » pour me présenter et que je suis une « candidate de seconde zone », eux aussi allaient être touchés.
 
 
Vous vous comparez à Jeanne d’Arc, vous citez les Évangiles. Pourquoi vous situez-vous sur le registre du martyr ?
 
Je préfère pardonner que rendre des coups bas. Je défends la laïcité et je n’ai aucune ambiguïté làdessus. Mais il existe des pensées profondes universelles et je ne vois pas au nom de quoi je vais m’interdire de les exprimer. Ça fait aussi partie de ma personnalité d’énoncer des vérités profondes. Évidemment, pour les esprits étroits et technocratiques, mieux vaudrait ne s’en tenir qu’aux propos politiciens. Il faut parfois des propos qui transcendent. On ne peut pas à la fois demander aux responsables politiques d’être de vrais chefs de file et leur reprocher de tracer des pistes originales, d’user d’expressions qui correspondent à une densité humaine.
 
 
Pensez-vous avoir un destin à accomplir ?
 
J’ai déjà ce destin. Donc, il a fallu que j’y croie pour assumer cette tâche malgré les embûches. Je n’ai pas surgi par hasard, comme certains voudraient le faire croire. Je pense que cet itinéraire n’est pas terminé. Si je le souhaite, si je suis bien accompagnée sur ce chemin et si cela correspond à l’intérêt du pays le moment venu.
 
 
Aujourd’hui, vous êtes aussi en phase de reconstruction personnelle. Qu’est-ce qui vous a permis de prendre un nouveau départ ?
 
Mes amis et mes enfants m’ont fait tenir debout et réciproquement, parce qu’ils ont souffert doublement de la défaite. Les épreuves sont derrière moi et maintenant j’ai toute ma liberté. Ayant de fortes responsabilités publiques, j’ai dû donner un certain nombre d’explications, car je ne supporte pas les mensonges.
 
ProPos recueillis Par M.-a. P.
 

 

Interview de Faouzi Lamdaoui au JDD

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 05/08/2007 à 23:16 :: Interviews

 

 

 

 

 

 


 "Aux municipales, place aux quartiers populaires"

 

 

 

Candidat malheureux mais prometteur - il a obtenu 49% - aux législatives à Argenteuil, Faouzi Lamdaoui, n'a pas pour autant baissé les bras. Cet ingénieur logisticien de 44 ans explique au JDD son combat pour la diversité, dont il entend faire un pilier de la rénovation, comme secrétaire national du PS à l'égalité, la diversité et la promotion sociale.

 
En nommant Rachida Dati, garde des Sceaux, Fadela Amara à la politique de la ville et Rama Yade aux Affaires étrangères et aux Droits de l'Homme, Sarkozy n'a-t-il pas fait un signe aux populations issues de l'immigration ?

C'est en effet une bonne chose mais cela ne suffit pas. Nicolas Sarkozy, fort de son élection et à la faveur de la vague bleue annoncée, aurait pu favoriser l'élection de candidats de la diversité aux législatives. Il ne l'a pas fait, il a préféré coopter quelques personnalités dans le gouvernement. Ce qui est loin d'égaler la légitimité que procure le suffrage universel.


Le PS n'a pas été non plus très en pointe...

Nous les socialistes, sommes les seuls à avoir voulu donner à la diversité non seulement une chance mais une présence avec 17 candidats. Et si nous avions bénéficié d'une vague rose, nous aurions eu au moins dix élus. Mais je reconnais qu'il y a encore des blocages forts: une élection au scrutin uninominal sera toujours plus difficile à gagner pour un candidat de la diversité. Par exemple, à Argenteuil, lors de la campagne législative, ma permanence a été vandalisée, mes affiches ont été recouvertes d'inscriptions racistes. Le député-maire UMP sortant n'a pas condamné ces actes et une fois réélu il a même glissé à l'oreille d'un député PS: "Si vous n'aviez pas envoyé un arabe, vous auriez pu enlever la circonscription." C'est grave. J'ai tout de même obtenu 49%, un score honorable qui prouve que le changement est en cours, malgré les lenteurs et les embûches. Et je pense que cela ne sert à rien d'accuser, comme certains l'ont fait, les dirigeants du PS, d'autant que depuis 2002, il y a eu de grandes avancées en ce domaine grâce à la politique d'ouverture décidée par François Hollande.
 
Mais cher camarade, le résultat hélas c'est le dégré ZERO en matière de représentativité au parlement, alors que tu le sais bien, la population est prête.
Qu'est ce qui n'a donc pas fonctionné si la volonté politique était là?
Ou alors que  n'avons nous pas fait que nous aurions dû faire?
 Les réponses à ces questions sont pourtant claires!

 

Que faut-il faire aujourd'hui pour accentuer le mouvement ?

Il faut en finir avec le cumul des mandats, avec les privilèges accordés à certains potentats locaux et surtout agir sur les mentalités pour qu'enfin les instances politiques de notre pays soient représentatives de la société française. Il est urgent de faire émerger une nouvelle génération de responsables politiques grâce aux élections locales. Si nous voulons améliorer la diversité et assurer le renouvellement dans les années à venir, un gros effort est nécessaire dès aujourd'hui.
 
 Les élections municipales nous en offrent l'occasion d'autant que Nicolas Sarkozy veut occuper tout l'espace politique pour gagner les municipales qui seront le premier test électoral du quinquennat. Cette stratégie d'ouverture rend le clivage gauche-droite illisible pour les citoyens. La gauche doit sortir du piège sarkozien. Nous devons montrer un visage ferme et réactiver le clivage gauche-droite au lieu de nous lamenter du départ de certains camarades opportunistes dans le camp adverse.
 
 La gauche doit jouer la carte des valeurs et du renouvellement. Nous avons des hommes et des femmes très brillants dans notre parti comme il y a beaucoup de talents à l'extérieur du parti. Acteurs associatifs, syndicalistes, intellectuels, il faut compter avec eux. Nous devons incarner une vraie gauche portée par le peuple de gauche.


Comment la gauche peut-elle reconquérir un électorat perdu ?

La gauche doit beaucoup aux quartiers populaires, c'est grâce à eux que Ségolène Royal a été présente au second tour de la présidentielle et obtenu un score honnête. Nous ne devons donc pas les décevoir d'autant que la droite leur jette de la poudre aux yeux avec la nomination au gouvernement de personnalités issues de l'immigration. Les quartiers doivent donc être totalement associés au processus de renouvellement de la gauche. Le PS doit redevenir un grand parti populaire et progressiste, pour cela il doit changer sa sociologie. Il faut faire de la place à tous les habitants des quartiers populaires qui veulent s'engager à gauche. Aux prochaines municipales, la composition des listes électorales de gauche doit absolument refléter la diversité de la société française.


Le PS semble pourtant plus préoccupé de querelles de personnes et de batailles de courants !

Sortons de cette schizophrénie. Les militants, les habitants des quartiers ne veulent plus assister à des querelles d'ambitions ridicules et personnelles. La politique à l'ancienne, ça ne marche plus. Et moi j'en ai marre d'entendre parler d'éléphants, de lions, de gazelles! Nous ne sommes pas un zoo, la rénovation, il faut en parler et il faut surtout la pratiquer. François Hollande a bien fait de lancer le processus de rénovation du PS. Pratiques, idées, structures, tout doit y passer! Le système actuel est un système proportionnel qui induit les courants. Certes, il permet de représenter toutes les sensibilités qui traversent notre parti, mais dans la pratique cela rend difficile la création de majorité nette et nous contraint à des synthèses parfois artificielles. Il faut donc améliorer ce fonctionnement, c'est d'ailleurs l'objectif de la commission de la rénovation que présidera le premier secrétaire et qui sera installée le 20 janvier. Nous devons trouver un mode de fonctionnement capable de fédérer toute la gauche, comme l'UMP fédère toutes les droites.
 
Propos recueillis par Florence MURACCIOLE
Le Journal du Dimanche
  du 5 Août

 

 

 

François Hollande critique le ''coup d'éclat permanent'' de Sarkozy

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 24/07/2007 à 9:58 :: Interviews

 

 

 

 

 

 


François Hollande critique le ''coup d'éclat permanent'' de Sarkozy

 

A quoi attribuez-vous la popularité de Nicolas Sarkozy?
Pour tout vainqueur d'une élection présidentielle, s'ouvre toujours une période de grande liberté. Tout semble alors possible. C'est l'état d'apesanteur. Et convenons que Nicolas Sarkozy a pris ses aises depuis deux mois. Par rapport à sa fonction, qu'il occupe au-delàmême de ses attributions; par rapport à sa propre majorité, qu'il soumet au-delà même de la souffrance. Et par rapport à l'opposition, qu'il a tenté de réduire, et même de choisir.

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Lui reconnaissez-vous des qualités?
De l'habileté, Nicolas Sarkozy en est pourvu. De sens politique aussi. Et sa volonté de rompre avec son prédécesseur est évidente. Mais devant lui, il y a tout simplement la réalité. La réalité de la politique menée, qui risque d'être aussi efficace qu'in juste. Et la réalité de l'héritage : le sien, puisque sa majorité s'est succédé à elle-même.


Quel bilan faites-vous de ses deux mois de présidence?
Alors que les présidents élus engagent souvent le plus ardu durant les premiers mois de mandat, Nicolas Sarkozy a fait le plus facile en accordant à crédit des cadeaux fiscaux. Tout en faisant croire que les largesses distribuées à quelques-uns bénéficieront au plus grand nombre. Ainsi le bouclier fiscal va-t-il permettre à moins de 1000 contribuables de se voir rembourser 250 millions d'euros! Avec la réforme des droits de succession, la suppression de l'impôt sur la fortune, c'est plus de 6 milliards d'euros que l'Etat va perdre. Quand son déficit est de l'ordre de 40 milliards d'euros, et celui de la Sécurité sociale de 13 milliards, accorder 6 milliards à une minorité de contribuables c'est insensé sur le plan budgétaire, inespéré pour les bénéficiaires, et inacceptable sur le plan social.


Pourquoi ce type de mesures ne suscitent-elles pas de réactions?
Pour le moment les Français sont au spectacle. Nicolas Sarkozy est dans une stratégie de "coup d'éclat permanent". L'omniprésidence suppose le coup d'éclat. Chaque jour vient changer la donne du précédent, et est effacé par le jour suivant.


En quoi cette méthode pose-t-elle problème?
C'est une conception purement personnelle du pouvoir. Comme les Français, je veux que le président préside. Doit-il être pour autant le seul acteur? Face à un exécutif fort, il faut un Parlement puissant qui maîtrise une part de l'initiative législative et contrôle le gouvernement, à condition qu'il y en ait un! Or la méthode de Nicolas Sarkozy, c'est de laisser croire qu'il peut tout faire tout seul et de le faire savoir à la télévision.


Pourquoi n'êtes-vous pas entendu?
Les Français veulent que ça marche. Ils ont raison. Ils sortent d'une longue période d'immobilisme, une suite d'illusions perdues et d'échecs. Ils espèrent une réussite que nous souhaitons tous. Pourquoi faudrait-il qu'une grande majorité de nos concitoyens soient déjà dans la condamnation ou la suspicion? Certains, souvent les plus modestes, se sont même laissé convaincre que, si les plus fortunés ont des cadeaux, ils hériteront au moins des rubans. A nous de démontrer qu'il n'en sera rien, que l'argent public sera distribué en pure perte et que la politique économique du gouvernement n'encourage ni l'effort ni l'investissement, mais la rente.


N'avez-vous pas aussi perdu la bataille des valeurs ?
Nous avons perdu la bataille présidentielle, mais pas le combat sur les valeurs. Sur le travail, la propriété, la cohésion nationale, Nicolas Sarkozy a su se faire entendre en délivrant une philosophie consumériste : "Je vais vous permettre de réussir individuellement là où le collectif vous en empêche." Il a installé une machine à rancunes! En mettant en cause les valeurs collectives et en contestant les principes de solidarité, la droite installe la concurrence partout. Quand on est dans une logique individuelle, alors chacun demande à "en avoir pour son argent". Ce sera la questiondans les mois qui viennent : est-ce que chacun en a pour son argent, pour son vote? La gauche, pour sa part, doit concilier les mécanismes de solidarité avec ceux de la performance personnelle. Il faut en terminer avec l'image d'une gauche qui serait simplement dans la redistribution ou dans la sanction de la réussite.


Nicolas Sarkozy a fait davantage que le PS pour la diversité…
Reconnaissons que la composition du gouvernement marque un progrès. Mais la vraie diversité doit être au Parlement. Dans le rapport entre majorité et opposition, mais aussi dans la présence de familles politiques à l'image de la société française, et d'élus qui lui ressemblent. Je souhaite que cette diversité soit assurée par une réforme des modes de scrutin, avec une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale et au Sénat. Enfin, la question du droit de vote des étrangers aux élections locales doit figurer dans le champ de la révision constitutionnelle.


Pratiqueriez-vous à votre tour l'ouverture si vous reveniez aux responsabilités?
Ce n'est pas la bonne démarche. Il faut rejeter la confusion des politiques, des programmes, des personnes. Vieille chimère, le "gouvernement des meilleurs" conduit à la politique du pire. C'est antipolitique et adémocratique. Une Assemblée nationale a été composée par le peuple français sur la base de programmes différents. On ne pourra pas faire avec les uns le programme des autres. Cela n'empêche pas d'utiliser au mieux les talents. Mais dans le respect des engagements et des partis politiques et non pas contre eux. C'est pourquoi l'ouverture doit se faire autour d'un contrat de gouvernement. Elle s'appelle alors coalition. Et elle est annoncée avant le scrutin et pas après.


Qu'est-ce qui pourrait modifier la perception qu'ont les Français de M. Sarkozy ?
Le premier critère sera le pouvoir d'achat. Si d'ici les élections municipales, les Français ont le sentiment que leur travail n'est pas correctement rémunéré, que les prélèvements augmentent alors que la rente, le profit et la spéculation sont récompensés, alors leur jugement sera sévère. Le deuxième critère sera la création d'emplois. Si la précarité s'étend, et si en plus le contrat de travail est modifié, sans que la croissance soit au rendez-vous, la frustration sera forte. Le troisième critère, enfin, ce sera la cohésion de la société. Si les inégalités se creusent, si les quartiers restent à l'abandon, et si la division est installée entre les Français (usagers contre fonctionnaires, chômeurs contre salariés, retraités contre actifs), alors l'état de disgrâce ne sera pas loin.


Propos recueillis par Caroline Monnot et Jean-Baptiste de Montvalon - LeMonde.fr

 

 

Interview du Docteur Jean-Claude Penochet, secrétaire général de la confédération des praticiens des hôpitaux.

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 16/07/2007 à 22:16 :: Interviews

 

 

 

 

 

 


Les RTT à l'hôpital, «c'est une bombe à retardement»

 

 


 

Près d'un million de journée de RTT n'ont pas été soldées par les médecins du service public • Le docteur Jean-Claude Penochet, secrétaire général de la confédération des praticiens des hôpitaux, dénonce le laisser-aller des précédents gouvernements:
"Le passage aux 35-heures à l'hôpital a offert aux salariés des journées de RTT. Sauf qu'ils n'ont pas eu le temps de les prendre. Un temps payées, ces journées ne peuvent plus être rachetées aujourd'hui. Elle se sont accumulées depuis, pour atteindre le million de jours".
 
 
Interview
 
 
Comment en est-on arrivé là?
Tout le monde parle de bombe à retardement, mais c'est une bombe que l'on a volontairement et sciemment armée. Il ne faut pas jouer les étonnés aujourd'hui. Il n'y a rien qui se calcule mieux que la démographie! A l'instauration des 35 heures, nous avions demandé la possibilité de vendre nos journées et qu'on nous les achète. Cela a été possible sur une ou deux années, ensuite, ça n'a plus été permis. Voilà le problème.


Comment sortir de cette crise?
Il faut revenir vers les gouvernements précédents qui n'avaient rien calculé! Ou alors il faudrait peut être que les citoyens arrêtent de tomber malade... Ils ont laissé s'accumuler le temps sur le crédit épargne temps, alors qu'il n'y a pas plus simple comme mode de calcul. Une autre mesure serait donc de nous donner à nouveau la possibilité de vendre ces heures, nous n'allons pas les offrir non plus!
Il faut simplement voter un budget spécial pour permettre également aux médecins qui le souhaitent de partir plus tôt à la retraite (grâce à ces journées de RTT cumulées ndlr).


Mais il y a déjà des manques sérieux au niveau du recrutement, précipiter les départs ne risque-t-il pas d'envenimer les choses?
Sur le plan démographique, il est clair que les quotas en fac sont insuffisants. Tous les calculs le montrent. Il faut donc les élargir. Et favoriser le recours aux médecins étrangers en respectant la qualité des diplômes. C'est toutefois un peu désolant d'avoir recours à ce genre d'option comme on avait fait d'ailleurs il y a quelque temps pour les infirmières.
Il s'agit aussi de remonter certaines filières. Par exemple, il y a un vrai manque de psychiatre, tout le monde en consomme pourtant. On calcule qu'il y a entre 500 et 800 postes de praticiens hospitaliers qui ne sont pas pourvus, l'étiage ne descend jamais en dessous de 500. On fait partout des recommandations sur la qualité, la sécurité, mais personne ne se soucie qu'il n'y ait aucun psychiatre public.


Beaucoup de jeunes diplômés partent également vers le privé...
Il faut donc rendre le secteur hospitalier plus attractif! Et créer une vraie compétition au niveau du choix des carrières. Les collègues vont dans le privé car la carrière hospitalière n'est pas assez valorisée en terme de salaire, notamment sur les astreintes, et sur le temps additionnel. Ce sont les heures effectuées au-delà des 48 heures de travail, fixées par l'Union européenne et elles sont payées en dessous du salaire moyen. On ne voit ça nulle part, imaginez dans une grande entreprise! La nouvelle gouvernance (concernant l'organisation et la planification des établissements de santé) n'a rien arrangé en assujettissant davantage encore le personnel. 


Des passerelles entre les cliniques et l'hôpital sont-elles envisageables?
A l'heure actuelle on en est loin! C'est plus que du simple au double! Il faut avoir l'attraction du statut salarial pour que cela fonctionne. Mais dans l'autre sens, hôpital-clinique, se pose la question du mode de rémunération. Le secteur public est salarié, mais dans le cas d'un passage au privé, ce statut tombe. Et nous tenons à ce salariat.
Par Stéphanie PLATAT
LIBERATION.FR

 

 

Christiane Taubira - Interview - (27/06/07)

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 28/06/2007 à 13:11 :: Interviews

 

 

 

 

 

 

 

 


Christiane Taubira - Interview - (27/06/07)

 

 

 

 


 

 

 

Interview Martine Aubry: "Le PS doit revenir à ses valeurs"

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 28/06/2007 à 12:52 :: Interviews

 

 

 

 

 

 

 

 


La maire de Lille revient sur l'échec de la gauche à la présidentielle. Et appelle les socialistes à une "renaissance".

 

 

 

 

 

 

Quel regard portez-vous sur la défaite du 6 mai?

Nous avons échoué car nous n'avons pas été nous-mêmes. La vraie modernité, selon moi, consiste non pas à se situer sur le terrain de l'adversaire, ni à suivre tous les jours les nouvelles demandes des Français, mais à définir, à partir de nos valeurs, un projet de société. Un projet qui réponde aux problèmes urgents des Français - les salaires, l'emploi, le logement - et qui réponde aussi aux défis de la mondialisation, du choc démographique, du défi écologique et de l'éclatement de la société. Nicolas Sarkozy a montré, a contrario, ce que pouvaient être les conditions d'une victoire: une structuration idéologique forte et le rassemblement de son camp. Sur ces deux points, les socialistes ont failli. Nous n'avons pas, non plus, rénové nos pratiques de parti et nos rapports avec nos concitoyens.

Comment expliquez-vous que Nicolas Sarkozy se soit imposé en candidat du pouvoir d'achat?

La droite a préempté les questions d'emploi et de salaires: c'est un comble! Je ne crois pas que nous ayons perdu parce que nous avons proposé le smic à 1 500 euros. Nous avons perdu parce que nous n'avons pas suffisamment défendu les bas salaires et une répartition plus juste des richesses. Nous aurions dû porter haut des idées neuves, comme l'allocation d'autonomie pour les jeunes ou la sécurité sociale professionnelle. Ce système accompagne les salariés depuis la sortie de l'école jusqu'à la retraite, en permettant une progression professionnelle et une prise en charge dans les changements d'activité. Il permet aussi d'améliorer la qualification des Français, ce qui est nécessaire pour nos entreprises. C'est un immense chantier, qui touche aux conventions collectives et qui doit être négocié avec les organisations patronales et syndicales.

Qu'attendez-vous du PS?

Je suis convaincue que la France n'est pas à droite, mais qu'elle s'est repliée sur l'individualisme à cause d'une peur de l'avenir. Nicolas Sarkozy a joué de cela pour s'imposer en homme providentiel. Face au modèle libéral et financier qu'il propose, nous devons élaborer un autre modèle, que je résume par «la justice, la justice, la justice»! Le PS doit faire son autocritique pour revenir à ses valeurs, retrouver ses fondements, moderniser ses réponses. Je n'aime pas l'idée d'une refondation, je lui préfère le terme «renaissance»...

François Hollande est-il le mieux placé pour conduire cette renaissance?

Nous avons tous notre responsabilité sur ces cinq dernières années, lui en tant que chef de parti, nous parce que nous nous sommes exprimés trop bas quand nous n'étions pas d'accord... Aujourd'hui, pourtant, il est le mieux placé pour nous mettre au travail, afin que le PS adopte une ligne claire à l'automne 2008. Il pourra alors s'ouvrir aux autres partis de gauche, pour constituer un socle de réponses, du local au mondial. A partir de là, nous pourrons réunir tous ceux qui pensent que le sens d'une société, c'est le progrès collectif, tous ceux qui portent un humanisme. Il fallait faire appel aux électeurs du MoDem, à tous ceux qui partagent nos valeurs, mais le temps n'était pas venu d'un accord électoral. Construisons d'abord un projet commun à gauche, avant d'en discuter avec d'autres.

Les 35 heures sont critiquées à l'intérieur même de votre propre camp, notamment par Ségo-lène Royal. Cela vous choque?

Je commence à m'habituer! Je suis juste toujours un peu surprise quand la gauche prend ses distances avec des réformes qu'elle a initiées. Assumons ce que les socialistes ont fait depuis un siècle, ne donnons pas l'impression que nous n'avons pas d'histoire! Mais rien ne nous dispense d'une analyse critique, c'est évident.

Avez-vous identifié les problèmes qui demeurent liés à l'application de cette réforme?

Oui, depuis le début, je suis consciente que c'est difficile pour certaines petites entreprises. J'ai toujours dit que, pour environ 15% des salariés, les 35 heures avaient aggravé les conditions de travail ou le stress dans l'entreprise. Si nous étions revenus au pouvoir, je prônais qu'un bilan soit établi avec les organisations patronales et syndicales, afin de préparer des renégociations dans un certain nombre de domaines.

Etes-vous pour une opposition frontale ou pour une opposition au cas par cas?

Sarkozy dissimule derrière des mots doux des réalités très dures. C'est sa méthode: s'abriter derrière un rideau de fumée! Une manière d'agir qui dure depuis douze ans. Souvenons-nous: en 1995, Jacques Chirac annonce 10 milliards de baisse des charges patronales sans contrepartie. Puis Alain Juppé augmente de 2 points la TVA! Allégement des charges, cadeaux fiscaux aux privilégiés - c'est la poursuite d'une même politique. Face à ces mensonges, nous, les socialistes, devons réagir en proposant des solutions alternatives qui s'appuient sur nos valeurs. Sur l'augmentation de la TVA, par exemple, nous envisagions, afin de baisser le coût du travail, que les cotisations patronales soient assises sur l'ensemble de la valeur ajoutée, à la fois les salaires, les investissements et les profits. Le gouvernement Fillon, lui, cherche simplement des ressources pour financer les cadeaux fiscaux accordés aux privilégiés. Aujourd'hui, la droite s'apprête aussi à réduire les effectifs dans les services publics, alors que l'école, les hôpitaux, la justice et la police de proximité nécessiteraient plus de moyens...

Rachida Dati garde des Sceaux, Rama Yade et Fadela Amara secrétaires d'Etat - la gauche en a rêvé, Nicolas Sarkozy l'a fait...

C'est vrai. Même si je crois que les choix doivent d'abord se faire en fonction des compétences et non en termes d'affichage, je suis consciente de l'importance des symboles. Nous n'avons pas, nous, socialistes, recherché avec toute la détermination qui s'imposait des hommes et des femmes aux couleurs de la France pour porter de hautes responsabilités.

L'express.fr

 

 

 

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