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| Sarkozy : J'avais envie de parler à la France qui se lève tôt (...), aux personnes qui vont travailler, qui ne casse pas les abris-bus, qui ne manifestent pas et pourtant qui ont autant de problèmes que les autres Nicolas Sarkozy a commencé sa journée de mardi aux aurores. Accompagné de son épouse Carla Bruni-Sarkozy, le chef de l'État s'est rendu à 5 h 30 du matin à Rungis pour rencontrer les professionnels du Marché d'intérêt national. Pavillon des viandes, des fromages, des fleurs, le président de la République est allé d'étal en étal pour saluer la France qui travaille et qui se lève tôt. À l'issue de sa visite, Nicolas Sarkozy a pris la direction des studios de RTL pour être interrogé de 7 h 30 à 8 h 30 sur les thèmes de la vie quotidienne des Français, le pouvoir d'achat, le prix du pétrole, les transports, les retraites, les 35 heures et la réforme des institutions. "J'avais envie de parler à la France qui se lève tôt (...), aux personnes qui vont travailler, qui ne casse pas les abris-bus, qui ne manifestent pas et pourtant qui ont autant de problèmes que les autres. La vie est trop chère, la vie est plus chère en France qu'ailleurs en Europe, ça ne sert à rien de nier cette évidence. Luc Chatel et Christine Lagarde vont défendre dans quelques heures le projet de loi sur la modernisation de l'économie (LME) qui prévoit notamment trois choses : la possibilité pour les fournisseurs et les distributeurs de négocier leurs tarifs, l'instauration de plus de concurrence entre les grandes surfaces et la création d'une seule entité unique pour garantir la concurrence." Et Nicolas Sarkozy d'enchainer sur l'UE : "Je veux faire bouger la règle européenne. Je veux une fiscalité à 5,5 % pour tous les immeubles à haute qualité environnementale ainsi que pour la restauration et les disques et sur les vidéos. Il n'y a aucune raison que pour les livres la TVA soit à 5,5 % et pas pour les disques qui sont un bien culturel aussi. C'est une réponse à moyen terme". "Je veux mettre le paquet sur les énergies renouvelables" Interrogé sur l'augmentation du prix des carburants, Nicolas Sarkozy reconnaît que "quand on fait son plein, on est affolé par l'augmentation des prix. Le pétrole a quasiment triplé, c'est en voie de quadrupler. (...) Ayons le courage de dire aux Français que ça ne va pas d'arranger. La demande est de plus en plus forte et l'offre n'augmente pas". Pour y faire face Nicolas Sarkozy propose trois réponses : "je veux mettre le paquet sur les énergies renouvelables, je veux faire pour les énergies renouvelables ce que de Gaulle avait fait pour l'énergie nucléaire. Il y a aussi les économies d'énergies c'est tout ce qu'on a fait avec Jean-Louis Borloo. Je vais me battre à Bruxelles pour qu'il y est une fiscalité à 5 % pour tous les produits propres". "Il n'y aura pas de politique de rigueur" Nicolas Sarkozy ne fait pas de mystère sur ses intentions. "Je souhaite maîtriser les dépenses pour que chaque centime d'euro soit bien utilisé et en même temps que dans la colonne des recettes cela augmente. Il n'y aura pas de politique de rigueur : non pasc pour des raisons idéologiques car cela échoue. (...) Des gens très brillants et très honnêtes et très compétents s'y sont essayés bien avant moi. M. Barre a fait pendant cinq ans une politique qui a été communément décrite comme une politique de rigueur. Les Français attendent de moi des résultats et pas une politique au jour le jour. Ça ne m'amuse pas de dire aux français de cotiser 41 ans mais ces réformes doivent être faites". "Mon travail, c'est le plein emploi, pas de gérer le chômage" Nicolas Sarkozy a de nouveau vanté "la réforme que nous allons faire sur les chômeurs". "Le chômage va continuer de baisser. On est à 7,5 % (de chômeurs) (...) Mon travail, c'est le plein emploi, pas de gérer le chômage. Il faut indemniser ceux qui n'ont pas d'emploi mais ceux qui n'ont pas d'emploi doivent accepter l'emploi qu'on leur propose, sinon ils seront sanctionnés (NDLR, après deux refus) ou alors c'est injuste à l'endroit de celui qui travaille", a-t-il dit. Avant d'expliquer : "Je comprends les attentes, je suis le réceptacle de toutes ces attentes. J'espère que vous voyez qu'on est en train de faire bouger la France, de faire changer la France pour que chacun ait un emploi". "Ce qu'on a fait commence à porter ses fruits" Nicolas Sarkozy s'est montré optimiste face à la situation économique internationale en mettant l'accent sur ses résultats enregistrés par la France. "Depuis 13 mois que je suis à l'Elysée, le prix du pétrole a doublé et en plus on a la crise des subprimes. (...) Mais ce qu'on a fait commence à porter ses fruits, puisque la croissance est de 2,2 % et de 0,64 % pour le premier trimestre. (...) La baisse du chômage va continuer", selon le chef de l'Etat. "Il y aura toujours une durée hebdomadaire du travail en France de 35 heures" Questionné sur la possibilité de rétablir l'équilibre des finances publiques dans un contexte tourmenté, le président de la République met l'accent sur le travail : "la cohérence du tout c'est d'augmenter la production de richesse. Je suis partisan de maintenir une durée hebdomadaire du travail. Il y aura toujours une durée hebdo du travail en France à 35 heures. En revanche, je souhaite faire sauter tous les verrous qui empêchaient les Français de travailler. Je veux augmenter la recette, la richesse, le travail sur la base de la liberté de choix. Prenant l'exemple du de l'activité touristique Nicolas Sarkozy demande : "Est ce que c'est normal que les touristes étant là le dimanche, les magasins soient fermés le dimanche ?" "Consacrer les recettes supplémentaires de TVA sur les produits pétroliers à un fonds d'aide" "Je veux consacrer les recettes supplémentaires de TVA sur les produits pétroliers à un fonds pour venir en aide aux Français les plus touchés par la hausse du pétrole. Ces recettes supplémentaires comprises entre 150 à 170 millions d'euros par trimestre seront affectées à ce fonds à partir d'un certain niveau dont nous allons débattre au sein du gouvernement. Je veux poser à nos partenaires européens la question : si le prix du pétrole continue à augmenter, est-ce qu'on ne doit pas suspendre la fiscalité pour sa part TVA sur le prix du pétrole?". Retraites : "le passage à 41 annuités de cotisation est non négociable" Nicolas Sarkozy s'oppose à la proposition de la présidente du Medef. "Laurence Parisot a le droit de demander de différer l'âge de la retraite à 63 ans et demi. Elle a le droit de dire ça. Mais je ne le ferai pas. Je ne l'ai pas proposé pendant la campagne présidentielle donc je ne le ferai pas. Ce n'est pas un engagement que j'ai pris devant les Français. Je mets en oeuvre tout ce que j'ai promis. Le passage à 41 annuités de cotisation est non négociable".Le point.fr |