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Obama reçoit le soutien d’Edwards

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 15/05/2008 à 10:19 :: Elections Américaines

Obama reçoit le soutien d’Edwards



John Edwards et Barack Obama, le 14 mai 2008, à Grand Rapids, dans le Michigan.
REUTERS/JEFF HAYNES
"Il y a un homme. Il y a un homme qui sait et comprend que le temps est venu pour une gestion audacieuse du pays. Il y a un homme qui sait comment générer le changement, le changement durable qu'il faut bâtir à partir de la base. Il y a un homme qui sait dans son coeur que le temps est venu de créer une Amérique et non deux. Et cet homme c'est Barack Obama", a dit M. Edwards au cours d'une réunion publique à Grand Rapids, dans le Michigan, au côté de M. Obama.



Son soutien était l’objet de toutes les convoitises. Mercredi soir, devant une foule rugissante de 12.000 personnes à Grand Rapids (Michigan), John Edwards a officialisé son endorsement de Barack Obama. «Les électeurs démocrates ont fait leur choix. Moi aussi», a lancé Edwards  sous les hourras de l’assistance. Et de poursuivre: «S’il est un homme qui sait que le temps est venu de créer une Amérique unie et pas deux, c’est Barack Obama».


Obama joue désormais sur du velours 


Pour le dessinateur et chroniqueur américain Jeff Danziger, le sénateur de l'Illinois aurait déjà pratiquement gagné la partie, face à Clinton comme face à McCain.

Obama doit énormément à Hillary Clinton, qui, ces trois derniers mois, lui a évité le sévère examen auquel il va maintenant devoir se plier. Candidat "présumé" du Parti démocrate, il est désormais livré à lui-même, sans la tumultueuse diversion que lui offrait le couple Clinton.
Mais le sénateur de l'Illinois apprend vite. Par une prise de jujitsu politique, il s'est servi de l'ambition de Hillary pour la faire chuter, et il va sans doute recourir à la même tactique contre John McCain. Dans les débats à venir, il laissera parler son adversaire. McCain s'enfoncera de plus en plus, tandis que lui-même se contentera de regarder, sans intervenir.

Comme s'il avait choisi de s'immoler politiquement, McCain a décidé de prendre l'offensive en défendant les mesures les plus destructrices du gouvernement Bush. La guerre, mais aussi les baisses d'impôt, l'alourdissement ruineux de la dette, la soumission aux entreprises et l'adhésion au libre-échange, considéré comme une vertu inattaquable. Cette politique a valu à Bush un taux de désapprobation record dans les récents sondages. Selon les derniers chiffres, 71 % des Américains considèrent que le pays est sur la mauvaise pente et désapprouvent l'action de Bush.

Comment expliquer, dans ce cas, qu'un candidat à la présidence cherche à se faire élire en proposant de poursuivre la même politique ? La réponse est probablement que, dans l'esprit de McCain, l'important n'est pas la politique, mais l'homme. McCain n'ayant jamais aimé Bush, il doit penser que c'est lui le problème, et non sa politique inepte ou ses idées de droite. Mais dans ce cas, il va avoir la mission peu enviable d'expliquer comment la guerre, le libre-échange, une montagne de dettes et des amis en Arabie Saoudite peuvent contribuer à une amélioration de la situation dès lors que lui-même serait aux commandes à la place de Bush.

Face à de tels arguments, Obama n'aura qu'à écouter, sans même se risquer à esquisser un sourire malin. Un vieux dicton dit que la meilleure chose à faire lorsqu'on est au fond du trou est d'arrêter de creuser, mais le candidat républicain n'est apparemment pas de cet avis.
McCain va donc éviter à Obama de voir ses propres projets pour l'avenir du pays passés au crible, ce dont les démocrates ont tout lieu de se réjouir. Une fois au pouvoir, Obama retirera probablement les troupes d'Irak, une tâche difficile et dangereuse. Si on lui demande comment il compte s'y prendre, il n'aura d'autre issue que de souligner que McCain, lui, ne les retirerait pas, une option encore plus dangereuse. Et si on l'interroge sur la politique qu'il entend adopter dans le domaine de la santé, terrain miné s'il en est, il ne pourra que retourner la question à son adversaire. Le programme de santé des républicains se résume à "ne pas tomber malade" et quand le moment sera venu de défendre cette cruelle conception de la vie, peu d'Américains se souviendront des propositions faites par Obama.

En termes d'expérience et de détermination, McCain représente certainement un meilleur choix pour la présidence. Mais Obama a déjà deux grandes prouesses à son actif : il est le premier candidat africain-américain à la présidence et il a humilié les Clinton, sans doute le plus grand tandem politique depuis Franklin et Eleanor Roosevelt. Il peut se permettre d'afficher l'une des attitudes les plus convaincantes dans une campagne électorale : le calme.

Mais il y a du changement dans l'air. Le camp McCain a commencé à faire circuler une photo représentant le sénateur en compagnie de son épouse et de ses enfants. Les fils de McCain ont tous accompli leur devoir militaire et l'un d'entre eux, pilote de la marine, est aujourd'hui stationné en Irak. Mais le personnage le plus intéressant de la photo est sa fille adoptive, Bridget, qui est d'origine bangladaise. Intelligente et jolie, Bridget est une enfant formidable, mais tout ce qui compte aujourd'hui, c'est la couleur de sa peau. Durant la première campagne de McCain contre Bush, en 2000, des proches du président l'ont présentée en Caroline du Sud comme la fille illégitime que le sénateur aurait eue avec une Noire. Ce mensonge phénoménal a valu la victoire à Bush, et infligé aux McCain une blessure qui n'a sûrement pas cicatrisé.

Aujourd'hui, la photo qui aurait suffi à démentir cette rumeur est partout. Si Obama n'avait pas des origines kényanes, elle dormirait sans doute au fond d'un tiroir. Elle va certainement servir à rappeler aux électeurs l'immense tolérance de McCain et ses admirables positions raciales. Mais n'oublions pas qu'elle a déjà été utilisée pour pousser de méchants et calomnieux racistes du Sud à voter contre lui. Et qui était le responsable ? Obama va pouvoir poser la question calmement. En s'autorisant même un léger sourire.

Jeff Danziger pour le courrier international





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