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Obama accentue son avantage aux points sur Clinton

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/05/2008 à 9:34 :: Elections Américaines

 

 

 

Une longueur d'avance

USA 2008 - Les résultats des primaires de l'Indiana et de la Caroline du Nord confirment

 

Obama accentue son avantage aux points sur Clinton

Barack Obama © Jae C. Hong / AP / SIPA

 

Barack Obama a certainement poussé un gros soupir de soulagement quand les résultats des primaires en Caroline du Nord et dans l'Indiana sont tombés mardi soir. Il est des jours où un match nul vaut une victoire et c'est ce qui s'est passé. Il a remporté comme prévu haut la main la Caroline du Nord avec 16 % d'avance (58 % à 42 %), et il a presque fait jeu égal, comme il l'espérait, avec Hillary Clinton dans l'Indiana qu'elle a remporté 51 % à 49 %.


Du coup, le jeune sénateur métis de l'Illinois a fait un pas de plus vers la nomination du Parti démocrate à la présidentielle de novembre. Il n'a certes pas encore remporté le match, car il n'est toujours pas parvenu à mettre Hillary KO. Elle est bien décidée à tenir la distance, fidèle à son image de "Rocky" au féminin. Il y a encore six rounds d'ici la fin du match le 3 juin et, comme elle ne manque jamais une occasion de le rappeler, "on ne sait jamais ce qui peut arriver en politique". Le combat va donc probablement continuer au finish, même si la campagne Clinton est de plus en plus handicapée par le manque d'argent.



Clinton espérait renverser le cours du jeu

Mais les conseillers d'Obama craignaient que les polémiques déclenchées ces dernières semaines par les propos antiaméricains de son ex-pasteur, Jeremy Wright, et ses propres maladresses ne lui coûtent cher dans les urnes, en particulier auprès de l'électorat populaire blanc. Il avait vu fondre son avance dans l'Indiana et en Caroline du Nord, deux États où il était donné gagnant (avec 25 points d'avance en Caroline du Nord).

Hillary Clinton avait elle-même exprimé l'espoir de pouvoir "renverser le cours du jeu", en remportant l'Indiana, et en refaisant son retard en Caroline du Nord. Elle n'y est pas parvenue.

Sa défaite a été trop nette en Caroline du Nord, et sa victoire trop serrée dans l'Indiana, pour changer un statu quo favorable à Obama, qui reste en tête dans la course aux délégués comme dans le décompte des votes obtenus.

 Le sénateur de l'Illinois a une fois de plus bâti sa victoire sur son score écrasant dans un électorat noir très mobilisé (plus de 90 %), qui représentait plus du tiers des électeurs en Caroline du Nord, et une part importante des zones urbaines les plus peuplées de l'Indiana. Mais il continue aussi de mobiliser les moins de 30 ans, les électeurs blancs les plus aisés et les mieux éduqués, et les citadins en général.


Obama sort du round du 6 mai debout sur ses jambes

 


La sénatrice de New York, qui a adopté un ton de plus en plus populiste, se présentant en championne des laissés-pour-compte et des "invisibles" et proposant de faire payer par les pétroliers la taxe fédérale sur les carburants cet été, l'emporte pour sa part nettement chez les gens les plus âgés, les ruraux et les "cols bleus". Le Parti démocrate continue donc en fait d'être coupé en deux, et aucun des deux prétendants ne semble en mesure de s'imposer sans discussion comme son champion. Mais plus on avance dans les primaires, plus la voie vers la nomination devient étroite pour Hillary Clinton.

Barack Obama sort du round du 6 mai debout sur ses jambes malgré les coups qu'il a encaissés. Il a même accentué son avantage aux points. Les résultats de mardi ont démontré qu'il a retrouvé sa foulée après avoir trébuché. Les "super délégués" du parti, qui devront trancher entre deux prétendants pratiquement à égalité, n'ont donc pas de raison de ne pas le couronner. Même si Hillary remporte, comme c'est probable, la majorité des six primaires à venir (elle est favorite en Virginie-Occidentale, dans le Kentucky et à Porto Rico et peut s'imposer dans l'Oregon), elle ne peut dépasser Obama au nombre des délégués, et des votes obtenus, que dans un seul scénario. Celui dans lequel la direction du Parti démocrate accepterait de prendre en considération les votes exprimés dans les primaires de Floride et du Michigan, et les délégués élus dans ces deux États.

Hillary Clinton l'a largement emporté dans les deux cas, mais ce résultat a été invalidé, car ces scrutins avaient été organisés en violation du calendrier des primaires fixé par le parti, et les candidats n'y avaient pas fait campagne (le nom d'Obama n'était même pas sur les bulletins dans le Michigan). Clinton avait proposé d'organiser un nouveau vote dans les deux États, mais Obama avait refusé, craignant probablement d'y essuyer une défaite qui aurait pu lui être fatale.

"Il est important que les votes de la Floride et du Michigan soient comptabilisés", a réclamé mardi soir Hillary devant ses partisans qui fêtaient sa victoire à Indianapolis. "Il serait quand même bizarre que notre candidat soit désigné par seulement 48 États !" Le Parti démocrate se retrouve en fait dans une situation embarrassante, car la Floride et le Michigan sont deux États clés pour l'élection présidentielle. Un refus de faire siéger leurs délégués serait prendre le risque de donner l'impression que la nomination d'Obama a été assurée par une manoeuvre rappelant le "vol" de la victoire de Gore par Bush en Floride en 2000, ce qui peut faire perdre aux démocrates les deux États en novembre.



"On ne gagne pas la présidentielle avec les seuls Noirs et les intellos"

Les partisans de Clinton continuent par ailleurs d'avancer l'argument de l'éligibilité d'Obama, faisant remarquer aux super délégués qu'Hillary Clinton l'a emporté dans la plupart des grands États indispensables à une victoire démocrate en novembre, alors que Barack Obama a construit son succès en raflant surtout des États dont beaucoup sont à majorité républicaine. Obama est mis en échec dans les sondages nationaux les plus récents par le candidat républicain John McCain, alors qu'ils indiquent qu'Hillary le battrait nettement. Près de la moitié de ceux qui ont voté Clinton en Caroline et dans l'Indiana disent en outre qu'ils ne voteront pas pour Obama en novembre si celui-ci est le candidat démocrate. Et comme le rappelait un partisan de Clinton "on ne gagne pas la présidentielle avec les seuls Noirs et les intellos".



Les conseillers d'Obama sont bien conscients du problème de leur candidat, et du risque d'une défaite en novembre si une partie de l'électorat populaire démocrate se tourne vers le candidat républicain, comme il l'a fait à plusieurs reprises depuis les années 80.

Le sénateur de l'Illinois a donc entrepris de remodeler son image pour se débarrasser de l'étiquette, fatale aux États-Unis, d'"élitiste" et d'"intellectuel". Il a imité Hillary en adoptant un ton et un comportement plus "populaire", insistant sur ses origines modestes, tenant un discours beaucoup plus social et économique que par le passé.

Mardi soir, il s'en est pris exclusivement à John McCain, comme pour convaincre les super délégués qu'ils n'ont plus le choix, et qu'il est déjà le candidat des démocrates.

 

Revue de presse

 

Le "momentum" est à nouveau passé du côté d'Obama, estime le New York Times, après la victoire du sénateur en Caroline du Nord et les résultats très serrés en Indiana, où l'avance de la sénatrice est très faible, écrit de son côté le Washington Post.


BBC News est du même avis et considère que la large victoire du sénateur a "boosté" sa fin de campagne.

Il semblerait que l'affaire du pasteur Jeremiah Wright soit désormais derrière le sénateur. Pour le Washington Post, il sera difficile désormais pour Hillary Clinton de renverser la vapeur et d'empêcher Barack Obama d'être le candidat du Parti. A moins, écrit-il, que le Parti démocrate intègre le Michigan et la Floride dans le décompte.

Malgré sa victoire, lance le Los Angeles Times, Barack Obama n'a pas réussi son pari : mettre un terme à la campagne démocrate après le mardi 6 mai. La bataille pour l'investiture va donc continuer, quoique sa courte victoire en Indiana et celle plus conséquente en voix et en délégués pour Obama en Caroline du Nord, va rendre difficile sa collecte de fonds, écrit le Boston Globe.

Le célèbre aggrégateur de news américain «Drudge Report» ne prend pas de pincettes: il affiche en une la photo d'Obama, barrée du titre «The nominee» (le candidat investi).
 

Le point.frLEMONDE.FR 20minutes.fr | 07.05.08

 

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