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Un an de Nicolas Sarkozy à l'Elysée

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 06/05/2008 à 14:03 :: Revue de presse

 

Un an de Nicolas Sarkozy à l'Elysée

 

Les éditoriaux de la presse française commentent, mardi 6 mai, l'anniversaire des un an de Nicolas Sarkozy à L'Elysée.


LE MONDE
Editorial

"(...) Arrivé à l'Elysée avec plus d'atouts que la plupart de ses prédécesseurs, le chef de l'Etat les a gâchés avec presque autant d'énergie qu'il avait mis à les obtenir. Hier conquérant et triomphant, le voilà décrié, affaibli, empêtré. Les premières mesures du "paquet fiscal" ont donné le signal désastreux d'une politique qui semblait faite "pour les riches", tout en privant le budget de masses financières précieuses. La conjoncture économique internationale n'a rien arrangé depuis. Au lieu du solide professionnalisme qu'on prêtait au président, amateurisme, bricolages et cafouillages ont dominé l'action de l'exécutif. Sans parler du mélange des genres entre vie privée et fonction présidentielle. Il reste quatre ans à M. Sarkozy pour réparer les dégâts. Faute de quoi, après le regain d'intérêt, presque de passion, pour la politique qu'a permis l'élection présidentielle, il porterait une lourde responsabilité. Celle d'avoir, une nouvelle fois, creusé le fossé entre le peuple et ses dirigeants."

L'HUMANITE
Pierre Laurent

"(...) Le mensonge continue. Il doit être dénoncé, démasqué, empêché autant qu'il est nécessaire. Il faut aussi agir plus fort. Et personne n'a inventé mieux que l'action unie. Face aux pouvoirs récalcitrants, elle reste le plus convaincant des antidotes. C'est aux salariés, à la jeunesse d'en construire les bases solides, et de les garantir dans la durée. Franchises, retraites, salaires, postes d'enseignants... Toutes les batailles sont gagnables. Rappelons-nous ce qui a fait, il y a deux ans, la force du mouvement anti-CPE. Mais ce n'est pas tout. Parce qu'après le CPE, 2007 est passé par là. L'échec nous enseigne qu'il faut construire sans attendre du politiquement durable à gauche. Être efficace contre la politique Sarkozy, c'est aussi mettre en débat les conditions d'un nouveau contrat politique de changement."

LA LIBERTE DE L'EST
Gérard Noël

"Cet an 1 de la Sarkozie sera-t-il fêté avec force enthousiasme au sein même de la grande famille majoritaire? On peut imaginer au contraire que c'est la discrétion qui prévaudra tant la déception a été à la hauteur des espoirs suscités par l'élection de l'homme de la rupture. Les 53% de Français qui avaient été séduits par un discours novateur et un volontarisme affiché ont en grande majorité perdu toute illusion sur la capacité du chef de l'Etat à améliorer leur ordinaire (le Président du "pouvoir d'achat"), à moderniser les institutions (quid du discours d'Epinal ?) et à sortir le pays du marasme ("Les caisses sont vides"). Douze mois seulement et le lien s'est rompu (la voilà la rupture!) La question est de savoir désormais si Nicolas Sarkozy est en mesure de rebondir. (...)"


LE PROGRES DE LYON
Francis Brochet

"Un an, déjà, depuis les vocalises de Mireille Mathieu, place de la Concorde. La nuit au Fouquet's et la croisière à Malte. Les images s'accélèrent... La vague bleue acclame les ministres roses. Lunettes noires, jogging. Cécilia sauve les infirmières bulgares, Kadhafi campe à Marigny. L'épaule qui avance, la tête qui décroche: "Moi, j'vais vous dire..." Le paquet fiscal écrase les droits de succession. Les cheminots défilent, les régimes spéciaux trépassent. "Les caissses sont vides". Cécilia est partie, Carla apparaît à Disneyland. Le pétrole monte, le pouvoir d'achat baisse, la popularité s'effondre, les municipalités tombent à gauche. "Casse-toi, pauvre con". Le Premier ministre existe, il réforme. Moins de lunettes noires, moins de discours. "J'ai fait des erreurs. Aujourd'hui, tout est en ordre". Il promet un anniversaire discret. Hier soir, à la télévision: "Rocky II, la revanche".


L'ALSACE
Patrick Fluckiger

"(...) Le reproche que l'on peut faire au président de la République est d'avoir cru, comme presque tous ses prédécesseurs, qu'il lui suffirait d'être élu pour galvaniser la France. Avant lui, Valéry Giscard d'Estaing avait tenté de rajeunir le style de la présidence. Avant lui, François Mitterrand voulait +changer la vie+. Avant lui, Jacques Chirac a dû renier ce qu'il présentait comme son plus cher désir: combattre la fracture sociale. Tous ont été confrontés, cruellement, aux réalités économiques et politiques qui les ont empêchés d'appliquer leurs promesses de campagne. Giscard n'a pas réussi à moderniser l'Etat; Mitterrand a pris le tournant de la rigueur deux ans après son élection et Chirac six mois seulement après son entrée à l'Elysée. C'est dire que pour Nicolas Sarkozy, rien n'est perdu: seul Giscard d'Estaing a été battu à l'issue de son mandat. Mitterrand et Chirac, eux, ont été réélus."


LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST
Hervé Cannet

"Nicolas Sarkozy a fait rêver les Français: pendant près de huit mois, ils l'ont à la fois adoré et détesté, admiré et jalousé, le fameux syndrome passion-haine, où l'émotion prend le pas sur la raison. Il fallait changer, il allait changer. Il fallait réformer, il allait réformer. Les Français étaient d'accord. Ce qu'il disait, il le ferait. Il l'a fait. Mais la magie a cessé d'opérer. Quand se situe exactement la rupture? La dégringolade entamée dans l'opinion publique n'a guère été freinée par les nouvelles règles de gouvernance que s'impose désormais - contraint et forcé - l'hôte de l'Élysée. (...) Sarkozy II version soft a bien du mal à (re)naître des décombres de Sarkozy I, version hard. L'éternel candidat n'a pas vraiment réussi à se glisser complètement dans la tunique élyséenne. Pas étonnant qu'il hésite à aller se faire réconforter par les militants UMP dans la salle Gaveau, là où il y a tout juste 365 jours, il triomphait sans partage!

LA REPUBLIQUE DES PYRENEES
Jean-Michel Helvig

"(...) La promesse d'augmentation du pouvoir d'achat a fait long feu. Ce qui pourrait se concevoir au regard d'une situation économique mondiale qui s'est effectivement détériorée, lui est vertement reproché du fait de l'assurance avec laquelle il affirmait, au cours de la campagne présidentielle, que sa seule élection et les premières mesures mises en place - notamment le " paquet fiscal " - suffiraient à provoquer un "choc de croissance". On l'attend toujours, alors que les Français redoutent de plus en plus un "détricotage" de leurs droits sociaux. Il ne reste plus que quatre ans au président de la République pour renouer avec la confiance des Français. Si l'on considère que la dernière année sera dominée par les premières manoeuvres de la campagne présidentielle de 2012, si l'on se rappelle que les élections européennes se tiendront en 2009 et les régionales en 2010, cela laisse finalement peu de temps pour une présidence "utile". Et s'il était déjà trop tard?"

L'EST REPUBLICAIN
Chantal Didier

"Pour quelqu'un qui n'aime pas les anniversaires, Nicolas Sarkozy est servi. Un an après son élection, il n'est question que de son bilan, de son style, de sa politique, voire de son inconscient. Cela tient pour partie au goût français pour les commémorations, mais aussi à la volonté de comprendre comment un président aussi bien élu est devenu aussi mal aimé. Le pays se serait-il choisi comme prince un enfant, de ceux qui cassent le jouet tant désiré ?Ou les Français resteraient-ils ces Gaulois toujours prêts à hisser leur héros sur le pavois pour mieux le vilipender au premier retournement venu ? Un peu des deux, sans doute, et la déception se révèle à la hauteur de l'ancienne passion. Accédant à l'Elysée après trente ans de combat politique, Nicolas Sarkozy a fait ce qu'il a dit: une présidence engagée, l'ouverture, des réformes à tout va, un style plus direct. Le tout avec l'énergie qui le caractérise, mais jusqu'à ébouriffer. Au point que le mouvement a fini par ressembler à de l'agitation et que la musique élyséenne est devenue " Le marteau sans maître ". (...)"

LE TELEGRAMME
Hubert Coudurier

"(...) Dans la sinistrose récurrente de nos compatriotes, Nicolas Sarkozy était apparu rafraîchissant et même enthousiasmant par sa volonté de redonner espoir aux Français. Un an après, deux de nos compatriotes sur trois ont retiré la confiance qu'ils avaient placée en lui. Nous sommes passés d'un excès à l'autre, de l'euphorie à la déception. Première erreur dont Sarkozy est largement responsable, avoir laissé croire que la politique, par une rupture de comportement, était à nouveau capable de résoudre tous les problèmes. Cette toute puissance est source de désillusion car nous sommes prisonniers de l'environnement européen et mondial. Conséquence, la mauvaise tenue des fondamentaux (déficits, endettement, commerce extérieur...), et le manque de résultats ont vite rendu insupportable l'immodestie du discours. D'où le recadrage de la présidence " bling-bling ". Après avoir tant critiqué son prédécesseur, le chef de l'État en est revenu à une plus grande sobriété qui rappelle la prudence du chiraquisme. (...)"


LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

"(...) Hélas, à travers ses tribulations, le chef de l'État s'est montré bien moins sûr de lui que le candidat. Il a même commis des fautes de goût impardonnables. En chute persistante dans les sondages, le voilà qui s'est lui-même condamné, pour les quatre ans qui viennent, à une éprouvante course-poursuite sur terrain mondialisé défavorable. Après avoir tant espéré de cet enthousiaste président de rupture qui promettait de ne pas leur mentir et de ne pas les trahir, le plus grave est que les Français sont retombés dans le doute. Ils sont redevenus schizophrènes: ils savent les réformes nécessaires mais ne croient plus en leur réussite. Du coup, des Cassandre avachis dans leur immobilisme prophétisent: "Ça va mal finir". C'est évidemment excessif... même si cela aurait pu beaucoup mieux commencer."

LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Olivier Picard

" Quand (Nicolas Sarkozy) a voulu faire bouger un pays engoncé dans ses immobilismes, il a eu raison. Raison encore quand il a voulu entreprendre toutes les réformes à la fois. Raison toujours, quand il a souhaité bousculer les conformismes. Mais il a sous-estimé la complexité d'une nation de 63 millions d'habitants qui ne se dirige pas comme une entreprise. Il a fait un bras d'honneur au temps. Il a négligé la solidarité. Quant à la crise mondiale, elle était largement prévisible et, si elle lui donne quelques circonstances atténuantes, elle ne l'exonère pas de s'être trompé par omission et par légèreté. Il a fait des erreurs, certes, et choqué avec des comportements provoquants, mais ce n'est pas son style, ni ses déboires affectifs, ni Cécilia, ni Carla, qui sont responsables de la désaffection de l'opinion. Son échec - peut être provisoire - il le doit surtout à une ambition sans boussole, en espérant qu'elle ne soit pas sans âme."


LA VOIX DU NORD
Hervé Faure

"(...) Lui qui voulait renvoyer au musée de la République ses prédécesseurs et leur façon de présider en monarque républicain s'est rendu compte un peu tard que les Français ne l'avaient pas élu pour cela; qu'ils étaient même beaucoup plus attachés qu'on pouvait l'imaginer à cette conception d'un président arbitre à la parole rare; qu'ils ne pouvaient admettre qu'un président de la République se mette au même niveau d'insulte qu'un pêcheur en colère ou qu'un visiteur mal embouché du Salon de l'agriculture. (...) Mais les Français n'attendent pas seulement de leur président qu'il renoue avec la hauteur de la fonction. Ils attendent aussi et surtout l'amélioration de leur situation promise par le +président du pouvoir d'achat+. Aujourd'hui Nicolas Sarkozy devrait annoncer une revalorisation des retraites au 1er septembre couvrant la hausse des prix en 2008. Là aussi il faut s'attendre au service minimum vu l'état des comptes du pays."


PARIS NORMANDIE
Michel Lepinay

"(...) On pourrait aligner ainsi les exemples, qui illustrent cette guerre de mouvement que Nicolas Sarkozy semble avoir déclaré à la société française. Pour son bien, pense-t-il. Au nom de la rupture, il secoue certitudes économiques et acquis sociaux, mais est aussi capable, lorsqu'il s'agit d'immigration ou d'éducation de réhabiliter vieilleries ou préjugés simplistes... juste pour rompre avec une idée de la modernité différente de la sienne. Ça part dans tous les sens, et du coup ça affole les sondages. Parce qu'on ne saura qu'après, s'il a vraiment réformé le pays, ou simplement mis la France cul par-dessus tête".


L'UNION
Hervé Chabaud

"(...) Après le bleu azur de mai 2007, le président peut-il évacuer le gris noir qui plombe l'horizon et le propulse bien bas dans les sondages? S'il veut reconquérir la part de son électorat qui n'a pas aimé sa façon d'être plus qu'il n'a détesté sa politique, il lui faut se recentrer sur le coeur des réformes nécessaires. Il dispose encore de quatre ans ce qui est peu et beaucoup à la fois. La conjoncture défavorable handicape le chef de l'Etat et le gouvernement mais comme depuis vingt-cinq ans on a préféré la statu quo aux changements indispensables face à un monde qui bouge, il arrive un temps où il est impossible de reculer. Nicolas Sarkozy a été élu pour agir. Il ne changera pas de cap mais les Français ont besoin de résultats pour retrouver du tonus et croire en l'avenir."
 
 
Vue de l'étranger : "Pas de champagne pour Sarkozy"
 
 
À l'heure où Nicolas Sarkozy célèbre son premier anniversaire à l'Élysée dans un climat morose, la presse internationale n'y va pas avec le dos de la cuiller. Pour El Pais, le chef de l'État est passé en un an "du ciel à l'enfer". Le quotidien espagnol épingle tour à tour son style ostentatoire, l'exhibitionnisme de ses histoires de coeur utilisées comme "écran de fumée", l'échec de sa principale promesse qui était de devenir le président du pouvoir d'achat mais aussi le séjour de Kadhafi en France.

Le bilan d' El Pais est cinglant : "Le succès est certain dans la vie privée mais dans la vie publique, c'est la chute libre." Le quotidien concède à peine l'existence d'un "effet Carla" qui serait en train de changer le chef de l'État.


Le quotidien suisse Le Temps a monté une petite pièce de théâtre pour retracer la première année de Nicolas Sarkozy à l'Élysée. Après le bling-bling de "l'excès de confiance" et de la "distraction sentimentale", l'horizon s'obscurcit. L'acte III correspond aux "réformes dans la brume" et l'acte IV sera - peut-être - celui du "rebondissement". Mais reste à savoir comment le chef de l'État va refaire surface. "L'avenir s'annonce difficile. L'espoir de rupture qui, en mai 2007, avait brièvement redonné le moral aux Français, a cédé la place à un pessimisme désabusé", note le quotidien.


"Il fait davantage que Chirac en douze ans"

L'International Herald Tribune dessine un avenir moins sombre. Vu la véritable "fascination" qu'il exerce en France, Nicolas Sarkozy a toutes les chances de rebondir d'ici la fin de son mandat, explique-t-il. Mais pas de quoi pavoiser pour autant. En titrant "Pas de champagne pour Sarkozy" pour souffler cette première bougie, l' IHT liste quelques réformes intéressantes mais non achevées, et dont le coût reste à évaluer.

Le magazine britannique The Economist file aussi la métaphore théâtrale. Tout au long de cette année, les décors ont changé et les costumes aussi. Nicolas Sarkozy a finalement troqué son jogging de président complètement "électrifié" et d'hyperprésident pour une tenue plus sobre. Mais la plume du journaliste n'est pas assassine. "Un an de fonction n'est pas suffisant pour évaluer définitivement le chef de l'État. En mettant sur les rails plusieurs de ces mesures, il a fait davantage que son prédécesseur Jacques Chirac en douze ans", juge The Economist .
 
 
NOUVELOBS.COM ET LE POINT/FR | 06.05.2008
 
 
 

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Commentaires

Le 06/05/2008 à 19:52, par impots-utiles
sur le terrain et dans les usines, le bilan est assez mitigé...
meme si les employés ont pour la plupart pu bénéficier des avantages liés aux heures supplémentaires , leur pouvoir d'achat n'a pas augmenté pour autant à cause de la hausse du prix de la vie...
travailler plus pour gagner moins ?

http://www.impots-utiles.com/1-an-de-sarkozysme-premier-bilan-sur-le-terrain-video.php

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