Vue de l'étranger : "Pas de champagne pour Sarkozy"
À l'heure où Nicolas Sarkozy célèbre son premier anniversaire à l'Élysée dans un climat morose, la presse internationale n'y va pas avec le dos de la cuiller. Pour
El Pais, le chef de l'État est passé en un an "du ciel à l'enfer". Le quotidien espagnol épingle tour à tour son style ostentatoire, l'exhibitionnisme de ses histoires de coeur utilisées comme "écran de fumée", l'échec de sa principale promesse qui était de devenir le président du pouvoir d'achat mais aussi le séjour de Kadhafi en France.
Le bilan d'
El Pais est cinglant : "Le succès est certain dans la vie privée mais dans la vie publique, c'est la chute libre." Le quotidien concède à peine l'existence d'un "effet Carla" qui serait en train de changer le chef de l'État.
Le quotidien suisse
Le Temps a monté une petite pièce de théâtre pour retracer la première année de Nicolas Sarkozy à l'Élysée. Après le bling-bling de "l'excès de confiance" et de la "distraction sentimentale", l'horizon s'obscurcit. L'acte III correspond aux "réformes dans la brume" et l'acte IV sera - peut-être - celui du "rebondissement". Mais reste à savoir comment le chef de l'État va refaire surface. "L'avenir s'annonce difficile. L'espoir de
rupture qui, en mai 2007, avait brièvement redonné le moral aux Français, a cédé la place à un pessimisme désabusé", note le quotidien.
"Il fait davantage que Chirac en douze ans"
L'International Herald Tribune dessine un avenir moins sombre. Vu la véritable "fascination" qu'il exerce en France, Nicolas Sarkozy a toutes les chances de rebondir d'ici la fin de son mandat, explique-t-il. Mais pas de quoi pavoiser pour autant. En titrant "Pas de champagne pour Sarkozy" pour souffler cette première bougie, l'
IHT liste quelques réformes intéressantes mais non achevées, et dont le coût reste à évaluer.
Le magazine britannique
The Economist file aussi la métaphore théâtrale. Tout au long de cette année, les décors ont changé et les costumes aussi. Nicolas Sarkozy a finalement troqué son jogging de président complètement "électrifié" et d'hyperprésident pour une tenue plus sobre. Mais la plume du journaliste n'est pas assassine. "Un an de fonction n'est pas suffisant pour évaluer définitivement le chef de l'État. En mettant sur les rails plusieurs de ces mesures, il a fait davantage que son prédécesseur Jacques Chirac en douze ans", juge
The Economist .