"On a atteint d'une certaine manière le point de non retour", a expliqué le président de l'UNL, Florian Lecoultre.
Jeudi soir, le syndicat UNL a appelé à participer à une nouvelle journée de mobilisation lancée par le SNUipp (enseigannts du primaire) mardi en Ile-de-France.
Au cinquième jour de mobilisation en quinze jours, les manifestants étaient entre 19.000 (police) et 35.000 (UNL et Fidl, les deux syndicats lycéens) à défiler entre le jardin du Luxembourg et la station de métro Saint-François-Xavier.
Mardi dernier, ils étaient entre 8.500 (police) et 25.000 personnes (syndicat Fidl) à Paris.
Les manifestants protestaient notamment contre les 11.200 suppressions de postes prévues à la rentrée prochaine, dont 8.830 dans l'enseignement public.

Jeudi, les enseignants, répondant à une intersyndicale, et les étudiants de l'Unef sont venus grossir les rangs du cortège, qui a défilé sans incident.
Quelques moments ont été tendus en tête de manifestation: mouvements de foule, jets de projectiles contre les forces de l'ordre, utilisation de gaz lacrymogènes par la police, qui a procédé à moins d'une vingtaine d'interpellations, selon la préfecture de police (PP).
En province, les manifestants étaient au moins 14.130 (police).
Des enseignants du second degré ont aussi fait grève en Ile-de-France: ils étaient 12% à Paris, 10,78% dans l'académie de Créteil et 17,22% dans celle de Versailles selon les chiffres du ministère.
Le Snes-FSU, principal syndicat des collèges et lycées, a fait état de 40% de grévistes dans l'académie de Créteil et de "plus de 50%" dans les collèges des Hauts-de-Seine.
"C'est une journée réussie, nous avons doublé le chiffre de manifestants à Paris, et des villes de province se mobilisent bien", a affirmé à l'AFP Florian Lecoultre, président de l'UNL. "Un rapport de force s'instaure vraiment" avec le gouvernement, a estimé Alix Nicolet, présidente de la Fidl.

Les lycéens demandent notamment au gouvernement de revenir sur les 11.200 suppressions de postes prévues à la rentrée prochaine, dont 8.830 dans l'enseignement public. (AFP/Guay)
Le ministre doit recevoir successivement vendredi ces deux syndicats, et lundi la FSU (première fédération de l'enseignement), mais sur la réforme du lycée.
Interrogé au Sénat jeudi, M. Darcos a campé sur ses positions. Les lycéens "ont raison de s'inquiéter de leur avenir mais c'est un mensonge de leur faire croire que la question du lycée est une question quantitative", a-t-il déclaré.
"Il faut réformer le lycée. Ce n'est pas parce que l'on sera 100 de plus ou 100 de moins que les choses changeront", a-t-il dit.
En province, où 12 académies sont en vacances, des manifestations ont eu lieu à Grenoble (5.500 à 9.000 personnes selon la police ou les lycéens), à Toulouse (1.500 à 3.000), à Lyon (1.200 à 1.500), ou encore Valence (2.500), Chambéry (un millier) et Saint-Etienne (un millier), selon des informations recueillies par les bureaux de province de l'AFP.
Ils étaient encore 600 à Bordeaux ou 300 à Dinan.

Selon l'UNL, au moins 200 lycées ont été bloqués ou mobilisés dans toute la France, dont au moins une vingtaine à Paris.
Des élus communistes, des parents d'élèves et des professeurs ont par ailleurs dénoncé à plusieurs reprises la brutalité des interventions policières envers les lycéens à Paris comme dans le Val-de-Marne lors de manifestations et de blocages.
Le mouvement a reçu le soutien de 16 organisations de l'Education (fédérations de l'Education, parents d'élèves des syndicats étudiants et lycéens), du PCF et du PS
AFP