Au Parti socialiste, il y a aujourd'hui la cour des grands et la cour des petits. La première est celle des présidentiables pour 2012, avec Ségolène Royal et Bertrand Delanoë et, en embuscade, François Hollande qui ne peut plus rempiler comme premier secrétaire mais juge "possible" d'être candidat à l'Elysée. Dans la seconde cour, celle des petits, se bousculent les candidats virtuels ou déclarés à la succession de François Hollande.
Chez les "petits candidats", il y a trois catégories : les casques bleus, les réservistes et les leurres.
Les casques bleus renoncent par avance à toute ambition présidentielle et font leur devoir pour empêcher le choc Royal-Delanoë.
Député du Doubs, ancien ministre de Lionel Jospin, Pierre Moscovici, proche de Dominique Strauss-Kahn, agit en toute autonomie et défend une ligne réformiste. Son atout? Il dispose d'une vraie crédibilité. Son handicap? Aux yeux de l'aile gauche, il est trop marqué à droite.
Député de l'Essonne, Julien Dray, après avoir été proche de Ségolène Royal est revenu dans le sillon de François Hollande. Son atout? Il se veut oecuménique et joue collectif. Son handicap? Il s'est allié successivement avec tous les courants et est jugé trop manoeuvrier pour rassembler.
Les réservistes sont dans les starting-blocks, candidats de substitution pour le cas où leur champion n'irait pas à la bataille
Du côté de Royal:
François Rebsamen, numéro deux du PS et maire de Dijon, se dévouerait d'autant plus facilement qu'il rêve d'être premier secrétaire. Aux yeux de l'aile gauche, il incarne l'alliance au centre qu'elle récuse.
L'ancien ministre Michel Sapin ou le député européen Vincent Peillon sont prêts... au cas où.
Du côté de Delanoë:
l'ancien ministre Jean Glavany aurait pu y aller s'il n'avait été battu aux municipales à Tarbes. Harlem Désir, député européen, pourrait se présenter si le maire de Paris n'y va pas.
Les leurres entretiennent une petite musique pour eux ou leurs mentors.
Président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone estime "avoir le profil" mais sait que l'élection d'un fabiusien est improbable.
Il en est de même pour Jean-Christophe Cambadèlis, député de Paris, qui roule pour M. Strauss-Kahn.
L'ancienne ministre Marylise Lebranchu, proche de Martine Aubry, "n'exclue rien". Mais la ville de Morlaix dont elle a été maire est passée à droite.
La maire de Lille, qui a peu de troupes, ne brigue pas le poste de premier secrétaire. Mais elle est résolue à faire barrage à Ségolène Royal sans toutefois soutenir Bertrand Delanoë.