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Il n'y a pas de conditions à la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie des Jeux de Pékin, ont assuré la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, contrairement à ce qu'elle avait affirmé, et le ministre des Affaires étrangères.
Confusion? Double langage? Ballons d'essais? Drôles de méthodes pour une équipe compétente et préparée!!!
La secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, a démenti samedi 5 avril avoir parlé de conditions à la présence du président Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août.
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, invité du journal de France 2, a lui aussi assuré qu'il n'y avait "pas de conditions à la position de la France", tout en appelant à un dialogue entre la Chine et le dalaï-lama. A deux jours du passage de la flamme olympique à Paris, Rama Yade a fait monter la tension en évoquant dans une interview accordée au journal Le Monde "trois conditions indispensables" pour que le chef de l'Etat assiste à la cérémonie d'ouverture, parmi lesquelles l'ouverture d'un dialogue entre la Chine et le dalaï-lama, le chef spirituel des Tibétains accusé par Pékin d'avoir fomenté les récents troubles au Tibet. "Exprimer la position de la France" "Je tiens à indiquer que, lors de l'entretien que j'ai donné à un journaliste du Monde, le terme de 'conditions' n'a pas été employé", a-t-elle déclaré ensuite dans un communiqué. Contacté, le quotidien a déclaré au contraire avoir "fidèlement retranscrit les propos de Rama Yade". Dans son communiqué, la secrétaire d'Etat dit avoir veillé, "comme depuis le début de la crise au Tibet, à exprimer la position de la France en termes précis". "Le président de la République a déclaré que toutes les options sont ouvertes, qu'il se prononcera, le moment venu, en fonction de l'évolution de la situation au Tibet quant à sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques", ajoute-t-elle en faisant allusion à des déclarations de Nicolas Sarkozy le 25 mars à Tarbes. Bernard Kouchner a aussi estimé que la position de la France avait été "très bien énoncée" par le président de la République mais à repris à son compte les trois éléments évoqués par Rama Yade. "Tout est ouvert" Dans l'entretien retranscrit par Le Monde, Rama Yade explique que le chef de l'Etat "prendra sa décision au regard de l'évolution des événements actuels et s'exprimera après avoir consulté nos partenaires européens, car il parlera alors en tant que président en exercice de l'Union européenne". "Néanmoins, trois conditions sont indispensables pour qu'il s'y rende", ajoute-t-elle en citant "la fin des violences contre la population et la libération des prisonniers politiques, la lumière sur les événements tibétains et l'ouverture du dialogue avec le dalaï-lama". Pour Bernard Kouchner, "en fonction de l'évolution le président décidera, tout est ouvert, la position n'est pas arrêtée, l'évolution nous importe, et c'est vrai la fin des violences, l'ouverture du Tibet et puis bien entendu le dialogue avec l'homme qui personnifie l'autonomie au Tibet - et non pas l'indépendance". Le rôle du ministre des Affaires étrangères, a-t-il noté, est de tenter de rapprocher Pékin et le dalaï-lama, qu'il a précisé avoir au téléphone deux à trois fois par semaine. "Il n'y a pas de condition à la position de la France, ce serait vraiment torpiller une éventuelle participation au dialogue", a souligné Bernard Kouchner. Dans l'article du Monde, Rama Yade estime que la Chine "sans les droits de l'Homme ne sera jamais une véritable grande puissance". "A ce jour, la Chine a mené une politique d'assimilation en colonisant les zones tibétaines, ce qui a marginalisé sa population. (...). Enfin, rien que pour 2007 on compte 132 moines arrêtés pour des motifs politiques", a-t-elle dénoncé. Ce jour-là M. Sarkozy avait déclaré que "toutes les options étaient ouvertes" sur un éventuel boycott de la cérémonie d'ouverture des JO. Avant le démenti de Rama Yade, les organisateurs des JO avaient estimé qu'un boycott relèverait d'une "décision personnelle", sans incidence sur l'événement. En revanche, les "conditions" avaient été accueillies avec enthousiasme par Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF). "Cela montre que les choses sont en train de bouger du côté des autorités françaises", avait-il jugé. Un représentant du dalaï-lama en France s'était aussi réjoui. "Nous souhaitions depuis longtemps que la France (...) pays des droits de l'Homme, hisse son drapeau et fasse entendre sa voix", a déclaré Wangpo Bashi, secrétaire général du Bureau du Tibet à Paris. Un sondage CSA paru samedi dans Libération indique que 62% des Français sont favorables au boycott de la cérémonie d'ouverture des JO par M. Sarkozy, contre 53% il y a deux semaines. Par ailleurs, la pression monte en France avant le passage lundi à Paris de la flamme olympique. A cette occasion, RSF prévoit de mener des actions "symboliques, spectaculaires". Benjamine du gouvernement, Mme Yade, d'origine sénégalaise, est l'un des symboles de la diversité voulue par M. Sarkozy. Elle s'était illustrée par ses propos lors de la visite du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en décembre, en affirmant que la France n'était "pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits". Elle avait ensuite modéré ses propos et M. Sarkozy lui avait renouvelé sa confiance.
"J'aimerais plutôt être à Dharamsala" (Reuters). |