Ségolène Royal rayonnait, hier, à l'heure de sa première réception à la mairie d'Angoulême conquise par son poulain Philippe Lavaud. La présidente de la Région a aussi visité le musée rénové
L'escalier d'honneur de la mairie d'Angoulême ne compte pas assez de marches. « Je déguste ce moment », lâche Ségolène Royal, à l'heure de gravir l'auguste édifice municipal jusqu'aux ors des grands salons. Philippe Lavaud ne boude pas son plaisir et guide sa présidente dans le bureau qu'il occupe désormais, le temps d'évoquer des dossiers « entre quat'zieux ».
Dans la salle du Conseil municipal qui penchera à gauche pour les six prochaines années, une flopée d'élus, maires et conseillers généraux, patientent devant les petits fours. L'instant est solennel, mais détendu.
Alors que la pendule va bientôt sonner treize heures, Ségolène Royal fait son entrée, souriante, heureuse de prendre pied dans une mairie conquise à la force du poignet. Il est vrai que, pendant la campagne, la médiatique Ségolène n'a pas mégoté son soutien à son collègue de banc régional.
L'intéressé le sait bien. Et ne se prive pas de lui rendre un hommage appuyé, maniant un vousoiement respectueux, mais contre-nature à l'égard de celle dont il se sent proche. Philippe Lavaud appuie sur la communauté d'esprit, sur ces « dossiers régionaux qui n'ont pas atteint Angoulême jusqu'à aujourd'hui », mais qui devraient arriver désormais à destination, si l'on s'en tient aux intentions affichées hier.
Car Ségolène Royal s'applique à aller dans le même sens que son hôte. Et rend compte de « ce travail très étroit » à venir entre les collectivités territoriales d'ici, de la cité à la Région et au Département, représenté hier par Michel Boutant, « pour le bien-être des habitants, dans un souci de bonne gestion des dépenses publiques ».
Tirant verbalement l'oreille à l'État pour son désengagement financier, Ségolène Royal se dit persuadée que « tout le monde va maintenant tirer dans la même direction ». Elle parle des énergies renouvelables, invite Angoulême à s'inscrire dans le plan voltaïque régional et plaide pour « la venue dans la région d'une usine de construction de panneaux solaires ». Localement, la présidente défend les bourses tremplin emploi, ce qui lui vaudra d'effectuer un crochet du côté de bénéficiaires à Ma Campagne, et annonce le « déblocage du dossier de la piste d'athlétisme du lycée Charles-Coulomb ».
Musée magnifique
S'ensuit la première visite de Ségolène Royal dans le musée rénové des Beaux-arts que Philippe Mottet, contraint par les urnes à céder sa place, n'inaugurera pas. Une visite informelle, puisque le ruban ne sera coupé qu'à la fin mai. N'empêche, Mme Royal goûte avec délice aux explications de Monique Bussac, sur Néandertal ou les peintres régionaux qui font face aux toiles flamandes, selon un agencement bien senti? Les élèves de l'école de Châteauneuf n'en reviennent pas de voir « Ségolène pour de vrai », à l'aise comme jamais dans les rues de la cité des Valois.
« C'est vraiment un musée magnifique, avec des pièces uniques au monde », souligne Ségolène Royal, fascinée par la collection exotique du docteur Lhomme, avant de rejoindre Mouthiers-sur-Boëme, ultime étape de cette virée charentaise.
Hier, il ne fut pas question de l'avenir de Philippe Lavaud à la Région. L'édile angoumoisin devra bientôt lâcher l'un de ses mandats à la Région ou au Département. Et l'on mettrait bien une pièce sur sa préférence à conserver sa place à côté de Michel Boutant. Mais, hier, le soleil brillait trop sur la gauche charentaise pour se perdre dans des supputations politiciennes.
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