La limite d'inscription est légalement fixée au 31 décembre, mais deux émissaires du palais présidentiel se sont présentées le 3 janvier à la mairie du VIIIe pour accomplir en son nom et avec sa carte d'identité les formalités nécessaires à l'inscription du nouveau locataire de l'Elysée, grâce donc à des documents antidatés. Toujours selon l'hebdomadaire satirique, le maire du VIIIe François Lebel, informé le 4 janvier de ces faits, aurait «piqué une colère homérique», et appelé, furieux, l'Elysée. Il aurait été apaisé, écrit le journal par l'annonce qu'il allait marier Nicolas Sarkozy et Carla Bruni peu après et serait «soutenu officieusement» dans sa candidature dissidente aux municipales.
Sollicité, l'Elysée n'a pas réagi à cette information, se contentant de renvoyer au commentaire suivant du secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant au Canard enchaîné: «Tout ce que je sais de ce dossier, c'est qu'à la fin de l'an dernier on s'est posé la question de faire voter le président sur son lieu de résidence. Je ne peux rien vous dire de plus».
Vérifications de la mairie de Paris
Quant à François Lebel, réélu samedi maire du VIIIe après s'être présenté en dissident contre l'UMP Pierre Lellouche, il assure que «les maires d'arrondissements parisiens n'ont aucun pouvoir ni direct, ni indirect, ni hiérarchique sur les personnels des bureaux des élections et leur fonctionnement». Il a qualifié la réaction qui lui est prêtée de «pure spéculation et totale invention. J'en récuse chaque mot et me réserve de donner à ce pur roman les suites éventuelles qu'il mérite».
Egalement interrogée, la Mairie de Paris a déclaré «découvrir le problème». Selon une source à la Mairie, elle va faire procéder à des vérifications, mais celles-ci seront assez «longues et fastidieuses». Le service Elections du ministère de l'Intérieur a de son côté assuré n'avoir pas connaissance de l'article du Canard. Il s'est contenté de rappeler que la loi (article L30 du code électoral) avait prévu dans certaines circonstances la possibilité pour un électeur de s'inscrire au-delà du 31 décembre : fonctionnaires mutés, militaires renvoyés dans leurs foyers, personnes acquérant la nationalité française après le 31 décembre, jeunes devenant majeurs et ceux qui ont recouvré leurs droits civiques après en avoir été privés par décision de justice.
Seuls peuvent apprécier si l'inscription hors délai est ou non justifiée les commissions de révision des listes et le juge d'instance s'il est saisi par un électeur, prévoit le code. Le ministère de l'Intérieur précise encore que si la demande a été déposée avant le 31 décembre et examinée après, elle est valable.
Le figaro.fr