Ségolène Royal a indiqué jeudi matin qu'elle n'était pas favorable à un allongement de la durée de cotisation de retraite à 41 annuités. "Pas dans ces conditions", a-t-elle lancé. "C'est impossible et injuste d'augmenter la durée de cotisation tant qu'aucune solution ne sera apportée au chômage des seniors, pour les métiers pénibles et quant au niveau des petites retraites", a-t-elle déclaré sur RTL.
"C'est le gouvernement qui a vidé les caisses avec le paquet fiscal"
Sur les difficultés financières du pays, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle a estimé que "c'est le gouvernement qui a vidé les caisses avec le paquet fiscal". "Quinze milliards d'euros qui auraient pu servir à créer la croissance, un choc de confiance", a-t-elle fait remarquer. La présidente de Poitou-Charentes a par ailleurs souligné qu'elle ne voyait pas "d'efforts de transparence du gouvernement".
"Les parlementaires socialistes ont demandé un audit. Comment croire un président qui dit que les caisses sont vides et qu'il n'y a plus rien à distribuer, quand son Premier ministre explique dans le même temps que tout va bien... qu'il n'y aura pas de plan de rigueur", a-t-elle dit. Ségolène Royal a dénoncé les tentatives du gouvernement de transférer des charges vers les collectivités locales, affirmant que "le gouvernement envisageait maintenant de transférer aux communes la charge des écoles maternelles".
"Une forme d'inertie des démocraties" face à Pékin
Quant à un éventuel boycott des Jeux olympiques de Pékin, Ségolène Royal a déploré "une forme d'inertie des démocraties", tout en saluant la prise de position courageuse de la chancelière allemande, Angela Merkel. "Plus on attend et plus la menace d'un boycott est inefficace. Il faut que plusieurs pays fassent la démarche en même temps", a-t-elle estimé.
Sur les propos du premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qui a récemment indiqué qu'il faisait partie des personnalités candidates pour la prochaine présidentielle, Ségolène Royal a répondu qu'elle "ne s'occupe pas de 2012" mais "d'aujourd'hui". "Nous verrons le moment venu", a-t-elle précisé, tout en admettant "réfléchir" à une éventuelle candidature à la direction du PS avant le prochain congrès de novembre.
"On ne connaît pas les risques d'enlisement en Afghanistan"
Enfin, l'ex-candidate à la présidentielle a refusé de commenter la venue de Carla Bruni à Londres qui accompagne son mari Nicolas Sarkozy pour sa visite officielle en Grande-Bretagne. "Moi je parle politique, je crois qu'il faut que la France soit bien représentée mais vous ne trouverez jamais dans ma bouche le moindre propos qui dénigre la fonction (...) Je souhaite que le président de la République soit à la hauteur de sa fonction, ce qui n'est pas encore tout à fait le cas", a-t-elle lâché.
"Ce qui m'a surpris, peut-être choquée, c'est que Nicolas Sarkozy ait parlé de l'engagement de la France en Afghanistan devant les parlementaires britanniques alors qu'il n'y a pas eu le moindre débat devant les parlementaires français", a lancé Ségolène Royal. "Je ne suis pas favorable au renforcement de la présence française en Afghanistan dans le contexte actuel où on ne connaît ni les risques d'enlisement ni les garanties qui sont prises pour protéger nos soldats", a-t-elle conclu.
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