PHILIPPE LAVAUD. --Le candidat socialiste a ouvert sa campagne hier, devant près de 150 personnes à la MJC de La Grande-Garenne. Avec des élus PS au soutien.
Les ballons rose et rouge ont été accrochés partout dans la salle. Sur les chaises, des affiches portant le slogan de campagne (« De nouvelles chances, une nouvelle ambition ») s'offrent aux Angoumoisins qui n'ont pas manqué de remplir la MJC de La Grande-Garenne, hier soir, pour le premier meeting de Philippe Lavaud.
Le candidat socialiste n'a pas choisi le lieu au hasard. On est ici sur « un terrain propice » pour la gauche, sur les terres du conseiller général et régional en quête du siège de premier magistrat de la cité des Valois. Bref, l'endroit idoine pour se lancer dans un marathon électoral de deux mois.
« Chance historique ». Tous, à commencer par le chef d'orchestre de la cérémonie, Lucien Renaud, parlent d'une « chance historique » et semblent impatients d'en découdre avec le maire sortant, cloué d'emblée au pilori par Frédéric Sardin. « Nous avons face à nous une liste non pas municipale, mais ministérielle. Dati, Morin et bientôt Darcos et Albanel. Peut-être aurons-nous le plaisir de célébrer les noces de Carla et Nicolas », ironise le conseiller général de La Grand-Font, tout en moquant « le slogan de campagne de l'adversaire : l'avenir ensemble. Curieux de la part de quelqu'un qui semble d'abord inquiet pour son propre avenir » (voir l'affaire Mottet-Borloo dans notre édition d'hier et page précédente).
Dans la foulée, Jeanine Guinandie joue sur la fibre sociale, évoque « une impatience qui n'est pas feinte » puisqu'il s'agit de « construire une ville dynamique, solidaire, où la démocratie participative se vit au quotidien ». Et la conseillère générale de rappeler l'action du Département sur la baisse du nombre d'allocataires du RMI en Charente ou l'instauration du RSA. « Redonner leur chance à ceux qui en ont besoin, c'est ce qui fait défaut aujourd'hui à Angoulême. »
Le maire de Saint-Yrieix, Denis Dolimont, apporte « le soutien de tous les élus de gauche de la Comaga », s'étonne de voir Philippe Mottet « récupérer le travail des autres » en matière de développement durable et parle d'une agglomération « bloquée par un président qui n'a pas le courage d'ouvrir les dossiers? La chance de l'agglo, c'est Lavaud ».
« Véritable rupture ».
Victorieuse de Philippe Mottet aux dernières législatives, Martine Pinville dit qu'elle fera « tout pour écarter le maire actuel de ses fonctions ». Et se prend à rêver d'une gauche « en capacité de gérer, non seulement le Département et la Région, mais aussi des villes comme Angoulême, Cognac, Soyaux et Confolens ».
L'autre député présent, Jean-Claude Viollet, parle de la nécessité « d'une véritable rupture » avec la majorité en place « trahie par son bilan ». Et face au « laminage social, à l'injustice fiscale » du gouvernement, apporte son « total soutien » à Philippe Lavaud, « le meilleur des nôtres à Angoulême ».
Le président du Conseil général, Michel Boutant, conclut la pluie de compliments, en affirmant que « plus personne ne peut dire que la gauche ne sait pas gérer en Charente. Depuis quatre ans, avec Philippe Lavaud, en tant que vice-président aux finances, la dette du Département, laissée par nos prédécesseurs, a baissé sans que les impôts n'aient augmenté. »
Deux ultimes interventions avant le candidat : président de Rés'eau, mal-voyant, Joël Lachaud plaide pour que « les personnes atteintes d'un handicap ne soient pas à côté, mais avec les autres ». Et Anissa Asharki, « une Angoumoisine qui rêve que sa ville rayonne », vice-présidente de Dynamique Angoulême, laisse parler son enthousiasme et cite Ségolène Royal.
Télé locale.
Vient alors le tour du candidat. Bras levés vers le ciel, Philippe Lavaud se laisse porter par les applaudissements avant d'entamer son propos. « Nous devons ensemble saisir nos chances de changer la vie à Angoulême? Des municipalités progressistes sont indispensables pour que s'instaure un contre-pouvoir à l'échelon local. »
Philippe Lavaud évoque « un projet qui permette de repartir de l'avant ». Au premier rang duquel il place l'éducation : « conditions d'accueil optimales dans les crèches », « favoriser la pratique du sport », « gratuité scolaire et achat de matériel éducatif », « enseignement supérieur renforcé ».
Pour Lavaud, l'attractivité économique du territoire passe par « un nouvel élan de coopération intercommunale ». Et par un partenariat entre les principales villes « pour que celles-ci se parlent enfin, afin d'éviter que chacun ne se réfugie dans son pré carré ».
Favoriser l'accès au logement, instaurer le microcrédit municipal pour les jeunes, imaginer des structures intermédiaires « qui manquent à Angoulême » pour les personnes âgées et même création d'une chaîne de télévision locale, réouverture d'une piscine de proximité ( ovation ! ), priorité à la médiathèque et programme de reconquête du fleuve? Tout en « refusant l'augmentation des impôts », Philippe Lavaud égrène les propositions qui formeront le socle de sa campagne. Il lui faut maintenant convaincre.
Sudouest Edition du 12 janvier 2008