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Ségolène Royal se lance à l'assaut du PS

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 03/01/2008 à 21:31 :: Pour un congrès serein et utile

 

 

 

 

 

Royal se lance à l'assaut du PS et

essuie un tir de barrage 

 

Forte du succès de son livre, Ségolène Royal a affiché jeudi sa volonté de se porter candidate pour diriger le PS en 2008, si elle parvient à "rassembler les socialistes", déclenchant aussitôt un tir de barrage au sein du parti.

L'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle a assuré sur France 2 vouloir "aller jusqu'au bout de ce qu'(elle) avait entamé au cours de cette campagne présidentielle pour rénover la gauche".

"Si je suis capable de rassembler les socialistes sur cette offre politique, j'irai jusqu'au bout de cette démarche", a assuré la présidente du Poitou-Charentes. Elle était alors interrogée sur le congrès des socialistes prévu avant ou après l'été 2008 et le remplacement de l'actuel premier secrétaire François Hollande, son ancien compagnon et père de ses quatre enfants.

Certes, dans l'ouvrage "Les Coulisses d'une défaite", paru dans la foulée des législatives de juin, elle se portait déjà candidate au poste de Premier secrétaire si son "projet de rénovation" était "majoritaire" au congrès.

Mais la donne était différente. Autre poids lourd du PS, le maire de Paris, Bertrand Delanoë apparaît de plus en plus en piste aux yeux de nombreux socialistes et leur affrontement pourrait être "le" match du congrès. M. Delanoë répète ne "rien programmer", mais n'exclut pas que s'il doit "donner plus", il le fera "de bon coeur". Le maire doit d'abord mener la bataille aux municipales de mars.

Huit mois après son échec à la présidentielle, Ségolène Royal semble rassérénée. Ses partisans se réjouissent de cette déclaration: "Elle se devait de faire un bilan. Elle a soldé les comptes et rendu des comptes dans son ouvrage et est tournée vers l'avenir", note le sénateur royaliste de Paris David Assouline.

Son ouvrage "Ma plus belle histoire c'est vous", paru il y a précisément un mois, figure toujours parmi les meilleures ventes.

Interrogé par l'AFP, M. Assouline lance: "Qui pouvait douter que si Ségolène Royal est en capacité de rassembler son parti le plus largement possible autour d'une offre politique de gauche et rénovatrice, elle ne prendrait pas toutes ses responsabilités? Pas moi!"

"C’est un peu tôt", lâche Jean-Louis Bianco. Le député des Alpes de Haute-Provence, qui fut son directeur de campagne pour la présidentielle, s’interroge : "Désigner un présidentiable en 2008, c’est prendre le risque d’engager une bataille de personnes très tôt. Ça peut user Ségolène Royal pour 2012.

" Une opinion partagée par d’autres proches de la présidente de la région Poitou-Charentes, à l’image de l’ancien Premier ministre Pierre Mauroy ou des députés Michel Sapin et Patrick Bloche.

Dans l'entourage politique de Ségolène Royal, qui se réunit boulevard Raspail tous les mardis matins, deux camps s'affrontaient sur la stratégie à adopter pour l'année 2008: partisans d'une annonce rapide avant les municipales et tenants d'une temporisation, François Rebsamen en tête.

"Elle n'avait pas le choix, il fallait qu'elle se lance très vite", estime un membre de la direction du PS. "Après mars, (Bertrand) Delanoë va prendre son envol et ce sera beaucoup plus dur pour elle d'exister".

C'est justement cette concomitance avec les municipales qui dérange Jean-Christophe Cambadélis. "Les présidentiables devraient penser à ceux qui 'en bas' travaillent pour contrer le gouvernement et réussir les municipales", déclare le député de Paris dans un communiqué.

"Au moment où les Français sont confrontés à une rafale de hausses et la perspective de mauvais coups du gouvernement, l'annonce de la ronde des présidentiables n'est pas inattendue mais vraiment malvenue", déplore-t-il


Le député Arnaud Montebourg a demandé d'éviter "à tout prix une primaire interminable entre des présidentiables qui s'affronteraient dès maintenant jusqu'en 2012", brandissant sur RMC le spectre du congrès de Rennes où en 1990, les socialistes s'étaient déchirés.
Des proches de DSK et de Montebourg ont mis en garde en décembre contre un Congrès de 2008 qui "ne doit pas être un congrès de pré-désignation" du candidat à la présidentielle.

Leur credo ? "Sortir du piège de la présidentialisation exclusive du parti qui conduit le plus souvent à la crise."

Leur méthode ? "Organiser de véritables élections primaires au sein de notre électorat, à l’extérieur du parti, selon des règles d’ouverture large expérimentées par les gauches italiennes."

Le moment idéal pour l’organisation de ces primaires ? 2010, conformément à l’agenda de la rénovation fixé en juin dernier par François Hollande.

Pierre Moscovici disponible pour conduire un collectif

D’ici là, la majorité des piliers du PS s’accordent sur l’idée d’une équipe dirigeante emmenée par un premier secrétaire non présidentiable. "Il faut reconstruire le parti sur l’idée de rassemblement, pas de division", explique Arnaud Montebourg. Pierre Moscovici est du même avis. "Maintenant, il faut mettre le parti au travail. Les priorités sont de rénover notre pensée, de réfléchir à la question des alliances et de travailler notre discours." L’ancien ministre des Affaires européennes ne nie pas se sentir apte à jouer ce rôle et briguer la tête du PS. "Je suis disponible pour conduire un collectif, pour construire un programme de travail et mener une rénovation de fond.

L'eurodéputé Benoît Hamon a jugé, lui, qu'elle n'était pas "la plus légitime pour incarner la rénovation et la refondation du Parti socialiste".

Laurent Fabius, interrogé par l'AFP, n'a pas souhaité réagir sur le moment.

Claude Bartolone, député PS de Seine-saint-Denis et proche de Laurent Fabius, réagit vivement aux propos de Ségolène Royal.
"Cette déclaration n'est pas une surprise. Cela fait une demi-douzaine de fois que Ségolène Royal laisse entendre qu'elle souhaite prendre le PS au prochain congrès. Mais cette fois, c'est une vraie faute politique. Sa première déclaration de l'année 2008 laisse entendre que la préoccupation des socialistes pour 2008 se résume à un projet individuel pour le congrès. Or, les Français peuvent enfin mesurer la politique de Nicolas Sarkozy, ses lacunes en matière de logements sociaux, le pouvoir d'achat, la sécurité sociale. Ces questions doivent être nos priorités.
Les militants que je rencontre sur le terrain attendent des dirigeants socialistes qu'ils proposent un véritable projet alternatif. Encore plus en période de campagne électorale pour les municipales ! Les discussions pour savoir qui sera notre prochain premier secrétaire viendront plus tard. Et celles pour désigner notre prochain candidat à la présidentielle de 2012 se feront dans le cadre d'une discussion avec nos partenaires de gauche."

D'autant, qu'il y a risque d'érosion au PS: Selon Le Canard Enchaîné, François Rebsamen numéro deux du parti, craint pour 2008 une baisse de 40% des adhérents.

Un sondage CSA/Valeurs actuelles à paraître vendredi montre que pour 56% des Français, les interventions et prises de position du PS "vont plutôt dans le mauvais sens".
 

Même au conditionnel, ces déclarations marquent une étape importante pour Ségolène Royal, qui restait jusqu'alors évasive sur ses projets au sein du PS.

"J'avance. Je n'ai pas de stratégie particulière, la politique c'est d'avancer, pas de faire du surplace", a-t-elle confié jeudi soir à quelques journalistes.

Que pense-t-elle des réactions que ses déclarations ont provoquées? "Pas grand chose", a-t-elle lâché après avoir rendu visite à José Bové, qui a entamé une grève de la faim pour réclamer un "véritable moratoire" sur les OGM.

"Ce n'est pas une accélération mais une progression. Elle fait un pas auprès l'autre mais le point d'arrivée n'est pas encore défini", confirme à Reuters Jean-Louis Bianco, son ancien directeur de campagne présidentielle.

"Elle prend ses responsabilités et a le mérite de la clarté. Ses déclarations brouillent le jeu d'apparatchiks qui continuent à essayer de jouer le congrès en catimini", ajoute le député des Alpes-de-Haute-Provence.

Après plusieurs visites sur le terrain à dominante sociale au mois de décembre, elle est annoncée le 12 janvier à Saint-Brieuc, dans les Côtes d'Armor, une ville gagnée par l'UDF en 2001 après trente années de gestion municipale de gauche.

Elle a également annoncé sa présence au troisième et dernier "forum de la rénovation" du PS fin janvier après avoir été absente lors des deux premiers.



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