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| Confolens: «Je veux être le symbole de l'ouverture» |
Madeleine Ngombet entre en campagne à Confolens. La première femme noire à viser la fonction de maire en Charente
Madeleine Ngombet a officiellement été investie par le Parti socialiste pour conduire une liste de gauche à Confolens en mars 2008. La candidate lancera sa campagne lundi avec un courrier envoyé à tous les Confolentais, puis une série de «réunions de proximité» en novembre. En attendant de présenter son programme et son projet, en début d'année, elle s'explique.
Le Parti socialiste vous a confirmée aux municipales à Confolens. Qu'est-ce qui vous motive dans ce combat?
Madeleine Ngombet. J'y vais parce que j'aime Confolens, que j'ai décidé de vivre à Confolens. Je veux défendre cette ville, sa population, ce pays pour lequel j'ai eu un coup de foudre, il y a dix ans. Ma candidature est aussi l'aboutissement de mon engagement, qui ne date pas des élections régionales de 2004, qui est bien plus ancien. Engagement pour des valeurs de solidarité, d'égalité, de justice. C'est pour cela que j'ai pris ma carte au PS en 1996.
Face à Jean-Louis Dutriat, tête de liste de la majorité sortante, quelle liste allez-vous mener? Avec qui?
M. G. Ce sera une liste citoyenne. Je suis une élue socialiste, je défends des valeurs de gauche. Ce sera donc une liste ancrée à gauche, mais qui sera ouverte à toutes les énergies du territoire, au-delà des frontières idéologiques traditionnelles. J'ai un groupe de travail, des personnes autour de moi qui ne sont pas seulement du Parti socialiste. Ensemble, nous travaillons pour un projet qui répondra aux attentes de la population.
Cela veut dire que ce sera une liste d'ouverture?
M. G. Je suis tout à fait pour l'ouverture, surtout dans des communes comme les nôtres. Il ne faut absolument pas se couper des énergies, des idées, des propositions. Il me semble avoir pratiqué l'ouverture avec Hervé Devillemandy.
Conseillère régionale, j'ai toujours été avec lui pour défendre les dossiers confolentais. L'hôpital par exemple, ou encore l'abattoir. C'est d'ailleurs moi qui ai proposé de transférer cet équipement de la ville à la communauté de communes.
Chaque fois que le maire m'a sollicitée, je n'ai pas réfléchi autrement que dans le sens de la défense du Confolentais, parce que c'est aussi pour ça que j'ai été élue.
Quand il donne une interview et qu'il parle de moi, ça tombe comme un cheveu sur la soupe pour certains, mais c'est parce que nous avons bien travaillé ensemble.
Justement, il y a beaucoup de points de consensus avec Hervé Devillemandy. Sur quoi comptez-vous faire la différence?
M. G. Nous ne voyons pas tout à fait les choses de la même façon. Si je suis élue, j'orienterai la politique municipale vers la jeunesse et vers l'accueil des nouvelles populations, ce qui n'est pas le cas actuellement. Il est impératif de donner un essor démographique et économique au territoire. ça ne veut pas dire que ce qui a été fait avant n'était pas bien, mais chacun ses orientations.
Vous vous inquiétez du vieillissement de la population...
M. G. Oui, Confolens vieillit, cela m'inquiète. La pyramide des âges y est inversée. Si on veut parler d'avenir, il faut parler de la jeunesse. Un territoire où il n'y a plus que des personnes âgées - pour lesquelles j'ai le plus grand respect - c'est un territoire qui se meurt. Il faut faire venir des jeunes. Je ferai des propositions concrètes dans ce domaine.
Vous êtes une femme, vous êtes noire, vous vivez à Confolens depuis «seulement» dix ans. Considérez-vous cela comme autant d'obstacles?
M. G. Je veux en faire des atouts. Confolens, c'est la ville de l'ouverture, à l'image de son festival. J'invite les Confolentais à aller au bout du processus. On est dans la ville symbole de l'ouverture. Je voudrais bien être ce symbole-là.
On sort d'une campagne présidentielle lors de laquelle Ségolène Royal a été souvent malmenée. Vous attendez-vous à une campagne difficile?
M. G. Toutes les campagnes sont difficiles. Dans mon camp, en tout cas, nous sommes unis. Je suis secrétaire de section du Parti socialiste depuis 2002, j'ai travaillé dans l'esprit de rassembler les forces de gauche. La gauche a déjà perdu à Confolens à cause de ses divisions, il ne faut recommencer. Ensemble, on ira jusqu'au bout, jusqu'à la victoire.
Vous êtes proche de Ségolène Royal. Viendra-t-elle vous soutenir à Confolens?
M. G. Oui, j'espère bien. Je le lui ai demandé.
Jean-Louis Dutriat, adjoint du maire sortant, met en avant son expérience pour conserver la mairie. Que lui répondez-vous?
M. G. J'ai lu la presse. Hervé Devillemandy a dit très clairement qu'il ne déléguait pas. Et sur certains dossiers que j'ai dû traiter avec lui, je l'ai trouvé bien seul. Il l'a reconnu publiquement. En tant qu'élue de la Région, j'ai eu entre les mains tous les dossiers importants du Confolentais. Le fait d'être conseillère régionale est un avantage car nous savons que les grands projets que nous pouvons mettre en œuvre dans le Confolentais nécessitent forcément une synergie avec la Région et le Département.
Si vous êtes élue, briguerez-vous la présidence de la communauté de communes?
M. G. Guy Traumat le fait superbement bien. J'espère qu'il restera à cette place-là. Je crois que tout le monde reconnaît que le visage de la communauté de communes de Confolens a changé depuis qu'il l'a prise en main. Il fait du bon travail. Il aura tout mon soutien s'il veut briguer à nouveau cette présidence.
Vous êtes dentiste à temps plein et conseillère régionale. Comment allez-vous vous organiser si vous êtes élue?
M. G. Je donnerai autant de temps qu'il faudra à la mairie de Confolens. Je crois que le mandat de maire est le meilleur. La proximité, c'est ce que j'aime faire. Je serai bien évidemment amenée à réduire mon temps professionnel. ça se fera d'un commun accord avec mes patrons, parce que je suis salariée de la Mutualité. Mais je ne lâcherai pas le cabinet dentaire. C'est ce qui nourrit mon engagement. J'y vois des gens tous les jours, je vois ce que c'est que la vraie vie. Je ne veux pas me couper de cela. Propos recueillis par Thierry CORDEBŒUF et Philippe ANDRéOULIS
Charente Libre Edition du 27 octobre 2007
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