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La fronde des médecins des hôpitaux

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 26/09/2007 à 8:12 :: Sante

 

 

 

 

 

 


La fronde des médecins des hôpitaux

 

 

 

 

 

 

Une lettre-pétition signée par mille médecins hospitaliers a été adressée à Roselyne Bachelot. Objectif : alerter la ministre de la Santé sur les effets pervers de la réforme du financement des hôpitaux annoncée hier. Pour la Sécu et pour les malades.

 

R ELATIVEMENT muets pendant toute la campagne électorale, où la santé des Français a été plutôt absente des débats, les médecins hospitaliers remontent au créneau en pleine tourmente sur le financement de la Sécurité sociale. Une lettre-pétition, signée par mille d'entre eux, dont près de trois cents chefs de service exerçant dans toute la France, a été adressée il y a quelques jours à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé.

L'objet de leur fronde : le financement des hôpitaux, aujourd'hui de plus en plus similaire à celui des cliniques privées, commencerait, selon eux, à produire des effets pervers pour les finances publiques et pour les patients.

" Le financement en fonction de l'activité et non plus au forfait conduit à privilégier les malades et les activités rentables financièrement », s'inquiètent les signataires. Le professeur André Grimaldi, chef du service diabétologie à la Pitié-Salpêtrière, très actif dans ce combat, s'explique : « Prenons l'exemple du pacemaker, jusque-là, chaque cardiologue à l'hôpital avait le droit d'en poser dix ou vingt par an, pas plus, en fonction du budget alloué. Maintenant que l'hôpital est payé aux actes effectués, des médecins reçoivent des pressions de l'administration ou de leur supérieur pour en poser plus, alors que des patients pourraient s'en passer. C'est vite fait, ça rapporte à l'hôpital. On nous dit : Faites rentrer l'argent. » Mais le plus grave, ce sont les hospitalisations d'une nuit qui seraient désormais déconseillées par les gestionnaires des hôpitaux au profit des séjours de deux nuits, plus rentables.



« Je ne veux pas avoir d'objectifs de rentabilité »

L aure C., praticienne hospitalière en oncologie (cancérologie) à l'Hôtel-Dieu à Paris, a fait parvenir récemment un courriel à un confrère : « Je suis affolée de me voir félicitée d'avoir moins d'hospitalisations de vingt-quatre heures (une nuit) qui ne rapportent rien à l'hôpital, et donc de faire dépenser plus à la collectivité, contrainte et forcée. Je ne veux pas avoir d'objectifs de rentabilité, qui n'ont aucun sens en matière de soins. »

A ce jour, cette pétition des médecins n'a reçu aucune réponse du ministère. La ministre de la Santé, elle, reste confiante « C'est un bonheur d'être ministre du gouvernement... Je crois que l'état de grâce va durer », confiait-elle récemment. Si l'on ajoute à cette fronde hospitalière celle des internes en médecine générale, vent debout contre l'obligation future de s'installer dans les déserts médicaux, il y a fort à parier que M m e Bachelot soit contrainte de redescendre très vite sur terre.

Le parisien.fr Edition du 26 septembre 2007



 

 

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