Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 21/07/2007 à 18:59 :: Sports
13e étape : Contre-la-montre à Albi
Alexandre Vinokourov retrouve le sourire avec sa victoire dans le contre-la-montre à Albi. (Reuters)
LA RÉSURRECTION DE VINOKOUROV
En pleurs à Briançon, le Kazakh Alexandre Vinokourov a retrouvé le sourire samedi en remportant le contre-la-montre de 54 km disputé samedi autour d'Albi. Mais la surprise du jour est l'oeuvre du Danois Michael Rasmussen (11e) qui conserve son Maillot Jaune, devant l'Australien Cadel Evans (2e), et Alberto Contador. Klöden, Kashechkin et Cancellara ont chuté sur le parcours détrempé.
Si c'est un aigle d'or qui déploie ses ailes sur le drapeau kazakh et le maillot d'Astana, c'est bien un phénix qui a survolé la 13e étape samedi. Le corps et le moral meurtris après une chute sur la route d'Autun, Alexandre Vinokourov a renoué avec la victoire à Albi, surpassant spécialistes de l'effort solitaire et prétendants à la victoire finale. Le parcours vallonné de 54 km autour la cité tarnaise a été avalé tout en puissance (48,674 km/h de moyenne) par le Kazakh qui n'a jamais quitté sa position aérodynamique optimale, y compris lors de l'ascension de la côte de la Bauzié, principale difficulté du tracé. Sa 4e victoire sur le Tour lui permet ainsi de gagner dix rangs au général même si le podium est encore loin (9e à 5'10").
Attentistes lors du passage des Alpes, se marquant constamment à la culotte, les autres favoris pourraient se mordre les doigts dans les Pyrénées. Les Espagnols ont en tout cas mordu la poussière lors de ce chrono : Alejandro Valverde et Iban Mayo, sur le podium samedi matin, ont cédé de précieuses minutes (+ 6'04" et 6'08"), et sortent du top 10. Finalement, c'est le jeune Alberto Contador, vainqueur du dernier Paris-Nice et attaquant impressionnant dans les Alpes, qui portera désormais les espoirs ibériques (7e samedi et 3e du général à 2'31") sur les pentes pyrénéennes.
Rasmussen tout terrain
Paradoxalement, c'est également au sein de l'équipe Astana que figure également le grand déçu du jour. Alors qu'il pouvait enfin enfiler le costume de leader incontestable, l'Allemand Andreas Klöden n'a même pas enfilé le Maillot Jaune qui lui était promis. Devancé par son leader (+1'39"), l'ancien équipier de Jan Ullrich n'a pu prendre le dessus sur un concurrent direct, Cadel Evans. Sans avoir déclenché la moindre offensive jusqu'à présent, l'Australien est désormais fermement installé sur le podium au général (2e), devançant tous les favoris. Ou presque.
Car le leader de l'équipe Lotto-Predictor devra faire face à un Michael Rasmussen étonnant de résistance et toujours en Jaune après deux semaines de course. Malgré l'adversité, malgré les polémiques qui auraient pu l'étouffer, malgré un exercice qui n'est pas sa spécialité (85e et 114e dans les chronos en 2006), le "poulet de Tollose" n'a pas perdu trop de plumes (11e samedi à 2'55").
A l'orée de la dernière semaine, la bataille pour la victoire finale pourrait mettre aux prises deux anciens spécialistes du VTT, qui ont maîtrisé le parcours détrempé samedi. Très glissant en début d'après-midi, le bitume a en revanche piégé les coureurs trop téméraires, comme le champion du monde Fabian Cancellara, l'Ukrainien Yaroslav Popovych ou le Russe Vladimir Gusev, mais aussi Andreas Klöden et Andreï Kashechkin.
Moreau boit la tasse
A l'image de la première partie du Tour, les coureurs de Cofidis ont été les animateurs malheureux du début de l'étape.
Parti avant les averses, Bradley Wiggins a longtemps détenu le meilleur temps avant de céder face à la puissance de Vinokourov. Le Britannique prend néanmoins la 5e place (+ 2'14"). Après ses 190 km d'échappée en solo entre Semur-en-Auxois et Bourg-en-Bresse, le champion du monde de poursuite a prouvé qu'il pouvait tenir la distance.
Son coéquipier Sylvain Chavanel a été l'un des rares à sortir la tête de l'eau dans le camp français. Attaquant insatiable depuis Londres, l'ancien champion de France de la spécialité s'est montré tout aussi combatif pour intégrer le top 10 du jour (8e + 2'38").
Christophe Moreau a quant à lui complètement bu la tasse. Peu à l'aise sur sa selle, le leader d'AG2R finit dans les bas-fonds du classement (+ 9'26") et est désormais exclu de la lutte pour le classement général. Il devrait se concentrer sur les victoires d'étapes, seul horizon envisageable pour un peloton français incapable de suivre les plus gros braquets.
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