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Message de Ségolène

Madeleine Ngombet Chargée du blog « Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle. » Ségolène Royal

JEAN PIERRE DENIEUIL Coordonnateur DE DESIRS D'AVENIR 16

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Manifestations du 15 mai 2008

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 15/05/2008 à 20:10 :: La France de Sarkozy


 

Plus de 200 000 manifestants contre les suppressions de postes dans la fonction publique

Près d'un enseignant sur deux en grève, des lycéens formant le gros des cortèges dans les manifestations : l'éducation nationale et la question des suppressions de poste ont été au centre de la journée de mobilisation dans la fonction publique, mardi 15 mai.

Les chiffres fournis jeudi faisaient état d'une mobilisation importante des agents du secteur, aussi bien selon les méthodes de comptage du ministère que des organisations syndicales. Pour les collèges et lycées, les syndicats avançaient un taux de grévistes supérieur à 55 %, et atteignant 63 % dans les écoles. Selon le ministère de l'éducation nationale, les grévistes étaient 33,55 % dans le secondaire, et 46,16 % dans le primaire.


A Marseille, 30 000 personnes, de source syndicale, 7 000 selon la police, ont défilé à l'appel des syndicats UNL, FIDL, FSU, CGT, CFDT, Unsa et Solidaires. Force ouvrière a défilé séparément, avec 10 000 manifestants selon le syndicat, un millier selon la police.

AFP/MICHEL GANGNE
A Marseille, 30 000 personnes, de source syndicale, 7 000 selon la police, ont défilé à l'appel des syndicats UNL, FIDL, FSU, CGT, CFDT, UNSA et Solidaires. Force ouvrière a défilé séparément, avec 10 000 manifestants selon le syndicat, un millier selon la police.


A Paris, entre 50 000 et 60 000 personnes ont rallié la place de la République, selon la FSU.
AFP/MEHDI FEDOUACH
A Paris, entre 50 000 et 60 000 personnes ont rallié la place de la République, selon la FSU.



Envriron 2 500 personnes ont défilé à Strasbourg, le 15 mai 2008.
AFP/FREDERICK FLORIN
Envriron 2 500 personnes ont défilé à Strasbourg.


La question de la suppression des postes dans l'éducation était également au cœur des cortèges qui ont défilé jeudi dans plusieurs villes de France. Entre 200 000 et 300 000 personnes – selon lechiffres de la police ou des organisateurs –, ont participé à ces manifestations au niveau national. A Paris, ils étaient entre 50 000 et 60 000, selon la FSU (18 000 selon la police), à dénoncer la "politique de démantèlement" du service public du gouvernement et les suppressions de postes prévues en 2008-2009. Dans le cortège, Jean-Claude-Mailly, pour Force ouvrière, évoquait "une grogne et un mécontement" touchant l'ensemble des fonctionnaires, alors que François Chérèque (CFDT) dénonçait la "seule vision comptable" du gouvernement.


SERVICE MINIMUM PEU UTILISÉ

"C'est une mobilisation réussie qui marque un mécontentement extrêmement sérieux", s'est félicité Gérard Aschieri, de la FSU (majoritaire dans l'éducation). "La mobilisation d'aujourd'hui, qui est déjà une réussite, n'est qu'un prélude à celle de jeudi prochain", a de son côté prévenu Bernard Dieudevant, secrétaire départemental de la FSU.

A Paris, comme à Marseille ou Strasbourg, lycéens et enseignants formaient le gros des cortèges. Le président de l'UNL, Florian Lecoultre, expliquait jeudi matin au Monde.fr que cette mobilisation ne constituait pas un "baroud d'honneur" et que le mouvement lycéen se poursuivrait après le 15 mai. Le ministre du budget et de la fonction publique, Eric Woerth, a quant à lui estimé que "défiler avec des pancartes pour dire 'je veux plus de moyens', c'est une manière très égoïste de voir les choses".

Pour faire face à la fermeture de nombreuses écoles, Xavier Darcos avait à nouveau demandé aux communes d'organiser un service minimum d'accueil, assuré par des agents communaux. Le dispositif a été refusé par la quasi-totalité des grandes villes, qui avancent des problèmes juridiques, d'organisation et le principe du respect du droit de grève. Près de 3 000 communes petites ou moyennes ont introduit ce service. Nicolas Sarkozy a promis, jeudi soir, que le gouvernement déposera avant l'été un projet de loi sur un "droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles" lors des mouvements de grèves et sur une déclaration préalable des enseignants grévistes.

 AFP et Reuters | 15.05.08

 


Ségolène Royal avance ses pions

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 15/05/2008 à 11:33 :: Ségolène Royal

 

 
 

 


Ségolène Royal avance ses pions

 


 Hier, devant une quinzaine de journalistes réunis dans son QG du boulevard Raspail à Paris, Ségolène Royal a avancé quelques pions en perspective du prochain congrès du PS qui se tiendra du 14 au 16 novembre à Reims (Marne). Sans se déclarer officiellement candidate à la succession de François Hollande au poste de premier secrétaire, la présidente de Poitou-Charentes cache de moins en moins ses intentions : « Je pars dans ce congrès pour être majoritaire, mais sans compromission », s'est-elle ainsi avancée.
 
A-t-elle vraiment le choix ? Populaire parmi les Français, son grand rival, le maire de Paris, enregistre dans plusieurs sondages parus ces dernières semaines une poussée chez les sympathisants socialistes. Là où justement Royal gardait plusieurs longueurs d'avance. Selon un sondage Ipsos pour « le Point » qui paraît aujourd'hui, Bertrand Delanoë devance l'ex-candidate de plus de 10 points parmi les sympathisants pour diriger le PS (52 % contre 40 %). Prévoyant une lente montée en puissance d'ici au congrès, le maire de Paris publie son livre d'entretiens avec Laurent Joffrin - le directeur de « Libération » - jeudi prochain.

Sans vouloir s'inscrire « en réaction », Royal est donc amenée à abattre quelques cartes. Demain, elle sera l'invitée vedette de l'atelier citoyen de ses amis parisiens, un pur exercice de démocratie participative, sa marque de fabrique. Lancée sur Internet début avril, la consultation des militants autour de 10 questions aurait déjà recueilli 1 500 contributions utiles pour un parti qui, « s'il ne bouge pas, peut disparaître ».


« J'ai l'intention de parler aux militants comme je parle aux Français »

A ceux qui la soupçonnent de jouer son propre jeu auprès de l'opinion, Royal met les point sur les i : « Je ne laisserai pas dire que je suis en marge du PS. Je serai au coeur de ce congrès. Il n'y a pas d'un côté les propriétaires du parti et de l'autre ceux qui sont en marge. » A partir de la semaine prochaine, Royal commence une tournée des fédérations, à raison d'un déplacement par semaine. Lorraine, Aube, Gironde et Rhône sont déjà au programme. Fin juin, elle publie un ouvrage de dialogue avec le sociologue Alain Touraine. Sept thèmes, allant de « La fin de la vision économique de la société » à « Vivre ensemble, égaux et différents » : ce livre, dont l'universitaire a eu l'idée, est censé mettre fin à l'accusation d'incompétence encore et toujours portée contre Royal.

Mais hier, c'est surtout sur le ton de sa campagne interne que la candidate s'est montrée offensive : « J'ai l'intention de parler aux militants comme je parle aux Français. » Contrairement à d'autres, adeptes des « vieilles ficelles » pour gagner un congrès, Royal refuse la moindre « compromission ». Une promesse d'« authenticité » qui fait sourire un proche de Bertrand Delanoë : « Et le soutien de Georges Frêche, ce n'est pas une compromission ? »
 
Le parisien.fr

 

 

Obama reçoit le soutien d’Edwards

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 15/05/2008 à 10:19 :: International

Obama reçoit le soutien d’Edwards



John Edwards et Barack Obama, le 14 mai 2008, à Grand Rapids, dans le Michigan.
REUTERS/JEFF HAYNES
"Il y a un homme. Il y a un homme qui sait et comprend que le temps est venu pour une gestion audacieuse du pays. Il y a un homme qui sait comment générer le changement, le changement durable qu'il faut bâtir à partir de la base. Il y a un homme qui sait dans son coeur que le temps est venu de créer une Amérique et non deux. Et cet homme c'est Barack Obama", a dit M. Edwards au cours d'une réunion publique à Grand Rapids, dans le Michigan, au côté de M. Obama.



Son soutien était l’objet de toutes les convoitises. Mercredi soir, devant une foule rugissante de 12.000 personnes à Grand Rapids (Michigan), John Edwards a officialisé son endorsement de Barack Obama. «Les électeurs démocrates ont fait leur choix. Moi aussi», a lancé Edwards  sous les hourras de l’assistance. Et de poursuivre: «S’il est un homme qui sait que le temps est venu de créer une Amérique unie et pas deux, c’est Barack Obama».


Obama joue désormais sur du velours 


Pour le dessinateur et chroniqueur américain Jeff Danziger, le sénateur de l'Illinois aurait déjà pratiquement gagné la partie, face à Clinton comme face à McCain.

Obama doit énormément à Hillary Clinton, qui, ces trois derniers mois, lui a évité le sévère examen auquel il va maintenant devoir se plier. Candidat "présumé" du Parti démocrate, il est désormais livré à lui-même, sans la tumultueuse diversion que lui offrait le couple Clinton.
Mais le sénateur de l'Illinois apprend vite. Par une prise de jujitsu politique, il s'est servi de l'ambition de Hillary pour la faire chuter, et il va sans doute recourir à la même tactique contre John McCain. Dans les débats à venir, il laissera parler son adversaire. McCain s'enfoncera de plus en plus, tandis que lui-même se contentera de regarder, sans intervenir.

Comme s'il avait choisi de s'immoler politiquement, McCain a décidé de prendre l'offensive en défendant les mesures les plus destructrices du gouvernement Bush. La guerre, mais aussi les baisses d'impôt, l'alourdissement ruineux de la dette, la soumission aux entreprises et l'adhésion au libre-échange, considéré comme une vertu inattaquable. Cette politique a valu à Bush un taux de désapprobation record dans les récents sondages. Selon les derniers chiffres, 71 % des Américains considèrent que le pays est sur la mauvaise pente et désapprouvent l'action de Bush.

Comment expliquer, dans ce cas, qu'un candidat à la présidence cherche à se faire élire en proposant de poursuivre la même politique ? La réponse est probablement que, dans l'esprit de McCain, l'important n'est pas la politique, mais l'homme. McCain n'ayant jamais aimé Bush, il doit penser que c'est lui le problème, et non sa politique inepte ou ses idées de droite. Mais dans ce cas, il va avoir la mission peu enviable d'expliquer comment la guerre, le libre-échange, une montagne de dettes et des amis en Arabie Saoudite peuvent contribuer à une amélioration de la situation dès lors que lui-même serait aux commandes à la place de Bush.

Face à de tels arguments, Obama n'aura qu'à écouter, sans même se risquer à esquisser un sourire malin. Un vieux dicton dit que la meilleure chose à faire lorsqu'on est au fond du trou est d'arrêter de creuser, mais le candidat républicain n'est apparemment pas de cet avis.
McCain va donc éviter à Obama de voir ses propres projets pour l'avenir du pays passés au crible, ce dont les démocrates ont tout lieu de se réjouir. Une fois au pouvoir, Obama retirera probablement les troupes d'Irak, une tâche difficile et dangereuse. Si on lui demande comment il compte s'y prendre, il n'aura d'autre issue que de souligner que McCain, lui, ne les retirerait pas, une option encore plus dangereuse. Et si on l'interroge sur la politique qu'il entend adopter dans le domaine de la santé, terrain miné s'il en est, il ne pourra que retourner la question à son adversaire. Le programme de santé des républicains se résume à "ne pas tomber malade" et quand le moment sera venu de défendre cette cruelle conception de la vie, peu d'Américains se souviendront des propositions faites par Obama.

En termes d'expérience et de détermination, McCain représente certainement un meilleur choix pour la présidence. Mais Obama a déjà deux grandes prouesses à son actif : il est le premier candidat africain-américain à la présidence et il a humilié les Clinton, sans doute le plus grand tandem politique depuis Franklin et Eleanor Roosevelt. Il peut se permettre d'afficher l'une des attitudes les plus convaincantes dans une campagne électorale : le calme.

Mais il y a du changement dans l'air. Le camp McCain a commencé à faire circuler une photo représentant le sénateur en compagnie de son épouse et de ses enfants. Les fils de McCain ont tous accompli leur devoir militaire et l'un d'entre eux, pilote de la marine, est aujourd'hui stationné en Irak. Mais le personnage le plus intéressant de la photo est sa fille adoptive, Bridget, qui est d'origine bangladaise. Intelligente et jolie, Bridget est une enfant formidable, mais tout ce qui compte aujourd'hui, c'est la couleur de sa peau. Durant la première campagne de McCain contre Bush, en 2000, des proches du président l'ont présentée en Caroline du Sud comme la fille illégitime que le sénateur aurait eue avec une Noire. Ce mensonge phénoménal a valu la victoire à Bush, et infligé aux McCain une blessure qui n'a sûrement pas cicatrisé.

Aujourd'hui, la photo qui aurait suffi à démentir cette rumeur est partout. Si Obama n'avait pas des origines kényanes, elle dormirait sans doute au fond d'un tiroir. Elle va certainement servir à rappeler aux électeurs l'immense tolérance de McCain et ses admirables positions raciales. Mais n'oublions pas qu'elle a déjà été utilisée pour pousser de méchants et calomnieux racistes du Sud à voter contre lui. Et qui était le responsable ? Obama va pouvoir poser la question calmement. En s'autorisant même un léger sourire.

Jeff Danziger pour le courrier international





OGM: un projet qui fait pschiiiitt

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 14/05/2008 à 12:15 :: La France de Sarkozy

 

 

    OGM: un projet qui fait pschiiiitt
     

 


 



 

Décidément, rien ne se passe jamais comme prévu sur le projet de loi OGM. La majorité qui espérait que la deuxième lecture, hier à l’Assemblée nationale, ne serait qu’une formalité, a vite déchanté. En fin d’après-midi, une question préalable a été votée à la surprise générale par 136 voix contre 135, interrompant de fait l’examen du projet de loi.

 


Le député communiste André Chassaigne savoure: «Ce vote est assez exceptionnel. Le gouvernement et la majorité récoltent ce qu’ils ont semé. Ils ont refusé un vote solennel sur ce texte OGM, on s’engageait dans une discussion en sachant qu’ils occulteraient tout débat. Cela démontre que ce texte n’est pas prêt.» La majorité va finir par lui en vouloir, au député Chassaigne: c’était déjà lui qui avait soutenu en première lecture l’amendement 252, adopté en séance de nuit et qui restreignait les cultures OGM. C’est encore lui qui, hier, a défendu la question préalable.

 

 

Est-ce l’influence du pique-nique sans OGM organisé aux abords de l’Assemblée à l’heure du déjeuner par les associations de défense de l’environnement ? En tout cas, dès la reprise des débats, l’ambiance est assez tendue dans l’hémicycle entre une majorité et un gouvernement qui souhaitent en finir au plus vite et une opposition bien décidée à faire durer les discussions, en déposant plus de 800 amendements.

 

 

En introduction, Jean-Louis Borloo appelle à voter le texte - en fait l’article 1, le seul restant à débattre après le passage au Sénat - en l’état. «Nous bâtissons ensemble un compromis», renchérit la secrétaire d’Etat Nathalie Koscisuko-Morizet. Un compromis pas du goût de l’opposition qui dénonce d’entrée le refus d’un scrutin public.

 

 

«On voit bien que plus vite le train des OGM passera pour la majorité, mieux elle s’en portera»«Vous avez honte de votre propre vote» ajoute Yves Cochet (Verts), sous les huées de l’UMP, souligne François Brottes (PS).

Après le rejet d’une première motion de procédure, la question préalable défendue par André Chassaigne est finalement mise au vote et adoptée d’une voix — la présidente socialiste de séance elle-même semble ne pas en revenir en proclamant le résultat. Consternation sur les bancs de l’UMP face au tonnerre d’applaudissements des députés de l’opposition.

 

 

Ces derniers se précipitent à la sortie de l’hémicycle pour commenter leur coup: «Le gouvernement est clairement désavoué, sourit Germinal Peiro (PS), encore tout étonné. C’est une belle victoire pour l’opposition, ça montre notre mobilisation sur ce texte.» Les députés socialistes se mettent alors à conciliabuler pour décrypter la portée concrète de ce vote sur l’avenir du texte. L’UMP sort à son tour pour dédramatiser. «Il faut accepter cette péripétie, très désagréable pour la majorité», confie Patrick Ollier, président de la commission des affaires économiques, avant d’expliquer que le texte n’est pas condamné.

 


Jean-François Copé, tout en esquivant les questions sur le manque d’élus UMP dans l’hémicycle au moment du vote, tente de garder le sourire: «Ce n’est quand même pas le drame absolu!» Même son de cloche de Roger Karoutchi, ministre des Relations avec le Parlement: «Le PS n’a rien gagné du tout, le texte n’est pas rejeté.»


Dans la foulée, un communiqué de François Fillon annonce la convocation d’une commission mixte paritaire pour examiner le texte, sans doute pour mercredi après-midi. Impensable pour l’opposition: «Le gouvernement a certes le pouvoir de passer en force, constate Jean-Marc Ayrault. Mais faire ça après cette sanction politique, une semaine avant le projet de réforme des institutions, ce serait un mauvais signe. Il faut que le gouvernement revoie sa copie.»

 


Les deux groupes de l’opposition ont sollicité une audience au président de la République pour lui demander d’ «écouter le Parlement». Le député UMP Lionel Tardy, lui, ne cache pas sa frustration: «Après les discussions que j’ai eues avec les députés de base, ça ne m’étonne pas. Moi j’allais voter contre ce texte. Il y a eu un manque de pédagogie du gouvernement. Ça fait plusieurs fois que je dis, attention, le vote n’est pas acquis. Mais en réunion de groupe ce matin, on n’en a parlé que trente secondes.» Résultat, on risque de reparler de ce texte bien plus longuement dans les semaines à venir.

Par Guillaume Launay LIBERATION.FR : Edition du mardi 13 mai 2008

 

 

Obama séduit les banlieues

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 13/05/2008 à 12:45 :: International


 


Obama séduit les banlieues
 
 
Barack Obama, qui a désormais plus de superdélégués que son adversaire Hillary Clinton, s’achemine vers l’investiture démocrate. Des milliers de jeunes Américains ont voté pour la première fois lors de ces primaires, se reconnaissant dans le sénateur de l’Illinois. Du fait d’abord de l’origine sociale.
Alors que les précédents présidents étaient issus de grandes familles, la mère d’Obama a dû faire appel à des food stamps («bons d’alimentation») pour nourrir sa famille. Du fait aussi de la connivence culturelle. Répondant à un journaliste américain sur ses préférences musicales, Obama évoquait Outkast et Wyclef Jean, tandis que Hillary Clinton précisait que sa fille lui avait concocté une sélection d’albums et promettait de s’y mettre bientôt…
 

Mais l’originalité du phénomène Obama est d’avoir traversé les frontières. Certes, il est courant de voir les Français s’enthousiasmer pour les candidats démocrates, au risque d’être déçus. Mais ni Al Gore ni John Kerry n’avaient suscité un tel engouement dans les banlieues. Les plus anciens, issus, comme le père d’Obama, de cette immigration postcoloniale, se disent qu’il serait extraordinaire de voir cela de leur vivant, et n’osent imaginer un tel destin pour leurs enfants. Les plus jeunes, dont l’hostilité à l’encontre des Etats-Unis a pris racine dans la guerre en Irak, ont des excès qui en feront sourire plus d’un. Une lycéenne nous assurait que la victoire d’Obama serait la «libération de tous les Noirs du monde !»

 

Tous vivent l’avènement d’Obama sur le mode du mythe compensateur. Comme les habitants de ce South Side de Chicago dont est originaire l’épouse du sénateur, beaucoup n’ont pas choisi de vivre «ensemble». Noirs, Maghrébins, Blancs, Asiatiques, ils sont issus de cette mixité que l’on dit, de l’extérieur, «communautariste».

Ne disposant pas de réseaux d’influence, ils font de l’ascension de ce fils d’immigrant africain, élevé dans une famille modeste, le symbole d’une mobilité sociale qu’ils ne connaissent pas. Car en dépit de ses défauts - poids des lobbies, influence de l’argent -, le système politique américain a su faire émerger une jeune génération politique noire : Adrian Fenty est maire de Washington, Michael Nutter maire de Philadelphie, Cory Booker maire de Newark, etc.

Loin de la France et de ses banlieues, où les dernières élections municipales ont montré que la rotation du personnel politique était lente, et excluait toujours, en dépit des discours, la diversité.

 

De Bush à Obama, c’est l’image de l’Amérique qui est sur le point de changer. Beaucoup de jeunes Français, Noirs ou Maghrébins, ont une tante, un cousin, à New York, à Miami ou à Atlanta. Avec une sœur indonésienne et une sœur kenyane, Barack Obama appartient à cette génération dont l’horizon dépasse des frontières nationales. Quand il veut décrire la bigarrure ethnique de ses fêtes de famille, il n’évoque pas les «Etats-Unis», mais bien les «Nations unies».

Son parcours de vie contredit, comme nombre de ces jeunes de banlieues, les propos du président Nicolas Sarkozy au soir de sa victoire : «Aimez votre pays car vous n’en avez qu’un seul»…

 

Français nés en France, ils doivent sans cesse se battre, face aux employeurs ou dans leur rapport à la police, contre l’idée qu’«être français, cela se voit». Ils en viennent à rêver de ce pays où lorsque l’on demande à un Noir d’où il vient, c’est pour savoir s’il est né dans l’Ohio ou en Californie…

Lassés de devoir répondre à la sempiternelle question - «Te sens-tu plus malien (camerounais, etc.) ou plus français ?» -, ils se reconnaissent dans l’ambiguïté identitaire d’Obama, qui embarrasse plus d’un journaliste : faut-il écrire «noir» ou «métis» ? Si l’identité était naturelle, il serait «métis», étant de père kenyan et de mère blanche originaire du Kansas, mais elle est un construit social : Obama est «noir» si la société continue à le voir comme tel…

 

Car il ne faut pas faire d’angélisme. D’abord, parce que les propos du pasteur Jeremiah Wright, en réintroduisant le spectre de la division raciale, ont montré que les vieux démons de l’Amérique pouvaient saper le rêve de cette nouvelle génération. Les républicains ne manqueront pas de jouer sur les origines «douteuses» du sénateur, et d’activer les peurs.

 

Car l’Amérique n’est pas cette société «postraciale» que d’aucuns anticipent. Des rapports récents en témoignent. Un jeune Noir sur neuf de 20 à 34 ans est incarcéré, contre un adulte blanc sur 106. En Caroline du Nord, le dernier Etat à avoir voté, les deux tiers des Noirs et des Latinos sont scolarisés dans des lycées qui comptent moins de 10 % de Blancs.

 

Il faut également souligner l’ambiguïté de l’appropriation française du phénomène Obama. Si son discours constitue une rupture dans le contexte américain, c’est que le sénateur met en avant le dépassement des clivages communautaires plutôt que la réussite de telle ou telle «minorité». A moins de le réduire, à nouveau, à sa couleur, il est paradoxal d’en faire un symbole pour les «minorités visibles». Car si Barack Obama apparaissait, au début de la campagne, trop noir pour les Blancs et trop blanc pour les Noirs, il a su depuis tenir un discours fédérateur.

Obtenant lors des deux dernières primaires 90 % du vote noir et la majorité du vote blanc pour la tranche d’âge 17-29 ans (57 % en Caroline du Nord contre 41 % pour Clinton), Obama propose ce choix aux électeurs : «Nous pouvons accepter une politique qui instrumentalise les conflits communautaires […] ou nous pouvons parler du manque de moyens pour l’éducation, qui entrave l’avenir de nos enfants, qu’ils soient noirs, blancs, hispaniques…»

En cela - et la banlieue l’a bien compris -, le destin d’Obama met en jeu bien plus que l’avenir de l’Amérique : la capacité, pour les nouvelles générations, à assumer leurs identités multiples.

Par François Durpaire historien (université Paris-I, Centre de recherches d’histoire nord-américaine)et Jean-Claude Tchicaya porte-parole du collectif Devoirs de mémoires, ancien maire-adjoint de Bagneux (Hauts-de-Seine).
QUOTIDIEN Libération: Edition du mardi 13 mai 2008
 

 

 

Anne Roumanoff

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 12/05/2008 à 15:26 :: Général

 

 

Anne Roumanoff special Besancenot...

 

 

                                                                           [fun politique] VDP 11 05

 

 

 
 
 
 
 
 

Atelier-Citoyen avec Ségolène Royal

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 11/05/2008 à 17:12 :: Ségolène Royal

 

 

    Atelier-Citoyen avec Ségolène Royal

    David Assouline, Sénateur de Paris - Dominique Bertinotti, Maire du IVe arrondissement - et l’équipe du Pacte Rénovateur vous invitent à un Atelier-Citoyen avec Ségolène Royal autour des questions de la consultation participative pour un Congrès utile et serein :


     

    Rendez-vous le vendredi 16 Mai 2008 à 20h00 - La Bellevilloise - 20 rue Boyer - 75020 Paris - Metro Gambetta (ligne 3) sortie Martin Nadaud et Ménilmontant (ligne 2)- Bus 26, 61, 69, 96 - Parking Saint-Fargeau à proximité.

    LPR

     

     

 

 

 

Ségolène Royal et les sons d'ailleurs

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 10/05/2008 à 22:04 :: Ségolène Royal

 

 

    Ségolène Royal et les sons d'ailleurs  

 

 


Hier, Ségolène Royal a passé sa soirée dans les travées du festival angoumoisin. Elle a tenu à rappeler la richesse des métissages culturels.

 

 

Le public métissé du festival angoumoisin lui a réservé une haie d'honneur. Guidée par Christian Mousset, le directeur de Musiques métisses, Ségolène Royal, s'est fondu, hier, avec un plaisir évident au coeur du village temporaire, sur l'île de Bourgines.


Toute la gauche angoumoisine, encore grisée de son succès de mars, l'entoure. Les festivaliers l'arrêtent pour une poignée de main, une bise, une photo souvenir. « C'est vraiment de la folie, s'exclame Christian Mousset, au milieu de la sympathique cohue. C'est la troisième fois que Ségolène vient au festival. Il y a toujours eu une certaine effervescence. Mais quand même pas comme aujourd'hui. » La présidente de la Région s'arrête un court instant devant les stands d'Aides ou de Médecins du monde, écoute avec attention la performance de l'ensemble Kalimba, la battucada du conservatoire Gabriel-Fauré, admire les tatouages au henné sur les mains des jeunes filles. Et répond à toutes les sollicitations. Ségolène Royal est ici en territoire ami, parfaitement à l'aise à côté de gens soucieux de s'ouvrir sur les cultures d'ailleurs.


Elle commence par saluer le retour à Bourgines, « l'énergie qui se dégage du festival », sans éluder les bâtons dans les roues qu'elle n'accepte pas : « l'organisation a eu du mal à obtenir des visas pour certains artistes. C'est proprement insupportable. »


« Je suis africaine, née à Dakar », se plaît-elle à rappeler, avant de souligner la nécessité d'un certain métissage culturel. « L'identité française est née du mélange. Si on nie ce mélange, si on exclut l'autre, alors on crée du communautarisme, on affaiblit la France. Plus on est conscient de la richesse des cultures qui composent notre pays, plus on est à même de défendre l'identité de la République. Faire le contraire, c'est laisser le champ libre à la violence, au repli, aux intégrismes, à l'exploitation de l'ignorance. »


Ségolène prend le temps de poser ses arguments. Comme pour éviter d'être mal interprétée. Autour, les hochements de tête vont dans le sens de la présidente de la Région. On sent que le soufflé de la campagne présidentielle, un an après l'échéance, n'est pas encore retombé.


Hier soir, Ségolène Royal a terminé sa soirée avec Philippe Lavaud, le nouveau maire, qui vivait là son premier festival de la mandature. Au programme de la tête de proue socialiste, une soirée spéciale filles. Avec Asa, Rokia Traoré et Susheela Raman. Trois femmes au caractère trempé qui croient au mélange des cultures, sans se défaire de leurs racines. La présidente a dû apprécier.

 

Sudouest.com

 

 

 

 

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