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Journalistes, militaires, même combat !

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 03/07/2008 à 23:13 :: La France de Sarkozy


 

 



Journalistes, militaires, même combat !

    

Patrick de Carolis se fâche avec panache. Il se lâche aussi. Avec une brutalité inédite chez un patron du service public, le président de France Télévisions a répliqué, mercredi 2 juillet, au micro de RTL, aux propos tenus lundi soir sur France 3 par le chef de l'Etat. C'était un festival d'épithètes. Les racines de sa colère et les ailes de son mécontentement. Un grand moment de fureur, pas du tout contenue.


"Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de différence entre la télévision du service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide et je trouve cela injuste, profondément injuste", a martelé Patrick de Carolis. Une première en France ! Le patron de la télévision publique affirme d'un ton furieux, au micro d'une radio privée, que le président de la République est menteur, stupide et profondément injuste. On remarquera que les militaires pensent exactement la même chose, mais qu'ils n'ont pas le droit de parler.

Heureusement pour les oreilles du président, car les militaires ont du vocabulaire ! Ils sont muets par vocation, mais cela ne les empêche pas d'avoir, en matière d'injures diverses et variées, un lexique très riche.

On en revient à la colère froide de Patrick de Carolis. La scène avait évidemment été enregistrée, et elle a beaucoup été utilisée dans les journaux télévisés, mercredi soir. Sur le service public, remonté comme une pendule, bien sûr, mais pas seulement. Patrick Poivre d'Arvor, à quelques jours de son propre départ forcé du journal télévisé de TF1, était lui aussi soucieux d'informer le téléspectateur du cri de révolte du président de France Télévisions. Les deux Patrick ont en commun d'être des cibles préférées du tireur de l'Elysée. PPDA a eu le tort de traiter, à l'antenne, le président de "petit garçon".

Carolis énerve Sarkozy pour d'autres raisons. Il ne tiendrait pas ses troupes, surtout à France 3, dont la rédaction est en révolte ouverte contre le pouvoir. Son virage éditorial (davantage de théâtre, de musique, d'émissions scientifiques...) est jugé minimaliste par le petit garçon de l'Elysée, qui regrette tout à la fois "Apostrophes" et "Thierry la Fronde", bref la chaîne publique unique, en noir et blanc, de son enfance. Le péché de Carolis est originel, en quelque sorte. Il est à la tête d'un groupe qui se sent (comme l'armée !) à la fois méprisé par le président et destiné à une sévère diminutio capitis. Il va y avoir moins de garnisons et moins de soldats. La suppression de la pub à la télévision ne sera pas compensée. "Le compte n'y est pas", dit Carolis, qui menace de démissionner, dès la rentrée de septembre, s'il n'a pas les moyens budgétaires nécessaires. A moins qu'il n'y soit poussé dès maintenant, comme le chef d'état-major de l'armée de terre.

Dominique Dhombres LE MONDE | 03.07.08

 

 

 


N. Sarkozy : avantages et risques de l'autoritarisme

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 03/07/2008 à 23:01 :: La France de Sarkozy



N. Sarkozy : avantages et risques de l'autoritarisme



Finis le "casse-toi, pauvre con" à un visiteur du Salon de l'agriculture ou les agressions contre le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet. Il devait se modérer, pour reconquérir une aura présidentielle auprès des Français et incarner dignement la présidence de l'Union européenne (UE), à compter du 1er juillet.

Mais ce fut la rechute. En quelques jours, Nicolas Sarkozy a multiplié les attaques, mettant en cause personnellement plusieurs personnalités :
  •  le chef d'état major de l'armée de terre, Bruno Cuche, auquel il lance un "vous êtes tous des amateurs", et qui a présenté sa démission après la fusillade de Carcassonne ;
  •  le commissaire européen Peter Mandelson, accusé d'avoir "sapé" la position de l'Union dans la négociation à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), et qui a boudé le dîner offert à l'Elysée ;
  • le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, auquel il dicte depuis des mois la manière de diriger le service public de la télévision et qui a fini par qualifier de "stupide" le discours de M. Sarkozy.


Faute d'accord sur une formulation de compromis pour la ratification des futures adhésions à l'Union européenne, la commission des lois de l'Assemblée nationale a décidé, mercredi 2 juillet, de laisser en l'état le texte de la Constitution, modifié en 2005 à la demande de Jacques Chirac. Le texte impose un référendum automatique pour la ratification de toute nouvelle adhésion.

Le projet de réforme sur les institutions du gouvernement laissait au président de la République la possibilité d'opter pour la voie parlementaire ou la voie référendaire, alignant ainsi la règle en matière d'élargissement sur celle des révisions constitutionnelles. Les opposants à l'entrée de la Turquie avaient obtenu en première lecture à l'Assemblée l'adoption d'une clause spécifique pour les pays dont la population dépasserait 5 % de celle de l'Union européenne, rejetée au Sénat. Aucune autre formule n'a fait consensus.

"Nicolas Sarkozy touche à des institutions, à ce qui était des sanctuaires", s'inquiète François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, qui voit dans l'attitude du président "un comportement personnel et une méthode politique : en cherchant la responsabilité des autres, il cherche à exonérer la sienne". Pour l'ancien eurodéputé Jean-Louis Bourlanges, "Sarkozy a moins le goût du pouvoir que de l'arbitraire. Il veut, en face de n'importe quelle situation, affirmer sa supériorité".
Cet observateur voit là l'explication de sa contestation des experts ou de sa propension à humilier ses interlocuteurs.


"LES GENS ONT PEUR"

Ses collaborateurs sont habitués à ses sautes d'humeur. "Si on prend ses critiques au premier degré, mieux vaut ne pas travailler avec lui", s'amuse un proche conseiller. Mais cela est mal vécu dans les cercles plus distants : "A l'UMP, les gens ont peur, peur de se faire engueuler", assure un ancien ministre. Certains conseillers ne réfutent pas une dose d'arbitraire, voire d'injustice délibérée du président : selon eux, il doit imposer sa "rupture" et il continue de jouer la carte d'une opinion à reconquérir contre les corps intermédiaires. Mais au-delà du premier cercle, le caractère présidentiel passe mal.

Sur l'Europe pourtant, les attaques se veulent maîtrisées. Nicolas Sarkozy entend briser la "chape de plomb de la pensée unique". Les critiques contre la BCE sont traditionnelles et, pour une fois, n'émanent pas uniquement de Paris. L'attaque contre Peter Mandelson s'explique par un conflit classique entre la France et la Commission et une brouille plus personnelle : "Mandelson ne s'est pas comporté de manière loyale ; nous n'avons pas les chiffres sur lesquels il est en train de négocier à l'OMC. Ce n'est pas correct", accuse-t-on à l'Elysée. Le débat sera clos fin août.

Mais s'ils sont assumés, les changements de stratégie politique ne se font pas sans risques. Ils peuvent passer pour une trahison. La décision de passer en force contre Bernard Thibault, leader de la CGT, et François Chérèque, numéro un de la CFDT, sur l'assouplissement des 35 heures, a été "soigneusement pesée", assure un conseiller. Tant pis pour les dégâts causés sur la confiance qui s'était instaurée avec les syndicats, notamment la CFDT, "un peu blessée", selon la litote employée à l'Elysée. Jugeant le rapport de force favorable, le président a préféré miser sur l'électorat de droite, qui regarde avec méfiance un excès de dialogue social.

La méthode sarkozienne occasionne, aussi, des cafouillages. M. Sarkozy avait décidé de priver les généraux militaires de promotion de la Légion d'honneur, dans la foulée de la fusillade de Carcassonne et d'une tribune d'officiers anonymes s'opposant au Livre blanc sur la défense. Avant de faire machine arrière, sur pression de certains conseillers : cela aurait été trop brutaliser l'institution.

"Nicolas Sarkozy ouvre beaucoup de fronts, et il y a un moment où la guerre devient générale", estime M. Hollande, qui prédit un effet "boomerang". Stéphane Rozès, de l'institut d'études CSA, est plus circonspect. "Même si le lien entre Nicolas Sarkozy et l'opinion s'est délité, il pense que, faute d'alternative, il a de grandes marges de manoeuvre." A l'Elysée, on est convaincu qu'"il n'y aura pas de retour de bâton". Et l'on cite René Char : "Va vers ton risque, à te regarder, ils s'habitueront."

Arnaud Leparmentier LE MONDE | 03.07.08
 
 

 



Les retrouvailles

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 03/07/2008 à 22:30 :: Général
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