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Message de Ségolène

Madeleine Ngombet Chargée du blog « Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle. » Ségolène Royal

JEAN PIERRE DENIEUIL Coordonnateur DE DESIRS D'AVENIR 16

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Royal face aux lecteurs du Parisien : "Avec Sarkozy, la France est abandonnée"

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/05/2008 à 21:46 :: Interviews

 

 

    Interview de Ségolène Royal dans le Parisien: « Une crise grave est tout à fait possible »  

 


   En visite dans les locaux du Parisien, Ségolène Royal, candidate malheureuse à la dernière présidentielle, rencontre un panel de six   lecteurs du parisien, dresse le bilan de la première année Sarkozy, ses ambitions au sein du PS, sa vie privée.confie ses craintes sur la situation politique en France et explique sa stratégie au sein du PS, sa détermination à continuer à jouer un rôle de premier plan à gauche...

Et tout en multipliant les flèches contre Nicolas Sarkozy, elle se positionne clairement en vue de 2012.

 

 

MEHDI MARTEL. Un an après l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, quel est, selon vous, son plus grand échec... et sa plus grande réussite ?

 

Ségolène Royal.

Son plus grand échec, c'est la déception des Français. Lorsqu'on a la chance d'être chef de la cinquième puissance du monde, on n'a pas le droit de rater une année. La France a été séduite et elle est aujourd'hui abandonnée. C'est très grave. Le pouvoir en place semble dépassé. Il a fait croire qu'il maîtrisait les choses, que toutes les réformes étaient prêtes. Or, dans un monde qui va très vite, marqué par la mondialisation, un dirigeant ne peut pas être dépassé par les événements.

 

 

SERGE GADEA. Sarkozy a-t-il trouvé ses limites ?

 

Oui. Il n'est pas à la hauteur d'une période historique compliquée. Il s'est occupé davantage de lui-même que de la France. Il disait qu'il serait le président de la morale, du courage, du pouvoir d'achat, des droits de l'homme. C'est tout le contraire : on a de l'immoralité, du non-respect, de l'improvisation. Maintenant il faut qu'il se ressaisisse car il faut remettre la France sur la bonne voie : une autre politique est possible.

 

 

CAROLINE CHANFREAU. Mais y a-t-il quand même quelques succès ?

 

L'émergence au sein du gouvernement de femmes issues de la diversité est une chose positive... Encore que, en bonne logique républicaine, il faut juger sur les résultats.

 

 

JEANINE HAMELIN. Pourquoi, selon vous, avez-vous perdu la présidentielle il y a un an ?

 

C'est une bonne question, j'ai écrit un livre pour expliquer cela (rires) ! Je n'ai pas réussi à convaincre de nombreuses personnes parce que, en face, Nicolas Sarkozy a fait des promesses : celle de revaloriser de 25 % le minimum vieillesse, les petites retraites et l'allocation adulte handicapé. Il avait aussi annoncé qu'il demanderait aux patrons d'augmenter les bas salaires. Dans une élection, ça joue. Moi, je n'ai promis sérieusement que ce que je savais pouvoir tenir. Mon adversaire a aussi bénéficié pendant les années précédant l'élection de relais médiatiques extrêmement puissants et de moyens financiers considérables, en cumulant le ministère de l'Intérieur et l'UMP. Enfin, il m'a manqué le soutien de certains dirigeants socialistes, qui n'ont pas accepté ma désignation massive par les militants du parti.

 

 

MEHDI MARTEL. Avez-vous des propositions concrètes pour réduire le chômage des jeunes et faciliter l'accès dans la vie active ?

 

Il y a une déconnexion entre certaines filières de formation économique et la réalité du marché du travail. Et aussi un énorme gâchis à l'issue des deux premières années d'université, où 40 % des jeunes abandonnent sans qualification et sans diplôme. Il faut une réforme profonde de l'université et en particulier dé-spécialiser les premières années de formation. Et puis il y a des secteurs sous tension dans le bâtiment, la restauration, les services à domicile. Or, ces métiers ne sont pas suffisamment valorisés. C'est ce que j'ai fait dans ma région en donnant un chèque à tous les jeunes qui entrent dans ces trois filières pour les aider à financer leur permis de conduire, dont ils ont besoin pour aller travailler. Par ailleurs, je suis favorable au développement de l'apprentissage, y compris dans l'enseignement supérieur. C'est-à-dire la formation alternée entre la théorie et la pratique. Cela existe déjà et il faut le développer.

« Je suis poursuivie par les photographes tout le temps »

 

 

JEANINE HAMELIN. Comment accroître le pouvoir d'achat alors que tout augmente ?

 

C'est l'expression de l'angoisse principale : la vie chère, l'accès au logement devenu difficile, l'augmentation de l'essence... Au lieu de donner 15 milliards chaque année dans le paquet fiscal, on aurait pu baisser la TVA sur la consommation. Ou doubler la prime pour l'emploi pour 8 millions de salariés. Il faut imposer aux collectivités locales de respecter le quota des 20 % de logements sociaux. Il faut réorienter la masse de l'épargne vers le secteur de la construction. Quant aux prix, il faut contrôler les marges de la grande distribution. Je suis favorable à l'autorisation des actions de groupe de consommateurs. C'est très efficace pour instaurer un rapport de force sur les prix entre les consommateurs et les grandes entreprises.

 

 

CAROLINE CHANFREAU. Le gouvernement veut réformer l'Etat et réduire le nombre de fonctionnaires. N'a-t-il pas raison sur le fond ?

 

Oui, il faut réformer l'Etat. Mais aujourd'hui, ce qui ne va pas, c'est que l'Etat est réformé par des gouvernants qui dénigrent le service public. On assiste à des destructions massives de services publics. Fermetures de plateaux de chirurgie, de tribunaux, de postes, de filières de formation professionnelle. Tout cela laisse une sorte de désespérance dans des territoires déjà fragilisés, ce qui déstabilise aussi les entreprises. En même temps, il y a trop d'échelons administratifs, depuis la commune jusqu'à l'Etat et l'Europe. Il faut clarifier les compétences et mettre fin aux doublons avec des responsabilités claires aux collectivités territoriales tout en leur donnant les ressources nécessaires. C'est comme ça qu'on allégera la bureaucratie et les dépenses de l'Etat.

 

 

SERGE GADEA. Pourquoi le PS, lorsqu'il était aux affaires, n'a-t-il pas annulé la réforme Balladur sur les retraites. Et s'il revenait au pouvoir, annulerait-il les réformes Fillon ?

 

C'est vrai que la gauche n'a pas réglé en totalité la question des retraites, même si elle a créé le Fonds de réserve des retraites. J'observe que le gouvernement actuel veut piocher dans ce fonds, ce qui n'est pas acceptable. Je ne ferai qu'une observation : le groupe Total a fait 10 milliards d'euros de bénéfices. Aujourd'hui, le besoin de financement des retraites est de 8 milliards. Est-il normal qu'une entreprise gagne autant d'argent, qui appartient en fait à la collectivité, quand les Français paient l'essence à des prix aussi élevés ?

 

 

JEANINE HAMELIN. Voulez-vous succéder à Hollande à la tête du PS ? Pensez-vous être la candidate de votre parti en 2012 ?

 

Je ne suis pas candidate à un poste mais j'ai pris la décision d'assumer mes responsabilités de leader politique. J'entends parfois dire que je suis un accident de l'histoire, une météorite qui serait passée et qui doit disparaître, ce qu'on n'a jamais dit à aucun homme. Ce qui aurait été cohérent après cette campagne, c'est de se rassembler autour de moi pour mettre la dynamique de la campagne au service de la gauche, de reconstruire un nouveau corpus idéologique et de voir si cela réussissait ou non. Mais cela aurait été trop simple. Je constate que ça ne se passe pas pour moi comme cela s'est passé pour d'autres, François Mitterrand, Lionel Jospin... Ce que je veux, c'est un PS qui change, qui soit en phase avec les défis de la France. Il faut que le PS compte plus d'adhérents. On avait promis il y a deux ans un PS à 700 000 adhérents. Il est très important que le PS devienne un parti très attractif.

 

 

MEHDI MARTEL. Donc vous allez prendre la tête du PS ?

 

Je veux faire les choses dans l'ordre. Lorsque je vous dirai si oui ou non je suis prête à assumer cette position de leadership, je le ferai en expliquant pourquoi, avec quelle vision et quel projet. Ce sera fait de toute façon assez rapidement puisque les textes pour le congrès du PS doivent être déposés en juin.

 

 

JEANINE HAMELIN. Nicolas Sarkozy a refait sa vie. Et vous, où en êtes-vous sur le plan personnel ?

 

(Rires.) Je vous remercie de vous préoccuper de moi. Mais comme vous le dites, c'est ma vie personnelle. On est déjà tellement exposé quand on est responsable politique... Il faut rendre des comptes sur tout. Je suis poursuivie par les photographes tout le temps, y compris avec mes enfants. J'ai même été pourchassée avec des appareils photo jusque dans une église. C'est la contrepartie de la notoriété, mais je pense qu'il faut protéger farouchement sa vie privée. Il faut me laisser tranquille.

« Obama représente l'Amérique du futur »

 

 

CAROLINE CHANFREAU. Dans le climat actuel, croyez-vous possible une crise politique aussi grave que Mai 68 ?

 

Bien sûr. Je pense qu'une crise grave est tout à fait possible. Il y a une exaspération très profonde. Quand il y a une déception aussi cruelle entre des espérances, des promesses politiques et le résultat, c'est inadmissible. Il y a une montée des précarités, un creusement insupportable des inégalités, une angoisse des parents sur la réussite de leurs enfants. On assiste à la montée d'une colère très profonde, et ça c'est dangereux. Ceux qui nous gouvernent feraient bien de se ressaisir rapidement.

 

 

MARIE-LYSE VILANOVA. Au PS, il y a une multitude de candidats potentiels pour le poste de premier secrétaire. Pourquoi tant de rivalités ?

 

Les rivalités sont normales en politique mais il ne faut pas qu'elles soient exacerbées. Je ferai très bientôt une offre politique et je souhaite que le leadership découle naturellement du vote des militants.

 

 

SERGE GADEA. Dans son gouvernement, l'Espagnol José Luis Zapatero a nommé neuf femmes et seulement huit hommes. La France serait-elle plus macho ?

 

Oui, la France est encore très macho. Regardez l'Assemblée nationale, à quoi cela ressemble : encore très peu de femmes. Elles sont moins de 5 % au sein des conseils d'administration des entreprises. Les inégalités salariales sont encore de 30 %.

 

 

JEANINE HAMELIN. Etre noire en France, ce n'est pas facile. Quelles mesures proposez-vous pour faire cesser les discriminations ?

 

Pendant la campagne, j'ai défendu l'idée de la France métissée. Cela m'a fait perdre des voix, je le savais. Car cela a été exploité par mes adversaires qui l'ont opposée à l'identité française, mais il faut absolument tenir bon là-dessus. Il faut apprendre à vivre ensemble.

 

 

MARIE-LYSE VILANOVA. Jean-Pierre Raffarin a demandé votre démission à la suite de votre condamnation dans l'affaire de vos assistantes parlementaires...

 

C'est un contentieux qui dure depuis dix ans. J'ai été pourchassée judiciairement. La décision n'est pas définitive et, compte tenu de l'exploitation politique qui en est faite, je vais me pourvoir en cassation. On veut faire croire que c'est moi qui ai refusé de payer des salaires, alors qu'en réalité il s'agissait d'argent public. Et contrairement à ce qui a été dit dans la presse, il ne s'agissait pas de plusieurs mois mais de vingt jours. Il y a sûrement là une petite vengeance de la part de M. Raffarin car, quand je suis arrivée à la tête de la région Poitou-Charentes, j'ai diminué considérablement le train de vie. J'ai arrêté les grosses voitures ; j'ai vendu la Maison du Poitou-Charentes à Paris qui servait à organiser des cocktails ; j'ai réduit de 2 millions d'euros les frais de représentation et de communication de la région... J'ai aussi découvert que M. Raffarin faisait payer par la région un appartement privé rue de Vaugirard à Paris. Donc la région lui demande des comptes.

 

 

CAROLINE CHANFREAU. Avez-vous été choquée que Nicolas Sarkozy ait pu voter dans le VIIIe après s'être inscrit hors délai ?

 

Les Français ont été choqués. De nombreuses personnes n'ont pas pu voter parce qu'elles étaient hors délai. Il y a deux poids, deux mesures. C'est une fraude très grave, un faux en écriture publique.

 

 

BRUNO PONCHON. Dans le match entre démocrates aux USA, vous vous êtes prononcée en faveur de Barack Obama. Pourquoi ?

 

Parce qu'il représente l'Amérique du futur. Il incarne l'Amérique métissée, un ensemble de valeurs, il a toujours été contre l'intervention en Irak. Hillary Clinton est une femme extrêmement courageuse, elle en voit des vertes et des pas mûres. Mais elle est à mon sens plus opportuniste sur les questions de société et moins claire sur l'Irak. Ce qui est inquiétant, c'est la façon dont ils s'épuisent l'un l'autre dans ce duel. L'idéal serait qu'ils forment un ticket gagnant tous les deux contre le candidat républicain.

 

 

CAROLINE CHANFREAU. Que pensez-vous de votre caricature par l'humoriste Nicolas Canteloup sur Europe 1 ?

 

C'est profondément misogyne, il me traite en Bécassine. Cela faisait tellement écho à toute l'entreprise de dénigrement sur mes supposées bourdes et mon incompétence que cela m'a porté préjudice. Mais ça fait partie du combat politique. Il aurait fallu trouver un humoriste pour dire du bien de moi. Aujourd'hui, je préfère en rire !

 

 

Les impressions des Lecteurs du Parisen

 

 


envoyé par RichardTrois
 

Source : Le Parisien Edition du Mercredi 07/05/2008     
 

Clinton s'accroche

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/05/2008 à 20:55 :: International

 

 

    Obama prend une solide option dans la course démocrate, Clinton s'accroche  

 

 

 

En dépit de la solide option qu'a prise Barack Obama dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, sa rivale Hillary Clinton a annoncé mercredi qu'elle n'entendait pas renoncer, comme certains le voudraient déjà.

En dépit de la solide option qu'a prise Barack Obama dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, sa rivale Hillary Clinton a annoncé mercredi qu'elle n'entendait pas renoncer, comme certains le voudraient déjà.

"Je reste dans cette course jusqu'à ce qu'il y ait un candidat" désigné, a tranché Hillary Clinton en Virginie occidentale (est), petit Etat rural des Appalaches qu'elle espère emporter mardi lors de la prochaine consultation électorale. "Je vais travailler aussi dur que je peux pour être ce candidat", a-t-elle ajouté.

Et pourtant, à part son entourage, bien peu sont ceux qui estiment encore viable sa candidature.

"Je ne vois pas comment Mme Clinton pourrait maintenant emporter l'investiture, Barack Obama dispose d'une avance énorme en termes de délégués" gagnés lors des primaires, a relevé mercredi George McGovern, personnalité démocrate respectée et candidat malheureux de la présidentielle de 1972. M. McGovern, qui avait apporté son soutien à Mme Clinton en octobre, l'a appelée mercredi à se retirer au nom de l'unité nécessaire du parti.

"Elle est cuite" titrait cruellement mercredi le tabloïd New York Post au lendemain de la sévère défaite (14 points) de Hillary Clinton en Caroline du Nord (sud-est) et de sa victoire étriquée (2 points) dans l'Indiana (nord).

La Caroline du Nord était le dernier grand Etat en jeu dans le processus de sélection du candidat démocrate. Il ne reste que six consultations d'ici le 3 juin, dont la primaire de Virginie occidentale.

M. Obama quant à lui a rejoint son fief de Chicago et devait passer la journée de mercredi en conclave avec ses conseillers.

"Il est maintenant temps que les superdélégués (cadres et élus du parti libres d'endosser le candidat de leur choix) amorcent la fin de ce processus et annoncent leur préférence", a estimé la gouverneure de l'Arizona (sud-ouest) Janet Napolitano, pro-Obama.

Outre les primaires restant à organiser et le choix des super-délégués, c'est peut-être l'argent qui pourrait hâter la fin du processus.

En effet, après avoir consenti en février un prêt sur ses fonds personnels de 5 millions de dollars, Mme Clinton a de nouveau mis la main à la poche à trois reprises depuis le 11 avril pour maintenir à flot sa campagne, pour un total de 6,4 millions de dollars, selon son entourage.

Selon le site indépendant RealClearPolitics, M. Obama compte aujourd'hui 1.845 délégués et Mme Clinton 1.693. Il en faut 2.025 pour s'adjuger l'investiture.

Le stratège de Mme Clinton, Geoff Garin, a fait valoir mercredi que l'attrait de Mme Clinton auprès des électeurs "qui seront sans doute l'électorat clé" de novembre, particulièrement les foyers modestes, faisait d'elle "la candidate la plus forte pour le parti démocrate en novembre".

Mais le directeur de campagne de M. Obama, David Plouffe, souligne que Mme Clinton devrait remporter au moins 68% des délégués encore en jeu, un scénario improbable, pour espérer rattraper M. Obama.

"Nous savons qui sera le candidat démocrate", a déjà affirmé Tim Russert, le journaliste politique vedette de la chaîne NBC. Son confrère de la chaîne ABC George Stephanopoulos a prédit que de nombreux "super délégués" allaient incessamment apporter leur soutien à Barack Obama "par groupe de trois, quatre, cinq à la fois et la course à l'investiture va être bouclée".

De nombreux médias ont noté que les déclarations de M. Obama mardi avaient déjà les accents d'un discours de candidat investi. Il a défendu "l'Amérique qu'il aime" et plaidé pour l'unité des démocrates, et au-delà de tous les Américains, anticipant sur la campagne qui devrait l'opposer au républicain John McCain à l'automne.

  AFP 07/05/2008

 

DISCOURS DE VICTOIRE DE BARACK OBAMA

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/05/2008 à 20:50 :: Général

 

 

 

DISCOURS DE VICTOIRE DE BARACK OBAMA
 
 
 
 
 

Raleigh, Caroline du Nord - 07/05

 

 

Obama accentue son avantage aux points sur Clinton

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 07/05/2008 à 9:34 :: International

 

 

 

Une longueur d'avance

USA 2008 - Les résultats des primaires de l'Indiana et de la Caroline du Nord confirment

 

Obama accentue son avantage aux points sur Clinton

Barack Obama © Jae C. Hong / AP / SIPA

 

Barack Obama a certainement poussé un gros soupir de soulagement quand les résultats des primaires en Caroline du Nord et dans l'Indiana sont tombés mardi soir. Il est des jours où un match nul vaut une victoire et c'est ce qui s'est passé. Il a remporté comme prévu haut la main la Caroline du Nord avec 16 % d'avance (58 % à 42 %), et il a presque fait jeu égal, comme il l'espérait, avec Hillary Clinton dans l'Indiana qu'elle a remporté 51 % à 49 %.


Du coup, le jeune sénateur métis de l'Illinois a fait un pas de plus vers la nomination du Parti démocrate à la présidentielle de novembre. Il n'a certes pas encore remporté le match, car il n'est toujours pas parvenu à mettre Hillary KO. Elle est bien décidée à tenir la distance, fidèle à son image de "Rocky" au féminin. Il y a encore six rounds d'ici la fin du match le 3 juin et, comme elle ne manque jamais une occasion de le rappeler, "on ne sait jamais ce qui peut arriver en politique". Le combat va donc probablement continuer au finish, même si la campagne Clinton est de plus en plus handicapée par le manque d'argent.



Clinton espérait renverser le cours du jeu

Mais les conseillers d'Obama craignaient que les polémiques déclenchées ces dernières semaines par les propos antiaméricains de son ex-pasteur, Jeremy Wright, et ses propres maladresses ne lui coûtent cher dans les urnes, en particulier auprès de l'électorat populaire blanc. Il avait vu fondre son avance dans l'Indiana et en Caroline du Nord, deux États où il était donné gagnant (avec 25 points d'avance en Caroline du Nord).

Hillary Clinton avait elle-même exprimé l'espoir de pouvoir "renverser le cours du jeu", en remportant l'Indiana, et en refaisant son retard en Caroline du Nord. Elle n'y est pas parvenue.

Sa défaite a été trop nette en Caroline du Nord, et sa victoire trop serrée dans l'Indiana, pour changer un statu quo favorable à Obama, qui reste en tête dans la course aux délégués comme dans le décompte des votes obtenus.

 Le sénateur de l'Illinois a une fois de plus bâti sa victoire sur son score écrasant dans un électorat noir très mobilisé (plus de 90 %), qui représentait plus du tiers des électeurs en Caroline du Nord, et une part importante des zones urbaines les plus peuplées de l'Indiana. Mais il continue aussi de mobiliser les moins de 30 ans, les électeurs blancs les plus aisés et les mieux éduqués, et les citadins en général.


Obama sort du round du 6 mai debout sur ses jambes

 


La sénatrice de New York, qui a adopté un ton de plus en plus populiste, se présentant en championne des laissés-pour-compte et des "invisibles" et proposant de faire payer par les pétroliers la taxe fédérale sur les carburants cet été, l'emporte pour sa part nettement chez les gens les plus âgés, les ruraux et les "cols bleus". Le Parti démocrate continue donc en fait d'être coupé en deux, et aucun des deux prétendants ne semble en mesure de s'imposer sans discussion comme son champion. Mais plus on avance dans les primaires, plus la voie vers la nomination devient étroite pour Hillary Clinton.

Barack Obama sort du round du 6 mai debout sur ses jambes malgré les coups qu'il a encaissés. Il a même accentué son avantage aux points. Les résultats de mardi ont démontré qu'il a retrouvé sa foulée après avoir trébuché. Les "super délégués" du parti, qui devront trancher entre deux prétendants pratiquement à égalité, n'ont donc pas de raison de ne pas le couronner. Même si Hillary remporte, comme c'est probable, la majorité des six primaires à venir (elle est favorite en Virginie-Occidentale, dans le Kentucky et à Porto Rico et peut s'imposer dans l'Oregon), elle ne peut dépasser Obama au nombre des délégués, et des votes obtenus, que dans un seul scénario. Celui dans lequel la direction du Parti démocrate accepterait de prendre en considération les votes exprimés dans les primaires de Floride et du Michigan, et les délégués élus dans ces deux États.

Hillary Clinton l'a largement emporté dans les deux cas, mais ce résultat a été invalidé, car ces scrutins avaient été organisés en violation du calendrier des primaires fixé par le parti, et les candidats n'y avaient pas fait campagne (le nom d'Obama n'était même pas sur les bulletins dans le Michigan). Clinton avait proposé d'organiser un nouveau vote dans les deux États, mais Obama avait refusé, craignant probablement d'y essuyer une défaite qui aurait pu lui être fatale.

"Il est important que les votes de la Floride et du Michigan soient comptabilisés", a réclamé mardi soir Hillary devant ses partisans qui fêtaient sa victoire à Indianapolis. "Il serait quand même bizarre que notre candidat soit désigné par seulement 48 États !" Le Parti démocrate se retrouve en fait dans une situation embarrassante, car la Floride et le Michigan sont deux États clés pour l'élection présidentielle. Un refus de faire siéger leurs délégués serait prendre le risque de donner l'impression que la nomination d'Obama a été assurée par une manoeuvre rappelant le "vol" de la victoire de Gore par Bush en Floride en 2000, ce qui peut faire perdre aux démocrates les deux États en novembre.



"On ne gagne pas la présidentielle avec les seuls Noirs et les intellos"

Les partisans de Clinton continuent par ailleurs d'avancer l'argument de l'éligibilité d'Obama, faisant remarquer aux super délégués qu'Hillary Clinton l'a emporté dans la plupart des grands États indispensables à une victoire démocrate en novembre, alors que Barack Obama a construit son succès en raflant surtout des États dont beaucoup sont à majorité républicaine. Obama est mis en échec dans les sondages nationaux les plus récents par le candidat républicain John McCain, alors qu'ils indiquent qu'Hillary le battrait nettement. Près de la moitié de ceux qui ont voté Clinton en Caroline et dans l'Indiana disent en outre qu'ils ne voteront pas pour Obama en novembre si celui-ci est le candidat démocrate. Et comme le rappelait un partisan de Clinton "on ne gagne pas la présidentielle avec les seuls Noirs et les intellos".



Les conseillers d'Obama sont bien conscients du problème de leur candidat, et du risque d'une défaite en novembre si une partie de l'électorat populaire démocrate se tourne vers le candidat républicain, comme il l'a fait à plusieurs reprises depuis les années 80.

Le sénateur de l'Illinois a donc entrepris de remodeler son image pour se débarrasser de l'étiquette, fatale aux États-Unis, d'"élitiste" et d'"intellectuel". Il a imité Hillary en adoptant un ton et un comportement plus "populaire", insistant sur ses origines modestes, tenant un discours beaucoup plus social et économique que par le passé.

Mardi soir, il s'en est pris exclusivement à John McCain, comme pour convaincre les super délégués qu'ils n'ont plus le choix, et qu'il est déjà le candidat des démocrates.

 

Revue de presse

 

Le "momentum" est à nouveau passé du côté d'Obama, estime le New York Times, après la victoire du sénateur en Caroline du Nord et les résultats très serrés en Indiana, où l'avance de la sénatrice est très faible, écrit de son côté le Washington Post.


BBC News est du même avis et considère que la large victoire du sénateur a "boosté" sa fin de campagne.

Il semblerait que l'affaire du pasteur Jeremiah Wright soit désormais derrière le sénateur. Pour le Washington Post, il sera difficile désormais pour Hillary Clinton de renverser la vapeur et d'empêcher Barack Obama d'être le candidat du Parti. A moins, écrit-il, que le Parti démocrate intègre le Michigan et la Floride dans le décompte.

Malgré sa victoire, lance le Los Angeles Times, Barack Obama n'a pas réussi son pari : mettre un terme à la campagne démocrate après le mardi 6 mai. La bataille pour l'investiture va donc continuer, quoique sa courte victoire en Indiana et celle plus conséquente en voix et en délégués pour Obama en Caroline du Nord, va rendre difficile sa collecte de fonds, écrit le Boston Globe.

Le célèbre aggrégateur de news américain «Drudge Report» ne prend pas de pincettes: il affiche en une la photo d'Obama, barrée du titre «The nominee» (le candidat investi).
 

Le point.frLEMONDE.FR 20minutes.fr | 07.05.08

 

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