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Manifestation dans la capitale pour la défense des retraites. Dans le cortège parisien des cinq grandes confédérations syndicales (CGT, CFDT, CFTC, FO et CGC) : François Chérèque, Bernard Thibault et Jean-Claude Mailly. © Christophe Petit Tesson / MAXPPP
Plus de 700.000 personnes selon la CGT (dans 153 villes de France),
quelques 296.000 personnes selon la police (dans 126 villes) ont
participé jeudi aux manifestations organisées dans le cadre de la
journée d'action pour les retraites et contre le projet gouvernemental
d'allongement de la durée de cotisation à 41 ans. "La mobilisation du
22 mai pour la défense du système de retraite solidaire est un
incontestable succès", a déclaré la CGT dans un communiqué. "C'est une
étape importante qui vient d'être franchie dans un processus de
mobilisation", a-t-elle ajouté.
Les syndicats comptaient sur la mobilisation de centaines de milliers de manifestants
, du secteur public comme du privé, pour pousser le gouvernement à amender son plan sur les retraites.
À Paris
, environ 50.000 personnes ont manifesté mercredi après midi. Le départ
a eu lieu à 14 h 30 place de la Bastille, où les manifestants se sont
réunis derrière une banderole où était inscrit : "Mobilisons-nous pour
la défense de la retraite solidaire." Sur d'autres banderoles, on
pouvait lire : "Touche pas à ma retraite" ou encore "Quarante ans,
c'est déjà trop". Les représentants des cinq confédérations syndicales
représentatives à l'origine du mouvement, Bernard Thibault (CGT),
François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO), Bernard van
Craeynest (CFE-CGC) et Jacques Voisin (CFTC), ont pris place dans le
carré de tête aux côtés de Gérard Aschieri (FSU), Alain Olive (Unsa) et
Annick Coupé (Solidaires). "Retraite à 60 ans, oui, oui, oui ! Les 41
ans, non, non, non ! Les jeunes dans la galère, les vieux dans la
misère, de cette société-là, on n'en veut pas", scandaient des
manifestants de toutes générations, dans une ambiance très bon enfant.
Des salariés du privé (PSA Peugeot-Citroën, Vinci, métallurgistes)
côtoyaient des agents de l'équipement, de GDF, d'EDF, des impôts, mais
aussi des enseignants, des douaniers, des postiers, et même des
travailleurs sans papiers.
À Lyon , entre 8.500 (selon la police) et 12.000 (selon les syndicats) personnes ont battu le pavé à l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-FO-CFE-CGC-CFTC-Unsa-FSU-Solidaires et de la Confédération nationale du travail (CNT, anarchiste). La banderole en tête du cortège indiquait : "Non aux 41 années de cotisation pour une retraite solidaire par répartition." "Il y a une espèce de consensus que le gouvernement veut faire passer : c'est l'allongement soi-disant nécessaire de la durée de cotisation. C'est une escroquerie intellectuelle. Il y a d'autres solutions comme l'élargissement de l'assiette de cotisations", a déclaré Karim Messaoudi, formateur en travail social âgé de 50 ans.
À Toulouse , entre 14.000, selon la police, et 25.000 personnes, selon les organisateurs, ont défilé pendant plus de deux heures à l'appel de tous les syndicats. Ils étaient réunis derrière une banderole CGT-CFDT-CFTC-FO-FSU-Solidaires-Unsa avec pour slogan : "Pour la défense de la retraite solidaire par répartition" et étaient précédés par quelque 400 lycéens en grève scandant : "À ceux qui veulent supprimer des postes, les jeunes répondent : Résistance". Parmi les manifestants figurait le sénateur PS de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, en visite à Toulouse. Présent en milieu de cortège, il a estimé que cette manifestation était "le reflet d'une certaine peur" face "à l'épreuve de force" de Nicolas Sarkozy. "La peur de savoir que l'on va être en retraite et que l'on peut faire partie des retraités pauvres."
À Grenoble 8.000 manifestants selon la police (30.000 selon la CGT) ont participé au défilé, douze personnes ont été blessées dont quatre membres des forces de l'ordre. Des incidents ont eu lieu à la fin de la manifestation, après que des jeunes ont lancé des projectiles sur les gendarmes et les policiers, lesquels ont riposté par des jets de gaz lacrymogène. Sept jeunes et un enseignant ont été interpellés pour jet de projectiles, outrages et dégradations, a précisé la police. Plus d'un millier de lycéens s'étaient en effet joints à la manifestation avant de se dissocier du cortège pour se diriger vers le rectorat. Rejoints par des militants de Sud et de la LCR notamment, ils ont été stoppés par des barrages de gendarmes mobiles, qui les ont repoussés plusieurs fois par des jets de gaz lacrymogène. Les heurts se sont poursuivis jusqu'en début d'après-midi.
À Marseille , ce matin, plusieurs centaines de personnels concernés par le projet de réforme des ports ont été les premiers à se rassembler avant de rejoindre la manifestation contre la réforme des retraites qui a démarré un peu plus tard sur le Vieux-Port. "Nous sommes là pour montrer qu'il y a une convergence des luttes entre les différents personnels, il est normal de mettre en avant ceux qui luttent depuis des semaines puis de nous retrouver pour dire non à la retraite à 41 ans", a déclaré Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Port autonome de Marseille. Au total, près de 60.000 manifestants selon les organisateurs, 8.200 selon la préfecture, ont battu le pavé marseillais.
À Bordeaux , entre 25.000 (selon les syndicats) et 8.000 (selon la police) salariés du public comme du privé, retraités, étudiants et élus ont également défilé dans les rues. Dans le cortège, où étaient présents de nombreux salariés d'entreprises privées, notamment Ford, Aventis ou EADS, résonnaient des slogans tels que : "Rien n'est à eux, tout est à nous, tout ce qu'ils ont, ils l'ont volé", ou encore : "La retraite, on s'est battus pour la gagner, on se battra pour la garder."
À Nantes , ce sont environ
11.000 personnes selon la police, 25.000 selon les syndicats, qui ont
gagné les rues du centre-ville pour manifester leur mécontentement.
"Travailler plus pour gagner moins, non merci", pouvait-on lire sur les
banderoles du cortège qui a défilé dans le calme. Dans l'ouest de la
France, à Rouen, Le Havre ou Le Mans, des dizaines de milliers de
personnes avaient aussi choisi de se mobiliser.
Xavier Bertrand, ministre du Travail, a confirmé
le passage de la durée de cotisation à 41 ans d'ici 2012 le 28 avril
dernier. Les syndicats avaient appelé à manifester une première fois
contre cette mesure le 1er mai. 200 000 personnes selon les syndicats,
120 000 selon la police, étaient descendus dans la rue.
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ARRÊTONS l’hypocrisie sur les retraites. Le passage de 40 à 41 années ne relève que d’une logique purement financière dont les économistes s’accordent à penser qu’il ne réglera rien des problèmes d’équilibre du régime général. Même si cela peut passer pour une rengaine, il faut quand même répéter que le paquet fiscal voté l’été dernier prive l’Etat de plus de 15 milliards d’euros, alors que le déficit annuel de la branche vieillesse est actuellement inférieur à 5 milliards !
L’hypocrisie est multiple :
Mais si l’on veut régler le problème peut-être faudrait-il d’abord s’attaquer à la complexité d’un système rendu illisible par la multiplication des régimes et à l’opacité des calculs de retraite, en s’inspirant du système mis en place avec succès en Suède, basé sur un système de comptes individuels, un système qui valorise les carrières longues, avantageant les salariés ayant commencés à travailler tôt. Un système qui prend en compte l’espérance de vie et permet de partir en retraite de manière progressive, évitant la retraite-couperet. Jean-Marcel Bouguereau pour nouvelobs.com |