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Le match McCain-Obama a commencé

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 21/05/2008 à 12:56 :: Elections Américaines

 



Le match McCain-Obama a commencé



  

«C’est juste que je ne veux pas me battre contre Obama.» C’est par ces mots que Mark McKinnon, l’un des principaux stratèges du candidat républicain John McCain, a annoncé hier qu’il préférait démissionner plutôt que d’essayer de démolir cette «candidature historique». McKinnon, qui dirigeait les opérations publicitaires du candidat républicain, avait confié l’an dernier à des journalistes tout le bien qu’il pensait de Barack Obama. «Je crois qu’il a une personnalité profonde et qu’il prend de bonnes décisions. Il a tort sur certains points fondamentaux, mais je le crois honnête et indépendant.» McKinnon s’était alors engagé à renoncer à son poste si d’aventure Obama devenait le candidat du Parti démocrate.

Ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle pour John McCain. Hillary Clinton, qui a remporté mardi les primaires démocrates du Kentucky (mais a perdu celles de l’Oregon), va bientôt devoir reconnaître sa défaite ; et dans l’hypothèse - quasi certaine - d’un match Obama-McCain en novembre, le premier apparaît comme le favori. Il battrait aisément son rival républicain avec 48 % des voix contre 40 %, selon un sondage Reuters-Zogby publié hier. Il y a un mois, le même institut de sondage accordait aux deux hommes une chance égale. Cette enquête tend à démontrer que les nombreuses controverses qui ont émaillé la campagne d’Obama ces dernières semaines, notamment les déclarations provocatrices de son pasteur, le révérend Wright, n’ont que très peu affecté ses chances de devenir le premier président afro-américain. Selon ce sondage, McCain recueille une majorité de voix chez ceux qui pensent que les Etats-Unis sont «sur le bon chemin» (ils sont moins de 20 %), tandis qu’Obama séduit une majorité de ceux qui pensent que les Etats-Unis sont «sur la mauvaise voie». John McCain a un écho plus favorable chez «les Blancs, les seniors et les fans de Nascar [course de voiture sur piste, ndlr]», d’après les catégories, parfois surprenantes, définies par les sondeurs. Barack Obama attire surtout, pour sa part, «les catholiques, les juifs, les syndiqués et les électeurs qui gagnent moins de 35 000 dollars (22 400 euros) par an».

Le duel entre les deux hommes s’est concentré, ces derniers jours, sur les questions de politique extérieure. McCain, qui avait dit que les contingents militaires pourraient rester en Irak «cent ans si nécessaire», a rectifié le tir en affirmant que la plupart des GI pourraient être rapatriés en 2013. Il a accusé Obama de naïveté pour vouloir entamer des négociations directes avec l’Iran et Cuba. «McCain président, a rétorqué Obama, cela revient à accorder un troisième mandat à George W. Bush.»

 

Libération Edition du 22 mai
 
 

De l'Oregon à L'Iowa

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 21/05/2008 à 11:23 :: Elections Américaines


 

De l'Oregon à L'Iowa



Barack Obama et son épouse, à Des Moines, Iowa, mardi 20 mai, après l'annonce des résultats dans le Kentucky et l'Oregon. | AP/Chris Carlson

AP/Chris Carlson
Barack Obama et son épouse, à Des Moines, Iowa, mardi 20 mai, après l'annonce des résultats dans le Kentucky et l'Oregon.


Democratic presidential hopeful, Sen. Barack ...

 

 

 

Que va-t-on retenir des primaires dans l'Oregon et dans le Kentucky ? Pas les résultats, visiblement. Ce qui attire l'attention des éditorialistes, c'est la déclaration de Barack Obama revendiquant la majorité absolue des délégués élus lors des votes dans le camp démocrate, ce qui précipiterait l'issue du scrutin.

Effectivement, pour The Guardian, le sénateur de l'Illinois "assure une majorité mathématique de délégués élus". "Cela veut dire qu'il ne peut pas perdre, ajoute le quotidien britannique. Enfin, sauf si une improbable majorité de super délégués décide soudainement de soutenir Hillary Clinton, contre le sens commun. Mais il n'y a que 1 % de chances pour que cela se produise."

Si le quotidien britannique est formel, la plupart des autres journaux théorisent sur les chances de Hillary Clinton de rattraper son retard. "Ses victoires en Virginie-Occidentale et dans le Kentucky sont en mesure d'inquiéter Barack Obama", affirme le New York Times. "Clinton croit qu'en accumulant plus de victoires et de votes, elle pourra mieux se défendre au Comité national démocrate, et obtenir plus de délégués lors des primaires officieuses en Floride et dans le Michigan", explique également le quotidien. En fait, tout va dépendre des fameux super délégués, comme le rappelle le Los Angeles Times.

 

HILLARY CLINTON REFUSE L'ÉVIDENCE

Après sa victoire dans l'Etat du Kentucky, la sénatrice de l'Etat de New York a déclaré, niant l'évidence : "Les résultats sont parmi les plus serrés de l'histoire des primaires démocrates." Le Times relativise la portée de ce discours, en révélant que la salle où elle se trouvait était loin d'être pleine, titrant son article : "Même les supporteurs n'y croient plus."

 

Dans ce cas, pourquoi continue-t-elle ? "Hillary Clinton nous montre ses qualités de leader, écrit le Washington Post. En refusant d'admettre qu'elle est hors jeu, elle fait ce que n'importe quel leader aurait fait. Allez jeter un œil sur les statues du monde entier. Sous celles qui représentent des figures historiques ayant perdu des batailles, vous ne trouverez jamais écrit 'un bon perdant'."

 

Slate n'opte pas pour le même genre d'argumentaire. "Nous nous trouvons face à un problème de physique quantique : combien de temps un corps peut-il continuer à vivre dans un état proche de l'immobilité ?", se demande-t-il au sujet de Hillary Clinton.

 

Le Financial Times livre peut-être la solution à ce problème. "Hillary Clinton continue à prétendre qu'elle est toujours dans la course. Mais en réalité, tout laisse à croire qu'elle est prête à assumer sa défaite." "Son équipe a laissé entendre que l'issue de la bataille serait donnée bien avant la Convention démocrate prévue à Denver en août prochain." "Et ces derniers jours, il y a déjà eu de nombreux signes montrant que le parti est en train de se ranger derrière M. Obama – notamment quand Mme Clinton a défendu son rival après les attaques de George W. Bush concernant la position du sénateur sur l'Iran. [...] Les deux candidats sont en train de préparer le terrain en vue d'une réconciliation."

LEMONDE.FR | 21.05.08 |

 

Rupture



Obama Says Nomination ‘Within Reach’



Quand il était candidat au Sénat, Obama se présentait en riant : «C’est moi, le gars trop maigre au drôle de nom.» Ce nom, Obama le doit à son père, noir et musulman du Kenya. Aujourd’hui, il est en passe d’être investi candidat démocrate à présidence des Etats-Unis.

 Malgré ce nom bizarre, malgré les rumeurs, malgré les attaques à connotation raciste des époux Clinton, malgré les discours incendiaires et extrêmes de son pasteur. Hillary s’est longtemps moqué de celui qu’elle traitait méprisante de «poète bidon».

C’est pourtant ce poète qui a capté l’imagination et les voix de ses citoyens. Il a su incarner un espoir de rupture après les huit années calamiteuses de Bush. Il a su incarner la différence, aux antipodes de la politique des Clinton, pour qui l’Amérique est faite de niches à séduire et à conquérir à n’importe quel prix, les femmes, les ouvriers, les juifs…

Obama a une autre ambition pour son Amérique : qu’elle soit à son image, métisse et inclusive, noire et blanche. Ce projet peut paraître vague, face aux duretés et injustices de la société américaine. Naïf, alors que le monde porte une haine farouche à l’Amérique de Bush. Il est toujours facile de se moquer des idéalistes et John McCain ne manquera pas d’attaquer son jeune rival, son inexpérience et sa volonté de dialogue, y compris avec les ennemis de l’Amérique.

Mais, durant sa très dure campagne contre Hillary, Obama a su montrer sa résilience sans renier sa volonté de faire de la politique autrement.
En novembre, les Américains auront un vrai choix. Capital pour leur pays, capital pour le reste du monde.

Éditorial De François Sergent du QUOTIDIEN Libération: mercredi 21 mai 2008

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