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Manifestations du 15 mai 2008

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 15/05/2008 à 20:10 :: La France de Sarkozy


 

Plus de 200 000 manifestants contre les suppressions de postes dans la fonction publique

Près d'un enseignant sur deux en grève, des lycéens formant le gros des cortèges dans les manifestations : l'éducation nationale et la question des suppressions de poste ont été au centre de la journée de mobilisation dans la fonction publique, mardi 15 mai.

Les chiffres fournis jeudi faisaient état d'une mobilisation importante des agents du secteur, aussi bien selon les méthodes de comptage du ministère que des organisations syndicales. Pour les collèges et lycées, les syndicats avançaient un taux de grévistes supérieur à 55 %, et atteignant 63 % dans les écoles. Selon le ministère de l'éducation nationale, les grévistes étaient 33,55 % dans le secondaire, et 46,16 % dans le primaire.


A Marseille, 30 000 personnes, de source syndicale, 7 000 selon la police, ont défilé à l'appel des syndicats UNL, FIDL, FSU, CGT, CFDT, Unsa et Solidaires. Force ouvrière a défilé séparément, avec 10 000 manifestants selon le syndicat, un millier selon la police.

AFP/MICHEL GANGNE
A Marseille, 30 000 personnes, de source syndicale, 7 000 selon la police, ont défilé à l'appel des syndicats UNL, FIDL, FSU, CGT, CFDT, UNSA et Solidaires. Force ouvrière a défilé séparément, avec 10 000 manifestants selon le syndicat, un millier selon la police.


A Paris, entre 50 000 et 60 000 personnes ont rallié la place de la République, selon la FSU.
AFP/MEHDI FEDOUACH
A Paris, entre 50 000 et 60 000 personnes ont rallié la place de la République, selon la FSU.



Envriron 2 500 personnes ont défilé à Strasbourg, le 15 mai 2008.
AFP/FREDERICK FLORIN
Envriron 2 500 personnes ont défilé à Strasbourg.


La question de la suppression des postes dans l'éducation était également au cœur des cortèges qui ont défilé jeudi dans plusieurs villes de France. Entre 200 000 et 300 000 personnes – selon lechiffres de la police ou des organisateurs –, ont participé à ces manifestations au niveau national. A Paris, ils étaient entre 50 000 et 60 000, selon la FSU (18 000 selon la police), à dénoncer la "politique de démantèlement" du service public du gouvernement et les suppressions de postes prévues en 2008-2009. Dans le cortège, Jean-Claude-Mailly, pour Force ouvrière, évoquait "une grogne et un mécontement" touchant l'ensemble des fonctionnaires, alors que François Chérèque (CFDT) dénonçait la "seule vision comptable" du gouvernement.


SERVICE MINIMUM PEU UTILISÉ

"C'est une mobilisation réussie qui marque un mécontentement extrêmement sérieux", s'est félicité Gérard Aschieri, de la FSU (majoritaire dans l'éducation). "La mobilisation d'aujourd'hui, qui est déjà une réussite, n'est qu'un prélude à celle de jeudi prochain", a de son côté prévenu Bernard Dieudevant, secrétaire départemental de la FSU.

A Paris, comme à Marseille ou Strasbourg, lycéens et enseignants formaient le gros des cortèges. Le président de l'UNL, Florian Lecoultre, expliquait jeudi matin au Monde.fr que cette mobilisation ne constituait pas un "baroud d'honneur" et que le mouvement lycéen se poursuivrait après le 15 mai. Le ministre du budget et de la fonction publique, Eric Woerth, a quant à lui estimé que "défiler avec des pancartes pour dire 'je veux plus de moyens', c'est une manière très égoïste de voir les choses".

Pour faire face à la fermeture de nombreuses écoles, Xavier Darcos avait à nouveau demandé aux communes d'organiser un service minimum d'accueil, assuré par des agents communaux. Le dispositif a été refusé par la quasi-totalité des grandes villes, qui avancent des problèmes juridiques, d'organisation et le principe du respect du droit de grève. Près de 3 000 communes petites ou moyennes ont introduit ce service. Nicolas Sarkozy a promis, jeudi soir, que le gouvernement déposera avant l'été un projet de loi sur un "droit à l'accueil des enfants inscrits dans nos écoles" lors des mouvements de grèves et sur une déclaration préalable des enseignants grévistes.

 AFP et Reuters | 15.05.08

 


Ségolène Royal avance ses pions

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 15/05/2008 à 11:33 :: Ségolène Royal

 

 
 

 


Ségolène Royal avance ses pions

 


 Hier, devant une quinzaine de journalistes réunis dans son QG du boulevard Raspail à Paris, Ségolène Royal a avancé quelques pions en perspective du prochain congrès du PS qui se tiendra du 14 au 16 novembre à Reims (Marne). Sans se déclarer officiellement candidate à la succession de François Hollande au poste de premier secrétaire, la présidente de Poitou-Charentes cache de moins en moins ses intentions : « Je pars dans ce congrès pour être majoritaire, mais sans compromission », s'est-elle ainsi avancée.
 
A-t-elle vraiment le choix ? Populaire parmi les Français, son grand rival, le maire de Paris, enregistre dans plusieurs sondages parus ces dernières semaines une poussée chez les sympathisants socialistes. Là où justement Royal gardait plusieurs longueurs d'avance. Selon un sondage Ipsos pour « le Point » qui paraît aujourd'hui, Bertrand Delanoë devance l'ex-candidate de plus de 10 points parmi les sympathisants pour diriger le PS (52 % contre 40 %). Prévoyant une lente montée en puissance d'ici au congrès, le maire de Paris publie son livre d'entretiens avec Laurent Joffrin - le directeur de « Libération » - jeudi prochain.

Sans vouloir s'inscrire « en réaction », Royal est donc amenée à abattre quelques cartes. Demain, elle sera l'invitée vedette de l'atelier citoyen de ses amis parisiens, un pur exercice de démocratie participative, sa marque de fabrique. Lancée sur Internet début avril, la consultation des militants autour de 10 questions aurait déjà recueilli 1 500 contributions utiles pour un parti qui, « s'il ne bouge pas, peut disparaître ».


« J'ai l'intention de parler aux militants comme je parle aux Français »

A ceux qui la soupçonnent de jouer son propre jeu auprès de l'opinion, Royal met les point sur les i : « Je ne laisserai pas dire que je suis en marge du PS. Je serai au coeur de ce congrès. Il n'y a pas d'un côté les propriétaires du parti et de l'autre ceux qui sont en marge. » A partir de la semaine prochaine, Royal commence une tournée des fédérations, à raison d'un déplacement par semaine. Lorraine, Aube, Gironde et Rhône sont déjà au programme. Fin juin, elle publie un ouvrage de dialogue avec le sociologue Alain Touraine. Sept thèmes, allant de « La fin de la vision économique de la société » à « Vivre ensemble, égaux et différents » : ce livre, dont l'universitaire a eu l'idée, est censé mettre fin à l'accusation d'incompétence encore et toujours portée contre Royal.

Mais hier, c'est surtout sur le ton de sa campagne interne que la candidate s'est montrée offensive : « J'ai l'intention de parler aux militants comme je parle aux Français. » Contrairement à d'autres, adeptes des « vieilles ficelles » pour gagner un congrès, Royal refuse la moindre « compromission ». Une promesse d'« authenticité » qui fait sourire un proche de Bertrand Delanoë : « Et le soutien de Georges Frêche, ce n'est pas une compromission ? »
 
Le parisien.fr

 

 

Obama reçoit le soutien d’Edwards

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 15/05/2008 à 10:19 :: Elections Américaines

Obama reçoit le soutien d’Edwards



John Edwards et Barack Obama, le 14 mai 2008, à Grand Rapids, dans le Michigan.
REUTERS/JEFF HAYNES
"Il y a un homme. Il y a un homme qui sait et comprend que le temps est venu pour une gestion audacieuse du pays. Il y a un homme qui sait comment générer le changement, le changement durable qu'il faut bâtir à partir de la base. Il y a un homme qui sait dans son coeur que le temps est venu de créer une Amérique et non deux. Et cet homme c'est Barack Obama", a dit M. Edwards au cours d'une réunion publique à Grand Rapids, dans le Michigan, au côté de M. Obama.



Son soutien était l’objet de toutes les convoitises. Mercredi soir, devant une foule rugissante de 12.000 personnes à Grand Rapids (Michigan), John Edwards a officialisé son endorsement de Barack Obama. «Les électeurs démocrates ont fait leur choix. Moi aussi», a lancé Edwards  sous les hourras de l’assistance. Et de poursuivre: «S’il est un homme qui sait que le temps est venu de créer une Amérique unie et pas deux, c’est Barack Obama».


Obama joue désormais sur du velours 


Pour le dessinateur et chroniqueur américain Jeff Danziger, le sénateur de l'Illinois aurait déjà pratiquement gagné la partie, face à Clinton comme face à McCain.

Obama doit énormément à Hillary Clinton, qui, ces trois derniers mois, lui a évité le sévère examen auquel il va maintenant devoir se plier. Candidat "présumé" du Parti démocrate, il est désormais livré à lui-même, sans la tumultueuse diversion que lui offrait le couple Clinton.
Mais le sénateur de l'Illinois apprend vite. Par une prise de jujitsu politique, il s'est servi de l'ambition de Hillary pour la faire chuter, et il va sans doute recourir à la même tactique contre John McCain. Dans les débats à venir, il laissera parler son adversaire. McCain s'enfoncera de plus en plus, tandis que lui-même se contentera de regarder, sans intervenir.

Comme s'il avait choisi de s'immoler politiquement, McCain a décidé de prendre l'offensive en défendant les mesures les plus destructrices du gouvernement Bush. La guerre, mais aussi les baisses d'impôt, l'alourdissement ruineux de la dette, la soumission aux entreprises et l'adhésion au libre-échange, considéré comme une vertu inattaquable. Cette politique a valu à Bush un taux de désapprobation record dans les récents sondages. Selon les derniers chiffres, 71 % des Américains considèrent que le pays est sur la mauvaise pente et désapprouvent l'action de Bush.

Comment expliquer, dans ce cas, qu'un candidat à la présidence cherche à se faire élire en proposant de poursuivre la même politique ? La réponse est probablement que, dans l'esprit de McCain, l'important n'est pas la politique, mais l'homme. McCain n'ayant jamais aimé Bush, il doit penser que c'est lui le problème, et non sa politique inepte ou ses idées de droite. Mais dans ce cas, il va avoir la mission peu enviable d'expliquer comment la guerre, le libre-échange, une montagne de dettes et des amis en Arabie Saoudite peuvent contribuer à une amélioration de la situation dès lors que lui-même serait aux commandes à la place de Bush.

Face à de tels arguments, Obama n'aura qu'à écouter, sans même se risquer à esquisser un sourire malin. Un vieux dicton dit que la meilleure chose à faire lorsqu'on est au fond du trou est d'arrêter de creuser, mais le candidat républicain n'est apparemment pas de cet avis.
McCain va donc éviter à Obama de voir ses propres projets pour l'avenir du pays passés au crible, ce dont les démocrates ont tout lieu de se réjouir. Une fois au pouvoir, Obama retirera probablement les troupes d'Irak, une tâche difficile et dangereuse. Si on lui demande comment il compte s'y prendre, il n'aura d'autre issue que de souligner que McCain, lui, ne les retirerait pas, une option encore plus dangereuse. Et si on l'interroge sur la politique qu'il entend adopter dans le domaine de la santé, terrain miné s'il en est, il ne pourra que retourner la question à son adversaire. Le programme de santé des républicains se résume à "ne pas tomber malade" et quand le moment sera venu de défendre cette cruelle conception de la vie, peu d'Américains se souviendront des propositions faites par Obama.

En termes d'expérience et de détermination, McCain représente certainement un meilleur choix pour la présidence. Mais Obama a déjà deux grandes prouesses à son actif : il est le premier candidat africain-américain à la présidence et il a humilié les Clinton, sans doute le plus grand tandem politique depuis Franklin et Eleanor Roosevelt. Il peut se permettre d'afficher l'une des attitudes les plus convaincantes dans une campagne électorale : le calme.

Mais il y a du changement dans l'air. Le camp McCain a commencé à faire circuler une photo représentant le sénateur en compagnie de son épouse et de ses enfants. Les fils de McCain ont tous accompli leur devoir militaire et l'un d'entre eux, pilote de la marine, est aujourd'hui stationné en Irak. Mais le personnage le plus intéressant de la photo est sa fille adoptive, Bridget, qui est d'origine bangladaise. Intelligente et jolie, Bridget est une enfant formidable, mais tout ce qui compte aujourd'hui, c'est la couleur de sa peau. Durant la première campagne de McCain contre Bush, en 2000, des proches du président l'ont présentée en Caroline du Sud comme la fille illégitime que le sénateur aurait eue avec une Noire. Ce mensonge phénoménal a valu la victoire à Bush, et infligé aux McCain une blessure qui n'a sûrement pas cicatrisé.

Aujourd'hui, la photo qui aurait suffi à démentir cette rumeur est partout. Si Obama n'avait pas des origines kényanes, elle dormirait sans doute au fond d'un tiroir. Elle va certainement servir à rappeler aux électeurs l'immense tolérance de McCain et ses admirables positions raciales. Mais n'oublions pas qu'elle a déjà été utilisée pour pousser de méchants et calomnieux racistes du Sud à voter contre lui. Et qui était le responsable ? Obama va pouvoir poser la question calmement. En s'autorisant même un léger sourire.

Jeff Danziger pour le courrier international





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