Hillary Clinton se tire dans le pied
Que veut Hillary Clinton?
Tout peut arriver. Depuis plusieurs semaines, Hillary Clinton répète cette lapalissade pour justifier son maintien dans la course à l’investiture démocrate. Vendredi, la prétendante démocrate est allée au bout de sa logique en évoquant le spectre de l’assassinat politique.
«Nous nous souvenons tous que Bobby Kennedy a été assassiné en Californie en juin», a-t-elle déclaré devant les membres de l’équipe éditoriale d’un journal de Sioux Falls, dans le Dakota-du-Sud, un des deux États qui tiendront des primaires le 3 juin, les dernières.L’Argus Leader diffusait cette rencontre en direct sur l’internet. Un journaliste du New York Post, qui n’était même pas au Dakota-du-Sud, a aussitôt publié sur le site de son journal la déclaration de la sénatrice Clinton, qui a semé l’émoi.Que veut Hillary Clinton? Mercredi, au lendemain des primaires du Kentucky et de l’Oregon, la question était sur les lèvres de tous ceux qui s’intéressent à la campagne présidentielle américaine. Elle donne aujourd’hui un frisson dans le dos.Voici ce que Michael Goodwin, chroniqueur respecté du Daily News de New York, a écrit sur la «gaffe monumentale» d’Hillary Clinton: «Nous avons vu une radiographie d’une âme très sombre. Une âme dévorée par une ambition crue où l’assassinat possible d’un adversaire peut être évoqué à des fins stratégiques. Sinon, pourquoi le meurtre est-il entré dans son esprit?»Hillary Clinton s’est défendue en disant qu’elle avait passé les derniers jours à penser aux Kennedy, dynastie politique dont le patriarche vient d’apprendre qu’il souffre d’un cancer au cerveau. Aussi était-il normal, suivant la logique de la sénatrice, qu’elle mentionne l’assassinat de Robert Kennedy.Cette défense ne tient pas debout. Hillary Clinton, la plus disciplinée des candidats, a fait la même déclaration au magazine Time en mars dernier, après qu’Edward Kennedy eut donné son appui à Barack Obama, sur lequel pèsent des menaces de mort.Son autre défense n’est guère plus convaincante. Selon ses propres dires, Hillary Clinton est revenue sur l’assassinat de Robert Kennedy pour rappeler que les courses à l’investiture démocrate se sont souvent prolongées jusqu’en juin. Le frère de John Kennedy a été tué le 5 juin 1968 à Los Angeles après avoir remporté la primaire de la Californie.Que veut Hillary Clinton? Il reviendrait à un auteur digne de Shakespeare d’aller au fond de cette âme compliquée qui fait face au plus grand échec de sa vie. En attendant, on peut penser qu’à la surprise de l’ex-première dame des États-Unis se mêle une vive amertume. Comment expliquer autrement l’aveuglement qui lui a fait comparer cette semaine les résultats invalidés des primaires de la Floride et du Michigan à l’élection présidentielle du Zimbabwe?La Floride et le Michigan font aussi partie des arguments invoqués par Hillary Clinton pour justifier son refus de quitter la course. La sénatrice de New York a remporté la victoire dans ces deux États qui ont enfreint les règles du Parti démocrate en devançant la date de leurs primaires. Elle veut aujourd’hui que le parti change ses règles et tienne compte des votes et des délégués des deux États rebelles.Si ces résultats étaient reconnus, Hillary Clinton pourrait devancer Barack Obama sur le plan des votes, surtout si elle remporte une large victoire à l’occasion de la primaire de Porto Rico, le 1er juin. Elle continuerait cependant à tirer de l’arrière sur son rival au chapitre des délégués, la mesure déterminante.Que veut Hillary Clinton? Cette semaine, elle a comparé son combat pour la reconnaissance des votes de Floride et du Michigan à celui des abolitionnistes et des suffragettes, faisant preuve d’un «cynisme époustouflant», selon Josh Marshall, éditeur du site Talking Points Memo et blogueur respecté. Marshall, comme d’autres critiques d’Hillary Clinton, soupçonne la sénatrice de se positionner pour pouvoir dire qu’on lui a volé la nomination démocrate.Que veut Hillary Clinton? Des membres de son entourage, dont son mari, exercent des pressions pour que Barack Obama fasse d’elle sa colistière. Ses déclarations des derniers jours donnent à penser que le poste ne l’intéresse pas.Son amertume est compréhensible. Hillary Clinton a remporté presque la moitié des votes et des délégués au cours de la course à l’investiture. Sa popularité ne fait aucun doute auprès des femmes et des Blancs de la classe ouvrière, deux électorats importants pour les démocrates.Et pourtant, Barack Obama remportera l’investiture démocrate, à moins d’un malheur.
Richard Hétu de Cyberpresse
Obama est indulgent
Photo AP
En déplacement à Porto Rico, le sénateur de l'Illinois a semblé disposé
à excuser Mme Clinton pour ce "lapsus freudien" qu'il a mis sur le compte d'une
longue campagne.
«Je
sais que, quand on fait campagne depuis autant de mois que la sénatrice
Clinton et moi, on se montre parfois inattentif dans ses déclarations,
et je pense que c'est ce qui s'est passé dans le cas présent. La
sénatrice Clinton dit qu'elle n'avait pas l'intention d'être offensante
et je la crois sur parole pour cela», a déclaré M. Obama à la radio
portoricaine «Radio Isla Puerto Rico».
Le "mince espoir" de Clinton
Barack Obama a accusé samedi sa rivale Hillary Clinton d'attiser la controverse sur la primaire de Floride, y voyant, a-t-il dit, son ultime chance d'être désignée candidate à l'élection présidentielle de novembre. La sénatrice de New York milite pour la réintégration des délégués élus dans ces deux Etats (dont les résultats avaient été
invalidés à l'avance par les instances nationales du parti) et a de nouveau soulevé la question lors d'un déplacement en Floride cette semaine. "L'équipe de campagne de Clinton attise cettte histoire pour des raisons passablement transparentes", a déclaré Obama aux journalistes l'accompagnant dans l'avion qui le ramenait de Porto Rico. "Ne prétendons pas que nous ignorons ce qui se passe. Je veux dire que c'est, dans leur perspective, leur dernier et mince espoir d'expliquer comment ils peuvent gagner, et je comprends cela", a-t-il ajouté.
Hillary Clinton à la une

Michael Goodwin, chroniqueur du Daily News de New York, estime ici qu’Hillary Clinton n’a plus aucune chance de faire partie du ticket démocrate à la suite de sa déclaration sur l’assassinat de Robert Kennedy.
Robert Kennedy Jr., fils du politicien assassiné et supporteur d’Hillary Clinton, ne se formalise de la déclaration de la candidate, comme on peut le lire dans cet article publié à la une du New York Times. Je le cite dans le texte :
Je vous laisse pour le moment sur une autre une, celle du New York Post, le premier organe de presse à publier sur son site internet un article sur la gaffe de Clinton :

Hillary Clinton a semé l’émoi hier en évoquant l’assassinat de Robert Kennedy pour tenter de justifier sa décision de rester dans la course contre Barack Obama, dont la victoire à l’investiture démocrate est une quasi-certitude.
«Mon mari n’a pas décroché l’investiture de 1992 avant d’avoir remporté la primaire de la Californie vers le milieu de juin, n’est-ce pas? Nous nous souvenons tous que Bobby Kennedy a été assassiné en juin en Californie», a déclaré la sénatrice, lors d’une rencontre avec l’équipe éditoriale d’un journal de Sioux Falls, dans le Dakota-du-Sud, un des deux États qui tiendront des primaires le 3 juin.
Robert Kennedy, frère cadet de John Kennedy, a été tué le 5 juin 1968 après avoir gagné la primaire démocrate de la Californie. Personne ne peut croire que la sénatrice de New York souhaite le même sort à Barack Obama, mais sa déclaration a suscité l’indignation dans le camp de son adversaire.
«La déclaration de la sénatrice Clinton devant l’équipe éditoriale de l’Argus-Leader est malheureuse et n’a pas sa place dans cette campagne», a déclaré le porte-parole de la campagne de Barack Obama dans un communiqué.
Depuis un an, le sénateur de l’Illinois, qui pourrait devenir le premier président noir, a reçu des menaces de mort. Il est protégé par des agents des Services secrets.
Madame Clinton n’en est pas à une déclaration controversée près en cette fin de course à l’investiture démocrate. Avant-hier, elle a comparé les primaires invalidées du Michigan et de la Floride à l’élection présidentielle du Zimbabwe.
La sénatrice Clinton a tenté de faire amende honorable en fin d’après-midi. «Plus tôt dans la journée, j’ai évoqué l’histoire des primaires démocrates et, au cours de cette discussion, j’ai mentionné les campagnes que mon mari et le sénateur Kennedy ont livrées en Californie en juin 1992 et 1968. Je l’ai fait pour expliquer que nous avons tenu par le passé des primaires en juin. C’est un fait historique. Je regrette d’avoir offensé quiconque avec cette référence à un événement qui a traumatisé la nation en entier et la famille Kennedy en particulier. Ce n’était pas mon intention.»
Des excuses pour la famille Kennedy, et pas pour celle d'Obama!!!!!!!!! CURIEUX!
Pas la première fois
Cependant, le magazine Time a rappelé sur son site internet que la sénatrice de New York a tenu à peu près les mêmes propos lors d’un entretien publié par l’hebdomadaire le 6 mars dernier. Interrogée alors pour savoir si des primaires trop longues n’allaient pas nuire au parti démocrate, Mme Clinton avait répondu : « Nous nous souvenons tous de cette grande tragédie quand Bobby Kennedy a été assassiné. Mon mari n’avait pas décroché l’investiture en 1992 jusqu’en juin. Avoir une course à l’investiture qui dure jusqu’à juin n’a rien de particulièrement inhabituel ».
Avant de faire sa déclaration controversée, Hillary Clinton s’était plainte du traitement qu’on lui fait subir depuis le début de la course à l’investiture démocrate.
Cette nouvelle controverse survient à la fin d’une semaine où des membres de l’entourage d’Hillary Clinton, dont son mari Bill, ont fait monter la pression pour forcer Barack Obama à choisir sa rivale comme candidate à la vice-présidence.
L’ancien président «en parle beaucoup, ne se cachant pas pour dire que ce ticket servirait Barack Obama», a déclaré George Stephanopoulos, ancien conseiller de Bill Clinton, sur la chaîne ABC hier matin.
Selon ABC et le New York Times, l’ancien président estime que sa femme a mérité une place au sein du ticket démocrate, ayant remporté la victoire dans plusieurs États clés, dont l’Ohio et la Pennsylvanie. C’est aussi l’avis d’un important donateur de la sénatrice, Hassan Nemazee, qui prédit au sénateur de l’Illinois des jours sombres s’il ne choisit pas Hillary Clinton comme colistière.
La chaîne CNN a pour sa part affirmé que l’équipe de la sénatrice de New York avait engagé des pourparlers avec le camp Obama afin de mettre un terme à la course à l’investiture démocrate. Divers scénarios seraient envisagés, dont l’un assurerait le poste de colistière à Hillary Clinton, selon CNN.
La sénatrice de New York a démenti cette histoire lors de sa rencontre avec l’équipe éditoriale de l’Argus-Leader.
«C’est totalement faux, a-t-elle déclaré. Ce n’est pas quelque chose que j’envisage.»
Et ce n’est pas un scénario que le camp Obama encourage.
«Nous n’avons engagé aucuns pourparlers avec Clinton au sujet de la vice-présidence», a déclaré David Axelrod, stratège principal de Barack Obama.
La déclaration de la sénatrice Clinton sur Robert Kennedy pourrait tuer pour de bon l’idée d’un ticket Obama-Clinton.
Cyberpresse