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Frais d'optique : Bachelot voit trouble
Roselyne Bachelot © Marlene Awaad / MAXPPP
Après les OGM et la carte Famille nombreuse, c'est un nouveau cafouillage dans la communication du gouvernement. Lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, mardi, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a démenti avoir envisagé de dérembourser totalement, par l'assurance-maladie, les frais d'optique, pour les confier aux organismes complémentaires. ''Je me suis fait porter le verbatim de cette émission, et à aucun moment je n'ai retrouvé trace de ce qui a été dit'', a-t-elle affirmé, dénonçant une "polémique ridicule".
"La question est posée"
Le démenti de la ministre est toutefois contredit par la simple réécoute de l'émission, disponible en libre accès sur le site de RTL ( réécoutez l'émission ). Au bout de 20 minutes d'émission, le journaliste Pierre-Luc Séguillon demande à Roselyne Bachelot : "Est-ce que certains secteurs de santé, comme l'optique, doivent passer uniquement à la complémentaire ?" La réponse de la ministre ne se fait pas attendre. "La question est posée", rétorque-t-elle (à 20'25). Chiffres à l'appui, Roselyne Bachelot explique qu'il y a "des marges de manoeuvre dans ces organismes complémentaires" pour l'optique.
Mardi, devant les députés, Roselyne Bachelot a toutefois reconnu qu'elle allait entamer une concertation avec "l'ensemble des acteurs concernés" sur la question du remboursement des lunettes par les complémentaires Santé. Jean-Pierre Davant, le président de la Mutualité française, qui représente 38 millions de mutualisés en France, a regretté lundi les propos de Mme Bachelot tenus dimanche, estimant qu'il serait "plus raisonnable de négocier d'abord, avant de faire des déclarations de ce type".
L'émission du 13/04/08. Décidément!!! Un concours de couacs, de conneries, de mesures regressives, oups... un plan de rigueur qui avance en crabe. Le point.fr |
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Avec les lycéens dans la rue
![]() Les lycéens ont manifesté pour la septième fois en trois semaines mardi. En cause : les 11 200 suppressions de postes de professeurs prévues par le gouvernement qui, au nom des réformes promises par Nicolas Sarkozy, refuse de céder.
Le cortège était composé de 40.000 personnes selon l'UNL (lycéens) et la FSU (enseignants), 20.000 selon la police.
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Vincent Peillon estime qu'«actuellement, il n’y a aucun discours sur l’école, juste un discours de comptable» (Reuters).
Le responsable socialiste, proche de Ségolène Royal, dénonce "l'improvisation" du gouvernement, des réformes qui «touchent les plus faibles». Pour le prochain congrès du PS, «il faut définir une orientation politique, une stratégie d’alliance et un leadership. Les trois vont de pair».
Annonce d’une politique de rigueur, couac sur la carte famille nombreuse, possible désengagement de l’Etat sur les lunettes… Jusqu’où pensez-vous que le gouvernement est-il prêt à aller ?
Il y a déjà un problème de gouvernance depuis le début. On a l’impression que les choses sont improvisées. Tout ces annonces, on ne sait pas si ce sont vraiment des intentions du gouvernement, et si ça l’est, c’est démenti. Tout cela n’est pas sérieusement traité. Etant donné nos perspectives de croissance, c’est inquiétant. Il ne faut pas inquiéter les Français ni ceux qui investissent en économie. Sur le fond, chaque fois qu’il s’agit d’évoquer les économies – et pourquoi pas en faire – les intentions du gouvernement visent directement les personnes qui ont le plus besoin d’investissement, de soutien. Ce sont les plus en difficulté qui supportent le poids des réformes. Les réformes ne peuvent passer que s’il elle paraissent justes. Peut-on parler de casse de l’Etat-providence ?
Incontestablement, il y a l’idée que les difficultés de la France sont liées aux mécanismes de solidarité. Ce sont sur ces mécanismes qu’on veut agir pour retrouver de la compétitivité. C’est une doctrine libérale extrémiste qui est démentie par les faits. Les pays qui font de la croissance sont capables de concilier les sécurités collectives et individuelles. »Il y a une réforme nécessaire de l’Etat-providence. Ça ne fonctionne plus comme ça devrait fonctionner. Il n’atteint plus ses objectifs en terme de sécurité et de solidarité. Mais les réformes du gouvernement ne vont pas dans le bon sens. Il faut un accroissement de l’investissement public dans ce qui est de l’ordre de la prévention. Il faut agir sur les mécanismes à l’origine des inégalités, et non uniquement sur la réparation. Sur le plan scolaire, il faut investir sur la petite enfance. Il faut simplifier les mécanismes administratifs. Si, on a entendu le PS, notamment quand a été voté budgétairement la réforme. Aujourd’hui, on l’entend encore, mais il y a aussi les élèves, les professeurs, les élus locaux. Dans cette réforme, les choses n’ont pas été négociées. On ne comprend pas à quoi cela sert. Et là où se font les suppressions, ce sont dans les endroits où on a le plus de besoin. C’est souvent en contradiction avec le plan banlieue. Après, il est vrai qu’on pourrait faire des réformes dans l’Education nationale. Mais il faut montrer qu’elles sont utiles et efficaces, les inscrire dans un projet, que ce ne soit pas simplement une lecture idéologique.
Actuellement, il n’y a aucun discours sur l’école, juste un discours de comptable, sur l’économie à faire.
Le système de sanction pour les chômeurs qui refusent deux emplois «valables» est-il juste ? Le problème, ce n’est pas de sanctionner les chômeurs, mais de les accompagner, de la former. On se rend compte que le problème est d’abord de créer un service public de l’emploi efficace. Ce n’est pas une bonne façon d'entrer dans le sujet. Il faut un regroupement aussi des l’Unedic et des Assedic, mais avec les moyens, ce qui n’est pas le cas actuellement. Mais doit-on sanctionner les chômeurs ? Il n’est pas scandaleux de dire à des gens qu’ils doivent accepter des emplois, mais il faut voir quelle est, derrière, la définition d’un emploi «valable». Là, ce sont les questions de mobilité qui entrent en jeu. Si on vous appelle pour un poste à temps partiel, avec un trajet lointain à faire en mobylette, ça pose problème. Nicolas Sarkozy bénéficie-t-il d’un certain état de délabrement de la gauche, notamment au PS, en dépit des victoires aux municipales ? Je ne crois pas qu’il y ait un état de délabrement de la gauche. Après, la conséquence que Nicolas Sarkozy tire des municipales, c’est de droitiser encore sa politique. Le sentiment de la droite est que son électorat ne s’est pas mobilisé. Elle veut donc créer l’affrontement, ce qui lui est utile. Cela plait aussi à ceux de droite qui pensent que l’ouverture ne marche pas. Les batailles de personnes au parti socialiste ne laissent-elles pas aussi le champ libre à Nicolas Sarkozy ? Le PS va devoir se mettre en ordre de bataille au niveau national. On doit être capable d’avoir un vote de projet. Dans le congrès, il faut définir une orientation politique, une stratégie d’alliance et un leadership. Les trois vont de pair. Pour trancher les débats, il faut une autorité. Il faudra réaliser ces trois objectifs lors du congrès. Pierre Moscovici prépare avec Arnaud Montebourg une contribution en vue du congrès, et affirme refuser un courant «anti-Ségolène». En tant que soutien de Ségolène Royal, le croyez-vous ? Toute attitude qui consiste à dire il faut un projet est bonne. On ne construit rien de solide sur des rejets. Les options doivent être des options sur le fond. Moi, je pense que le PS a besoin d’un leadership fort. Il faut une personnalité capable de créer une dynamique, c’est pour cela que je soutiens Ségolène Royal. Et comment voyez-vous le rapprochement d’Arnaud Montebourg, avec qui vous dirigiez le NPS au sein du Parti socialiste, avec Pierre Moscovici ? Il y a peu de temps, il était avec Ségolène Royal, après avec Bartolone et Combabelis si j’ai bien compris, maintenant avec Moscovici, et il déclare que s’il doit choisir, ce sera Ségolène Royal. Après une période confuse, les choses évoluent dans le bon sens. Libération Edition du 15 avril 2008 |
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