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Les inégalités entre les hommes et les femmes sont toujours d’actualité en France même si certaines d’entre elles se réduisent. Les progrès des filles dans le domaine de la scolarisation sont nets : elles obtiennent de meilleurs résultats aux évaluations scolaires. Mais elles s’orientent vers des filières aux débouchés moins rémunérateurs. Une fois dans le monde du travail, on les retrouve en plus grand nombre dans les secteurs où les salaires sont les moins élevés, comme les services domestiques ou la grande distribution. Le salaire masculin, tous temps de travail confondus, est supérieur de 35 % à celui de leurs homologues féminins. Pas moins de 30 % des femmes salariées, contre 6 % des hommes, travaillent à temps partiel, souvent subi. Les postes d’encadrement restent encore le plus souvent réservés aux hommes, un sur quatre est occupé par une femme, même si l’on constate une évolution positive depuis une dizaine d’années. Elles sont aussi plus touchées par le chômage. La sphère familiale reste un domaine où les inégalités demeurent tenaces puisque les femmes consacrent deux fois plus de temps que les hommes aux tâches domestiques. Le ménage, les courses et les enfants demeurent encore « une affaire de femmes ». Ce sont elles qui, dans la grande majorité des cas, arrêtent leur activité professionnelle pour assurer la garde des enfants. De réelles avancées en la matière ont été réalisées en politique. Depuis la loi de juin 2000 qui impose pour certaines élections l’égalité de représentation entre hommes et femmes, ces dernières ont en effet fait une entrée en masse notamment dans les conseils municipaux. Les femmes restent cependant très souvent absentes des postes de maire des grandes villes. Là aussi, beaucoup reste à faire pour que la parité hommes-femmes soit respectée. La situation est paradoxale dans le domaine de la santé. Les femmes ont une avancée considérable sur les hommes, notamment parce qu’elles sont plus attentives à leur corps, qu’elles travaillent dans des conditions moins pénibles physiquement (en moyenne), et que le système de santé de prévention est plus attentif aux mères (par exemple via la protection maternelle et infantile). L’espérance de vie à la naissance des femmes est de 84,2 ans contre 77,2 pour les hommes, en 2006. Mais les modes de vie des hommes et des femmes se rapprochent : du travail à la consommation de tabac ou d’alcool. Ce qui fait que l’avantage aux femmes se réduit : l’écart d’espérance de vie est passé de 8,2 années en 1980 à 7 ans en 2006. Pour faire le tour de la question, cliquez sur le lien suivant: http://www.inegalites.fr/spip.php?article861 |
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La flambée des matières premières n'est cependant pas seule responsable de la forte volatilité à la hausse des prix des produits alimentaires et de leur rigidité à la baisse. Nombre de facteurs autres participent de ce phénomène.
La législation en vigueur en France est indéniablement l'un d'eux. Les lois Royer et Raffarin, instaurées en leur temps pour protéger le petit commerce, ont freiné en réalité l'implantation de magasins maxidiscompteurs et favorisé les concentrations des grandes enseignes dans certaines régions. Par ailleurs, héritage de la loi Galland de 1996, les distributeurs ne peuvent négocier librement les tarifs en France. Au nom du principe de non-discrimination, lorsque Danone veut vendre ses yaourts ou Coca-Cola ses sodas, ils doivent proposer le même prix, à quantité égale, que ce soit à Leclerc, Auchan, Carrefour ou System U. Aujourd'hui, l'ensemble de ces lois est en cours de réforme, mais il faudra un certain temps avant que ces aménagements donnent toute leur mesure. Et ils ne vont pas aussi loin que ce que préconisait Jacques Attali dans son rapport pour "la libération de la croissance française". Par ailleurs, indépendamment du corpus législatif, les distributeurs se sont installés sur le territoire français de telle sorte que bien souvent, à l'échelle locale, la concurrence n'est plus une réalité. Enfin, Internet, qui dans l'habillement ou les produits électroniques permet de faire baisser les prix, ne joue pas ce rôle d'amortisseur dans l'alimentaire. Les prix y sont même fréquemment supérieurs à ceux inscrits en magasin.
LES FREINS À LA BAISSE DES PRIX DANS L'ALIMENTAIRE Un partage du territoire Leclerc dans l'Ouest, Carrefour sur la côte d'azur, Auchan dans le Nord... Une étude du cabinet Asterop, spécialisé dans le géomarketing, publiée mercredi 5 mars, a mesuré le manque de concurrence entre les enseignes au niveau local. Des résultats édifiants : dans 60 % des 630 "zones de vie" (des bassins de consommation) définies par Asterop - un seul distributeur domine avec une part de marché supérieure à 25 % et 15 points le séparent du second. L'étude démontre qu'il y a affrontement entre deux enseignes dans 27 % des zones. La concurrence entre trois ou quatre acteurs n'existe que dans 13 % d'entre elles. Dans ce contexte, les prix ne sont que rarement tirés à la baisse. Ainsi, selon le conseil de la concurrence, dans l'agglomération lyonnaise où dominent les enseignes de deux grands groupes, les prix sont plus élevés qu'à Nantes où quatre grands distributeurs sont implantés et se livrent à une concurrence acharnée. Qui plus est, aucun grand distributeur étranger, comme le britannique Tesco ou l'américain Wal Mart, n'est présent. Enfin, Asterop n'a pas identifié une seule enseigne de maxidiscompte avec une position de leadership en France. Or, selon le panel Nielsen publié par le magazine LSA, plus il y a de discompteurs dans une région, plus les prix y sont bas. Nancy, Metz ou Calais, qui en accueillent, font ainsi partie des villes les moins chères. "Cette étude démontre plus que jamais la nécessité de remettre davantage de concurrence dans la distribution française", affirme Luc Chatel, secrétaire d'état à la consommation. Multitude d'enseignes n'est pas synonyme de concurrence Ce partage du territoire entre grandes enseignes est encore renforcé par leur présence sur les différents formats de la distribution. Ainsi Carrefour possède, outre sa marque historique, les enseignes Champion, Ed, 8 à huit et Shopi. A lui seul, le numéro deux mondial de la distribution détient 41 % de la consommation française, selon Asterop. En matière de concurrence, cet état de fait peut s'avérer désastreux, comme c'est le cas par exemple à Antibes. Le nord est "contrôlé" par Carrefour propriétaire aussi des supermarchés Champion et du discompteur Ed, tandis que la partie sud de la ville est aux mains du groupe Casino avec ses Géants Casino et ses Leaderprice. Là où la densité de mètres carrés est satisfaisante, UFC Que-Choisir propose que les distributeurs en situation de quasi-monopole local échangent des surfaces avec leurs concurrents. Selon l'association de consommateurs, le conseil de la concurrence pourrait "orchestrer partout sur le territoire des échanges de magasins afin de restaurer la concurrence". La loi Raffarin a freiné l'essor du maxidiscompte Instaurée pour sauver le petit commerce, la loi Raffarin oblige à demander une autorisation pour tout commerce de plus de 300 mètres carrés à des commissions départementales d'équipement commercial. Ce seuil a aussi eu comme conséquence de freiner le développement des magasins de maxidiscompte. Du coup, les maxidiscompteurs multiplient l'ouverture de petites surfaces. Mais ils ne représentent que 13 % du marché. "Trop souvent, le dynamisme concurrentiel n'est pas retenu comme un critère déterminant pour autoriser une nouvelle implantation dans une ville", relève un distributeur. Il existe 14 000 magasins, de la supérette à l'hypermarché, mais les mètres carrés supplémentaires qui s'ouvrent chaque année sont plutôt des extensions de magasins. "Pour s'installer dans une nouvelle zone, c'est un véritable parcours du combattant. Tout est très verouillé", explique Michel Carles, directeur du développement d'Auchan France. Il faut dix ans entre la demande d'autorisation et l'ouverture d'un magasin. Selon l'OCDE, la France présente (avec la Grèce) la réglementation des grandes surfaces la plus restrictive et la plus protectrice des enseignes en place. L'OCDE vise également la loi Galland. Une loi Galland trop rigide Si la loi Chatel, votée en décembre 2007, autorise désormais les distributeurs à remettre dans les prix la totalité des marges arrière - ces sommes versées par les industriels aux distributeurs en rémunération de services rendus (catalogues, têtes de gondoles) -, elle fait néanmoins perdurer ce système que Jacques Attali voulait supprimer. Car la loi Chatel ne permet pas la négociabilité des prix. Depuis des mois maintenant, distributeurs et fournisseurs s'opposent sur la question. "Je veux pouvoir dire à Antoine (Riboud) tes yaourts sont trop chers", répète inlassablement Michel-Edouard Leclerc. La loi de modernisation de l'économie, présentée en avril, devrait l'introduire. Internet ne fait pas baisser les prix Dans l'alimentaire, Internet n'a pas été un facteur déflationniste contrairement à d'autres secteurs comme l'habillement ou les produits technologiques. Ils n'ont pourtant pas de magasins, pas de caissières, pas de parking... Mais il faut bien des entrepôts, des manutentionnaires pour remplir les chariots, et des livreurs. Il faut compter environ une demi-heure - soit 12 euros de main d'oeuvre - pour préparer un chariot en moyenne de 150 euros (plus de 60 articles) et 16 euros pour la livraison. "Nous sommes sur une activité à valeur ajoutée destinée à des personnes plutôt urbaines, pressées qui n'ont pas envie de passer leur samedi à faire leurs courses. Or elles ne peuvent pas tout avoir, le service et le prix", explique Jean Monnier, directeur général d'Auchan direct. Ses prix sont de 3 % à 5 % plus cher que les hypermarchés de province mais de 3 à 5 % moins cher que les magasins de proximité comme Monoprix ou encore Franprix. LE MONDE | 08.03.08 Nathalie Brafman Article paru dans l'édition du 09.03.08.
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