Rice, première femme noire à diriger la diplomatie américaine, a déclaré au Washington Times qu'elle avait regardé le discours du candidat à l'investiture démocrate consacré à cette question la semaine dernière.
"Je pense que c'est important qu'il l'ait prononcé pour un ensemble de raisons", a dit Rice selon une transcription de l'entretien rendue publique vendredi par le département d'Etat.
Obama pourrait devenir le premier président américain métis s'il remporte l'investiture démocrate et bat le candidat républicain John McCain le 4 novembre.
Objet de vives critiques après les propos incendiaires du pasteur Jeremiah Wright dont il a fréquenté l'église durant vingt ans, le sénateur de l'Illinois a parlé dans son discours d'une impasse sur les questions raciales aux Etats-Unis et de la nécessité d'une réconciliation.
Tout en réaffirmant qu'elle ne souhaitait pas se mêler de la campagne - "je ne fais pas de politique" - et qu'elle n'était pas intéressée par le poste de vice-présidente, Rice a estimé que la question raciale avait posé de graves difficultés aux Etats-Unis.
"TERRIBLES HUMILIATIONS"
"Mais ce que je voudrais faire comprendre en tant qu'Américaine noire c'est que les noirs Américains ont toujours aimé et eu foi en ce pays même quand ce pays ne les aimait pas et n'avait pas foi en eux et c'est notre héritage", a-t-elle dit.
Dans cet entretien, elle a raconté que son propre père, sa grand-mère et son arrière grand-mère avaient enduré de "terribles humiliations" pendant leur enfance dans le Sud, à l'époque de la ségrégation, et ils ont pourtant continué d'aimer l'Amérique.
Bien que de nombreux noirs se présentent comme afro-américains, Rice affirme qu'ils ne doivent pas être considérés comme des immigrés.
"(...) les noirs américains et les blancs américains ont fondé ce pays ensemble et je pense que nous avons toujours voulu les mêmes choses", souligne-t-elle.
Priée de dire vendredi si le pays avait fait des progrès sur les questions raciales depuis le mouvement des droits civiques, Rice a répondu aux journalistes: "Il faut travailler dur chaque jour pour que les mots extraordinaires, émouvants et inspirateurs des textes fondateurs soient une réalité pour tous les Américains".
La secrétaire d'Etat a répété au Washington Times qu'elle n'était "pas intéressée" par un poste de vice-présidente dans le cadre d'un "ticket" avec le sénateur républicain John McCain. Elle a ajouté qu'elle avait l'intention de retourner dans sa maison en Californie quand le président George Bush quittera la Maison blanche en janvier 2009.
"Il est temps qu'il y ait du sang frais", a-t-elle lancé.
Version française Gwénaelle Barzic