Les membres de la commission présidée par François Rebsamen, numéro deux du parti, ont entériné le calendrier proposé par François Hollande: une convention nationale avant l'été pour entériner une nouvelle déclaration de principes et des changements statutaires, et le congrès lui-même à l'automne. Cette proposition sera soumise mardi 25 mars au conseil national, le "Parlement" du parti.
L'idée d'un congrès anticipé, défendue par certains proches de Ségolène Royal, n'a pas été reprise. "Tout le monde a acté l'idée qu'il ne fallait pas faire un congrès précipité", a affirmé Julien Dray.
Jean-Louis Bianco n'est pas de cet avis. "Il faut qu'on aille vite, qu'on choisisse un leader et qu'on se mette en ordre de marche pour monter un projet alternatif", a-t-il dit. "Je souhaiterais que cela puisse avoir lieu avant l'été".
De plus, "il faut que l'on joue collectif", a-t-il expliqué. "Le but n'est pas d'être contre X ou Y, ce n'est pas d'avoir un front contre Ségolène Royal. Le but est de savoir quel est le projet qu'on propose pour la France et qui est le mieux placé pour le porter".
Il faut "une ligne et une vision" pour le PS, "ce que Ségolène Royal a commencé à faire pendant la campagne" présidentielle, a-t-il estimé, citant les positions de celle-ci sur les 35 heures, les entreprises ou la nation. "Le donnant-donnant, le gagnant-gagnant, tous ces thèmes elles les a mis en marche.
Il a estimé que la présidente de la région Poitou-Charentes était "la meilleure" pour le rôle.
"Je ne crois pas qu'on puisse expliquer aux Français qu'on a nos règles, nos statuts, qu'on va prendre notre temps, qu'on va faire une convention au mois de juin, un congrès au mois de novembre et d'ici là 'circulez y'a rien à voir'", a expliqué le député des Alpes-de-Haute-Provence sur Canal+. Le député des Alpes-de-Haute-Provence, absent à la réunion de mardi soir, a toutefois reconnu que ce calendrier dépendait aussi des "règles" internes du PS.
Interrogé sur ces déclarations, François Hollande a affirmé n'avoir "rien entendu, rien vu". Le Premier secrétaire, qui passera la main lors du congrès après 11 ans à la tête du PS, a assuré avant la réunion de mardi soir que le calendrier du congrès "ne poserait pas de problème".
Les ténors du PS s'efforcent il est vrai de "jouer collectif" depuis la large victoire de la gauche aux élections municipales et cantonales. Les ambitions personnelles ont été mises en sourdine, du moins pour un temps.
Le bureau national qui a précédé la réunion de la commission de la rénovation s'est déroulé dans une "bonne ambiance", aux dires des participants. "On n'a parlé que d'une seule chose, c'est de la défaite de la droite", a rapporté Julien Dray.
"C'était une ambiance d'amour et de fraternité. C'est très agréable, il faut bien que ça arrive de temps en temps. On est en train de savourer notre triomphe", a ironisé Jean-Luc Mélenchon. "L'ambiance n'est pas à la bisbille. On sent plutôt la gravité de ce qui nous entoure. Dans ce cadre-là, ça ferait un peu nul, la bataille rangée entre socialistes."
Mais les socialistes n'en oublient pas moins leur future bataille interne. Dans "Le Monde" daté de mercredi, Jean-Christophe Cambadélis, un des chefs de file du groupe des "reconstructeurs", alliance des strauss-kahniens, des fabiusiens et des amis d'Arnaud Montebourg et de Martine Aubry, tend la main à Bertrand Delanoë "s'il ne fait pas de sa candidature un préalable".
L'intéressé a éludé l'invitation. "Moi, j'ai la main tendue vis-à-vis de tous les socialistes. Il n'y a pas de forme particulière à mettre pour qu'on se tende tous la main", a réagi le maire de Paris. Bertrand Delanoë s'est de nouveau dit prêt à "travailler tous ensemble pour que l'offre du PS soit créative, moderne, efficace".