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" Je n'étais pas l'homme du schéma de Sarkozy "

Par Madeleine Ngombet Chargée du blog :: 20/05/2007 à 19:46 :: Interviews

 

 

 

 

 

 

" Je n'étais pas l'homme du schéma de Sarkozy "

 

 

Ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin de 1997 à 2002, Hubert Védrine explique pourquoi il a refusé les avances de Sarkozy.

 

Comment le Président vous a-t-il proposé de revenir au Quai d'Orsay ?

Nicolas Sarkozy a discuté avec moi de mon entrée au gouvernement de façon extrêmement chaleureuse et pressante. Nous avons eu une longue conversation téléphonique le 8 mai sur la nature de la politique étrangère nécessaire pour la France, puis nous nous sommes vus trois jours plus tard. Je pense de longue date qu'en politique étrangère il faut avoir une attitude bipartisane. Il n'y a pas une politique étrangère de droite et une politique étrangère de gauche.

 

Pourquoi avoir refusé ?

C'était une décision lourde politiquement. J'ai reçu beaucoup de pressions venant du monde entier pour m'inciter à franchir le pas. J'aurais pu dire oui si j'avais obtenu une compétence très large sur la politique étrangère. J'estime essentiel pour la France que le ministère des Affaires étrangères soit fort et que son rôle central dans l'ensemble des négociations soit reconnu. Ce n'est pas de la gloutonnerie. J'avais eu la même attitude avec Lionel Jospin lorsque j'étais son ministre, et j'aurais eu la même s'il avait été élu en 2002. Depuis plusieurs années, certains ministères, l'Immigration, l'Intérieur, etc., prétendent dépouiller de leurs compétences les Affaires étrangères morceau par morceau. Je pense au contraire qu'il faut une tour de contrôle générale au Quai d'Orsay. Nicolas Sarkozy semble impulser une présidentialisation. Je n'étais pas l'homme de ce schéma.

 

Comment Sarkozy a-t-il pu donner le même poste à Kouchner dont les options, en matière de politique extérieure, sont très différentes des vôtres ?

Ça, c'est une question qu'il faut poser au Président, pas à moi. De loin, les positions de Bernard Kouchner semblent plus compatibles avec les siennes. Mais Nicolas Sarkozy m'a dit : «Je ne suis pas l'atlantiste que l'on croit.» Je n'ai pas à juger la décision de Bernard Kouchner. Je ne peux que lui souhaiter bonne chance.

Renaud DELY / Libération

 

 

 

 

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