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« Il faut que les socialistes aient le courage de remettre en cause un certain nombre de dogmes et de slogans pour vraiment inventer le socialisme du réel et du 21ème siècle. »
Ségolène Royal
Hier, Ségolène Royal a passé sa soirée dans les travées du festival angoumoisin. Elle a tenu à rappeler la richesse des métissages culturels.
Le public métissé du festival angoumoisin lui a réservé une haie d'honneur. Guidée par Christian Mousset, le directeur de Musiques métisses, Ségolène Royal, s'est fondu, hier, avec un plaisir évident au coeur du village temporaire, sur l'île de Bourgines.
Toute la gauche angoumoisine, encore grisée de son succès de mars, l'entoure. Les festivaliers l'arrêtent pour une poignée de main, une bise, une photo souvenir. « C'est vraiment de la folie, s'exclame Christian Mousset, au milieu de la sympathique cohue. C'est la troisième fois que Ségolène vient au festival. Il y a toujours eu une certaine effervescence. Mais quand même pas comme aujourd'hui. » La présidente de la Région s'arrête un court instant devant les stands d'Aides ou de Médecins du monde, écoute avec attention la performance de l'ensemble Kalimba, la battucada du conservatoire Gabriel-Fauré, admire les tatouages au henné sur les mains des jeunes filles. Et répond à toutes les sollicitations. Ségolène Royal est ici en territoire ami, parfaitement à l'aise à côté de gens soucieux de s'ouvrir sur les cultures d'ailleurs.
Elle commence par saluer le retour à Bourgines, « l'énergie qui se dégage du festival », sans éluder les bâtons dans les roues qu'elle n'accepte pas : « l'organisation a eu du mal à obtenir des visas pour certains artistes. C'est proprement insupportable. »
« Je suis africaine, née à Dakar », se plaît-elle à rappeler, avant de souligner la nécessité d'un certain métissage culturel. « L'identité française est née du mélange. Si on nie ce mélange, si on exclut l'autre, alors on crée du communautarisme, on affaiblit la France. Plus on est conscient de la richesse des cultures qui composent notre pays, plus on est à même de défendre l'identité de la République. Faire le contraire, c'est laisser le champ libre à la violence, au repli, aux intégrismes, à l'exploitation de l'ignorance. »
Ségolène prend le temps de poser ses arguments. Comme pour éviter d'être mal interprétée. Autour, les hochements de tête vont dans le sens de la présidente de la Région. On sent que le soufflé de la campagne présidentielle, un an après l'échéance, n'est pas encore retombé.
Hier soir, Ségolène Royal a terminé sa soirée avec Philippe Lavaud, le nouveau maire, qui vivait là son premier festival de la mandature. Au programme de la tête de proue socialiste, une soirée spéciale filles. Avec Asa, Rokia Traoré et Susheela Raman. Trois femmes au caractère trempé qui croient au mélange des cultures, sans se défaire de leurs racines. La présidente a dû apprécier.
Sudouest.com



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Le New York Times lâche Clinton
Après les primaires en Indiana et en Caroline du Nord, le ton a changé dans la presse américaine. Barack Obama est désormais vu comme le candidat d'office et le plus sérieux pour représenter le Parti démocrate, comme l'affirme The New York Times.
On entend partout que Hillary Clinton ne remportera pas l'investiture démocrate et qu'elle devrait se retirer de la course. Nous sommes convaincus qu'elle a parfaitement le droit de rester dans la course et d'affronter Barack Obama aussi longtemps qu'elle le souhaite et qu'elle en a les moyens. C'est le fondement du processus démocratique. Mais nous sommes également intimement persuadés que Mme Clinton ferait une énorme erreur – pour elle-même, pour son parti et pour le pays – si elle s'entêtait à poursuivre cette campagne agressive chargée de sous-entendus racistes.
Après huit années catastrophiques sous la présidence de George W. Bush, les Etats-Unis ont besoin d'une rupture. Et pour l'instant, le sénateur John McCain nous prépare un Bush II : une guerre sans fin en Irak, des réductions d'impôts pour les riches alors que la classe moyenne peine à joindre les deux bouts, des tribunaux assaillis par des activistes de droite bien décidés à défaire les avancées obtenues en matière de droits et de libertés civiles et d'autres domaines d'une importance vitale.
Le Parti démocrate doit présenter le candidat le plus efficace et le plus charismatique possible. Et ce n'est pas en multipliant les publicités désobligeantes et les querelles stériles qu'il risque d'atteindre cet objectif.
Il y a encore beaucoup de sujets que les sénateurs Clinton et Obama doivent aborder ces prochaines semaines. Pour commencer, qu'ils nous expliquent comment ils comptent sortir le pays de cette guerre désastreuse menée par le président Bush en Irak. Un débat consistant sur la santé et la crise du crédit immobilier permettrait également de rappeler à tous les électeurs américains le véritable enjeu de ces élections. Le futur candidat serait ainsi mieux préparé pour les joutes oratoires de cet automne.
Nous avons soutenu Mme Clinton et nous savons qu'elle a beaucoup de choses à apporter. Mais, au lieu de nous faire part de ses grandes idées, Mme Clinton préfère confier à USA Today
Oui, c'est une tendance – et une tendance qui n'a rien de nouveau et qui est des plus sordides. C'est à Mme Clinton d'y mettre fin si elle espère avoir la moindre chance de remporter l'investiture démocrate ou de préserver son intégrité et son influence en cas de défaite, qu'elle serait une meilleure candidate parce qu'un récent sondage a montré que "la cote de popularité du sénateur Obama chez les Américains blancs qui travaillent, qui travaillent dur, chutait de nouveau". Et elle a ajouté : "C'est une tendance qui s'installe."
Editorial The New York Times Et justement
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| Democratic presidential hopeful, Sen. Barack Obama, D-Ill., speaks at a town hall-style meeting in Bend, Ore., Saturday, May 10, 2008. (AP Photo/Jae C. Hong)
Superdélégués: Obama passe devant Clinton pour la première fois Barack Obama a dépassé Hillary Clinton par le nombre de soutiens de superdélégués pour la première fois depuis le début de la campagne pour l'investiture démocrate à la présidentielle américaine, selon un décompte établi samedi par l'Associated Press. Quatre superdélégués supplémentaires se sont ralliés à Barack Obama, dont deux superdélégués des Iles Vierges qui soutenaient jusqu'à présent Hillary Clinton. Les deux autres superdélégués déclarés représentent les Etats de l'Ohio et de l'Utah. Alors qu'Hillary Clinton avait commencé la saison des primaires et caucus avec 169 superdélégués dans son camp contre 63 dans celui d'en face, Barack Obama affiche désormais un score de 275 superdélégués, contre 272,5 à sa rivale. AP | 10.05.2008 | 22:10
Alors
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Le téléphone sonne à la maison blanche, il est 3heures du matin, malheureusement ce n'est pas pour Hillary.
![]() Quelle sortie pour Hillary ? Si elle ne tient pas à y penser, quelques amis l'ont fait pour elle, comme George McGovern, un fidèle, et qui l'était resté pendant toute la campagne alors qu'il voit en Barack Obama un "nouveau Lincoln". A 85 ans, M. McGovern est encore le modèle du candidat démocrate inspiré, l'homme qui soulevait les foules en 1972, mais qui avait été balayé à l'automne par Nixon, ce qui a traumatisé durablement les démocrates qui se méfient depuis de leur tropisme idéaliste. Mercredi, au lendemain de la performance décevante de Mme Clinton en Caroline du Nord et dans l'Indiana, George McGovern a appelé la candidate à abandonner. "Les mathématiques sont contre elle, a-t-il dit. Le plus tôt sera le mieux." Les proches de M. Obama se sont gardés de pavoiser ou de réclamer le retrait de leur rivale, faisant assaut de remarques respectueuses sur sa "ténacité" et sachant qu'elle n'a pas tout à fait tort lorsqu'elle dit représenter une fraction du parti que le candidat John Kerry n'avait pas su mobiliser en 2004, à savoir les cols bleus, les femmes à revenus modestes, ou les latinos. Leur ton conciliant, assorti à celui de Mme Clinton, a relancé le "buzz" autour d'un ticket commun Obama-Clinton. Mais les nerfs sont très à vif et Hillary n'en est pas là. Elle a passé la matinée en Virginie Occidentale, fraîche comme au premier jour, confirmant qu'elle avait puisé sur ses fonds personnels pour financer sa campagne - 6,4 millions de dollars - ce qui était bien le signe de la ferveur de son "engagement". "Je reste dans la course jusqu'à ce qu'il y ait un candidat désigné", a-t-elle prévenu. Aussitôt le camp Obama a compris que le combat continuait, quoi qu'à petit train, et David Plouffe, le directeur des opérations, en a profité pour tenter d'alimenter les caisses. Appel a été lancé à la génération Obama pour "une donation de 25 dollars pour concurrencer le prêt du sénateur Clinton". En même temps, M. Plouffe a publié "les maths" vus du côté Obama. Par "maths", les spécialistes entendent l'algorithme compliqué qui fait passer, par une voie non proportionnelle, des bulletins de vote aux délégués, en passant par les "super-délégués". "Si on comptait au scrutin majoritaire, comme les républicains, j'aurais déjà gagné", comme dit souvent Mme Clinton. A quelques unités près, les "maths" sont désormais les mêmes d'un média à l'autre. Avec l'Indiana et la Caroline du Nord, M. Obama a engrangé une centaine de délégués supplémentaires. Il ne lui manque plus que 180 voix (sur 478 encore en jeu). "Sauf intervention divine, la course est finie", a assuré le journaliste Tim Russert. Dans l'après-midi, Mme Clinton s'est rendue au siège du parti pour s'entretenir avec des "super-délégués" indécis. Si on prend le Congrès par exemple (283 démocrates), un tiers environ sont pour Obama, un tiers pour Clinton et les derniers essaient de rester neutres, soit qu'ils soient amis des deux, soit qu'ils craignent les représailles s'ils ne votent pas comme leur circonscription, soit qu'ils attendent qu'elle prenne les devants et laisse tomber. Quatre super-délégués,se sont déclarés mercredi, dont 3 pour Obama. Si les anti-Hillary dessinent des scénario du pire, qui la voient aller jusqu'à la Convention, au risque de saborder le parti, d'autres prévoient une sortie à l'amiable et sans précipitation. Mme Clinton finirait tranquillement sa campagne. "Il faut lui donner du temps. C'est l'implosion de toutes ses aspirations; l'implosion de toutes ses ambitions", résume le commentateur Mark Shields. Une solution serait trouvée à la question de la représentation à la Convention de la Floride et du Michigan. Le camp Obama lui rachèterait ses dettes… Et à terme, on lui proposerait la fonction stratégique de chef de file démocrate au Sénat. Un poste qui lui permettrait de participer à la campagne de novembre et, dans le cas où M. Obama serait battu par John McCain, de se préparer à l'élection de 2012. Nouveaux soutiens démocrates cruciaux pour Obama WASHINGTON - Barack Obama a de plus en plus nettement le vent en poupe dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, avec le renfort vendredi d'un "superdélégué" qui soutenait jusqu'ici sa rivale Hillary Clinton et le quasi-soutien de John Edwards. Donald Payne, un élu du New Jersey (est) à la Chambre des représentants qui soutenait Hillary Clinton, a annoncé dans le quotidien local The Star-Ledger qu'il se rangeait désormais derrière Barack Obama. "Après avoir soigneusement réfléchi, je suis parvenu à la conclusion que Barack Obama est le mieux à même d'apporter au pays le changement qu'il attend et dont il a si désespérément besoin", a-t-il expliqué. Or, l'investiture du candidat démocrate dépend désormais uniquement du vote des "superdélégués" dont fait partie Donald Payne et qui sont libres de leur vote à la convention nationale démocrate fin août à Denver (Colorado, ouest). Alors qu'il ne reste plus que six scrutins dans de petits Etats, aucun des deux rivaux n'est plus en mesure d'obtenir grâce aux délégués simples, issus du vote populaire, les 2.025 délégués nécessaires à l'investiture. Après une victoire en Caroline du Nord (sud-est) beaucoup plus large que celle de sa rivale dans l'Indiana (nord) mardi, Barack Obama dispose d'une avance en termes de délégués que les médias jugent impossible à rattraper, mais Hillary Clinton compte sur le soutien des "superdélégués" pour combler l'écart. Coup dur supplémentaire pour l'ancienne Première dame, John Edwards, qui fut le troisième homme de la course et qui était ardemment courtisé par les deux rivaux, a clairement laissé entendre vendredi qu'Obama serait le candidat démocrate. "Je pense que (Hillary Clinton) a très bien défendu sa candidature (mais) le problème, ce sont les chiffres", a-t-il dit à la chaîne de télévision NBC. "Considérons simplement que Barack sera investi, car les choses vont dans cette direction". "Je crois que les Américains attendent quelqu'un qui se battra chaque jour pour eux (...) et je crois que c'est ce que fera Obama", a-t-il ajouté, indiquant qu'il pensait que ce dernier serait le mieux à même de battre le candidat républicain John McCain lors de la présidentielle du 4 novembre. Jeudi, Barack Obama a apporté sa contribution au débat et évoqué une date-butoir: le 20 mai. «Si à ce stade, nous avons la majorité des délégués élus, ce qui est possible, alors je crois que nous aurons des arguments assez forts pour dire que nous avons gagné le plus (de consultations) et que c'est (la fin du match) et que nous avons gagné», a déclaré le sénateur de l'Illinois. Barack Obama n'exclut pas de choisir Hillary Clinton pour la vice-présidence s'il parvient à être investi comme candidat démocrate à la présidentielle du 4 novembre aux dépens de la sénatrice de New York. L'hypothèse d'un ticket Obama-Clinton s'est renforcée après les primaires de l'Indiana et de la Caroline du Nord, qui se sont soldées mardi à l'avantage du sénateur de l'Illinois. "Elle est qualifiée pour être vice-présidente, ça ne fait aucun doute. Elle est qualifiée pour être présidente, ça ne fait aucun doute", a déclaré Obama jeudi sur NBC News. "Elle est infatigable, intelligente. Elle est capable. Et de manière si évidente qu'elle serait présélectionnée par n'importe qui comme candidate potentielle à la vice-présidence". Parmi les autres noms envisagés par les médias pour former un ticket avec Obama, figurent aussi le gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, le républicain Chuck Hagel, le sénateur de Virginie, Jim Webb, le sénateur du Delaware, Joe Biden ou la sénatrice du Missouri, Claire McCaskill. De son côté, l'entourage de Clinton se refuse à tout commentaire pour l'instant. Howard Wolfson, porte-parole de la sénatrice, a jugé cette discussion prématurée, assurant qu'il n'avait jamais entendu Hillary Clinton exprimer un quelconque intérêt pour la vice-présidence. (©AFP / 09 mai 2008 14h11) |
Contre la pérennisation d'un salariat de la misère et pour que tout travail soit justement rémunérateur, les socialistes ont soutenu dès 2005 la création d'un revenu de solidarité active (RSA), destiné à augmenter la rémunération des salariés pauvres. Il s'agissait dans notre esprit de compléter et de prolonger les effets bénéfiques de la prime pour l'emploi (PPE), créée en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin. Les efforts s'étaient alors concentrés sur les salariés à plein temps rémunérés à proximité du smic. Ce choix demeure pertinent, mais il doit aujourd'hui être amplifié, notamment en direction des travailleurs à temps partiel et à trois quarts temps, comme le proposait le RSA. Cela aurait également été l'occasion d'améliorer le fonctionnement et la lisibilité de la PPE, qui aujourd'hui est versée avec retard.
Or voici que l'on nous annonce que, loin de compléter la PPE, le RSA sera en réalité un dispositif consistant à déshabiller les salariés pauvres à temps plein pour habiller les salariés pauvres à temps partiel ! Cette imposture enlève au concept même de RSA tout son sens.
Lors de son intervention télévisée du 24 avril, Nicolas Sarkozy a demandé aux salariés modestes bénéficiaires de la PPE de financer le nouveau dispositif, idée saugrenue que le haut-commissaire aux solidarités actives a renoncé à contester. Ce sont aujourd'hui 8 millions de travailleurs gagnant à peine plus que le salaire minimum et percevant la PPE qui sont menacés de perdre entre 20 et 150 euros par mois ! Ironie cruelle de l'histoire, ceux qui accomplissent quelques heures supplémentaires perdront la faible hausse de pouvoir d'achat prétendument procurée par les mesures gouvernementales.
A ce stade du débat, il me semble urgent de dire halte à l'imposture et de définir quelle doit être, à mon sens, la position de la gauche vis-à-vis du RSA. Première condition : il est hors de question que cette réforme se fasse au détriment des bénéficiaires de la PPE. Deuxième condition : le nouveau dispositif doit –comme la PPE– prendre la forme d'un crédit d'impôt géré par l'administration fiscale, et non d'une allocation gérée comme les minima sociaux par les caisses d'allocations familiales. Les salariés rémunérés au smic, qu'ils travaillent à temps plein ou à temps partiel, paient aujourd'hui plus de deux mois de salaire au titre de la TVA et un mois de salaire au titre de la CSG. Ce sont des contribuables dont il faut alléger la charge fiscale – et non des allocataires de revenus d'assistance.
Que le nouveau dispositif ainsi refondu prenne le nom de PPE ou de RSA n'a guère d'importance, pourvu que ces conditions de fond soient satisfaites.
Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, M. Sarkozy avait dit vouloir " parler à ceux auxquels on ne parlait plus, aux travailleurs, aux ouvriers, aux employés ". Aujourd'hui, 16 000 contribuables assujettis à l'impôt sur la fortune se voient rembourser chaque année 350 millions d'euros au titre du bouclier fiscal.
Mais ce sont ceux qui ont de petits revenus, les plus nombreux dans notre pays, qui paient le prix de l'austérité, alors qu'avec 15 milliards d'euros chaque année le paquet fiscal aurait pu financer le RSA ! Au-delà de la question budgétaire, c'est également la philosophie du revenu de solidarité retenue par le gouvernement qui est contestable. La lutte contre la pauvreté au travail et l'incitation à la reprise d'activité ne passent pas seulement par le complément entre salaire et prestation sociale. Une politique ambitieuse doit prendre en compte toutes les contraintes, y compris non monétaires, qui empêchent les demandeurs d'emploi de retrouver un travail décent.
Cela suppose d'abord un véritable accompagnement individualisé des bénéficiaires de minima sociaux. Aujourd'hui, moins de 35 % des RMistes sont suivis par l'ANPE. On ne peut pas continuer ainsi.
Autre carence majeure, le dispositif proposé ne permettra pas de surmonter l'ensemble des freins à la reprise d'emploi : pourtant, les contraintes de santé, les difficultés de transport ou l'absence de modes de garde pour les bénéficiaires de l'allocation parent isolé constituent des limites puissantes à l'acceptation d'un travail. Il faut en particulier créer un véritable service public de la petite enfance, dont l'absence limite l'accès des femmes au travail.
Enfin, la mise en oeuvre du dispositif devrait s'accompagner d'engagements du côté des entreprises. En venant en aide aux travailleurs pauvres, le RSA ne doit pas se substituer à leur responsabilité sociale, tant sur les salaires que sur les formes de contrats de travail privilégiées. Faute de négociation avec les partenaires sociaux, la modération salariale va s'aggraver et le recours au temps partiel subi va s'accélérer, créant ainsi des trappes à bas salaires.
Sur tous ces sujets, le gouvernement n'apporte aucune réponse. C'est la gauche qui, en 2000, a lancé ce vaste chantier de la revalorisation du travail et du pouvoir d'achat des salariés modestes. Si le gouvernement veut réellement compléter et améliorer le fonctionnement de ce dispositif, nous sommes prêts à y contribuer. Ne laissons pas dévoyer aujourd'hui cette belle idée : une autre politique est possible.
LEMONDE.FR | 09.05.08
En visite dans les locaux du Parisien, Ségolène Royal, candidate malheureuse à la dernière présidentielle, rencontre un panel de six lecteurs du parisien, dresse le bilan de la première année Sarkozy, ses ambitions au sein du PS, sa vie privée.confie ses craintes sur la situation politique en France et explique sa stratégie au sein du PS, sa détermination à continuer à jouer un rôle de premier plan à gauche...
Et tout en multipliant les flèches contre Nicolas Sarkozy, elle se positionne clairement en vue de 2012.
MEHDI MARTEL. Un an après l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, quel est, selon vous, son plus grand échec... et sa plus grande réussite ?
Ségolène Royal.
Son plus grand échec, c'est la déception des Français. Lorsqu'on a la chance d'être chef de la cinquième puissance du monde, on n'a pas le droit de rater une année. La France a été séduite et elle est aujourd'hui abandonnée. C'est très grave. Le pouvoir en place semble dépassé. Il a fait croire qu'il maîtrisait les choses, que toutes les réformes étaient prêtes. Or, dans un monde qui va très vite, marqué par la mondialisation, un dirigeant ne peut pas être dépassé par les événements.
SERGE GADEA. Sarkozy a-t-il trouvé ses limites ?
Oui. Il n'est pas à la hauteur d'une période historique compliquée. Il s'est occupé davantage de lui-même que de la France. Il disait qu'il serait le président de la morale, du courage, du pouvoir d'achat, des droits de l'homme. C'est tout le contraire : on a de l'immoralité, du non-respect, de l'improvisation. Maintenant il faut qu'il se ressaisisse car il faut remettre la France sur la bonne voie : une autre politique est possible.
CAROLINE CHANFREAU. Mais y a-t-il quand même quelques succès ?
L'émergence au sein du gouvernement de femmes issues de la diversité est une chose positive... Encore que, en bonne logique républicaine, il faut juger sur les résultats.
JEANINE HAMELIN. Pourquoi, selon vous, avez-vous perdu la présidentielle il y a un an ?
C'est une bonne question, j'ai écrit un livre pour expliquer cela (rires) ! Je n'ai pas réussi à convaincre de nombreuses personnes parce que, en face, Nicolas Sarkozy a fait des promesses : celle de revaloriser de 25 % le minimum vieillesse, les petites retraites et l'allocation adulte handicapé. Il avait aussi annoncé qu'il demanderait aux patrons d'augmenter les bas salaires. Dans une élection, ça joue. Moi, je n'ai promis sérieusement que ce que je savais pouvoir tenir. Mon adversaire a aussi bénéficié pendant les années précédant l'élection de relais médiatiques extrêmement puissants et de moyens financiers considérables, en cumulant le ministère de l'Intérieur et l'UMP. Enfin, il m'a manqué le soutien de certains dirigeants socialistes, qui n'ont pas accepté ma désignation massive par les militants du parti.
MEHDI MARTEL. Avez-vous des propositions concrètes pour réduire le chômage des jeunes et faciliter l'accès dans la vie active ?
Il y a une déconnexion entre certaines filières de formation économique et la réalité du marché du travail. Et aussi un énorme gâchis à l'issue des deux premières années d'université, où 40 % des jeunes abandonnent sans qualification et sans diplôme. Il faut une réforme profonde de l'université et en particulier dé-spécialiser les premières années de formation. Et puis il y a des secteurs sous tension dans le bâtiment, la restauration, les services à domicile. Or, ces métiers ne sont pas suffisamment valorisés. C'est ce que j'ai fait dans ma région en donnant un chèque à tous les jeunes qui entrent dans ces trois filières pour les aider à financer leur permis de conduire, dont ils ont besoin pour aller travailler. Par ailleurs, je suis favorable au développement de l'apprentissage, y compris dans l'enseignement supérieur. C'est-à-dire la formation alternée entre la théorie et la pratique. Cela existe déjà et il faut le développer.
« Je suis poursuivie par les photographes tout le temps »
JEANINE HAMELIN. Comment accroître le pouvoir d'achat alors que tout augmente ?
C'est l'expression de l'angoisse principale : la vie chère, l'accès au logement devenu difficile, l'augmentation de l'essence... Au lieu de donner 15 milliards chaque année dans le paquet fiscal, on aurait pu baisser la TVA sur la consommation. Ou doubler la prime pour l'emploi pour 8 millions de salariés. Il faut imposer aux collectivités locales de respecter le quota des 20 % de logements sociaux. Il faut réorienter la masse de l'épargne vers le secteur de la construction. Quant aux prix, il faut contrôler les marges de la grande distribution. Je suis favorable à l'autorisation des actions de groupe de consommateurs. C'est très efficace pour instaurer un rapport de force sur les prix entre les consommateurs et les grandes entreprises.
CAROLINE CHANFREAU. Le gouvernement veut réformer l'Etat et réduire le nombre de fonctionnaires. N'a-t-il pas raison sur le fond ?
Oui, il faut réformer l'Etat. Mais aujourd'hui, ce qui ne va pas, c'est que l'Etat est réformé par des gouvernants qui dénigrent le service public. On assiste à des destructions massives de services publics. Fermetures de plateaux de chirurgie, de tribunaux, de postes, de filières de formation professionnelle. Tout cela laisse une sorte de désespérance dans des territoires déjà fragilisés, ce qui déstabilise aussi les entreprises. En même temps, il y a trop d'échelons administratifs, depuis la commune jusqu'à l'Etat et l'Europe. Il faut clarifier les compétences et mettre fin aux doublons avec des responsabilités claires aux collectivités territoriales tout en leur donnant les ressources nécessaires. C'est comme ça qu'on allégera la bureaucratie et les dépenses de l'Etat.
SERGE GADEA. Pourquoi le PS, lorsqu'il était aux affaires, n'a-t-il pas annulé la réforme Balladur sur les retraites. Et s'il revenait au pouvoir, annulerait-il les réformes Fillon ?
C'est vrai que la gauche n'a pas réglé en totalité la question des retraites, même si elle a créé le Fonds de réserve des retraites. J'observe que le gouvernement actuel veut piocher dans ce fonds, ce qui n'est pas acceptable. Je ne ferai qu'une observation : le groupe Total a fait 10 milliards d'euros de bénéfices. Aujourd'hui, le besoin de financement des retraites est de 8 milliards. Est-il normal qu'une entreprise gagne autant d'argent, qui appartient en fait à la collectivité, quand les Français paient l'essence à des prix aussi élevés ?
JEANINE HAMELIN. Voulez-vous succéder à Hollande à la tête du PS ? Pensez-vous être la candidate de votre parti en 2012 ?
Je ne suis pas candidate à un poste mais j'ai pris la décision d'assumer mes responsabilités de leader politique. J'entends parfois dire que je suis un accident de l'histoire, une météorite qui serait passée et qui doit disparaître, ce qu'on n'a jamais dit à aucun homme. Ce qui aurait été cohérent après cette campagne, c'est de se rassembler autour de moi pour mettre la dynamique de la campagne au service de la gauche, de reconstruire un nouveau corpus idéologique et de voir si cela réussissait ou non. Mais cela aurait été trop simple. Je constate que ça ne se passe pas pour moi comme cela s'est passé pour d'autres, François Mitterrand, Lionel Jospin... Ce que je veux, c'est un PS qui change, qui soit en phase avec les défis de la France. Il faut que le PS compte plus d'adhérents. On avait promis il y a deux ans un PS à 700 000 adhérents. Il est très important que le PS devienne un parti très attractif.
MEHDI MARTEL. Donc vous allez prendre la tête du PS ?
Je veux faire les choses dans l'ordre. Lorsque je vous dirai si oui ou non je suis prête à assumer cette position de leadership, je le ferai en expliquant pourquoi, avec quelle vision et quel projet. Ce sera fait de toute façon assez rapidement puisque les textes pour le congrès du PS doivent être déposés en juin.
JEANINE HAMELIN. Nicolas Sarkozy a refait sa vie. Et vous, où en êtes-vous sur le plan personnel ?
(Rires.) Je vous remercie de vous préoccuper de moi. Mais comme vous le dites, c'est ma vie personnelle. On est déjà tellement exposé quand on est responsable politique... Il faut rendre des comptes sur tout. Je suis poursuivie par les photographes tout le temps, y compris avec mes enfants. J'ai même été pourchassée avec des appareils photo jusque dans une église. C'est la contrepartie de la notoriété, mais je pense qu'il faut protéger farouchement sa vie privée. Il faut me laisser tranquille.
« Obama représente l'Amérique du futur »
CAROLINE CHANFREAU. Dans le climat actuel, croyez-vous possible une crise politique aussi grave que Mai 68 ?
Bien sûr. Je pense qu'une crise grave est tout à fait possible. Il y a une exaspération très profonde. Quand il y a une déception aussi cruelle entre des espérances, des promesses politiques et le résultat, c'est inadmissible. Il y a une montée des précarités, un creusement insupportable des inégalités, une angoisse des parents sur la réussite de leurs enfants. On assiste à la montée d'une colère très profonde, et ça c'est dangereux. Ceux qui nous gouvernent feraient bien de se ressaisir rapidement.
MARIE-LYSE VILANOVA. Au PS, il y a une multitude de candidats potentiels pour le poste de premier secrétaire. Pourquoi tant de rivalités ?
Les rivalités sont normales en politique mais il ne faut pas qu'elles soient exacerbées. Je ferai très bientôt une offre politique et je souhaite que le leadership découle naturellement du vote des militants.
SERGE GADEA. Dans son gouvernement, l'Espagnol José Luis Zapatero a nommé neuf femmes et seulement huit hommes. La France serait-elle plus macho ?
Oui, la France est encore très macho. Regardez l'Assemblée nationale, à quoi cela ressemble : encore très peu de femmes. Elles sont moins de 5 % au sein des conseils d'administration des entreprises. Les inégalités salariales sont encore de 30 %.
JEANINE HAMELIN. Etre noire en France, ce n'est pas facile. Quelles mesures proposez-vous pour faire cesser les discriminations ?
Pendant la campagne, j'ai défendu l'idée de la France métissée. Cela m'a fait perdre des voix, je le savais. Car cela a été exploité par mes adversaires qui l'ont opposée à l'identité française, mais il faut absolument tenir bon là-dessus. Il faut apprendre à vivre ensemble.
MARIE-LYSE VILANOVA. Jean-Pierre Raffarin a demandé votre démission à la suite de votre condamnation dans l'affaire de vos assistantes parlementaires...
C'est un contentieux qui dure depuis dix ans. J'ai été pourchassée judiciairement. La décision n'est pas définitive et, compte tenu de l'exploitation politique qui en est faite, je vais me pourvoir en cassation. On veut faire croire que c'est moi qui ai refusé de payer des salaires, alors qu'en réalité il s'agissait d'argent public. Et contrairement à ce qui a été dit dans la presse, il ne s'agissait pas de plusieurs mois mais de vingt jours. Il y a sûrement là une petite vengeance de la part de M. Raffarin car, quand je suis arrivée à la tête de la région Poitou-Charentes, j'ai diminué considérablement le train de vie. J'ai arrêté les grosses voitures ; j'ai vendu la Maison du Poitou-Charentes à Paris qui servait à organiser des cocktails ; j'ai réduit de 2 millions d'euros les frais de représentation et de communication de la région... J'ai aussi découvert que M. Raffarin faisait payer par la région un appartement privé rue de Vaugirard à Paris. Donc la région lui demande des comptes.
CAROLINE CHANFREAU. Avez-vous été choquée que Nicolas Sarkozy ait pu voter dans le VIIIe après s'être inscrit hors délai ?
Les Français ont été choqués. De nombreuses personnes n'ont pas pu voter parce qu'elles étaient hors délai. Il y a deux poids, deux mesures. C'est une fraude très grave, un faux en écriture publique.
BRUNO PONCHON. Dans le match entre démocrates aux USA, vous vous êtes prononcée en faveur de Barack Obama. Pourquoi ?
Parce qu'il représente l'Amérique du futur. Il incarne l'Amérique métissée, un ensemble de valeurs, il a toujours été contre l'intervention en Irak. Hillary Clinton est une femme extrêmement courageuse, elle en voit des vertes et des pas mûres. Mais elle est à mon sens plus opportuniste sur les questions de société et moins claire sur l'Irak. Ce qui est inquiétant, c'est la façon dont ils s'épuisent l'un l'autre dans ce duel. L'idéal serait qu'ils forment un ticket gagnant tous les deux contre le candidat républicain.
CAROLINE CHANFREAU. Que pensez-vous de votre caricature par l'humoriste Nicolas Canteloup sur Europe 1 ?
C'est profondément misogyne, il me traite en Bécassine. Cela faisait tellement écho à toute l'entreprise de dénigrement sur mes supposées bourdes et mon incompétence que cela m'a porté préjudice. Mais ça fait partie du combat politique. Il aurait fallu trouver un humoriste pour dire du bien de moi. Aujourd'hui, je préfère en rire !
Les impressions des Lecteurs du Parisen
Source : Le Parisien Edition du Mercredi 07/05/2008

En dépit de la solide option qu'a prise Barack Obama dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, sa rivale Hillary Clinton a annoncé mercredi qu'elle n'entendait pas renoncer, comme certains le voudraient déjà.
En dépit de la solide option qu'a prise Barack Obama dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, sa rivale Hillary Clinton a annoncé mercredi qu'elle n'entendait pas renoncer, comme certains le voudraient déjà.
"Je reste dans cette course jusqu'à ce qu'il y ait un candidat" désigné, a tranché Hillary Clinton en Virginie occidentale (est), petit Etat rural des Appalaches qu'elle espère emporter mardi lors de la prochaine consultation électorale. "Je vais travailler aussi dur que je peux pour être ce candidat", a-t-elle ajouté.
Et pourtant, à part son entourage, bien peu sont ceux qui estiment encore viable sa candidature.
"Je ne vois pas comment Mme Clinton pourrait maintenant emporter l'investiture, Barack Obama dispose d'une avance énorme en termes de délégués" gagnés lors des primaires, a relevé mercredi George McGovern, personnalité démocrate respectée et candidat malheureux de la présidentielle de 1972. M. McGovern, qui avait apporté son soutien à Mme Clinton en octobre, l'a appelée mercredi à se retirer au nom de l'unité nécessaire du parti.
"Elle est cuite" titrait cruellement mercredi le tabloïd New York Post au lendemain de la sévère défaite (14 points) de Hillary Clinton en Caroline du Nord (sud-est) et de sa victoire étriquée (2 points) dans l'Indiana (nord).
La Caroline du Nord était le dernier grand Etat en jeu dans le processus de sélection du candidat démocrate. Il ne reste que six consultations d'ici le 3 juin, dont la primaire de Virginie occidentale.
M. Obama quant à lui a rejoint son fief de Chicago et devait passer la journée de mercredi en conclave avec ses conseillers.
"Il est maintenant temps que les superdélégués (cadres et élus du parti libres d'endosser le candidat de leur choix) amorcent la fin de ce processus et annoncent leur préférence", a estimé la gouverneure de l'Arizona (sud-ouest) Janet Napolitano, pro-Obama.
Outre les primaires restant à organiser et le choix des super-délégués, c'est peut-être l'argent qui pourrait hâter la fin du processus.
En effet, après avoir consenti en février un prêt sur ses fonds personnels de 5 millions de dollars, Mme Clinton a de nouveau mis la main à la poche à trois reprises depuis le 11 avril pour maintenir à flot sa campagne, pour un total de 6,4 millions de dollars, selon son entourage.
Selon le site indépendant RealClearPolitics, M. Obama compte aujourd'hui 1.845 délégués et Mme Clinton 1.693. Il en faut 2.025 pour s'adjuger l'investiture.
Le stratège de Mme Clinton, Geoff Garin, a fait valoir mercredi que l'attrait de Mme Clinton auprès des électeurs "qui seront sans doute l'électorat clé" de novembre, particulièrement les foyers modestes, faisait d'elle "la candidate la plus forte pour le parti démocrate en novembre".
Mais le directeur de campagne de M. Obama, David Plouffe, souligne que Mme Clinton devrait remporter au moins 68% des délégués encore en jeu, un scénario improbable, pour espérer rattraper M. Obama.
"Nous savons qui sera le candidat démocrate", a déjà affirmé Tim Russert, le journaliste politique vedette de la chaîne NBC. Son confrère de la chaîne ABC George Stephanopoulos a prédit que de nombreux "super délégués" allaient incessamment apporter leur soutien à Barack Obama "par groupe de trois, quatre, cinq à la fois et la course à l'investiture va être bouclée".
De nombreux médias ont noté que les déclarations de M. Obama mardi avaient déjà les accents d'un discours de candidat investi. Il a défendu "l'Amérique qu'il aime" et plaidé pour l'unité des démocrates, et au-delà de tous les Américains, anticipant sur la campagne qui devrait l'opposer au républicain John McCain à l'automne.
AFP 07/05/2008